
CE QUI S’EST PASSE EN 1999 (tel que l’on a pu le lire dans la presse écrite !)
En Janvier 1999, on apprenait que
les forces fidèles au président Nguesso avaient tué
plusieurs dizaines de rebelles dans le sud-ouest de la capitale. Cette
opération a pour but de chasser les milices « Ninjas »
de la région (ces milices soutiennent l’ancien gouvernement de Pascal
Lissouba et Bernard Kolélas). Les civils sont aussi la proie des
milices, on compte plusieurs dizaines de morts lors de cette dernière
opération. Sassou Nguesso et sa milice (constitué par les
« Cobras ») ont chassé le président Lissouba
en Octobre 1997 après une guerre civile qui a duré 6 mois.
Des combats très violents
se sont déroulés fin Janvier à Brazzaville. Un récent
rapport humanitaire fait état de 200 000 personnes déplacées.
En Février, on ne disposait pas d’informations concernant l’emplacement
de ces personnes.
Kolélas et Lissouba vivevnt
en exil depuis que Nguesso a pris le pouvoir en 97. On sait que la milice
du président Nguesso est aidée par l’armée angolaise
et l’a aidé à prendre le pouvoir en 1997. Certains parlent
de massacres à grande échelle, d’autres de véritables
génocides.
L’observatoire Congolais des droits
de l’Homme parle d’un génocide planifié et mené par
le gouvernement auto-proclamé de Brazzaville. Le sud du Congo est
le bastion des « Ninjas » de Kolélas et des «
Cocoyes » de Lissouba.
Ces Ninjas ne semblent pas se contenter
de vouloir renverser le régime de Nguesso mais veulent aussi liquider
tous ceux qui sont suspect de collaboration avec l’état congolais.
De leur côté, les « Cobras » se sont livrés
à divers « méfaits », jetant très tôt
le doute sur la capacité du pouvoir à maîtriser la
situation, pour le moins confuse.
En Mars 1999, de violents combats
se déroulaient dans les collines de Salemi, au nord-est de la capitale.
En Avril, les autorités militaires accusaient les « Ninjas
» d’avoir exécuté des civils et d’utiliser ceux-ci
comme boucliers humains.
Début Juin, les forces armées
gouvernementales essayaient de chasser les rebelles de la ligne ferroviaire
reliant la capitale au port de Pointe Noire. Au mois d’Août, Nguesso
annonçait une amnistie conditionnelle pour les soldats qui continuent
à être fidèles à Lissouba. Amnistie sans suite
car en Septembre, des combats violents continuaient de se dérouler
et les troupes gouvernementales annonçaient la mort de plusieurs
dizaines de rebelles. Fin Septembre, un bastion tenu par les rebelles tombaient
au sud du pays (ville de Kindamba). Lors d’un colloque pour la paix au
Congo organisé sous l’égides des députés verts
à l’Assemblée Nationale en Novembre 99, Kolélas fustigeait
le gouvernement au pouvoir dans son pays et citait une phrase dite par
des hauts dirigeants du régime en Octobre : « Plus jamais
les Bakongo, plus jamais les gens du sud ne dirigeront ce pays ».
Pour Kolélas, cela signifie que le gouvernement n’a aucunement l’intention
de trouver une solution pacifiste à ce conflit.
Pour Kolélas, la dimension
ethnique de ce conflit politique est une réalisation des responsables
du régime. Toujours selon lui, le Congo est dirigé par une
dictature sanguinaire qui depuis Avril 1999, massacre les populations du
sud du Congo à l’arme lourde. Le bilan s’élèverait
à plusieurs centaines de milliers de victimes.
Pour Kolélas, la résistance
au pouvoir a débuté en Août 1998 dans la région
du Pool, par réaction aux exécutions sommaires. Dans le magazine
Afrique-Asie, on peut lire que les Ninjas exécutent toutes les personnes
de leur ethnie reconues comme collaborateurs du régime en place.
Dans la logique de la riposte, le pouvoir décida de nettoyer définitivement
toutes les poches d’opposition armée, en utilisant des méthodes
pour le moins expéditives, dans les quartiers de Bacongo et Makélékélé.
Selon le journal Afrique-Asie, rien
à ce jour, dans le comportement de l’actuel régime ne le
rend suspect de pratiques génocidaires (décembre 1999). Toujours
est-il que le gouvernement n’a pas réussi à désarmer
les milices et que la plus grande confusion règne dans les couloirs
du pouvoir. Des malversations financières auraient été
perpétré alors que des lobbies affairistes auraient vu le
jour. La dégradation de l’image du pouvoir est visible au sein de
la population congolaise.
Pour connaître les implications étrangères dans le conflit congolais, je vous conseille la lecture du livre de François-Xavier Verschave "NOIR SILENCE" édition Les Arènes mai 2000.

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier