Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Les dangers de l'aide à outrance et l'Afrique n'est pas l'Europe..... Je vous propose dans les lignes qui suivent de résumer la pensée de certains africanistes, farouchement opposés à l'aide internationale à outrance et aux modèles démocratiques occidentaux qui, selon eux, ne sont pas adaptés à la réalité africaine.

Ce sujet étant très controversé, je vous propose de retrouver en fin de sujet des réactions récoltées sur un forum de discussion consacré à l'Afrique....

Suicide démographique et alimentaire :

Baisse de la mortalité, accélération démographique incontrôlable et extrême jeunesse de la population, voilà constitué la véritable équation démographique africaine ; la surpopulation a des conséquences tragiques car l'Afrique n'est pas en mesure de produire assez de nourriture, de construire des logements, des écoles, des hôpitaux, de créer un nombre suffisant d'emplois en rapport avec cette masse humaine.
L'agriculture vivrières ne peut suivre la croissance de 3% de la population, car la sienne varie de 1 à 1.5%  dans le meilleur des cas : de nos jours, cent cinquante millions d'africains survivent grâce à l'aide alimentaire mondial.
La pression démographique est la cause de désastre écologique : désertification, déforestation …

Catastrophe agricole : la part de l'ensemble de l'Afrique dans le total mondial des exportations agricoles était de 7,2 pour cent en 1970 ; en 1993, ce chiffre est passé sous la barre des 3%.
En 1970, dix ans après les indépendances, l'Afrique commençait à avoir besoin de l'aide internationale à hauteur de 5% ; depuis 1992 50% du total de l'aide alimentaire mondiale est attribuée à l'Afrique. Pour exemple, en 1994, le Pam a nourri un peu plus de deux millions de personnes en Angola en leur distribueront 200 000 tonnes d'aide alimentaire.

Il est intéressant de comparer ce qui s'est passé en Asie et en Afrique : dans les années 1950-1960, l'Asie était le continent des famines alors que l'Afrique coloniale mangeait à sa faim ; de nos jours, la situation s'est inversée. L'Afrique est une fourmilière au repos, l'Asie une fourmilière au travail : en résumé, ce sont donc les africains qu'il faut blâmer. Ils sont responsables de cette situation. Là ou les asiatiques ont aménagé les sols, les africains n'ont à aucun moment eu recours à l'innovation, préférant sans remettre, au nom d'une prétendue culpabilité coloniale et du postulat tiers-mondiste du pillage colonial, à l'obligation morale d'aide que le nord s'était laissé imposer. Voici les ingrédients qui, depuis trente années, entre dans la composition de la crise africaine : exigences de réparation, incessants reproches au nom du passé, fatalisme, mises en accusation des pays industrialisés et refus de toute autocritique.

Catastrophe économique :

En 1993, le continent africain détenait 1% du PNB de la planète avec un peu plus de 10 pour cent de sa population.
Le PIB par habitant a amorcé une chute vertigineuse depuis 1980 pour descendre en 1991 en dessous des 500 dollars par habitant.

La dette à long terme de l'Afrique a été multipliée par 20 depuis 1970 : baisse du pouvoir d'achat qui a été évalué à 40% depuis 1980. La dette extérieure de l'Afrique est supérieur à son PNB : la dette des pays africains est plus de trois fois supérieur à leurs exportations annuelles.

La perte de parts sur le marché mondial a des conséquences dramatiques car pour compenser des pertes qui s'additionnent, les pays africains sont conduits à augmenter le volume des exportations agricoles, ce qui, automatiquement, provoque la baisse périodique des cours, notamment pour le cacao et le café : la spirale est infernale et sans issue.
Même les pays qui ont la faveur des donateurs internationaux (exemple le Sénégal) voient le revenu moyen de leurs habitants baissés : pour le Sénégal, entre 1961 et 1994, le revenu moyen des paysans a baissé dans une proportion dépassant 50%. Pour les salariés, la baisse du pouvoir d'achat a atteint 30 à 40% entre 1980 et 1992.

L'Afrique n'intéresse pas les investisseurs car ils ne croient plus en son avenir : la vérité des chiffres est parlante car, en 1992 ou 1993, alors que Singapour attirait 4 milliards de dollars d'investissements étrangers, l'ensemble du continent africain en totalisait que 3. Dans le total mondial des investissements étrangers, la part de l'Afrique est de 2%.

Le naufrage commercial :

L'Afrique ne cesse de perdre des marchés internationaux, pétroles excepté : la part du continent sur le marché mondial est passé de 8,5 pour cent en 1970 à 4,4% en 1987 et à moins de 3 pour cent en 1993.
Pour les produits constituant l'essentiel des exportations africaines : le cacao, le café, le coton, le bois, le sucre et le cuivre : la part de l'Afrique de 1987 à 1993 a baissé dans les proportions variant de 22 à 38%.

Dans le domaine des minéraux, des minerais et des métaux, l'Afrique qui détenait 11% des parts en exportations mondiales en 1966 n'ont totalisé plus que 6% en 1986.
Il en est de même pour l'huile de palme et l’arachide : l'Afrique qui en 1960 était largement exportatrices d'huile de palme est en train de devenir importatrice net. En vingt-cinq ans, la part de l'Afrique dans le commerce mondial des oléagineux est passé de 73 à 27%.
Les exportations africaines ont diminué en volume après 1970 : comme la population a continué à croître, chaque africain exporte en 1985 entre à peu près la moitié de ce qu’il exportait en 1970. Plus de quarante pays africains n'ont pas d'existence commerciale et ne vivent que de la charité internationale. L'Afrique est donc sortie du commerce mondial.

L'aide est inutile et néfaste :

En 1991, chaque africain recevait en moyenne 40 dollars pour 10 dollars au sud-américain et 5 dollars aux asiatiques.40% de l'ensemble mondial de l'aide publique au développement est de nos jours destinés à l'Afrique contre 10 pour cent pour l'Amérique latine et 12 pour cent pour l'Asie de l'est.
En Afrique, l'aide a connu une augmentation continuelle à la mesure des échecs de la politique de développement (l'inverse s’est produit pour l'Asie).

En 1960, économiquement, le poids du Ghana et de la Corée était identique : PNB = 230 dollars américains. En 1992, celui du Ghana n'avait guère bougé (345 dollars américains) alors que celui de la Corée avaient bondi à cinq mille deux cents dollars américains.
L'Afrique n'a donc pas profité de l'aide internationale. « L'argent disponible dans les années 1970 a été dépensé n'importe comment » (Axelle Kabou, sociologue camerounaise). « Nous distribuons de l'argent à des pays dont les gouvernements font échouer les tentatives de croissance économique » (sénateur Mac Connell, 1995). Les effets de l'aide alimentaire sont dévastateurs et traumatisants : ils permettent à des gouvernements incompétents de se maintenir au pouvoir, ils provoquent l'exode rural, ils introduisent de nouvelles habitudes alimentaires en céréales non produites localement et qui, mathématiquement, devront être importées. Parfois, cette aide se fait au profit d'assassins, comme dans le cas des réfugiés rwandais vivant dans les camps du Zaïre. À cause de cette aide, le paysan africain est découragé.

Les droits de l'homme contre l'Afrique :

L'idéologie des droits de l'homme est individualiste et universaliste ; en Afrique, où les cultures sont communautaires et cloisonnées, son application a amplifié le cataclysme.
Il importe de se rendre compte de la façon dont les occidentaux ont poussé les africains à adopter le modèle démocratique (surtout la France).

Dépendant pour leur survie des versements faits par la France, les africains durent se soumettre au diktat démocratique. Partout des troubles éclatèrent car le tribalisme qui couve sous l’ethnisme fût exacerbée, chaque groupe voulant le pouvoir pour les siens. À la suite de la déclaration de la Baule, qui imposait aux partenaires de la France l'option démocratique, il se produisit une atomisation politique : 260 partis politiques au Zaïre, 75 partis pour le Congo, 35 pour le Bénin… Le cyclone de la Baule a favorisé l'ethnisme, soit par la naissance de partis à base ethnique, soit en provoquant la constitution d'un "donjon" tribal dans lequel s'enferment ceux qui s'accrochent au pouvoir.

En Afrique précoloniale, le pouvoir traditionnel n'appartenait que rarement au plus nombreux ; bien au contraire, ceux qui le détenait constituaient généralement des minorités obéies et respectées par des majorités soumises. Le système démocratique permit au contraire aux plus nombreux d'obtenir le pouvoir ; de plus, ce système est profondément individualiste. Le système démocratique n'est donc pas adapté à l'Afrique. L'erreur aura été de croire que l'on peut transposer un système d'un continent à l'autre, en occultant totalement les réalités sur le terrain.

Pour exemple, le Rwanda : durant cinq siècles, les Tutsi (20 pour cent de la population) ont dominé les Hutus (80 pour cent de la population). Les colons belges et l'église catholique ont bouleversé la donne en amenant au pouvoir les Hutus (massacre de Tutsi s’en est suivi). L’idéologie démocratique favorise en effet les plus nombreux ce qui a été, en Afrique, à contresens de l’ordre naturel qui s’était établi en plusieurs siècles.
C'est donc au nom d'une idéologie importée que fut ruiné un édifice politique séculaire. La France socialiste a totalement aidé les Hutus (militairement également). Le président du Kenya Arap Moï déclarait que la multiplicité des parties déboucherait sur le tribalisme et donc sur le chaos : "Le multipartisme est étranger à la tradition africaine. Si plusieurs parties existaient, ce ne serait que des alliances de groupes ethniques qui tenteraient de contrôler tous les rouages de l'Etat". Le résultat des dernières àlections présidentielles au Kenya ont prouvé qu'Arap Moï voyait juste : avec seulement 36% des suffrages, ce membre de l'ethnie kalenjin ne l'a emporté que parce que les clivages tribaux ont été plus forts que l'habillage démocratique de partis constitués à l'européenne. Le principal parti d'opposition, le FORD a en effet éclaté en plusieurs noyaux ethniques regroupant les Luo, les Swahili, les Kikuyu et les Luhya, alors que la totalité des votes recueillis par les tendances tribales du FORD fut de 43.5% !!
Au Togo, on sait que le président Eyadéma doit son salut à l'armée togolaise, dont l'élite est constituée par les membres de l'ethnie du chef de l'état, les Kabyé.
Le président ougandais Museveni pense que " le multipartisme est un concept occidental. On ne doit pas copier tout ce qui vient de l'Occident et le transplanter ici. Nous devons développer notre propre modèle qui convient à notre culture".
Le roi Hassan II du Maroc déclare lui aussi : " Le plus grand danger de l'Afrique c'est qu'on a voulu lui faire prendre des modèles parlementaires européens, et je ne tiens pas du tout à ce que le Maroc tombe dan ce danger. Il a 2000 ans d'histoire, il a ses traditions, son passé et ses expériences".

La seule liberté qui reste à l'Afrique est un choix entre sombrer dans l'ordre imposé par la contrainte du parti unique ou dans le désordre et l'anarchie du multipartisme.

5 ans après la Baule, 7 chefs d'état ont perdu le pouvoir : Hissène Habré au Tchad, Moussa Traorè au Mali, Sassou-Nguesso au Congo, Didier Ratsiraka à Madagascar...quant aux présidents du Rwanda et du Burundi, c'est la vie qu'ils ont perdu. Même le Sénégal connait une situation difficile en Casamance : les rebelles veulent créer un état Diola qui engloberait la Casamance, la Gambie et la Guinée-Bissau.
Au Gabon, Omar Bongo a restauré son pouvoir mais la démocratisation, si elle devait y être effectivement appliquée, favoriserait la future guerre tribale que ne manqueraient pas de se livrer les Myenné, les Fang et les Batéké.

Conclusion : pour ces africanistes. il faut passer de la coopération (qui n'a pas fonctionné : modèle démocratique, aide à outrance) à la décoopération afin de responsabiliser les africains. Il faut laisser les équilibres naturels se recréer : cela sera certes sanglant mais il s'agit d'une crise de croissance inévitable.
Que serions nous si aujourd'hui, au nom des droits de l'homme, des extra-terrestres avaient bloqué notre histoire européenne au 10ème siècle ? ? ! !
L’AFRIQUE N’EST PAS L’EUROPE  ET LES LOIS OU LES DETERMINISMES POLITIQUES AFRICAINS REPOSENT SUR D’AUTRES BASES QUE LES NOTRES.
Quoi d’étonnant à ce que la démocratie, greffe étrangère et même surréaliste, n’ait pas pris sur ce continent...
Le principal problème de l'Afrique n'est pas économique mais culturel : les experts ont voulu plaquer nos modèles occidentaux sur les Afriques : socialisme, tiers-mondisme, libéralisme...tous ont lamentablement échoué. La réalité est que nous sommes évidemment face à un problème d'incompatibilité des cultutres.

Bernard Lugan

VOIR AUSSI LE SUJET SUR " LA PARTITION ETHNIQUE DE L'AFRIQUE".....

REACTION

Lorsque je lis des textes comme ce que ton auteur a ecrit sur l'Afrique, je ne sais pas s'il faut jeter le tout a la poubelle ou s'il faut finIr la lecture. En tout cas apres avoir commence de lire, je commence a survoler tellement le substratum de la these de l'auteur qui fait preuve d'un pessismisme exacerbe, batti sur un parternalisme notoire.
Si on remplacait l'Afrique par l'Europe, quel aurait ete la suite de la discussion? Avant d'aborder la question de repartir l'Afrique sur des bases tribales, il serait mieux de rectifier l'image que ce monsieur dresse de l'Afrique.
Voici les donnees recentes:
L'Afrique noire avec l'Afrique du Sud, sont devenu l'a capital des exportation dans le monde avec environ 100 milliards de dollars.
La croissance des pays africains est de 3.3% compare a la moyenne du reste du monde qui est de 2.00%.
L'Afrique possede des economies a croissance les plus rapide du monde.
Le Botswanan a maintenu sa croissance a 16% pendant ces 10 dernieres annees et possede une reserve de 4.3 milliard de dollars.
Les benefices sur les investissements se chiffrent a 29%.
L'Afrique possede 700 millions habitants compare a l'inde qui a lui seul  fait 900 millions d'habitants. QUi est ce qui est le plus peuple? Le pays de l'Inde ou le continent Africain. L'Afrique est le deuxieme plus vaste
continent avec l'Asie. L'Afrique regorge 70% des mineraux du monde...
etc..
Maintenant, a partir de ces donnees verifiables, rappelons que seulement 20% des pays africains sont pertubes par les conflits tribaux et ethniques. Alors lorsqu'on sait faire une peu de calculs, on ne redecoupe pas un continent parce que 20% des pays ont des troubles.
Le sujets ne devait meme pas etre aborde. L'Auteur est un cancre!
Il faut cesser de vehiculer ce pessissisme dont le but ultime est d'entretenir ce complexe d'inferiorite chez le noir. Et d'ailleurs, qui veindrait decouper l'Afrique , l'Europe ou les Americains.
L'orsque ces personnes veindraient poser les bornes pour redecouper les forets, nous serons là pour les attendre.

Les thèses méprisantes et afropessimistes de cet auteur, semblent être un
effort désespéré d'un personne torturée par  le poids du passé qu'il ne
veut pas assumer. Il part donc de faits vérifiables qu'il interprête de
manière partiale et parfois malhonnête.  Voyons:

1° La démocratie est une invention occidentale? Faux. Car la meilleure
expression de celle-ci dans les sociétés traditionnelles africaines est la
palabre,large débat sur n'importe quel sujet au sein de la communauté dont
l'autorité suprême est détenue par le conseil des sages et non par le chef.

2° L' Afrique précoloniale ne connait pas de grands ensembles? Faux. Car
cette personne semble ignorer tout du passé de l'Afrique; il devrait lire
les publications de l'Unesco dans lesquelles il découvrira peut être les
empires du Ghana, du Mali, du Congo, du Zimbabwe, les royaumes Sokoto, le
Benin(détruit par les Anglais à la fin du siècle dernier)...etc...etc...et
confirmera la responsabilité majeure de l'occident dans la situation de
l'Afrique contemporaine.

3° Les guerres en Afrique sont le fait des Africains. Faux.  Elles sont
toutes organisées et financées par les multinationales occidentales pour
mettre la main par fantoche interposé sur les richesses de l'Afrique; elles
sont ensuite conduites par divers corps expéditionnaires occidentaux depuis
les instructeurs jusqu'aux "afreux " assoiffés de sang qui maintiennet à la
tête des états africains des pantins à la solde de l'occident, véritables
corps étrangers dans le flanc des populations africaines.

Ces exemples ne renforcent pas la position morale de l'occident en Afrique
et votre auteur joue à l'apprenti sorcier en suggérant un redécoupage de
l'Afrique ( naturellement par l'occident) en micro-états à viabilité
douteuse à une époque oû l'Europe tente de s'unir pour former une  entité
imposante! !
Cette doctrine est connue : diviser pour régner. Nous pensons que ce livre,
comme fut celui d'Axelle Kabou ne convaincra  que les déjà convaincus  de
la soumission éternelle de l'Afrique aux diktats de l'occident .
Contrefaçon de l'histoire  et de l'évolution naturelle des civilisations ?

il y a des points qui rejoignent ce
que j'ai déjà écrit sur le fait qu'il serait illusoire
de transposer in texto la démocratie du nord en
afrique.Cependant je ne partage pas certaines vues de
l'auteur: les situations actuelles ne sont que les
conséquences directes de la colonisation,les
ex.colons ont quitté tout en structurant une nouvelle
forme de colonisation à distance plus coriace encore.

Si lui ne voit que le bon côté de la
colonisation,il y a aussi des auteurs plus
réalistes,qui parlent des génocides non connues contre
les populations autochtones,le rôle nuisible des
colons dans les guerres tribales en opposant les uns
contre d'autres éthnies (divisé pour régner),les
tortures...

Colonisation philantropique...oum!!comment l'auteur ne peut que
jeter des fleurs à un système qui avait été à la base
du plus grand fléau de tout le temps à savoir la
traite des Noirs? Aussi quand il parle des populations
nourris en Afrique par ceux-là même qui sont les
concepteurs de guerres là-bas,perplexe!!!

 Ce Mr n' est qu'un pûr nostalgique de l'ancien
système colonial,bien que la plupart de son analyse sur
l'Afrique des leaders corrompus est véridique,il
fausse ces écrits en parlant de prétendu pillage
colonial (sic!),qu'il sache que l'Europe coloniale
s'est construite largement grâce au pillage sans borne
du continent,bon week-end!

A mon avis, le livre de Bernard Lugan est une malhonnetete intellectuelle. Si
la colonisation etait quelque chose de benefique pour
les colonises, on n'observerait pas en Europe meme ce
qu'on observe dans les Balkans. (Bosnie,
Ex-Yougoslavie, Kossovo...) qui sont tous d'anciens
territoires coloniaux de l'ex-empire Ottoman ou
plusieurs 'puissances' se sont affrontes...Si la
colonisation etait si benefique que Bernard Lugan le
pretend, l'Irlande du Nord et du Sud (qui etaient sous
la tutelle coloniale Britannique, jusque dans les
annees 1919-1920) seraient des contrees plus prosperes
memes, que l'Allemagne, la France et la GB. Si partout
dans le monde et meme en Europe, la colonisation
appauvrit le 'colonise', je ne vois pas comment cette
simple 'verite' ne serait plus du tout vraie dans le
cas de l'Afrique ?

Le livre de Bernard Lugan
ressemble a une imposture, pour tenter de justifier a
posteriori la re-colonisation de l'Afrique qui est
en-cours, par l'intermediaire des regimes de gerance
que certains pays europeens soutiennent (et
maintiennent) en Afrique, envers et contre la volonte
des peuples Africains. En effet, avec des 'gerants' au
pouvoir, plus besoin 'd'Administration coloniale
directe', pour continuer d'exploiter et gaspiller les
ressoures minieres et agricoles de l'Afrique, qui ne
profitent guere aux Africains ! Les 'gerants' que sont
les chefs d'Etats dictatoriaux Africains, font le
travail pour l'ex-puissance coloniale. C'est ce shema
neo-colonial actuel que Bernard Lugan tente
certainement de justifier...

Le livre du Professeur du MIT Noam Chomsky intitule dans sa
version francaise '' L'am 501-la Conquete continue ''
apporte une contre-argumentation solide et bien
documentee, a 'l'imposture' de Bernard Lugan.
Notamment, en ce qui se rapporte a l'analyse des
'pretendus bienfaits de la colonisation pour les
peuples colonises' ...

La situation dramatique de l'autosuffisance alimentaire n'est pas imputable aux seuls Africains.il est vrai que l'incompetence de nos gouvernants,ensuite les guerres civiles et les deplacements des populations ont cree beaucoup d'instabilite au niveau des campagnes africaines.Mais deja,a l'epoque coloniale l'une des tares de la colonisation est d'avoir favorise les cultures commerciales (cacao,cafe,coton) au detriment des cultures vivrieres,parce que l'occident avait besoin de ces produits.La neocolonisation surtout francaise possede jusqu'a present un droit de regard sur l'alternance politique dans ce qu'elle considere comme son pre carre.On prefere maintenir au pouvoir un idiot,un tare pour ne pas perdre ses interets plutot qu'un autre avec des plans de developpement et des idees de justice sociale.Quant a l'aide au developpement des pays occidentaux,nous pouvons nous en passer sans problemes, car elle profite d'abord aux pays occidentaux eux memes: envoi de leurs cadres au travail, les materiaux fabriques par leurs compagnies sont ecoules,le transport des cadres,les avions et bateaux affretes sont calcules dans l'aide.Une partie des biens est detournee par le pouvoir en place complice des occidentaux.Bref l'aide en elle meme ne profite pas (dans la plupart des cas)aux populations des pays. Je suis tout a fait d'accord que l'aide internationale est nefaste et inutile. Mais la ou je tique un peu, c'est concernant le PIB. En vertu de quelle loi ethnocentrique devons nous calculer le PIB de nos pays par rapport aux regles economiques des pays occidentaux, quant on sait que le PIB est calcule a partir de l'economie formelle et que nos pays vivent en majorite sur l'economie informelle qu'on arrive pas a comptabiliser.Cela me rappelle la position hautement ethnocentrique qui consiste a dire que le fait de ne pas avoir des textes ecrits en Afrique nous amene a la conclusion que les Africains n'ont pas d'Histoire ni de Philosophie, tout simplement parce que ce n'est pas fait de la meme façon que les occidentaux!Je reviens demain pour parler du systeme democratique. Bye!

 

Afrique : histoire, economie, politique

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier