
AN 1830

Au début du 19ème
siècle, la population de l'Afrique au sud du Sahara était
de 60 millions de personnes et de 10 millions au nord du continent. Vers
1820, on remarque en Afrique du sud la montée en puissance des Zoulous.
Cette période fut marquée par une flambée de violence
politique, connue sous le nom de "mfecane". Le personnage le plus redoutable
fut Chaka, roi des Zoulous de 1818 à 1828. Quelques tribus voisines
de Chaka tentèrent de s'enfuir vers le sud. Mais la frontière
sud de la colonie était tenue par les Anglais, ce qui empêchait
tout déplacement vers le sud. D'autres tribus tentèrent de
fuir vers le nord (actuel Mozambique). Mais la région n'était
alors pas très propice à une installation humaine durable.
La meilleure retraite fut le déplacement à travers les montagnes
du Drakensberg. C'est dans cette région que vivaient les tribus
Sotho. L'arrivée des Nguni (peuples vivant entre les montagnes Drakensberg
et la mer) aboutit à une véritable anarchie dans la région.
En Afrique de l'ouest, les Foulanis
continuèrent à mener des djihads dans toute la région.
La plus spectaculaire fut celle menée par Ousman dan Fodio en 1804
(Fodio était un Foulani du pays Haoussa). En quelques années,
il se rendit maître de toutes les cités états Haoussa.
Il étendit également le contrôle sur toute la région
(celle-ci incluait en plus des 7 villes états, les 7 districts adjacents).
L'un d'entre eux était Ilorin, anciennement appartenant à
l'empire Oyo des Yoroubas. La perte d'Ilorin aboutit à l'effondrement
de l'hégémonie Oyo, laissant derrière elle un état,
le Dahomey (seul royaume demeurant entre le pays Haoussa et la mer).
Dan Fodio mourut en 1817 : il
venait alors de construire la nouvelle capitale du Sokoto. Il légua
son empire à son fils Mohamed Bello et confia la tâche de
prêcher le djihad aux Foulanis de Massina à Ahmadou Lobo.
Deux autres bâtisseurs
d'empires étaient à l'oeuvre : Radama I, roi de Merina à
Madagascar (1810-1828) et Mohamed Ali, général turque envoyé
en Egypte pour restaurer l'ordre après le départ des Français.
En 1818, Mohamed Ali avait restauré
l'ordre en Arabie après avoir formé une armée solide
en Egypte puis avait lançé en 1820 une campagne à
titre personnel contre la Nubie. Ali réorganisa complètement
l'empire égyptien : il construisit des écoles, forma un gouvernement
et mis en place des départements administratifs. On peut encore
noter sur la côte est la montée en puissance du sultan Sayyid
d'Oman et dans le nord l'expédition punitive menée par les
Français contre les Algériens. En 1807, les Anglais tentèrent
de stopper le commerce transatlantique des esclaves (ils envoyèrent
en 1808 un escadron naval chargé de stopper tous les bateaux transportant
des esclaves). Le nombre d'esclaves transporté depuis l'Afrique
de l'ouest diminua alors de façon importante. En contre partie,
le nombre d'esclaves transporté augmenta dans les régions
contrôlées par les Portugais (Angola en particulier). La prise
de position des Anglais contre l'esclavage leur conféra une influence
relative en Afrique de l'ouest et particulièrement sur la Côte
d'Or. Les Anglais envoyèrent en 1824 des troupes pour libérer
les tribus Fante de la domination des Ashantis. On note également
la fondation de la colonie britannique de la Côte d'Or en 1874, ainsi
que la création de Freetown en 1792 et de Monrovia en 1821.

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier