
1970

Le processus de décolonisation
se déroula relativement paisiblement au début des années
60 avec le retrait britannique de Sierra-Leone, du Tanganyika, de la partie
anglaise du Cameroun en 1961 (les peuples de la moitié nord votèrent
pour joindre le Nigeria et ceux de la partie sud votèrent pour joindre
l'état du Cameroun), de l'Ouganda en 1962, du Kenya et de Zanzibar
en 1963, de la Zambie (ex Rhodésie du nord) et du Malawi (ex Nyasaland)
en 1964 et enfin de la Gambie en 1965.
En Rhodésie (ex Rhodésie
du sud), on comptait 250 000 britanniques : ceux-ci déclarèrent
eux-mêmes l'indépendance du gouvernement du pays et de ses
6 millions d'habitants. Les Portugais déclarèrent ne jamais
vouloir quitter l'Angola et le Mozambique. Les Anglais accordèrent
l'indépendance au Botswana (ex Bechuanaland) et au Lesotho (ex Basutoland)
en 1966 et au Swaziland en 1968.
"L'Afrique du sud-ouest" continua
à être administrée par des Sud africains malgré
le fait que le mandat pour le faire fût annulé par les Nations
Unies en 1966.
Les Français quittèrent
l'Algérie en 1962 après 8 ans de guerre, les Belges quittèrent
le Rwanda et le Burundi (1962) et les Espagnols créèrent
le nouvel état de Guinée équatoriale en 1968.
Un certain nombre de familles
royales africaines réapparurent dans la période post coloniale.
L'une d'elle fut la maison royale du Maroc ou le sultanat arabe de Zanzibar
(seulement 2 semaines après l'indépendance, le sultan fut
renversé par un groupe révolutionnaire représentant
la majorité noire de l'île). Ce nouveau gouvernement fit une
offre d'union au Tanganyika, qui accepta (la Tanzanie fut le nom adopté
par cette association). L'union de la Syrie et de l'Egypte prit fin en
1961.
Dans les pays où une forte
organisation politique avait émergé pendant la course à
l'indépendance, le pouvoir revint au dirigeant du parti qui demeura
le seul et l'unique dans le pays (après quelques années).
Ainsi fut le cas du Ghana de
Kwame N'Krumah (il avait crée le parti de la Convention du peuple
qui se trouvait dans une position dominante bien avant l'indépendance).
Dans les pays où les politiciens n'avaient pas réussi à
former un gouvernement solide, les militaires s'imposèrent rapidement.
L'exemple type est le Congo belge qui, jusqu'à la prise du pouvoir
par le général Mobutu en 1965, fut proche de l'implosion.
Puis le Togo en 1963 où après l’assassinat de Sylvanus Olympio,
Nicolas Grunitzky et ensuite Etienne Eyadema prirent le pouvoir.
Parmi les civils qui se sont
maintenus au pouvoir pendant longtemps, citons Habib Bourguiba (Tunisie),
Leopold Senghor (Sénégal), Sékou Touré (Guinée),
Felix Houphouet-Boigny (Côte d'Ivoire), Jomo Kenyatta (Kenya), Julius
Nyerere (Tanzanie), Kenneth Kaunda (Zambie)....
Parmi les militaires, citons
le colonel Nasser en Egypte (1954-1970), le colonel Boumedienne en Algérie,
le colonel Khadaffi en Libye, le général Nimeiry au Soudan,
la succession de généraux au Nigeria.....

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier