Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Centrafrique en un clin d'oeil
LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE EN UN CLIN D'OEIL

Centrafricaine, République, pays enclavé d'Afrique centrale, limité au nord par le Tchad, à l'est par le Soudan, au sud par la République démocratique du Congo et la république du Congo, et à l'ouest par le Cameroun. La République centrafricaine, pays peu peuplé, d'une superficie de 622984km2, est distante de 1815km de l'océan Atlantique, que l'on atteint par voie fluviale depuis Bangui, la capitale, jusqu'à Brazzaville (Congo) puis Pointe-Noire, par le chemin de fer Congo-Océan. Sa position centrale sur le continent africain, si elle constitue un handicap du point de vue économique, confère au pays un intérêt stratégique, qui explique le maintien militaire de la France dans cette ancienne colonie de l'Oubangui-Chari, devenue indépendante en 1960.

Le pays et ses ressources

Relief et hydrographie

Le pays est formé d'un vaste plateau d'altitude moyenne (600 à 900m), recouvert au nord d'une savane herbeuse, au centre d'une savane arbustive et, au sud-ouest, d'une forêt tropicale dense. Le plateau se relève au nord-est sur les contreforts de l'Adamaoua (massif du Yadé culminant au mont Ngoui à 1410m) ainsi qu'au nord-ouest par le massif des Bongo, qui culmine au mont Toussoro à 1330m. La pénéplaine centrafricaine est irriguée par de nombreuses rivières. Elle est située sur la ligne de séparation des eaux du fleuve Chari, affluent du Zaïre. L'Oubangui forme la frontière avec la République démocratique du Congo.

Climat

Le climat du pays est tropical. Les températures moyennes à Bangui varient entre juillet (21-29!°C) et février (21-34!°C). Les tornades et les inondations sont courantes au début de la saison des pluies, qui dure de juin à novembre. Les précipitations annuelles sont plus importantes dans la vallée de l'Oubangui (1780mm) que dans les zones semi-arides du nord-est et de l'est (760mm).

Ressources naturelles

La forêt tropicale est l'une des richesses du pays. Le bois d'acajou constitue l'une des principales exportations. Les premières ressources minières sont le diamant et l'or. La République centrafricaine possède également des gisements d'uranium et de pétrole, encore inexploités. Presque toutes les espèces animales de l'Afrique tropicale sont présentes dans ce pays, notamment à l'est, dans les réserves nationales.
Population et société

Démographie

La République centrafricaine est passée de 2millions d'habitants en 1975 à 3,34millions en 1994. Malgré un taux d'accroissement annuel de la population s'élevant à 2,6p.100 sur la période 1990-1995, le pays est sous-peuplé (5,2habitants au kilomètre carré). La population est concentrée dans la partie occidentale!; les deux tiers des Centrafricains vivent dans de petits villages. Bangui, la capitale et ville principale, comptait environ 750000habitants en 1990.
Les Babingas, des Pygmées peuplant toujours la forêt centrafricaine dans la région de la Lobaye, furent les premiers habitants du pays. Les groupes Gbayas-Mandjas et Bandas représentent plus de la moitié de la population centrafricaine. Cependant, le clivage est très marqué entre ces populations de la savane et les «!gens du fleuve!» (Oubanguiens) de langue sangho, commerçants établis sur les rives de l'Oubangui et qui dominent la vie économique et politique du pays. Les Zandés, agriculteurs semi-itinérants, vivent entre le nord-est de la République centrafricaine, le sud du Soudan et la République démocratique du Congo.

Langue et religion

Les animistes représentent environ 60p.100 de la population, les chrétiens 35p.100 et les musulmans 5p.100. Les langues officielles sont le français et le sangho, langue véhiculaire des Oubanguiens, parlée par la plupart des Centrafricains.

Éducation

La scolarisation est faible. En 1990, seuls 25p.100 des enfants âgés de douze à dix-sept ans fréquentaient l'école. Environ 40p.100 de la population ne savait ni lire ni écrire. L'unique université du pays, fondée à Bangui en 1969, accueillait environ 2500étudiants au milieu des années 1980.

Gouvernement et vie politique

De 1966 à 1979, le pays fut dirigé par Jean-Bedel Bokassa, président puis empereur. Son règne, marqué par la corruption et de graves violations des droits de l'Homme, s'acheva sur une intervention militaire de la France. Son successeur, David Dacko, rétablit la république et promulgua une Constitution pluraliste en février 1981. Celle-ci fut suspendue après le coup d'État du général André Kolingba en septembre de la même année. Le Comité militaire de redressement national (CMRN), constitué sous sa direction, institua un régime de parti unique, consacré par une nouvelle Constitution approuvée en 1986. La seule formation politique autorisée étant le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC). Le pouvoir exécutif était confié à un président élu pour six ans au suffrage universel. Le pouvoir législatif dépendait d'une Assemblée nationale de cinquante-deux membres. En 1992, le multipartisme fut rétabli, mais les résultats de l'élection présidentielle, organisée la même année, furent annulés par Kolingba. De nouvelles élections eurent lieu en 1993, sous le contrôle de la France. Ange-Félix Patassé, ancien Premier ministre de Bokassa, fut élu président. Son parti, le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MPLC), obtint la majorité relative à l'Assemblée. En juin 1996, un gouvernement d'union nationale fut formé après une série de mutineries au sein de l'armée centrafricaine.

Économie

Depuis la dévaluation du franc CFA en janvier 1994, les secteurs du coton, du café et du bois ont enregistré une progression!; ils ont profité également de la hausse des cours mondiaux. Le taux annuel de variation du produit national brut (PNB), nul ou légèrement négatif sur la période 1985-1993, est passé à 5,8p.100 en 1994, date à laquelle le PNB global atteignait 890millions de dollars. Dans le même temps, le PNB par habitant chutait de 410dollars en 1991 à 304dollars en 1994. Conséquence négative de la dévaluation, le taux d'inflation s'est élevé à 24,6p.100 tandis que les finances publiques restaient déficitaires. L'État centrafricain, dépendant de l'aide internationale, ayant tardé à appliquer les mesures recommandées par le Fonds monétaire international (FMI), les prêts que l'organisation avait prévu de lui accorder furent différés en 1995. Les retards s'accumulèrent une fois encore dans le paiement des salaires de la fonction publique (20000agents, civils et militaires), générant de nouvelles tensions sociales et des mutineries au sein de l'armée en avril et mai 1996.

Agriculture

Les deux tiers de la population active vivent de l'agriculture, sur de petites parcelles occupant seulement 3p.100 du territoire. Dans le domaine vivrier, le manioc est la culture la plus importante, couvrant 10p.100 des terres cultivables. Viennent ensuite le maïs, le mil, le sorgho, l'igname et la patate douce. Le gouvernement encourage la culture du tabac, du sésame et du riz. La production des deux principales cultures de rapport est en baisse: celle du coton est passée de 26500tonnes en 1989 à 15000tonnes en 1993. De même, le café voyait son volume diminuer de 19800tonnes à 9000tonnes. L'élevage de bovins s'est développé dans le Nord-Ouest (2,8millions de têtes en 1993). La filière bois vient en tête du secteur primaire (3,45millions de mètres cubes en 1992). La pêche en eau douce fournit 13500tonnes de poissons par an.

Mines et industries

Le diamant est la principale richesse du pays. Sa production officielle était de 495000carats en 1994. La contrebande détourne de très importantes quantités de pierres précieuses: la production centrafricaine totale de diamants se serait en fait élevée à 1500000carats, soit 15p.100 du PNB. L'extraction de l'or ne fournit que 120kg par an (0,1p.100 du PNB). L'exploitation de l'uranium et celle du pétrole demeurent en projet. La production annuelle d'hydroélectricité couvre 80p.100 des besoins du pays (93,6millions de kWh en 1993). L'activité industrielle, très limitée, concerne l'agroalimentaire, le textile et la savonnerie.

Échanges

L'unité monétaire est le franc CFA. Les principales recettes d'exportation du pays proviennent du diamant (61p.100), du bois (13p.100), du coton (10p.100) et du café (4p.100). Leur montant a augmenté, s'élevant à 136millions de dollars en 1993 (127,1millions en 1989). Mais celui des importations a crû davantage, passant de 197,7millions en 1989 à 283millions de dollars. Le pays appartient à l'Union douanière des États d'Afrique centrale (UDEAC). La France est de loin le premier partenaire commercial.
Le pays ne possède pas de voies ferrées. Les réseaux fluviaux de l'Oubangui, d'une part, du Chari et du Logone, d'autre part, offrent d'importantes voies de communications. Les exportations sont acheminées par les fleuves Oubangui et Zaïre vers Brazzaville (Congo), puis par voie ferrée vers le port maritime de Pointe-Noire, sur la côte atlantique. Le pays possède 20275km de routes, dont 2p.100 sont bitumées. Un aéroport international dessert Bangui.

Histoire

La plupart des communautés vivant aujourd'hui sur le territoire centrafricain s'y établirent à partir de la seconde moitié du XVIIIesiècle. À cette époque, les populations de langue soudanaise quittèrent la savane pour se réfugier dans la forêt, fuyant les guerriers peuls et les marchands d'esclaves. La traite des Noirs, cependant, ravagea les plateaux de Centrafrique au XIXesiècle (voir Esclavage). Le pays banda était soumis aux expéditions des Arabes du Bahr el Ghazal.
Une colonisation brutale
Vers 1885, des explorateurs belges découvrirent le cours inférieur de l'Oubangui. Les territoires situés de part et d'autre du fleuve furent partagés ensuite entre la Belgique et la France. En 1889 fut fondé, sur la rive droite de l'Oubangui, le premier poste français, appelé Bangui.
Le pays fut livré à l'exploitation des sociétés concessionnaires, qui soumirent les populations au travail forcé. En 1905, l'Oubangui-Chari devint colonie française. Elle fut intégrée en 1910 à l'Afrique-Équatoriale française. De tous les territoires de l'Empire colonial français, l'Oubangui-Chari connut la colonisation la plus brutale. L'écrivain André Gide dénonça, dans Voyage au Congo, les conditions de vie imposées aux populations. De 1928 à 1931, les Gbayas se révoltèrent contre le recrutement forcé pour la construction du chemin de fer Congo-Océan et refusèrent l'impôt. La guerre dite du Kongo-Wara se poursuivit jusqu'en 1931.

L'indépendance

Barthélemy Boganda, ordonné prêtre en 1938, fut la figure emblématique de l'indépendance centrafricaine. Élu député à l'Assemblée nationale française en 1946, année où l'Oubangui-Chari devint territoire d'outre-mer, il fonda en 1949 le Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire (MESAN). En 1956, il s'opposa à l'application de la loi-cadre Defferre, redoutant les effets d'un éclatement de l'Afrique-Équatoriale française. Lorsque, en 1958, le pays devint République centrafricaine au sein de la Communauté française, Boganda, devenu Premier ministre, tenta de constituer un État d'Afrique centrale avec le Congo et le Tchad.
Boganda mourut dans un accident d'avion, dont les origines demeurent obscures, le 29mars 1960. David Dacko lui succéda et devint le premier président du pays, lorsque celui-ci accéda à l'indépendance le 13août 1960. En décembre, le principal parti d'opposition, le Mouvement d'évolution démocratique de l'Afrique centrale (MEDAC), fondé par Abel Goumba, ancien bras droit de Boganda, fut interdit. Le MESAN devint de facto le parti unique, avant même les réformes constitutionnelles de 1962 et 1964 qui consacrèrent la suppression du multipartisme.

L'Empire centrafricain

En janvier 1966, un cousin de Dacko, le colonel Jean-Bedel Bokassa, s'empara du pouvoir. Il abrogea la Constitution et se déclara président-maréchal à vie. Le 4décembre 1976, le congrès extraordinaire du «!MESAN rénové!» proclama l'Empire centrafricain. Le maréchal Bokassa devint l'empereur BokassaIer. Il fut couronné le 4décembre 1977. La liberté d'expression fut supprimée et les opposants furent jugés par des tribunaux militaires et, pour la plupart, condamnés à mort.
En 1979, l'armée intervint contre des manifestations de lycéens. De nombreux écoliers furent emprisonnés ou massacrés par la garde impériale. Une commission d'enquête, composée de juristes africains, fut désignée par la conférence franco-africaine. Ses membres conclurent à la responsabilité directe de Bokassa dans le massacre. À l'étranger, l'opposition s'était organisée en différents partis, dont le Front patriotique oubanguien (FPO) d'Abel Goumba, et le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MLPC) fondé par l'ancien Premier ministre de Bokassa, Ange-Félix Patassé. En septembre 1979, la France organisa une opération, dénommée «!Barracuda!», à l'issue de laquelle Bokassa fut renversé. L'ancien président Dacko le remplaça, rétablit les libertés démocratiques et le multipartisme en février 1981. En mars, il emporta l'élection présidentielle, devançant Ange-Félix Patassé.

L'après-Bokassa

En septembre 1981, un coup d'État dirigé par le général André Kolingba chassa David Dacko du pouvoir. À nouveau, les partis furent interdits en mars 1982, à l'exception du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC, nouveau nom du MESAN). En octobre 1986, Bokassa fut jugé et reconnu coupable d'avoir ordonné le meurtre de ses adversaires politiques. Sa condamnation à mort fut commuée en réclusion perpétuelle.
En novembre, un référendum confirma Kolingba à la tête du pays pour six ans. Sous la pression de la France et des organisations financières internationales, Kolingba accepta la tenue d'élections pluralistes en 1992, dont il annula les résultats, invoquant des irrégularités. En 1993, Ange-Félix Patassé fut cependant élu à la présidence. L'un des derniers actes du général Kolingba fut d'amnistier et de libérer Bokassa. La crise économique et sociale se prolongeant, et les salaires de la fonction publique n'étant pas payés, des mutineries éclatèrent en avril et mai 1996 au sein de l'armée. Les mutins exigeaient leur rémunération, mais également le limogeage du colonel François Ndjeder, commandant de la garde présidentielle. Craignant un coup d'État, la France, dont les deux principales bases en Afrique sont situées sur le territoire centrafricain, est intervenue militairement pour soutenir le président Patassé. Après avoir conclu un accord avec les mutins, celui-ci annonça la formation d'un gouvernement d'union nationale.
La tentative d'éloigner de Bangui les militaires putschistes entraîne un nouveau soulèvement qui suscite une intervention française. En janvier 1997, les accords de Bangui aboutissent à la formation d'un nouveau gouvernement et à la mise en place d'une force africaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB), qui est remplacée par une mission des Nations unies en République centrafricaine (Minurca) en avril 1998, destinée, notamment, à sécuriser Bangui.
Après les élections législatives de décembre 1998, le président Patassé nomme comme nouveau Premier ministre Anicé-Georges Dologuélé. Ce dernier compose un Gouvernement d'action pour la promotion de la démocratie (GAPD) qui tient à préciser publiquement l'origine ethnique de chacun de ses membres pour bien montrer qu'il représente un large éventail du pays.

Le président sortant Ange-Félix Patassé a été réélu pour un second mandat de six ans à la présidence de la République centrafricaine. Selon les résultats officiels annoncés le 2 octobre 1999, il a recueilli dès le premier tour 51,6 p. 100 des voix, contre 19,4 p. 100 à son principal opposant, l'ancien président André Kolingba.
Le scrutin, prévu pour la fin du mois d'août, avait été reporté deux fois en raison de problèmes d'organisation et s'est finalement déroulé le 19 septembre. Ces retards ont entraîné des affrontements violents entre les partisans du président sortant et ceux des candidats de l'opposition. Les partis d'opposition, qui présentaient neuf candidats pour affronter Ange-Félix Patassé, avaient signé un pacte de ralliement au mieux placé des candidats issus de leur camp, en cas de deuxième tour. Dénonçant des irrégularités dans le déroulement de l'élection, ils ont demandé l'annulation des résultats.

Source :
Microsoft Encarta


Afrique : histoire, economie, politique

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier