Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
L'Erythrée en un clin d'oeil

L'ERYTHREE EN UN CLIN D'OEIL :

Érythrée, officiellement république d'Érythrée, pays du nord-est de l'Afrique, qui constituait, jusqu'à son indépendance en 1993, l'ouverture de l'Éthiopie sur la mer Rouge. Ses voisins sont Djibouti au sud, l'Éthiopie à l'ouest, et le Soudan au nord. De nombreuses fois conquises au cours du XXesiècle, d'abord par les Italiens puis par les Britanniques et enfin par les Éthiopiens, l'Érythrée a accédé à l'indépendance en 1993, à l'issue d'une longue guerre de libération.
Sa superficie est de 117600km2. Sa capitale et sa plus grande ville est Asmara.

Le territoire et ses ressources

L'Érythrée est dominée par une étroite plaine côtière qui s'étend vers le sud et forme dans sa partie méridionale le désert Danakil. La plaine côtière est extrêmement chaude et reçoit peu de pluie. Au sud-est, la dépression des Danakils, située au-dessous du niveau de la mer, connaît des températures parmi les plus élevées jamais enregistrées sur terre. Vers l'ouest, la plaine côtière s'élève brusquement vers un haut plateau dont l'altitude varie de 1830 à 2440m et où les précipitations annuelles sont nettement supérieures à celles de la côte. Les collines, situées au nord et à l'ouest du plateau central, varient entre 760 et 1370m d'altitude et reçoivent en général moins de précipitations que le plateau. Plusieurs rivières drainent ce dernier ainsi que les hautes terres.
Le pays possède des gisements de potasse ainsi que très certainement de l'or, du fer et du pétrole!; mais trois décennies de guerre ont beaucoup freiné l'exploration et l'exploitation de ces ressources minières.

Population et société

La population de l'Érythrée est hétérogène!; plusieurs langues, cultures et religions y sont représentées. Les langues les plus parlées sont l'arabe et le tigrinya. À peu près la moitié de la population est constituée de chrétiens traditionnellement installés sur le plateau. L'autre moitié est musulmane (voir islam) et répartie en plusieurs groupes ethniques et linguistiques. Malgré la diversité ethnique, les Érythréens sont demeurés unis dans leur lutte contre la domination éthiopienne.
En 1995, la population de l'Érythrée était estimée à environ 3,5millions d'habitants, soit une densité d'environ 37habitants au km2. 85p.100 de la population est rurale. Les principales villes sont la capitale, Asmara, qui, avec 342700habitants en 1989, domine de loin les autres villes, Assab (39000), Keren (32100), Massaoua (19400) et Menderfa (14800).
La guerre avec l'Éthiopie et les famines qui frappèrent la région dans les décennies 1970 et 1980 ont provoqué d'importants déplacements de populations. À l'indépendance en 1993, 20p.100 environ de la population était déplacée!; un demi-million d'Érythréens étaient réfugiés au Soudan. Outre les problèmes de manque de nourriture, de pauvreté et d'illettrisme, la nouvelle nation doit faire face à la lourde tâche de réinstaller une partie de la population déracinée par la guerre et la famine.

Gouvernement et vie politique

Après la fin de la domination éthiopienne de facto sur l'Érythrée en 1991, le Front populaire de libération de l'Érythrée (FLPE), le mouvement le plus actif dans la guerre de libération, prit le contrôle de l'administration. L'indépendance fut approuvée par référendum en avril 1993 et proclamée le 24mai. Le gouvernement éthiopien, dirigé par le FPLT (Front populaire de libération du Tigré), ancien allié du FPLE contre l'ancien président éthiopien Mengistu, reconnut l'indépendance du pays avant même la proclamation de celle-ci. Une période transitoire de quatre ans durant laquelle une constitution doit être préparée fut décidée. En attendant, un régime de transition, sous le contrôle du FLPE, a pris place en mai 1993. Il comprend un président, un gouvernement et une Assemblée nationale dont les membres sont désignés. Issayas Afworki, secrétaire général du FPLE, a été officiellement élu président par l'Assemblée nationale en juin 1993. Les neuf provinces du pays sont gouvernées par des administrateurs nommés par le président. Outre le FPLE, les autres organisations politiques sont le Mouvement de libération de l'Érythrée (MLE) et le Front de libération érythréen (FLE).

Économie

La culture constitue l'activité traditionnelle du plateau et des régions nord et ouest, où les pluies sont suffisantes. On cultive depuis l'occupation italienne des oliviers, de la vigne et du blé. Sur la plaine côtière, plus sèche, l'élevage prédomine.
Les traces d'une industrie légère concentrée à Asmara et à Massaoua remontent également à la colonisation européenne. Avant d'être annexée en 1962 par l'Éthiopie, l'Érythrée jouissait d'un développement économique bien supérieur. À partir de 1974, le gouvernement marxiste de l'Éthiopie plaça la majeure partie de l'industrie érythréenne sous le contrôle de l'État.
L'économie de l'Érythrée a subi d'énormes dommages et bouleversements causés par la sécheresse, la famine et la guerre avec l'Éthiopie, qui commença dans les années 1960.
L'Érythrée indépendante est confrontée à des problèmes économiques insurmontables. Réinstaller les populations, parvenir à l'autosuffisance alimentaire et reconstruire les infrastructures de communications impliquent une répartition rigoureuse des rares ressources ainsi que l'aide internationale. Le gouvernement s'est engagé à encourager les investissements privés et a commencé la privatisation du secteur étatisé.

Histoire

Les premiers habitants de l'Érythrée auraient migré de la vallée du Nil vers les plaines côtières de la mer Rouge. Durant les millénaires suivants, l'Érythrée connut les migrations de peuples de langues nilotiques, couchitiques et sémitiques, vers la région qui fut l'une des plus anciennes zones de culture et de domestication animale d'Afrique. Dès 3000av.J.-C., l'Érythrée pratiquait le commerce sur la mer Rouge, le commerce des épices, des aromates et de l'ivoire. Au IVesiècle apr.J.-C., l'Érythrée faisait partie de l'ancien royaume éthiopien d'Aksoum qui l'arabisa. La côte fut islamisée dès le VIIesiècle. Elle prospéra sous forme d'État semi-indépendant, sous la souveraineté toute théorique de l'Éthiopie, jusqu'à son annexion au XVIesiècle par l'Empire ottoman en pleine expansion.
L'Érythrée devint colonie italienne en 1885, cinquante ans avant l'Éthiopie, et devait le rester jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle les forces britanniques s'emparèrent du territoire. Puis, en 1952, les Nations unies décidèrent de fédérer l'Érythrée et l'Éthiopie afin de contenter à la fois les revendications annexionnistes de l'Éthiopie et la volonté indépendantiste des Érythréens. Lorsqu'il eut obtenu ce contrôle, l'empereur Haïlé Sélassié entreprit de mettre fin à l'autonomie de l'Érythrée, et, en 1962, elle devint province éthiopienne.
Une résistance nationaliste s'organisa parmi le peuple qui avait été soumis à une longue domination coloniale. Le Mouvement de libération de l'Érythrée (MLE), fondé en 1958 par des exilés érythréens au Caire, proclama la lutte armée contre la domination éthiopienne. Le MLE fut remplacé par le Front de libération érythréen (FLE) en 1962. Jusqu'à la fin des années 1960, la résistance était menée par des musulmans qui avaient comme projet de libérer l'Érythrée et d'en faire un État arabe. La guerre fut longue et meurtrière. Des différends d'ordre idéologique ou tactique provoquèrent des ruptures et des luttes au sein du FLE. Elles aboutirent, à la fin des années 1970, à l'émergence du Front populaire de libération de l'Érythrée (FPLE), qui se révéla un adversaire efficace du gouvernement éthiopien.
En 1990, le FPLE s'empara de Massaoua et, l'année suivante, prit le contrôle d'Asmara. Le 28mai 1993, l'Organisation des Nations unies accueillit officiellement l'Érythrée parmi ses membres et reconnut au FPLE la légitimité de diriger le pays. Le nouveau régime entreprit en décembre 1995 d'occuper l'île du Grand Hanish, à l'entrée de la mer Rouge, île dont la souveraineté est contestée par le Yémen.
Au mois d'octobre 1996, l'Érythrée et le Yémen qui avaient fait appel à la médiation de la France ont décidé de soumettre leur litige à un arbitrage international (la Grande Hanish sera restituée au Yémen en novembre 1998). En 1997, avec l'aide internationale, l'Érythrée a poursuivi la reconstruction économique du pays qui dépend toujours pour 40 p. 100 de l'aide extérieure. L'opposition islamiste de l'Union nationale érythréenne, une scission du FLE, animée par Abdallah Idriss semble s'orienter vers des actions armées, avec l'appui de certains dirigeants soudanais. Dans ce contexte, la mise en œuvre d'une nouvelle Constitution et l'élection d'un Parlement ont été repoussés par le président Afeworki. En mai-juin 1998, après l'établissement du nakfa, la nouvelle monnaie nationale, qui a paralysé le commerce entre les deux pays, un conflit armé a opposé l'Érythrée à l'Éthiopie à propos de zones du territoire éthiopien revendiquées par l'Érythrée sur la base de frontières définies lors de l'occupation italienne. Une médiation des États-Unis et du Rwanda a échoué. En mars 1999 les combats, qui ont mis aux prises les deux armées équipées d'un important matériel, ont permis à l'Éthiopie de reprendre la plaine de Badmé. Les hostilités, qui n'ont pas cessé pour autant, font craindre une tentative de l'Éthiopie, qui n'est plus approvisionnée que par le chemin de fer de Djibouti, pour récupérer le port d'Assab, son seul accès à la mer. Le pays particulièrement meurtri par ces attaques tente toutefois de s'accorder avec l'Éthiopie sur un projet de paix de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).

Les combats entre l'Erythrée et l'Ethiopie avaient totalement cessé quand le secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim, a quitté vendredi 16 Juin 2000 Addis Abeba pour Alger, ou il doit assister à la signature de l'accord de cessation des hostilités. L'accord prévoit le déploiement d'une mission de paix des Nations Unies, sous l'égide de l'OUA sur une "zone de sécurité", située à 25 Km à l'intérieur du territoire érythréen. Après Alger, une nouvelle phase de négociations s'ouvrira pour régler le principal contentieux entre les deux Etats : la délimitation de leur frontière commune. La paix revenu, la situation des personnes déplacées pendant le conflit reste dramatique, surtout dans l'ouest de l'Erythrée.

Source :
Microsoft Encarta

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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier