Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
L'agriculture en Guinée
L'AGRICULTURE EN GUINEE à l'aube de l'an 2000...

L'agriculture, l'élevage et la forêt mobilisent de nos jours plus de 70% de la population contre 90% à l'indépendance. 700 000 petites exploitations agricoles, d'une taille moyenne de 2ha, utilisent environ 1/4 des terres cultivables, qui représentent elles-mêmes 1/4 de la superficie du pays.
La collectivisation agricole naguère imposée par l'état a été globalement contre-productive mais grâce à leur labeur, même quand l'idéologie du moment, les réglementations administratives ou les lois économiques leur étaient contraires, les agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs ont permis à la Guinée d'éviter les famines..L'aide alimentaire dispensée par les donnateurs extérieurs (céréales et riz) est longtemps retée indispensable pour les villes (croissance urbaine mal maitrisée et excessive...). Le secteur agricole a constamment régressé en valeur relative dans le PIB, passant de plus de 90% avant l'indépendance à 62% en 1971, 46% en 1988 et moins de 20% actuellement. Sa part dans les exportations est tombée de plus de 90% en 1958 à 7% de nos jours. La raison de cette évolution tient à l'essor des activités minières (gisements de bauxite en particulier). La modernisation du secteur agricole (infrastructures, développement...) est assurée par l'exploitation des ressources minières.

Le potentiel hydrographique est abondant - le pays n'est-il pas appelé à juste titre, le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest !! -, la carte climatique (découpée en quatre zones différentes) autorise des cultures tout au long de l'année, et les terres arables foisonnent. Pourtant, elle est encore très loin d'atteindre l'autosuffisance alimentaire. Tout pousse ou presque en Guinée : riz, tomates, oignons, café, cacao, bananes, melons... Cependant, on importe de tout. Pourquoi?

D'abord parce que la production agricole est des plus faibles. Ce sont de petites quantités récoltées par de petits paysans sur de petites surfaces de i hectare en moyenne. Sur 7 millions d'hectares de terres arables, à peine le sixième est exploité ! Les statistiques sont éloquentes: plus de la moitié des Guinéens travaillent dans l'agriculture, mais le secteur contribue pour à peine 18 % à la formation du PIB. Par ailleurs, l'insuffisance d'infrastructures de base, telles que les routes et les ponts, freine la commercialisation des cultures vivrières. Résultat: il arrive que la production d'oignons, par exemple, se détériore sur place pendant qu'à Conakry on en importe....

Ensuite, l'agriculture est le secteur qui a certainement le plus souffert de l'expérience collectiviste des années soixante à quatre-vingt. Totalement désorganisée, elle avait besoin d'une vigoureuse reprise en main. Celle-ci a fini quand même par arriver. En 1991, en effet, le gouvernement a défini, dans un document intitulé «Lettre de politique de développement agricole », un ensemble d'orientations à suivre nécessité de développer la riziculture pour diminuer les importations de cette denrée ; relance des cultures d'exportation, promotion de l'élevage et de la pêche. Avec le soutien des institutions multilatérales ou bilatérales de financement telles que la Banque mondiale, l'Union européenne et l'Agence française de développement, les autorités ont pu procéder à des aménagements hydroagricoles à l'ouverture ou à la réfection de pistes villageoises, au forage de points d'eau en zones rurales et périurbaines.
Le programme a permis d'améliorer les résultats des activités agricoles, animales et halieutiques. La production de riz s'est accrue de plus de 50 % entre 1985 et 1998, passant de 350000 t à 750 000 t, celle du coton progressant de 70 % entre 1996 et 1998, même s'il ne s'agit là, pour cette culture de rente, que de tonnages peu importants dont l'influence sur la croissance du PIB est encore négligeable.

Tirant les leçons de ce premier programme, les pouvoirs publics en ont élaboré un second, qui marque leur volonté de se désengager de la production et de la commercialisation au profit du secteur privé. L'apport de celui-ci, notamment des opérateurs malais, présents dans la riziculture, a été déterminant dans la baisse sensible des importations de riz, qui ne sont plus que d'environ 200 000 t, contre 2 millions de t il y a sept ans. L'objectif est, pour les autorités guinéennes, de porter le taux de croissance du PIB agricole de 5,5 % cette année à 10 % en 2010, et d'assurer une production suffisante pour satisfaire les besoins du pays, notamment pour les céréales, base de l'alimentation guinéenne. Traduction: seule une croissance forte est susceptible d'assurer l'autosuffisance alimentaire et l'augmentation des recettes d'exportation dont l'État a tant besoin pour continuer à assumer ses fonctions régaliennes.

La production rizicole guinéenne fait l'objet de toutes les atentions. La disponibilité de ce produit alimentaire de base constitue un élément capital de la balance commerciale du pays. Les importations de riz enregistraient en 1992 un déplorable record en atteignant la barre des 300000 t. Cette brusque augmentation plus de 100000 t par rapport à l'année précédente - des achats extérieurs faisait suite à l'abaissement des taxes douanières (de 27 % à 22 %) sur le paddy étranger. Il révélait surtout les difficultés rencontrées par la Guinée pour se nourrir. Depuis, la riziculture a été érigée en véritable priorité nationale, et cette politique porte aujourd'hui ses fruits. Jusqu'en 1998, les importations ont nettement et régulièrement diminué, pour tomber finalement à 158 000 t l'an dernier, confirmant la reconquête du marché intérieur par les paysans. Du début de la décennie jusqu'à aujourd'hui, la production locale a augmenté de 43 %, Toutefois, cette forte croissance s'explique surtout par l'extension des superficies plantées. Car la productivité demeure modeste. Le rendement moyen à l'hectare est passé de 1,38 t en 1991,à l,49 t 1998. Conclusion : la marge de progression est encore large, mais c'est sur l'amélioration des techniques d'exploitation que l'effort doit être porté. La hausse de la production a tout de même été favorisée par une amélioration des conditions de rémunération. Les prix au producteur se sont accrus de 36 % entre 1994 et 1997. Les services d'encadrement ont également mis l'accent sur le transfert de technologie, en vulgarisant les résultats obtenus par la recherche sur des variétés à hauts - rendements. Enfin, les services provinciaux de l'administration ont appuyé cette dynamique par l'aménagement et le désenclavement des zones de production.

La baisse des importations s’explique également par la réduction de la consommation (-20 %). Grâce aux performances honorables enregistrées par les céréales secondaires et les tubercules, la population a pu diversifier ses menus. Les récoltes d'arachide, de mil, de sorgho, de fonio, de maïs et de banane plantain sont toutes orientées à la hausse. La production de manioc a même augmenté de 78 % entre 1991 et 1998. Bref, Si l'autosuffisance n'est pas encore une réalité, elle devient bel et bien envisageable. A ce rythme-là, elle pourrait être atteinte d'ici à 2005. Pour l'heure, ces progrès permettent d'ores et déjà d'alléger la facture du commerce extérieur. Concernant le riz, celle-ci a quasiment diminué de moitié, passant de 86 millions de dollars en 1995, à 45 millions en 1998, ce qui représente autant de devises économisées sur le budget de l'Etat. Sur les trois dernières années, la réduction des importations a permis un gain global de près de 100 millions de dollars.
Plus que jamais, le renforcement de la sécurité alimentaire de la Guinée constitue l'un des axes de la politique agricole menée par les autorités. Depuis plus de dix ans, l'État s est engagé dans une série de reformes libérales qui n'épargnent pas le secteur primaire. Bien au contraire. Considérés comme stratégiques, l'agriculture et l'élevage sont susceptibles d'avoir un effet d’entraînement sur les autres domaines d'activité, notamment par le développement des exportations ainsi que par la création d'emplois. Dans un pays où quatre personnes sur cinq vivent des revenus de la terre, de l'élevage ou de la pêche, le secteur primaire joue un rôle prépondérant dans la stratégie de lutte contre la pauvreté. Plus de 56 % de la population travaille dans l'agriculture proprement dite, alors que le monde rural ne contribue que pour 18,5 % à la formation du Produit intérieur brut (PIB), les produits de la terre ne représentant que 18 % du total des exportations du pays.

Selon un récent rapport du ministère du Plan, la pauvreté en Guinée est avant tout un phénomène rural. C'est pourquoi, au-delà des cultures de subsistance stricto sensu, les autorités veulent faire émerger une agriculture de marché, seul moyen pour créer les richesses nécessaires à l'amélioration du revenu par habitant. Mais, pour accroître les exportations de cultures comme le coton ou le café, il convient de professionnaliser l'agriculture et de faire en sorte que les privés investissent dans le secteur. Sur ce plan, les initiatives sont encore trop modestes pour être significatives.
C'est surtout dans le domaine de la transformation que les déficiences se font sentir. Dans le Fouta Djalon comme en Guinée forestière, une partie des récoltes pourrit encore au bord des champs, faute de pistes rurales suffisamment entretenues pour permettre leur évacuation dans les délais impartis. Ce n'est qu'avec des équipements adéquats pour la conservation des produits et des circuits de commercialisation fluides que les différentes filières pourront connaître l'expansion qu'elles méritent. La compétitivité des fruits, légumes et céréales made in Guinée en dépend.
À l'heure actuelle, la croissance du PIB agricole comme de celui de l’élevage – située aux alentours de 5% en moyenne annuelle – permet une progression raisonnable des ressources fournies par le secteur primaire. Sa contribution à la richesse nationale se renforce chaque année, avec des performances supérieures à celles du PIB global. Cette particularité mérite d'être soulignée, dans la mesure où l'ensemble des pays de l'Afiique subsaharienne affichent généralement une croissance moyenne du PIB agricole de 1 % à  2 %. Et rares sont ceux où ce chiffre excède 3%.
Progressivement, la part des produits agricoles dans les exportations guinéennes se raffermit, passant de 17 % en 1996 pour atteindre 20 % l'an dernier, alors que, dans le même temps, leur part dans les importations chutait de 15 % à 12 %.

Toutefois, ce bon résultat doit être tempéré: si les ventes de produits primaires prennent un peu d'ampleur, les exportations minières, pour leur part, connaissent une régression, du fait de la dépression des cours mondiaux. Parallèlement, la part des importations globales alimentaires dans les achats extérieurs diminue légèrement, mais sûrement. Ce qui se traduit par une nette amélioration de la commercialisation agricole. On est passé d'un déficit de 100 millions de dollars en 1991 à un excédent de 47 millions de dollars l'an dernier Les cultures à l'origine de ces bons résultats sont essentiellement le coton, le café, le riz et le poisson. Les fruits ou le cacao y contribuent, mais dans une moindre proportion. Aussi n'est-il pas incongru de croire que, si le pays s'en donne les moyens, il peut raisonnablement tabler sur le taux de croissance à deux chiffres qu'il s'est fixé pour la fin de la décennie prochaine. Cet horizon 2010 est d'autant plus réaliste que la Guinée est un vaste jardin. La pluralité de ses climats et de ses sols lui permet de développer plusieurs filières en même temps et de limiter ainsi les risques qui pèsent sur une économie insuffisamment diversifiée.

Vu l’importance du secteur primaire pour le PIB, une mauvaise saison influe directement sur les performances globales du pays, comme ce fut le cas en 1995 (diminution de la croissance du PIB primaire de 1.6% par rapport à 1994). D’année en année, les superficies cultivées s’accroissent régulièrement au profit du riz, principale céréale consommée par la population guinéenne. Les importations de riz se réduisent progressivement au profit du paddy local, cela permet une économie de devises. Depuis 2 ans, la balance commerciale agricole est devenue excédentaire. Le solde flirtait avec les 50 millions de dollars lors de l’avant dernière campagne.

Sur les 35 millions de dollars que la Banque Mondiale consacre chaque année à la relance de l'agriculture, 17% sont alloués à l'Institut de recherche agronomique de Guinée : cet organisme travaille à la valorisation du formidable potentiel végétal dont dispose le pays...

Pour améliorer ses rentrées de devises, le pays tente de développer ses cultures d'exportation. Après un effondrement de la production, la filière café revient progressivement à des niveaux conformes aux potentialités guinéennes. Parallèlement, la Guinée fonde de réels espoirs sur l'or blanc (coton). La production en tonnes était de 24785 en 1997/1998 et de 37500 en 1998/1999..les surfaces en hectares ont elles aussi augmentées de 19183 (97/98) à 27348 (98/99)..!!
Cette production équivaut à celle du Ghana ou de la Centrafrique; la Guinée atteint le meilleur rendement agricole d'Afrique francophone. Les planteurs ont récolté 1370Kg de coton-graine à l'hectare au cours de la campagne 98/99.
Il faut cependant noter qu'en Haute-Guinée, la filière bénéficie des prestations de service financées par les bailleurs de fonds (Agence française de développement...). L'accroissement du nombre de planteurs est tel qu'en 3 ans la surface totale a doublé. L'engouement s'explique par la réévaluation des prix d'achat au producteur et par une meilleure logistique pour la commercialisation.
Les planteurs profitent du coton pour redonner à leur région un nouveau dynamisme. Cette culture n'occupe que 16% de la superficie de chaque exploitation; ce qui signifie qu'en Haute Guinée pas moins de 130 000 ha de vivriers sont associés à l'or blanc. Les revenus de la fibre permettent d'investir, soit dans l'achat d'engrais, soit dans l'équipement de charrues, de semoirs ou de bovins pour la traction animale. Les exploitations produisant du coton ont des rendements en vivriers de 20 à 70% supérieurs à ceux des autres exploitations.
En Haute-Guinée, le coton fait vivre aujourd'hui 40 000 planteurs, et une population totale estimée à 300 000 personnes.
Toutefois, le boom cotonnier demeure suspendu à l'évolution des cours mondiaux..au premier semestre 1999, le prix de la fibre a baissé pour s'établir à 7.3FF le kilo, ce qui rend automatiquement la filière déficitaire, le coût de production s'établissant aux environs de 8.2FF le kilo, du fait des charges liées au transport.

Les produits agricoles ne représentent que 10% du commerce extérieur; mais, à l'instar de l'ananas, de nouveaux fruits et légumes sont aujourd'hui commercialisés. On essaie avant tout de fluidifier les circuits de commercialisation : durée du transport du champ jusqu'au port, modalités de stockage et procédures de conditionnement...des produits comme l'ananas biologique commencent à s'installer sur les marchés d'exportation; une filière prometteuse est celle de l'anacardier; d'autres produits font leur apparition comme la fraise, le haricot vert, la pastèque, le miel....

La société guinéenne de palmiers à huile et d'hévéas (Soguipah) exploite 1560 ha de palmiers à huile et 4577 ha d'havéas à Yomou, en Guinée forestière. La production d'huile et de caoutchouc demeure sa principale activité. Crée en 1987 pour favoriser le développement économique du sud-est du pays, la compagnie emploie 1750 personnes. Mais une trentaine de villages environnants, soit une population totale de 27 000 personnes, travaillent dans des plantations familiales et livrent leurs produits à la société. L'activité villageoise permet chaque année de redistribuer 25 millions de FG dans la zone de production. Soutenue par plusieurs bailleurs de fonds, la Soguipah connait actuellement sa trosième phase d'investissement, pour un montant total de 2,2 milliards de FF. Une huilerie d'une capacité de 10t de régimes de palme à l'heure et une savonnerie d'une capacité de 700Hg à l'heure sont déja opérationnelles.
La cosntruction de l'usine de traitement du caoutchouc a été reportée du fait des délais nécessaires à son financement. Le retard du projet a entrainé un important manque à gagner pour l'enttreprise, contrainte de vendre du latex non transformé à la Côte d'Ivoire qui en assure l'usinage avant exportation. Mais l'avancement des travaux de cette usine à caoutchouc est déja bien avancé. En renouant avec les bénéfices, la société pourra alors penser à la privatisation. La Soguipah a fourni du travail à quelques 5000 personnes; les revenus qui en découlent ne sont pas négligeables. Les infrastructures collectives de la région se sont améliorées, notamment en matière de centres de santé, d'écoles, de logements ou d'équipements hydrauliques
Pour atteindre une masse critique suffisante et réaliser des économies d'échelle qui s'imposent, l'entreprise doit procéder à des plantations massives. La place ne manque pas mais les fonds manquent.

Les investisseurs étrangers montrent un intérêt croissant pour le sol guinéen. Dans le domaine agro-industriel, ils sont certes encore discrets mais bel et bien présents. Ainsi le groupe syrien Crown, propriétaire des Grands Moulins de Guinée, qui exerce son activité de minoterie depuis 1994, a porté sa capacité de production de 170t à 300 t de blé par jour, soit un volume annuel de 9000t de grain. L'intégralité de la farine est consommée sur place, mais le son est réexporté vers le Maroc sous forme d'aliments pour bétail. Parmi les opérateurs étrangers les plus actifs en Guinée, les Asiatiques s'intéressent à la riziculture. A 200 Km de Conakry, la Sobergui exploite ainsi 1200 ha de rizières. Profitant des similitudes agronomiques entre la Guinée et la Malaisie, le personnel de la Sobergui a transposé ses techniques d'exploitation avec un certain succès. Cette société emploie 350 personnes et cultive pour son propre compte la moitié du périmètre qui lui est concédée pour 20 ans, l'autre moitié étant constituée de plantations paysannes qui bénéficient de son expertise et de son matériel végétal amélioré.

L'amélioration du régime alimentaire des Guinéens passe par la consommation de protéines et dons par la baisse des prix de la viande. Pour mettre les produits animaux à portée du plus grand nombre, il faut intensifier les techniques d'élevage. Avec une croissance annuelle de 8% sur la dernière décennie, le cheptel bovin atteint de nos jours plus de 2,3 millions de têtes. Pays de vieille tradition pastorale, la Guinée a entamé, il y a 10 ans, la relance de ses productions animales. Toutefois, le sous-secteur ne contribue encore qu'à hauteur de 3,3% au PIB national. Pour accroître sa valeur ajoutée, plusieurs actions ont été lançées, à commencer par l'amélioration de la santé animalière. Les éleveurs ont été formé et sensibilisé au suivi sanitaire des troupeaux. Des efforts ont aussi été faits en faveur de l'amélioration génétique des races afin d'accroître la productivité des espèces locales.
L'accroissement des résultats de l'élevage passe par une meilleure alimentation du bétail, qui repose essentiellement sur l'exploitation des pâturages naturels et des sous-produits agricoles, comme la paille de riz.
En aval, les contraintes qui pèsent sur les filières animales sont multiples : déficience des réseaux de commercialisation, manque d'unités de conditionnement et de conservation des produits, valorisation insuffisante des sous-produits comme les cuirs, les peaux....Ainsi, la Direction national de l'élevage a t'elle fixé l'objectif d'équiper chaque préfecture d'un abattoir et d'une boucherie performants. Grâce à cela, on pourra substituer les produits locaux aux viandes importées, qui représentaient 6% de la consommation en 1996. En 2010, on espère porter à 69 000t la production annuelle de viande contre 39 000t actuellement.

Au coeur de la Moyenne Guinée, le Fouta Djalon draine 10 milliards de m3 d'eau chaque année. On y fait de la riziculture, base de l'alimentation de la population cultivé sur 85 000 ha. Toutefois, malgré une production en hausse, cette céréale reste essentiellement destinée à l'autoconsommation du fait de l'enclavement de la région. Les cultures fruitières sont également réparties dans toute la Moyenne Guinée. Néanmoins, l'oranger traverse actuellement une passe difficile : la cercosporiose détruit tous les arbres de la région. Ce fléau vient s'ajouter aux handicaps qui frappent déja la région du Fouta, comme l'insécurité foncière, l'insuffisance du crédit rural ou encore la faible utilisation des techniques modernes. L'insuffisance des apports en engrais minéraux appauvrit le sol. Les légumes, sur lesquels la région a bâti sa réputation, ne sont cultivés qu'en saison sèche..on y produit abondamment, mais l'absence d'unités de transformation et de conservation incite les paysans à brader leur récolte pour éviter qu'elle ne pourrisse. L'oignon et la pomme de terre ne constituent pas des spéculations assez rémunératrices bien que ces cultures bénéficient de mesures de protection par le gouvernement : de février à juin, l'importation de ces deux produits est interdite par le gouvernement afin de ne pas concurrencer la production locale. Les prix de revient demeurent cependant élevés du fait de l'absence de production locale de semences, importées de France.
La mise en valeur du Fouta passe par la mise en palce d'infrastructures d'évacutaion des produits....


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier