Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Partition de l'Afrique selon des critères ethniques
LA PARTITION ETHNIQUE DE L'AFRIQUE

Certains africanistes croient que la seule manière de mettre fin aux guerres civiles en Afrique est d'opérer la partition de ce continent selon des critères ethniques. Je vous propose dans les prochaines lignes de résumer la pensée de ces africanistes....
Ce sujet étant très controversé, je vous propose de retrouvez en fin de sujet des réactions très chaudes récoltées sur un forum de discussion sur l'Afrique.... Autant dire que ce sujet ne fait de loin pas l'unanimité !!

L’ethnisme est la grande réalité africaine. L’ethnisme est la forme africaine du nationalisme ; lui seul rassemble des communautés certes divisées mais revendiquant une commune appartenance à un tout supérieur à leur intérêt de groupe. L'ethnisme est le contraire du tribalisme puisque ce dernier ne cherche pas les grands points communs mais ceux qui divisent le plus.
Seules les ethnies traditionnellement dominantes ont vocation à un destin autonome passant par le préalable de la partition d'un ou de plusieurs états actuels. Pour le plus grand nombre, l'avenir continuera d'être à l'anarchie ou à la soumission aux peuples les plus puissants. À la différence de ce qui s'est passé dans l’Europe du Moyen-Âge, en Afrique, les massacres de populations n'ont que rarement abouti à la constitution d'états. D'un côté, après des siècles d'affrontement, les peuples européens vont peu à  peu trouver leur équilibre territorial ; de l'autre, en Afrique, l'anarchie et l’émiettement ont débouché sur aucune création, sur aucun dépassement du niveau tribal.

Presque chaque état africain à sa ou ses provinces sécessionnistes. Partout, des minorités régionalement fortes, cohérents et héritières de réelles structures pré-coloniales sont prêtes à se soulever pour obtenir la partition des états artificiels dans lesquels les colonisateurs les englobèrent jadis. Face à l'évidence ethnique, il importe d'envisager sérieusement un redécoupage partiel de l'Afrique. Dans l'immédiat, c'est un redécoupage à chaud qui devrait être réalisé afin de tenter de mettre un terme à des conflits interminables (en Angola au Soudan par exemple ).

Un redécoupage préventif devra aussi être envisagé afin d'empêcher l'embrasement de régions entières (le Zaïre par exemple ).
L’ethnisme constitue donc une chance pour l'Afrique, peut-être sa dernière. Si l'exode rural continue au rythme actuel, la proportion des urbanisés sera à ce point importantes qu’il sera alors vain de songer à ancrer l'Afrique sur cette réalité. Pire, ces urbanisés coupés de leur racine pourraient devenir réceptifs au message de l'islamisme radical qui saurait canaliser leurs frustrations.

Les ethnies sont subdivisées en une multitude de tribus : c'est cette atomisation qui empêchent l'unité ethnique de se réaliser. Ce n'est donc tant l’ethnisme qui est responsable de la non existence des états dans l'Afrique noire prè-coloniale, que le tribalisme. Création coloniale, les états africains indépendants sont minés par les oppositions ethniques car on y est Shona ou Ndebele avant de se dire zimbabwéen. Pour respecter le principe philosophique du droit des peuples, il faudrait diviser l'Afrique en mille ou mille cinq cents états ! Mais cette Afrique là reviendrait immédiatement à la situation prè-coloniale, c'est-à-dire à la loi de la jungle dans laquelle les plus puissants ethnocideraient les plus faibles dans le pire des cas et les réduiraient en esclavage dans le meilleur. La colonisation a bloqué ce phénomène : il est certain que plusieurs « Prusses » potentielles furent ainsi stoppées dans leur élan inconscient : le traumatisme subi est encore très présente aujourd'hui.
Dans l'Afrique noire contemporaine, la fraction dirigeante des ethnies politiquement dominante s'est transformé en nomenklatura accaparant toutes les richesses, détournant l'aide internationale et maintenant dans une situation de quasi-parias les autres ethnies. Les problèmes actuels de l'Afrique sont avant tout d'ordre ethnique.

Les problèmes posés par les frontières sont de deux sortes :

- obligation de vie en commun imposé à des ethnies antagonistes au sein d'ensemble artificiel.
- morcellement d'un ou plusieurs peuples fractionnés par des tracés internationalement reconnus.
Redécoupage des frontières, certes, mais au coup par coup car il serait irresponsable de vouloir prétendre créer deux mille états afin de tenter de faire coïncider carte ethnique et carte politique. De plus, il existe une nouvelle ethnie en Afrique, celle des urbanisés. Ou  intégré ces déracinés ?  En revanche, plusieurs grand états artificiels existent au sein desquels cohabitent plusieurs grandes ethnies ayant de larges assises territoriales et dont l'antagonisme a interdit toute évolution vers l'état-Nation ; dans ce cas, la partition semble la seule solution (Angola, Zaïre, Afrique du sud).

Critères de classification des états africains :

- Ceux qui ne peuvent être découpés en raison de leur faible superficie et de leurs mosaïques ethniques (par exemple le Malawi, au moins dix ethnies ! !)
- Ceux qui sont en crise et qu'il faudrait redécouper à chaud pour tenter de ramener la paix (Angola, Soudan, Rwanda, Burundi).
- Ceux qui vont poser des problèmes dans l'avenir (Zaïre, Cameroun, Nigeria).
En cas de redécoupage, les futurs nouveaux états ne seront viables que s'ils remplissent certaines conditions :
- Être mono-ethnique ou du moins constitué autour d'une ethnie très largement dominante sur un territoire de taille raisonnable
- Avoir un passé historique pré-colonial attesté.
- Posséder un minimum d'atouts économiques.
 

La colonisation ayant perturbé les évolutions internes africaines en favorisant des peuples condamnés par l'histoire, en bouleversant les rapports démographiques par sa politique sanitaire et en révolutionnant la hiérarchie ethnique au nom de la légitimité démocratique des plus nombreux, tout redécoupage devra donc répudier ses principes.
Les indépendances ont été souvent faites au profit de peuples qui n'avait aucune tradition de commandement.

Étudions cinq cas de partition d'états :

- Partition d'un état entre ses composantes ethniques ou raciales afin de donner naissance à plusieurs nouveaux états :  ne sont concernés que de vastes états dans lesquels cohabitent d'une manière conflictuelle de grandes ethnies et qui sont installés sur des bases territoriales traditionnelles ; exemple Angola, Mozambique, Cameroun, Tchad, Soudan, Zaïre, Nigeria, Ethiopie.
- Partition de deux ou plusieurs états : afin qu'une ou plusieurs populations puissent être regroupées en un nouvel état ou qu’elles soient incorporées à d'autres états existants : il s'agit des touaregs qui, pour avoir leur propre état, doivent voir démembrer l'Algérie, le Mali, le Niger et peut-être le Burkina-Faso. Il s'agit aussi de Djibouti.
- Les petits états composés de multiples ethnies antagonistes et dans lesquels il est impossible de diviser l'espace sous peine de créer des conflits politiques. Ici, deux solutions sont envisageables : soit laissé les éventuels équilibres se faire avec la loi du plus fort, soit séparer les ethnies à ataviquement protagonistes en les rattachant au bloc ethnique apparenté des pays limitrophes ; pour cela, il sera nécessaire de rayer de la carte des pays internationalement reconnus. Le meilleur exemple et celui du Liberia.

Pour terminer, voyons ce que pourrait être la partition ethnique de trois pays africains :

L'Angola :

Ce pays est divisé en trois grandes ethnies possédant chacune sa base territoriale et son propre parti politique ; les trois quarts de la population se retrouve dans les trois principales ethnies : Bakongo (14%) Ovimbundo (30 à 40%) Kimbundu (23%). Chaque grande ethnie est divisée en une multitude de tribus et chaque tribu en clans.

Le MPLA, fondée en 1956 par des intellectuels et des métis souvent marxistes, se créa en zone qui Kimbundu. La guerre d'Angola débuta en 1961, avec un  soulèvement Bakongo : les quarante mille Bakongo se réfugièrent au Zaïre au fut fondé le FNLA (à la suite du rétablissement de l'ordre par les autorités portugaises). Le ministre des affaires étrangères du gouvernement FNLA en exil, Jonas Savimbi, un Ovimbundo, démissionna et fonda un mouvement à base ethnique ovimbundo : s'est ainsi que vu créés en 1966 l’UNITA.

La carte politique actuelle de l'Angola était donc presque dessinée, chacun des trois mouvements étant replié sur sa base ethnique et accusant les deux autres de tribalisme.
Après l'indépendance, ces trois mouvements entrèrent en lutte les uns contre les autres. La guerre commença.
En 1991, les accords de paix étaient signé set prévoyaient la tenue d'élections en septembre. Ces élections furent ethniques et l’UNITA les perdit car le mouvement est l'émanation de l'ethnie ovimbundo, laquelle ne rassemble que 30 à 40 pour cent de la population totale.
La seule région dans laquelle l'UNITA l’emporta fut le territoire ethnique des ovimbundo (capital Huambo).
Le MPLA marxiste avait donc rallié tous les suffrages de ceux qui redoutaient une domination ovimbundo. Savimbi contestait le résultat des élections et la guerre repris en 1992.

Le principal problème angolais est celui de l'opposition MPLA/UNITA. L'UNITA se considère comme représentant les vrais africains, les Bakongos et Kimbundu ayant été largement européannisés par plus de cinq siècles de contact avec les portugais. Actuellement il ne peut y avoir que deux solutions :

- Victoires militaires d'un camp et écrasement de l'autre. Est-ce possible en Angola ?
- Eclatement du pays et partitions en deux ensembles : le nord au MPLA  et le sud à l’UNITA. Autre option : règlement ethnique régional par le rattachement de populations angolaises à leurs grands blocs ethniques respectifs vivant en dehors des frontières actuelles de l'Angola. C'est ainsi que les Kongo pourrait être rattachés à leur frère Bakongo du Zaïre et du Congo. ; Les Lunda à ceux qui vivent au Shaba zaïrois: cette région, dans un avenir plus ou moins proche, se détachera inéluctablement de l'artificiel Zaïre et pourrait ainsi constituer un fort est riche état mono-ethnique. Quant aux Ovambo, il devrait pouvoir rejoindre leurs frères de  Namibie (ils ont été séparé pendant la période coloniale).
Ainsi démembrée, l'Angola sera réduit aux zones de peuplement qui kimbundu, ovimbundo, ganguela et à celles de quelques autres peuples très minoritaires n'ayant pas vocation à constituer des états.

L 'Ethiopie :

L’Ethiopie s'est formée sur deux plateaux fertiles encadrés de montagnes dominant les basses terres du Kenya, du Soudan, de la Somalie et de l'Erythrée. L'altitude et les abondantes précipitations qui en résultent font que la région a toujours été favorable à la vie des hommes en société.
Très tôt, des civilisations brillantes s'y développèrent à l'abri de la citadelle naturelle constituée par les massifs montagneux. Partenaire de Rome avec Aksoum comme capitale, christianisée dès le IVe siècle, alliée de Constantinople contre les tribus d'Arabie elles-mêmes associées aux Perses, en butte durant plus de mille ans aux attaques incessantes des musulmans, l’Ethiopie réussit, en dépit de tous les périls et de toutes les menaces, dont les invasions galla, à sauvegarder sa personnalité religieuse, politique, linguistique et culturelle.

Sous le règne du Négus Ménélik II (1865-1913), l'Éthiopie déborde de son berceau et ses armées, déferlant depuis les hautes terres, conquièrent l'Ogaden et réussissent à décourager les ambitions égyptiennes sur l'Érythrée.
L'empereur Hailé Sélassié 1er (1892-1975) est couronné en 1930. Avec lui l'Éthiopie prend la forme d'une monarchie absolue et la noblesse voit ses privilèges peu à peu réduits.
Jusque-là féodal, l'Êtat devient hypercentralisé et cette politique se fait au profit de l'ethnie amhara - un quart de la population totale -, celle qui a toujours constitué le coeur de l'Empire. Les autres peuples, à savoir les Galla, les Tigréens, les Nilotiques et les Somali subissent son hégémonie. Elle est effective d'un triple point de vue: politique d'abord, puisque le personnel administratif et les gradés de l'armée sont des Amhara; religieux ensuite, quand, à partir de 1931, le christianisme orthodoxe devient religion d'État, bien que les musulmans soient à l'époque un peu plus de 45 %; linguistique enfin car l'amharique devient langue officielle en 1955.
Après une brève parenthèse de domination coloniale à la suite de la campagne italienne de 1935- 1936, l'Éthiopie fut libérée par les Britanniques et les
Français libres en 1941.
Vieil État rassemblé autour du pays amhara et de ses hauts plateaux, l'Éthiopie millénaire est une authentique nation mosaïque composée de plus de soixante-dix ethnies ou peuples parlant au moins deux cents langues.
Toute l'histoire de l'Éthiopie est faite des évolutions contradictoires entre la volonté du centre de maintenir la cohésion de ses périphéries et le désir de ces dernières de conquérir leur autonomie. Quand l'Empire est puissant, il est centralisateur; quand il est faible, comme aujourd'hui, il tente de maintenir la cohésion politique de l'ensemble en se montrant plus souple.
Durant trente ans, l'Éthiopie impériale puis marxiste a lutté contre les rébellions de l'Erythrée et de l'Ogaden. Puis, après le renversement du Négus rouge, le colonel Mengistu Hailé Mariam, intervenu en mai 1991, l'anarchie gagna le pays menacé de démembrement.
Le président Meles Zenawi - afin de maintenir en un seul ensemble la mosaïque éthiopienne - tenta une solution originale; ayant compris que le seul moyen qui lui restait était de prendre en compte les grandes réalités ethniques il entreprit de redécouper administrativement le pays sur ces bases.
Faisant la part du feu » avec un grand sens des réalités, il commença par accorder l'indépendance à l'Érythrée puisqu'il était évident qu'il n'avait pas les moyens de briser sa résistance.
Peuplée d'un peu moins de trois millions de pasteurs afar, l'Érythrée, région bordière de la mer Rouge, n'a en réalité jamais fait culturellement et politiquement partie de l'Éthiopie, à l'exception des zones du piedmont éthiopien où vivent des agriculteurs chrétiens.
De 1889 à la Seconde Guerre mondiale, l'Italie occupa l'Érythrée et, quand vint le temps du partage des dépouilles coloniales italiennes, l'empereur Hailé Sélassié en revendiqua certaines. En 1950, la région fut confiée à l'Éthiopie par l'ONU et peu après, appliquant une rigoureuse politique de centralisation administrative, Addis-Abeba entreprit d'en faire une simple province de l'Empire.
En 1974, après une laborieuse unification, les divers mouvements de guérilla lancèrent une offensive de grand style soutenue par les soviétiques et par le monde arabe. En 1993, à l'issue d'une longue guerre, l'Érythrée accéda à l'indépendance.

La Constitution que le président Meles Zenawi envisage de faire voter prévoit de découper le pays en neuf régions, afin que chaque grand groupe ethnique puisse être maître chez lui. Dans chacune de ces régions, l'enseignement primaire se fera dans la langue dominante et l'enseignement secondaire en anglais I. L'ancienne langue officielle, l'amharique, parlé par les Amhara qui sont 30 % de la population totale sera la langue fédérale.
Rien ne permet de dire Si cette politique fédéraliste réussira car nombreux sont ceux qui redoutent une désintégration de l'Éthiopie puisque le projet constitutionnel va jusqu'à prévoir le droit de chaque région à la sécession.
Le grand problème qui se pose en effet au gouvernement central éthiopien est celui du séparatisme, car rien ne dit que les propositions d'Addis-Abeba réussiront à calmer les revendications périphériques et notamment les guérillas afar, oromo et ogadeni. Pour ces dernières, qui, de plus, sont musulmanes, les propositions du président ne visent en réalité qu'à maintenir le pouvoir des chrétiens du plateau central.
La question de l'Ogaden repose elle aussi sur une base ethnique. Jamais la Somalie, indépendante depuis 1960, ne voulut admettre que cette région peuplée de Somali demeure englobée dans l'Éthiopie des conquêtes, dénoncée comme un véritable État colonial africain.

Le Mozambique :

Déchiré durant vingt ans par une des plus terribles guerres civiles africaines, le Mozambique qui vient en théorie de retrouver la paix est un autre Etat artificiel.
Etiré sur 1 800 km du nord au sud, ce pays tout en longueur fut reconnu par les Portugais dès le début du XVème siècle. Leur installation y fut côtière. Durant deux siècles, l'îlot de Mozambique, qui donna son nom au pays, fut le principal point d'appui lusitanien dans cette partie de l'Afrique. Il commerçait avec les échelles arabes de Pemba, de Sofala, avec les Comores et l'île de Zanzibar.
Cette ancienne vie de relation avec les musulmans explique l'existence d'une « ethnie » d'islamisés venant compliquer encore un peu plus le puzzle humain régional. Les dix ethnies principales n'ont pas conscience d'appartenir à une nation » mozambicaine, à telle enseigne qu'un découpage territorial remodelant les actuelles frontières devrait être envisagé afin de tenter de donner un minimum de cohérence à cet ensemble disparate.

Redécoupé, le Mozambique pourrait donner naissance à deux nouveaux États ancrés au nord et au sud sur les deux ethnies dominantes qui seraient séparées et auxquelles viendraient s'agglutiner les ethnies minoritaires.
La géographie physique et ethnique du Mozambique indique clairement comment un tel découpage pourrait être effectué, le fleuve Zambèze marquant la frontière naturelle et humaine entre les deux États à créer.
Au nord, c'est autour des Makua-Lomue (36 % de l'actuelle population du Mozambique) que le découpage pourrait être effectué. Les ethnies minoritaires maconde, yao, maravi, nguni ainsi que les islamisés seraient alors rassemblés dans le même État qui regrouperait environ 50 % de la population de l'actuel Mozambique.
Au sud, c'est autour des Tsonga (23,7 % de la population) et des Shona (9,8 %) que serait composé le nouvel État qui rassemblerait également les Chopi.
Le Zambèze constituant la frontière naturelle entre les deux nouveaux États, les populations dites zambéziennes, tribus disparates vivant de part et d'autre du fleuve, seraient rattachées à l'un ou l'autre en fonction de leur territoire de résidence.
Cette proposition de redécoupage du Mozambique limite au maximum la refonte des frontières et fait l'impasse sur les ethnies très minoritaires qui demeureraient englobées dans les anciennes limites du pays, en étant rattachées soit au Mozambique nord soit au Mozambique sud.
Une seconde option serait plus cohérente. Elle permettrait de rattacher à leurs blocs de population vivant hors des frontières du Mozambique certaines ethnies divisées par les frontières actuelles. Ainsi, les 0,4 % de Nguni qui vivent dans le sud de l'actuel Mozambique pourraient rejoindre soit le Swaziland, soit le Zululand sud-africain. Les 1,8 % de Nguni vivant au nord du Zambèze seraient, eux, maintenus sur place dans le cadre du nouvel Etat septentrional.
Le même problème pourrait se poser avec les Yao et les Maconde dans la mesure où leurs principaux blocs de population sont situés en Tanzanie. Faudrait-il envisager alors de remanier également les frontières de ce pays? Certes oui, mais sans précipitation, l'essentiel étant que, dans l'immédiat, les cas les plus évidents d'incohérence frontalière soient réglés; et le Mozambique entre dans cette catégorie.
Une autre possibilité pourrait consister à rattacher le bloc shona-karanga au Zimbabwe où les Shona sont majoritaires puisqu'ils y constituent presque 80 % de la population. Cette solution permettrait le désenclavement du Zimbabwe dont le poumon est précisément constitué par le «couloir de Beira".
Dans ce cas, c'est à un démembrement du Mozambique que l'on aboutirait afin de favoriser ces deux grandes ethnies ayant un passé historique attesté que sont les Shona et les Yao. Dans l'hypothèse de la constitution d'un grand Shonaland, la frontière entre ce dernier pays et le Makua-Lomueland serait alors constituée par le fleuve Zambèze.
 

Le Liberia :

Fondé en 1847 pour accueillir d'anciens esclaves libérés venus d'Amérique du Nord, le Liberia a sombré dans l'horreur. Un autre cas d'école: quand les réalités ethniques de l'Afrique éternelle rejettent le « melting pot » imaginé par des missionnaires anglo-saxons.
Depuis le 24 décembre 1989, une terrible guerre tribale oppose en effet plusieurs ethnies et factions tribales libériennes entre elles; elle a fait, a ce jour, près de 200 000 morts sur une population totale de 2,5 millions d'habitants et lancé sur les routes de l'exode ou de l'exil un million d'habitants ~.
Car il s'agit bien d'un conflit ethnique, les 13 principales tribus du pays d'une part, les descendants d'esclaves américains installés au Liberia a partir de 1822 d'autre part, s'entre-massacrant au gré d'alliances ponctuelles.
Les nombreuses tribus du Liberia appartiennent a trois grands groupes linguistiques. Tous débordent largement les frontières du pays, ce qui explique pourquoi chaque faction dispose d'aides et de soutiens dans les pays voisins

1 - Les Kru.
Occupant le plus vaste territoire, le groupe Kru est localisé dans le sud et dans l'est du Liberia. La puissante tribu des Bété de Côte-d'Ivoire fait partie de cette famille, de cette ethnie.
Au Liberia, les Kru sont divisés en cinq grandes tribus: les Grébo, les Kru, les Krahn, les Bassa et les De qui forment un seul ensemble. Séparés du « territoire» Kru ; les Kwaa constituent la sixième tribu de ce groupe. Principale tribu du groupe Kru, les Krahn étaient au pouvoir avec Samuel Doe. Ils se retrouvent aujourd'hui au sein de l'ULIMO .

2 - Les Mandé.
Les Mandé du Liberia appartiennent à ce vaste ensemble Ouest africain très diversifié qui s'étend du Sénégal à la Côte-d'Ivoire et du Mali à la Guinée.
C'est au groupe Mandé qu'appartiennent les puissantes ethnies Bambara du Mali, ou Malinké de Guinée. Au Liberia, les Mandé qui occupent le nord du pays sont divisés en 7 tribus principales: les Loma, les Gbundé, les Bandi - éclatés en trois blocs -, les Kpélé
- coupés en deux par la frontière guinéenne -' les Mano, les Gyo et les Vay éclatés en trois ensembles.
Charles Taylor et son mouvement, le NPLF, recrutent chez les Gyo et les Mano.

3 - Les Mel.
Les tribus Mel appartiennent au groupe linguistique ouest-atlantique. Les traditions locales les considèrent comme étant les aborigènes du pays, refoulés lors des migrations kru et mandé. Cette famille est divisée en trois branches. Les tribus Mel sont classées dans la branche sud qui se retrouve depuis la Guinée littorale et la Sierra Leone jusqu'au Liberia, La plus connue des tribus de ce groupe est celle des lemne du Sierra Leone. Au Liberia, les représentants des Mel sont essentiellement les Gola avec au nord-ouest une petite pénétrante Kissi au sein du monde Mandé.

Jamais colonisé, à peine christianisé (moins de 10 % de chrétiens) et avec une écrasante majorité d'animistes, le Liberia, non «pollué", par l'homme blanc et sa colonisation, aurait dû être la «perle de l'Afrique ».
C'est en janvier 1822 que les premiers esclaves affranchis venant d'Amérique débarquèrent sur le littoral de l'actuel Liberia. Cette installation en Afrique de l'Ouest avait été précédée de tractations et de l'achat aux tribus côtières d'une bande de terre de deux cents kilomètres de long, avec un hinterland d'un peu moins de cent kilomètres.
Le mouvement de libération des Noirs américains, et l'idée de leur retour en Afrique, étaient nés en Angleterre un demi-siècle plus tôt. Idée philanthropique s'il en fut, elle s'affranchissait de toute réalité ethnique. Pour les missionnaires de la Church Missionary Society, pour les philosophes, et pour les bonnes âmes d'Angleterre, un Noir était partout chez lui en Afrique, puisqu'il était Noir. Ils étaient persuadés que ses «frêres » l'accueilleraient avec chaleur.
A partir de 1800, la Sierra Leone devient le centre d'accueil pour les esclaves libérés en mer, puis, le 1er janvier 1817, est fondée à Washington la "Société américaine de colonisation des populations libres de couleur des Etats-Unis ». Cette société va organiser la colonisation d'une portion de terre africaine par des colons qu'elle va recruter: des colons noirs, qui vont être transplantés d'Amérique en Afrique.

Le chef-lieu de la nouvelle colonie est choisi par le philanthrope Yehudi Ashman, qui fonde Monrovia, ainsi baptisée en l'honneur de James Monroe, président des États-Unis de 1817 à 1825. A la tête de l'établissement se succèdent des gouverneurs blancs, dont la tâche est de recevoir et d'installer les nouveaux arrivants venus d'Amérique. Le gouverneur Buchanan fut le dernier Blanc à exercer cette fonction.
En 1847, le Liberia devient indépendant et se constitue en République, avec à sa tête un métis, J.-J. Roberts. Les Noirs américains se divisent alors en conservateurs et en progressistes, en excluant les « indigènes» de la vie politique.
Les buts des promoteurs blancs du nouvel État étaient généreux: création, selon le principe du » melting pot » américain, d'un peuplement mixte, par la fusion des esclaves et des indigènes; apport des « lumières » du protestantisme aux Africains, par leurs « frères » venus d'Amérique.
Jusqu'en 1890, des milliers d'anciens esclaves furent ainsi transplantés; mais le rêve de la constitution d'une « Amérique nègre » sur le littoral africain allait échouer, car la greffe négro-américaine ne prit pas sur le tronc africain, et les indigènes se mirent à massacrer ces «frères» qui n'avaient que mépris pour eux.
Refusant de se mêler à des «primitifs », les anciens esclaves s'étaient en effet constitués en caste fermée et ils pratiquèrent vite une solide politique d'apartheid. Se désignant comme les «Honorables», par rapport aux » sauvages » indigènes, ils amassèrent parfois de vraies fortunes, exploitant leurs «frères» de couleur, transformés par eux en quasi-esclaves. Se réservant tous les droits politiques, ils conservèrent la totalité du pouvoir jusqu'en 1980 alors qu'ils n'étaient que 3 % de la population.
Cette petite Amérique africaine fut pourtant, pendant longtemps, considérée comme le phare de la lutte «anticoloniale», et comme la «conscience » écoutée par les faiseurs d'opinion.
Ayant pris le pouvoir au mois d'avril 1980, le sergent-chef Samuel Doe, un Krahn quasi analphabète, accumula les exactions. Ayant réussi son coup d'État après avoir assassiné le président William Tolbert, président en exercice de l'QUA (Organisation de l'Unité Africaine), il faisait aussitôt exécuter sur une plage treize ministres et dignitaires de l'ancien régime.
La presse mondiale avait alors publié les photos des bourreaux, posant théâtralement devant les cadavres de leurs victimes. L'horreur de cette macabre mise en scène fut alors estompée par le discours tiers-mondiste tenu par les insurgés.
Puis Samuel Doe noya dans le sang une dizaine de tentatives de coups d'État et multiplia les parodies de procès. Ses opposants n'étant pas en reste dans l'horreur, la répression s'abattit sur tous les membres d'ethnies suspectes, c'est-à-dire sur tous ceux n'appartenant pas à sa tribu.
Samuel Doe était en effet un Krahn; or cette ethnie qui ne représente qu'entre 4 à 6 % des deux millions et demi d'habitants du Liberia est particulièrement belliqueuse. Ses membres sont généralement animistes.
Samuel Doe était un « vrai nègre». Il n'appartenait pas à cette caste haïe des » Honorables », ces descendants d'esclaves américains transplantés en Afrique au siècle dernier. Il était même leur ennemi mortel, puisqu'il les chassa du pouvoir, et qu'il les massacra.
Il fut même un moment considéré par l'intelligentsia africaine comme un héros émancipateur ayant «décolonisé» les indigènes du Liberia, mis en tutelle par les Noirs venus d'Amérique; depuis l'indépendance du Liberia, en 1847, il fut d'ailleurs le premier président issu d'une ethnie locale.
En 1989, Charles Taylor, chef du Front national patriotique du Liberia (FNPL), se dressa contre lui.
Américano-africain, il appartient donc en partie à la caste des « Honorables ». Ces derniers sont certes unanimement détestés, mais, comme les Kpélé, les Mano ou les Gyo haïssent encore davantage les Krahn, ils se sont rangés sous sa bannière, afin de pouvoir régler de vieux comptes. Comme il lui fallait des moyens, il sollicita l'aide de la Libye, tout en étant soutenu par la Côte-d'Ivoire en raison des liens ethniques unissant Krahn et Bété.
.
Ses troupes sont constituées de paysans arriérés particulièrement sanguinaires, pour autant qu'il soit possible de hiérarchiser l'horreur dans un pays où le ministre de la Défense, le général Gray Alison, fut accusé de meurtre rituel pour avoir dévoré le cœur d'un jeune policier...
 Au moment où Charles Taylor était sur le point de l'emporter, un autre rebelle, Prince Johnson, se mit à faire la guerre pour son propre compte, après avoir combattu à ses côtés. Ancien membre des forces armées de Samuel Doe, Johnson avait rejoint la rébellion de Taylor, avant de rompre avec lui, et de fonder le Front national patriotique indépendant du Liberia. Il reproche principalement à Taylor de n'être pas totalement «nègre
Son entrée en guerre compliqua encore davantage une situation déjà inextricable.
Le massacre fut dès lors généralisé. Ivres, drogués, les combattants égalèrent dans l'abomination les Congolais ex-belges et leurs furies dans la région de Stanleyville durant les années 1960-1966.
Krahn, Mano, Gyo, Kpélé, Bassa, etc., se ruèrent les uns contre les autres, s'entre-découpant, se dépeçant à la machette, se torturant, s'émasculant, s'éventrant, se mangeant même, dans une de ces orgies sanglantes dont l'Afrique est périodiquement capable. Mais tous se retrouvèrent unis quand il s'agit de piller les milliers de Libanais qui contrôlent le commerce, ou de massacrer les 15 % de musulmans désignés sous le vocable général de Mandingue et qui appartiennent en fait à des ethnies très diversifiées, immigrées des pays voisins.
Entre les cochons dévorant les cadavres en putréfaction d'hommes, de femmes, d'enfants, et les guerriers emplumés, le corps peint, portant fièrement, comme autant de trophées, les crânes de leurs ennemis abattus, le mythe tiers-mondiste du » bon sauvage» a fondu comme neige au soleil...
La mort du » président» Samuel Doe n'a en rien ralenti l'ardeur des combattants (tué par les hommes de Prince Johnson : mis à mort, décapité…on dit que certaines parties de son corps furent consommées par les guerriers). Repliées sur leurs bases tribales, les factions ont fait du Liberia un pays en perdition. Rien ne semble désormais pouvoir arrêter leur volonté de massacre à tel point qu'il serait fastidieux de vouloir tenter d'en faire la liste exhaustive. Etat artificiel, le Liberia présente le condensé des problèmes que connaît le reste de l’Afrique sub-saharienne. Ils sont insolubles: comment faire vivre ensemble des ethnies que tout oppose, en sachant que le respect des territoires ethniques est impossible, sauf à diviser le pays en une vingtaine de nouveaux États-confettis, encore moins viables que l'ancien?
Alors, que faire pour tenter de rétablir un minimum de paix civile, étant entendu que les parties en présence refusent tout véritable accord, lequel serait d'ailleurs totalement artificiel?
Trois solutions sont possibles:
1. La colonisation du pays par une puissance européenne qui recevrait mandat pour l'administrer durant vingt-cinq ou cinquante ans. La paix et la prospérité seraient évidemment rétablies mais deux obstacles demeureraient:
- Et après la période du mandat? Comme il est vain de penser que les antagonismes tribaux auraient pu se fondre dans un creuset national, la situation d'aujourd'hui serait à nouveau la règle. Aucun problème n'aurait donc été réglé sur la longue durée.
- Quel pays européen serait à ce point masochiste pour accepter un tel cadeau empoisonné? Quant à une tutelle internationale, il est inutile d'y songer au vu de l'inefficacité de l'ONU ou de l'OUA.
2. L'abandon du pays afin qu'un jour, après des massacres sans fin, l'un des protagonistes l'emporte, et établisse sa dictature ethnique.
3. Le démembrement ethnique: les territoires kru étant rattachés à l'ensemble kru de Côte-d'Ivoire et les territoires mandé à leurs voisins afin que l'ethnisme permette de canaliser le tribalisme.
Une dernière option serait à envisager dans le cadre d'un règlement global de la question ethnique régionale. Elle est aujourd'hui révolutionnaire et hors propos car elle impliquerait un démembrement de la Côte-d'Ivoire par la constitution d'un Kruland indépendant rassemblant tout le bloc kru et d'un Kwaland également indépendant qui permettrait de regrouper, entre autres, les Baoulé et les Agni de Côte-d'Ivoire avec leurs cousins du Ghana.
Dans le contexte actuel, la Côte-d'Ivoire et le Ghana sont des États stables et il serait irresponsable de les déstabiliser en proposant de mettre en pratique un tel redécoupage ethnico-politique. Cependant, dans le futur, Si ces deux pays devaient, par malheur, être à leur tour emportés dans le tourbillon des guerres ethniques, ces propositions pourraient constituer la base d'un règlement politique régional par la constitution d'États ethniques viables car en partie homogènes, vastes, disposant de ressources et de larges façades maritimes.
Un tel redécoupage de la région constituerait l'échec posthume de la politique du président Houphouét-Boigny qui déclarait au journal Le Monde du 5 juillet 1986:
«La colonisation n'est pas un mal en soi. Tous les peuples de la terre ont passé par elle. On peut dire que coloniser, c'est payer sa dette â l'humanité.
Pourquoi? Qu est-ce que l‘Afrique? Qu 'est-ce que la Côte-d'Ivoire? Soixante tribus qui ne se connaissaient pas, qui n 'avaient pas les mêmes dialectes, qui n 'avaient pas la même façon d'organiser leur société. Les villages, tous les vingt-cinq kilomètres, étaient aussi éloignés que le Portugal de la Russie. Ces hommes, grâce â la colonisation, ont constitué un embryon de nation, parce que la nation, la vraie, est une création de longue haleine pour que, selon la formule de Renan, "on arrive à la commune volonté de vivre en commun . Pour cela il faut du temps.
Donc, grâce â la colonisation, il y aura demain une nation ivoirienne. Aujourd'hui c'est l’état ivoirien hérité de la colonisation française. Désormais cela constitue un ensemble ».
 

Les cinq Zaïre (de nos jours République Démocratique du Congo)

Le Zaïre est une autre «façon d'État «. Il est composé de plus de 250 ethnies et tribus mais 5 d'entre elles sont largement dominantes démographiquement et territorialement (carte page 332).
Il s'agit des Baluba, des Balunda, des Bakongo, des Mongo et des Zandé dont les pourcentages démographiques et les aires territoriales sont indiqués sur cette carte.
Deux de ces ethnies sont en totalité incluses à l'intérieur des frontières du Zaïre; il s'agit des Luba -ou Baluba au pluriel - et des Mongo. Les trois autres ont une population au moins égale à celle recensée au Zaïre vivant dans les pays périphériques. Elles constituent donc d'importants blocs de population dont le poids dépasse largement leurs rangs démographiques respectifs au Zaïre même.
Une comparaison permet de comprendre en quoi un redécoupage de l'Afrique centrale pourrait, seul, mettre un terme aux permanentes oppositions ethniques régionales .
Les propositions de partition pourraient être faites dans le sens suivant:
1. Création d'une entité bakongo fondée sur les réalités ethniques et historiques de l'ancien royaume pré-colonial de Kongo.
2. Création d'une entité lunda, elle aussi fondée sur des critères ethniques et historiques incontestables.

Sa création passerait également par le démembrement de trois Etats actuels: le Zaïre, l'Angola et la Zambie. Les richesses minières régionales (Shaba et une partie du copperbeit) lui donneraient la possibilité d'envisager une existence autonome prospère. Le cas des Zandé est différent car il semble difficile de concevoir pour eux une existence indépendante. Deux possibilités pourraient alors être offertes. La première consisterait à les intégrer au Sud-Soudan qui pourrait naître de la partition de l'actuel Soudan. Cette option n'est pas satisfaisante car les Zandé sont très différents des Nilotiques actuellement en guerre contre le Nord Soudan.

La meilleure solution consisterait peut-être alors à détacher le territoire zandé actuellement englobé dans le Soudan et dans la RCA afin de lui permettre de constituer un ensemble avec celui du Zaïre. Les Zandé et les Mongo pourraient alors former l'ossature sur laquelle viendraient s'agréger les multiples petits peuples du fleuve et de la cuvette avec lesquels ils pourraient constituer un nouvel État zaïrois aux dimensions plus raisonnables et à l'hétérogénéité moins insolite que l'actuel. Resterait à régler la question luba et celle des populations du Kivu zaïrois. L'indépendance d'un État luba peut-elle être envisagée? Historiquement et ethniquement, sans aucun doute. Pour les populations du Kivu zaïrois, il n'en est pas de même. Devront elles alors être rattachées au futur Lubaland? Devront elles être intégrées au nouveau Zaïre articulé sur les Mongo et les Zandé? Seront-elles absorbées par l'impérialisme démographique des Hutu du Rwanda et du Burundi? L'avenir le dira, mais il ne va pas dans le sens du maintien d'un Zaïre unitaire.

Bernard Lugan

Voir aussi dans la même ligne de pensée  L'AFRIQUE N'EST PAS L'EUROPE

REACTIONS

J'ai pris la peine de lire les deux parties en entier, et je dois dire que malgre un effort certain entrepris par l'auteur afin de comprendre la cartographie ethnique du continent, ce livre est un veritable torchon a jeter dans la premiere poubelle. Reduire tous les malheurs du continent a des simples confilts enthiques est non seulement grotesque mais débile. Admettre (implicitement) que les liens ethniques sont plus forts que tout, alors que les africains sont devenus matérialistes, pragmatiques et conscients, c'est vraiment les mepriser voir même les ridiculiser.

Lorsque je lis des textes comme ce que ton auteur a ecrit sur l'Afrique, je ne sais pas s'il faut jeter le tout a la poubelle ou s'il faut finIr la lecture. En tout cas apres avoir commence de lire, je commence a survoler tellement le substratum de la these de l'auteur qui fait preuve d'un pessismisme exacerbe, batti sur un parternalisme notoire.
Si on remplacait l'Afrique par l'Europe, quel aurait ete la suite de la discussion? Avant d'aborder la question de repartir l'Afrique sur des bases tribales, il serait mieux de rectifier l'image que ce Monsieur dresse de l'Afrique.
Voici les donnees recentes:
L'Afrique noire avec l'Afrique du Sud, sont devenu la capital des exportations dans le monde avec environ 100 milliards de dollars.
La croissance des pays africains est de 3.3% comparée a la moyenne du reste du monde qui est de 2.00%.
L'Afrique possede des economies a croissance les plus rapide du monde.
Le Botswanan a maintenu sa croissance a 16% pendant ces 10 dernieres annees et possede une reserve de 4.3 milliard de dollars.
Les benefices sur les investissements se chiffrent a 29%.
L'Afrique possede 700 millions habitants compare a l'inde qui a lui seul  fait 900 millions d'habitants. QUi est ce qui est le plus peuple? Le pays de l'Inde ou le continent Africain. L'Afrique est le deuxieme plus vaste continent avec l'Asie. L'Afrique regorge 70% des mineraux du monde...etc..
Maintenant, a partir de ces donnees verifiables, rappelons que seulement 20% des pays africains sont pertubés par les conflits tribaux et ethniques. Alors lorsqu'on sait faire un peu de calculs, on ne redecoupe pas un continent parce que 20% des pays ont des troubles....
Le sujet ne devait meme pas etre aborde. L'Auteur est un cancre!
Il faut cesser de vehiculer ce pessissisme dont le but ultime est d'entretenir ce complexe d'inferiorite chez le noir. Et d'ailleurs, qui veindrait decouper l'Afrique , l'Europe ou les Americains.
L'orsque ces personnes viendraient poser les bornes pour redecouper les forets, nous serions là pour les attendre.

Quand on vois ce qui se passe dans les balkans ou des etats constitues d'une poignee d'ethnies sont la proie de conflits seculaires, on peut se demander serieusement si la balkanization de l'Afrique n'avais pas justement pour but de creer une instabilite permanente. Et pourtant une majorite des pays africains ont demontres que ces divisions ethniques
pouvaient etre surmontees. Les conflits "tribaux" dont l'Afrique souffrent sont rarement le fait d'une haine congenitale entre ethnies.
Ils resultent bien souvent plutot de la manipulation de politiciens a la courte vue pour qui tous les moyens sont bons pour arriver et se maintenir au pouvoir. Pour ces politiciens le tribalisme n'est qu'une arme de plus. Sinon les populations africaines dans les quartiers et villages montrent qu'elles peuvent vivre dans une harmonie dont devrait s'inspirer les kossovars et autres bosniaques.

 Ainsi, pour resumer, le livre de ce monsieur n'est pas a lire. Car il est ecris sur les prejuges et du faux.

Je ne suis pas d'accord avec ca. Il faut s'informer des arguments de l'adversaire pour pouvoir mieux le combattre. Cette phrase résume aussi la raison pour laquelle j'ai produit cet article sur mon site (note du webmaster)

La question sur la redivision de l'Afrique doit avortée avant meme d'etre exposée. Nous savons que la force de l'Afrique se trouve dans son unification, alors si un @#$%^&! se propose d'infiltrer des idees de division, il faut lui frapper la nuque au point ou il ne voit des 3600 chandelles (au lieu de 36) !!

Je vous mets en garde, n'achetez pas le bouquin de Bernard Lugan, je vous en prie; vous allez mettre les sous dans les poches de Jean-Marie Le Pen!!  Je connais Bernard Lugan à l'Université Nationale du Rwanda, il a failli m'enseigner, très heureusement, inscrit à la faculté des Lettres, j'avais le choix entre l'histoire-géo et les lettres modernes. Vous comprenez ce que j'ai choisi, mais simplement par hasard parce que simplement j'en avais marre d'apprendre des trucs par coeur sans le pouvoir de les changer. Bernard Lugan c'est un personnage dangereux, comme il en existe à Lyon qui
contestent l'existence des chambres à gaz, lui il défend mordicus la colonisation et la recolonisation quelle qu'en soit la forme.

Il ne serait pas à l'unversité Lyon II plus précisément ? Université bien connu pour abriter un nombre anormalement élevé de professeurs proche de l'extrême-droite.
Cherchant un peu sur le net, j'ai lu sur un site l'information que je n'ai pu vérifier comme quoi il avait écrit des papiers pour le journal MINUTE bien connu en France pour répercuter les "idées" du Front National, le principale partie de l'extrême-droite.

En tout cas, au résumé proposé, ses écrits semblent refléter, sur la question ethnique, les idées assez en vogue il y a une quinzaine années, d'Alain De Benoît, idéologue en ce temps de la "Nouvelle Droite", sur le différentialisme (Schématiquement: Mise en exergue des différences irréductibles entre les cultures permettant de condamner tout brassage culturel).

Les thèses méprisantes et afropessimistes de cet auteur, semblent être un
effort désespéré d'un personne torturée par  le poids du passé qu'il ne
veut pas assumer. Il part donc de faits vérifiables qu'il interprête de
manière partiale et parfois malhonnête.  Voyons:

1° La démocratie est une invention occidentale? Faux. Car la meilleure
expression de celle-ci dans les sociétés traditionnelles africaines est la
palabre,large débat sur n'importe quel sujet au sein de la communauté dont
l'autorité suprême est détenue par le conseil des sages et non par le chef.

2° L' Afrique précoloniale ne connait pas de grands ensembles? Faux. Car
cette personne semble ignorer tout du passé de l'Afrique; il devrait lire
les publications de l'Unesco dans lesquelles il découvrira peut être les
empires du Ghana, du Mali, du Congo, du Zimbabwe, les royaumes Sokoto, le
Benin(détruit par les Anglais à la fin du siècle dernier)...etc...etc...et
confirmera la responsabilité majeure de l'occident dans la situation de
l'Afrique contemporaine.

3° Les guerres en Afrique sont le fait des Africains. Faux.  Elles sont
toutes organisées et financées par les multinationales occidentales pour
mettre la main par fantoche interposé sur les richesses de l'Afrique; elles
sont ensuite conduites par divers corps expéditionnaires occidentaux depuis
les instructeurs jusqu'aux "afreux " assoiffés de sang qui maintiennet à la
tête des états africains des pantins à la solde de l'occident, véritables
corps étrangers dans le flanc des populations africaines.

Ces exemples ne renforcent pas la position morale de l'occident en Afrique
et votre auteur joue à l'apprenti sorcier en suggérant un redécoupage de
l'Afrique ( naturellement par l'occident ) en micro-états à viabilité
douteuse à une époque où l'Europe tente de s'unir pour former une  entité
imposante! !
Cette doctrine est connue : diviser pour régner. Nous pensons que ce livre,
comme fut celui d'Axelle Kabou ne convaincra  que les déjà convaincus  de
la soumission éternelle de l'Afrique au diktat de l'occident .
Contrefaçon de l'histoire et de l'évolution naturelle des civilisations ?

A propos de la redefinition des frontieres, qui doit conduire l'afrique a avoir environ 1500 pays je pense pour ma part que cela ne pourrait qu'aggraver les choses. Qu'on nous parle de la constitution de grands blocs, reduisant de facto le nombre des pays, j'y souscrirai volontiers. Nous devons transgresser les problemes ethniques et nationaux pour aller vers une analyse plus globale qui prendrait en compte plutot les regions que les pays. L'acte fondateur de l'OUA a d'ailleurs pour pilier l'intangibilite des frontieres donc de facto la non remise en cause de celles-ci. Il est vrai que les temps ont beaucoup evolue mais cela ne doit pas nous retenir a entrevoir les choses en bien au lieu d'aller vers une balkanisation.

Afrique : histoire, economie, politique

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier