
LA PARTITION ETHNIQUE DE L'AFRIQUE
Certains africanistes croient
que la seule manière de mettre fin aux guerres civiles en Afrique
est d'opérer la partition de ce continent selon des critères
ethniques. Je vous propose dans les prochaines lignes de résumer
la pensée de ces africanistes....
Ce sujet étant très
controversé, je vous propose de retrouvez en fin de sujet des réactions
très chaudes récoltées sur un forum de discussion
sur l'Afrique.... Autant dire que ce sujet ne fait de loin pas l'unanimité
!!
L’ethnisme est la grande réalité
africaine. L’ethnisme est la forme africaine du nationalisme ; lui seul
rassemble des communautés certes divisées mais revendiquant
une commune appartenance à un tout supérieur à leur
intérêt de groupe. L'ethnisme est le contraire du tribalisme
puisque ce dernier ne cherche pas les grands points communs mais ceux qui
divisent le plus.
Seules les ethnies traditionnellement
dominantes ont vocation à un destin autonome passant par le préalable
de la partition d'un ou de plusieurs états actuels. Pour le plus
grand nombre, l'avenir continuera d'être à l'anarchie ou à
la soumission aux peuples les plus puissants. À la différence
de ce qui s'est passé dans l’Europe du Moyen-Âge, en Afrique,
les massacres de populations n'ont que rarement abouti à la constitution
d'états. D'un côté, après des siècles
d'affrontement, les peuples européens vont peu à peu
trouver leur équilibre territorial ; de l'autre, en Afrique, l'anarchie
et l’émiettement ont débouché sur aucune création,
sur aucun dépassement du niveau tribal.
Presque chaque état africain à sa ou ses provinces sécessionnistes. Partout, des minorités régionalement fortes, cohérents et héritières de réelles structures pré-coloniales sont prêtes à se soulever pour obtenir la partition des états artificiels dans lesquels les colonisateurs les englobèrent jadis. Face à l'évidence ethnique, il importe d'envisager sérieusement un redécoupage partiel de l'Afrique. Dans l'immédiat, c'est un redécoupage à chaud qui devrait être réalisé afin de tenter de mettre un terme à des conflits interminables (en Angola au Soudan par exemple ).
Un redécoupage préventif
devra aussi être envisagé afin d'empêcher l'embrasement
de régions entières (le Zaïre par exemple ).
L’ethnisme constitue donc une chance
pour l'Afrique, peut-être sa dernière. Si l'exode rural continue
au rythme actuel, la proportion des urbanisés sera à ce point
importantes qu’il sera alors vain de songer à ancrer l'Afrique sur
cette réalité. Pire, ces urbanisés coupés de
leur racine pourraient devenir réceptifs au message de l'islamisme
radical qui saurait canaliser leurs frustrations.
Les ethnies sont subdivisées
en une multitude de tribus : c'est cette atomisation qui empêchent
l'unité ethnique de se réaliser. Ce n'est donc tant l’ethnisme
qui est responsable de la non existence des états dans l'Afrique
noire prè-coloniale, que le tribalisme. Création coloniale,
les états africains indépendants sont minés par les
oppositions ethniques car on y est Shona ou Ndebele avant de se dire zimbabwéen.
Pour respecter le principe philosophique du droit des peuples, il faudrait
diviser l'Afrique en mille ou mille cinq cents états ! Mais cette
Afrique là reviendrait immédiatement à la situation
prè-coloniale, c'est-à-dire à la loi de la jungle
dans laquelle les plus puissants ethnocideraient les plus faibles dans
le pire des cas et les réduiraient en esclavage dans le meilleur.
La colonisation a bloqué ce phénomène : il est certain
que plusieurs « Prusses » potentielles furent ainsi stoppées
dans leur élan inconscient : le traumatisme subi est encore très
présente aujourd'hui.
Dans l'Afrique noire contemporaine,
la fraction dirigeante des ethnies politiquement dominante s'est transformé
en nomenklatura accaparant toutes les richesses, détournant l'aide
internationale et maintenant dans une situation de quasi-parias les autres
ethnies. Les problèmes actuels de l'Afrique sont avant tout d'ordre
ethnique.
Les problèmes posés par les frontières sont de deux sortes :
- obligation de vie en commun imposé
à des ethnies antagonistes au sein d'ensemble artificiel.
- morcellement d'un ou plusieurs
peuples fractionnés par des tracés internationalement reconnus.
Redécoupage des frontières,
certes, mais au coup par coup car il serait irresponsable de vouloir prétendre
créer deux mille états afin de tenter de faire coïncider
carte ethnique et carte politique. De plus, il existe une nouvelle ethnie
en Afrique, celle des urbanisés. Ou intégré
ces déracinés ? En revanche, plusieurs grand états
artificiels existent au sein desquels cohabitent plusieurs grandes ethnies
ayant de larges assises territoriales et dont l'antagonisme a interdit
toute évolution vers l'état-Nation ; dans ce cas, la partition
semble la seule solution (Angola, Zaïre, Afrique du sud).
Critères de classification des états africains :
- Ceux qui ne peuvent être
découpés en raison de leur faible superficie et de leurs
mosaïques ethniques (par exemple le Malawi, au moins dix ethnies !
!)
- Ceux qui sont en crise et qu'il
faudrait redécouper à chaud pour tenter de ramener la paix
(Angola, Soudan, Rwanda, Burundi).
- Ceux qui vont poser des problèmes
dans l'avenir (Zaïre, Cameroun, Nigeria).
En cas de redécoupage, les
futurs nouveaux états ne seront viables que s'ils remplissent certaines
conditions :
- Être mono-ethnique ou du
moins constitué autour d'une ethnie très largement dominante
sur un territoire de taille raisonnable
- Avoir un passé historique
pré-colonial attesté.
- Posséder un minimum d'atouts
économiques.
La colonisation ayant perturbé
les évolutions internes africaines en favorisant des peuples condamnés
par l'histoire, en bouleversant les rapports démographiques par
sa politique sanitaire et en révolutionnant la hiérarchie
ethnique au nom de la légitimité démocratique des
plus nombreux, tout redécoupage devra donc répudier ses principes.
Les indépendances ont été
souvent faites au profit de peuples qui n'avait aucune tradition de commandement.
Étudions cinq cas de partition d'états :
- Partition d'un état entre
ses composantes ethniques ou raciales afin de donner naissance à
plusieurs nouveaux états : ne sont concernés que de
vastes états dans lesquels cohabitent d'une manière conflictuelle
de grandes ethnies et qui sont installés sur des bases territoriales
traditionnelles ; exemple Angola, Mozambique, Cameroun, Tchad, Soudan,
Zaïre, Nigeria, Ethiopie.
- Partition de deux ou plusieurs
états : afin qu'une ou plusieurs populations puissent être
regroupées en un nouvel état ou qu’elles soient incorporées
à d'autres états existants : il s'agit des touaregs qui,
pour avoir leur propre état, doivent voir démembrer l'Algérie,
le Mali, le Niger et peut-être le Burkina-Faso. Il s'agit aussi de
Djibouti.
- Les petits états composés
de multiples ethnies antagonistes et dans lesquels il est impossible de
diviser l'espace sous peine de créer des conflits politiques. Ici,
deux solutions sont envisageables : soit laissé les éventuels
équilibres se faire avec la loi du plus fort, soit séparer
les ethnies à ataviquement protagonistes en les rattachant au bloc
ethnique apparenté des pays limitrophes ; pour cela, il sera nécessaire
de rayer de la carte des pays internationalement reconnus. Le meilleur
exemple et celui du Liberia.
Pour terminer, voyons ce que pourrait être la partition ethnique de trois pays africains :
L'Angola :
Ce pays est divisé en trois grandes ethnies possédant chacune sa base territoriale et son propre parti politique ; les trois quarts de la population se retrouve dans les trois principales ethnies : Bakongo (14%) Ovimbundo (30 à 40%) Kimbundu (23%). Chaque grande ethnie est divisée en une multitude de tribus et chaque tribu en clans.
Le MPLA, fondée en 1956 par des intellectuels et des métis souvent marxistes, se créa en zone qui Kimbundu. La guerre d'Angola débuta en 1961, avec un soulèvement Bakongo : les quarante mille Bakongo se réfugièrent au Zaïre au fut fondé le FNLA (à la suite du rétablissement de l'ordre par les autorités portugaises). Le ministre des affaires étrangères du gouvernement FNLA en exil, Jonas Savimbi, un Ovimbundo, démissionna et fonda un mouvement à base ethnique ovimbundo : s'est ainsi que vu créés en 1966 l’UNITA.
La carte politique actuelle de l'Angola
était donc presque dessinée, chacun des trois mouvements
étant replié sur sa base ethnique et accusant les deux autres
de tribalisme.
Après l'indépendance,
ces trois mouvements entrèrent en lutte les uns contre les autres.
La guerre commença.
En 1991, les accords de paix étaient
signé set prévoyaient la tenue d'élections en septembre.
Ces élections furent ethniques et l’UNITA les perdit car le mouvement
est l'émanation de l'ethnie ovimbundo, laquelle ne rassemble que
30 à 40 pour cent de la population totale.
La seule région dans laquelle
l'UNITA l’emporta fut le territoire ethnique des ovimbundo (capital Huambo).
Le MPLA marxiste avait donc rallié
tous les suffrages de ceux qui redoutaient une domination ovimbundo. Savimbi
contestait le résultat des élections et la guerre repris
en 1992.
Le principal problème angolais est celui de l'opposition MPLA/UNITA. L'UNITA se considère comme représentant les vrais africains, les Bakongos et Kimbundu ayant été largement européannisés par plus de cinq siècles de contact avec les portugais. Actuellement il ne peut y avoir que deux solutions :
- Victoires militaires d'un camp
et écrasement de l'autre. Est-ce possible en Angola ?
- Eclatement du pays et partitions
en deux ensembles : le nord au MPLA et le sud à l’UNITA. Autre
option : règlement ethnique régional par le rattachement
de populations angolaises à leurs grands blocs ethniques respectifs
vivant en dehors des frontières actuelles de l'Angola. C'est ainsi
que les Kongo pourrait être rattachés à leur frère
Bakongo du Zaïre et du Congo. ; Les Lunda à ceux qui vivent
au Shaba zaïrois: cette région, dans un avenir plus ou moins
proche, se détachera inéluctablement de l'artificiel Zaïre
et pourrait ainsi constituer un fort est riche état mono-ethnique.
Quant aux Ovambo, il devrait pouvoir rejoindre leurs frères de
Namibie (ils ont été séparé pendant la période
coloniale).
Ainsi démembrée, l'Angola
sera réduit aux zones de peuplement qui kimbundu, ovimbundo, ganguela
et à celles de quelques autres peuples très minoritaires
n'ayant pas vocation à constituer des états.
L 'Ethiopie :
L’Ethiopie s'est formée sur
deux plateaux fertiles encadrés de montagnes dominant les basses
terres du Kenya, du Soudan, de la Somalie et de l'Erythrée. L'altitude
et les abondantes précipitations qui en résultent font que
la région a toujours été favorable à la vie
des hommes en société.
Très tôt, des civilisations
brillantes s'y développèrent à l'abri de la citadelle
naturelle constituée par les massifs montagneux. Partenaire de Rome
avec Aksoum comme capitale, christianisée dès le IVe siècle,
alliée de Constantinople contre les tribus d'Arabie elles-mêmes
associées aux Perses, en butte durant plus de mille ans aux attaques
incessantes des musulmans, l’Ethiopie réussit, en dépit de
tous les périls et de toutes les menaces, dont les invasions galla,
à sauvegarder sa personnalité religieuse, politique, linguistique
et culturelle.
Sous le règne du Négus
Ménélik II (1865-1913), l'Éthiopie déborde
de son berceau et ses armées, déferlant depuis les hautes
terres, conquièrent l'Ogaden et réussissent à décourager
les ambitions égyptiennes sur l'Érythrée.
L'empereur Hailé Sélassié
1er (1892-1975) est couronné en 1930. Avec lui l'Éthiopie
prend la forme d'une monarchie absolue et la noblesse voit ses privilèges
peu à peu réduits.
Jusque-là féodal,
l'Êtat devient hypercentralisé et cette politique se fait
au profit de l'ethnie amhara - un quart de la population totale -, celle
qui a toujours constitué le coeur de l'Empire. Les autres peuples,
à savoir les Galla, les Tigréens, les Nilotiques et les Somali
subissent son hégémonie. Elle est effective d'un triple point
de vue: politique d'abord, puisque le personnel administratif et les gradés
de l'armée sont des Amhara; religieux ensuite, quand, à partir
de 1931, le christianisme orthodoxe devient religion d'État, bien
que les musulmans soient à l'époque un peu plus de 45 %;
linguistique enfin car l'amharique devient langue officielle en 1955.
Après une brève parenthèse
de domination coloniale à la suite de la campagne italienne de 1935-
1936, l'Éthiopie fut libérée par les Britanniques
et les
Français libres en 1941.
Vieil État rassemblé
autour du pays amhara et de ses hauts plateaux, l'Éthiopie millénaire
est une authentique nation mosaïque composée de plus de soixante-dix
ethnies ou peuples parlant au moins deux cents langues.
Toute l'histoire de l'Éthiopie
est faite des évolutions contradictoires entre la volonté
du centre de maintenir la cohésion de ses périphéries
et le désir de ces dernières de conquérir leur autonomie.
Quand l'Empire est puissant, il est centralisateur; quand il est faible,
comme aujourd'hui, il tente de maintenir la cohésion politique de
l'ensemble en se montrant plus souple.
Durant trente ans, l'Éthiopie
impériale puis marxiste a lutté contre les rébellions
de l'Erythrée et de l'Ogaden. Puis, après le renversement
du Négus rouge, le colonel Mengistu Hailé Mariam, intervenu
en mai 1991, l'anarchie gagna le pays menacé de démembrement.
Le président Meles Zenawi
- afin de maintenir en un seul ensemble la mosaïque éthiopienne
- tenta une solution originale; ayant compris que le seul moyen qui lui
restait était de prendre en compte les grandes réalités
ethniques il entreprit de redécouper administrativement le pays
sur ces bases.
Faisant la part du feu » avec
un grand sens des réalités, il commença par accorder
l'indépendance à l'Érythrée puisqu'il était
évident qu'il n'avait pas les moyens de briser sa résistance.
Peuplée d'un peu moins de
trois millions de pasteurs afar, l'Érythrée, région
bordière de la mer Rouge, n'a en réalité jamais fait
culturellement et politiquement partie de l'Éthiopie, à l'exception
des zones du piedmont éthiopien où vivent des agriculteurs
chrétiens.
De 1889 à la Seconde Guerre
mondiale, l'Italie occupa l'Érythrée et, quand vint le temps
du partage des dépouilles coloniales italiennes, l'empereur Hailé
Sélassié en revendiqua certaines. En 1950, la région
fut confiée à l'Éthiopie par l'ONU et peu après,
appliquant une rigoureuse politique de centralisation administrative, Addis-Abeba
entreprit d'en faire une simple province de l'Empire.
En 1974, après une laborieuse
unification, les divers mouvements de guérilla lancèrent
une offensive de grand style soutenue par les soviétiques et par
le monde arabe. En 1993, à l'issue d'une longue guerre, l'Érythrée
accéda à l'indépendance.
La Constitution que le président
Meles Zenawi envisage de faire voter prévoit de découper
le pays en neuf régions, afin que chaque grand groupe ethnique puisse
être maître chez lui. Dans chacune de ces régions, l'enseignement
primaire se fera dans la langue dominante et l'enseignement secondaire
en anglais I. L'ancienne langue officielle, l'amharique, parlé par
les Amhara qui sont 30 % de la population totale sera la langue fédérale.
Rien ne permet de dire Si cette
politique fédéraliste réussira car nombreux sont ceux
qui redoutent une désintégration de l'Éthiopie puisque
le projet constitutionnel va jusqu'à prévoir le droit de
chaque région à la sécession.
Le grand problème qui se
pose en effet au gouvernement central éthiopien est celui du séparatisme,
car rien ne dit que les propositions d'Addis-Abeba réussiront à
calmer les revendications périphériques et notamment les
guérillas afar, oromo et ogadeni. Pour ces dernières, qui,
de plus, sont musulmanes, les propositions du président ne visent
en réalité qu'à maintenir le pouvoir des chrétiens
du plateau central.
La question de l'Ogaden repose elle
aussi sur une base ethnique. Jamais la Somalie, indépendante depuis
1960, ne voulut admettre que cette région peuplée de Somali
demeure
englobée dans l'Éthiopie des conquêtes, dénoncée
comme un véritable État colonial africain.
Le Mozambique :
Déchiré durant vingt
ans par une des plus terribles guerres civiles africaines, le Mozambique
qui vient en théorie de retrouver la paix est un autre Etat artificiel.
Etiré sur 1 800 km du nord
au sud, ce pays tout en longueur fut reconnu par les Portugais dès
le début du XVème siècle. Leur installation y fut
côtière. Durant deux siècles, l'îlot de Mozambique,
qui donna son nom au pays, fut le principal point d'appui lusitanien dans
cette partie de l'Afrique. Il commerçait avec les échelles
arabes de Pemba, de Sofala, avec les Comores et l'île de Zanzibar.
Cette ancienne vie de relation avec
les musulmans explique l'existence d'une « ethnie » d'islamisés
venant compliquer encore un peu plus le puzzle humain régional.
Les dix ethnies principales n'ont pas conscience d'appartenir à
une nation » mozambicaine, à telle enseigne qu'un découpage
territorial remodelant les actuelles frontières devrait être
envisagé afin de tenter de donner un minimum de cohérence
à cet ensemble disparate.
Redécoupé, le Mozambique
pourrait donner naissance à deux nouveaux États ancrés
au nord et au sud sur les deux ethnies dominantes qui seraient séparées
et auxquelles viendraient s'agglutiner les ethnies minoritaires.
La géographie physique et
ethnique du Mozambique indique clairement comment un tel découpage
pourrait être effectué, le fleuve Zambèze marquant
la frontière naturelle et humaine entre les deux États à
créer.
Au nord, c'est autour des Makua-Lomue
(36 % de l'actuelle population du Mozambique) que le découpage pourrait
être effectué. Les ethnies minoritaires maconde, yao, maravi,
nguni ainsi que les islamisés seraient alors rassemblés dans
le même État qui regrouperait environ 50 % de la population
de l'actuel Mozambique.
Au sud, c'est autour des Tsonga
(23,7 % de la population) et des Shona (9,8 %) que serait composé
le nouvel État qui rassemblerait également les Chopi.
Le Zambèze constituant la
frontière naturelle entre les deux nouveaux États, les populations
dites zambéziennes, tribus disparates vivant de part et d'autre
du fleuve, seraient rattachées à l'un ou l'autre en fonction
de leur territoire de résidence.
Cette proposition de redécoupage
du Mozambique limite au maximum la refonte des frontières et fait
l'impasse sur les ethnies très minoritaires qui demeureraient englobées
dans les anciennes limites du pays, en étant rattachées soit
au Mozambique nord soit au Mozambique sud.
Une seconde option serait plus cohérente.
Elle permettrait de rattacher à leurs blocs de population vivant
hors des frontières du Mozambique certaines ethnies divisées
par les frontières actuelles. Ainsi, les 0,4 % de Nguni qui vivent
dans
le sud de l'actuel Mozambique pourraient rejoindre soit le Swaziland, soit
le Zululand sud-africain. Les 1,8 % de Nguni vivant au nord du Zambèze
seraient, eux, maintenus sur place dans le cadre du nouvel Etat septentrional.
Le même problème pourrait
se poser avec les Yao et les Maconde dans la mesure où leurs principaux
blocs de population sont situés en Tanzanie. Faudrait-il envisager
alors de remanier également les frontières de ce pays? Certes
oui, mais sans précipitation, l'essentiel étant que, dans
l'immédiat, les cas les plus évidents d'incohérence
frontalière soient réglés; et le Mozambique entre
dans cette catégorie.
Une autre possibilité pourrait
consister à rattacher le bloc shona-karanga au Zimbabwe où
les Shona sont majoritaires puisqu'ils y constituent presque 80 % de la
population. Cette solution permettrait le désenclavement du Zimbabwe
dont le poumon est précisément constitué par le «couloir
de Beira".
Dans ce cas, c'est à un démembrement
du Mozambique que l'on aboutirait afin de favoriser ces deux grandes ethnies
ayant un passé historique attesté que sont les Shona et les
Yao. Dans l'hypothèse de la constitution d'un grand Shonaland, la
frontière entre ce dernier pays et le Makua-Lomueland serait alors
constituée par le fleuve Zambèze.
Le Liberia :
Fondé en 1847 pour accueillir
d'anciens esclaves libérés venus d'Amérique du Nord,
le Liberia a sombré dans l'horreur. Un autre cas d'école:
quand les réalités ethniques de l'Afrique éternelle
rejettent le « melting pot » imaginé par des missionnaires
anglo-saxons.
Depuis le 24 décembre 1989,
une terrible guerre tribale oppose en effet plusieurs ethnies et factions
tribales libériennes entre elles; elle a fait, a ce jour, près
de 200 000 morts sur une population totale de 2,5 millions d'habitants
et lancé sur les routes de l'exode ou de l'exil un million d'habitants
~.
Car il s'agit bien d'un conflit
ethnique, les 13 principales tribus du pays d'une part, les descendants
d'esclaves américains installés au Liberia a partir de 1822
d'autre part, s'entre-massacrant au gré d'alliances ponctuelles.
Les nombreuses tribus du Liberia
appartiennent a trois grands groupes linguistiques. Tous débordent
largement les frontières du pays, ce qui explique pourquoi chaque
faction dispose d'aides et de soutiens dans les pays voisins
1 - Les Kru.
Occupant le plus vaste territoire,
le groupe Kru est localisé dans le sud et dans l'est du Liberia.
La puissante tribu des Bété de Côte-d'Ivoire fait partie
de cette famille, de cette ethnie.
Au Liberia, les Kru sont divisés
en cinq grandes tribus: les Grébo, les Kru, les Krahn, les Bassa
et les De qui forment un seul ensemble. Séparés du «
territoire» Kru ; les Kwaa constituent la sixième tribu de
ce groupe. Principale tribu du groupe Kru, les Krahn étaient au
pouvoir avec Samuel Doe. Ils se retrouvent aujourd'hui au sein de l'ULIMO
.
2 - Les Mandé.
Les Mandé du Liberia appartiennent
à ce vaste ensemble Ouest africain très diversifié
qui s'étend du Sénégal à la Côte-d'Ivoire
et du Mali à la Guinée.
C'est au groupe Mandé qu'appartiennent
les puissantes ethnies Bambara du Mali, ou Malinké de Guinée.
Au Liberia, les Mandé qui occupent le nord du pays sont divisés
en 7 tribus principales: les Loma, les Gbundé, les Bandi - éclatés
en trois blocs -, les Kpélé
- coupés en deux par la frontière
guinéenne -' les Mano, les Gyo et les Vay éclatés
en trois ensembles.
Charles Taylor et son mouvement,
le NPLF, recrutent chez les Gyo et les Mano.
3 - Les Mel.
Les tribus Mel appartiennent au
groupe linguistique ouest-atlantique. Les traditions locales les considèrent
comme étant les aborigènes du pays, refoulés lors
des migrations kru et mandé. Cette famille est divisée en
trois branches. Les tribus Mel sont classées dans la branche sud
qui se retrouve depuis la Guinée littorale et la Sierra Leone jusqu'au
Liberia, La plus connue des tribus de ce groupe est celle des lemne du
Sierra Leone. Au Liberia, les représentants des Mel sont essentiellement
les Gola avec au nord-ouest une petite pénétrante Kissi au
sein du monde Mandé.
Jamais colonisé, à
peine christianisé (moins de 10 % de chrétiens) et avec une
écrasante majorité d'animistes, le Liberia, non «pollué",
par l'homme blanc et sa colonisation, aurait dû être la «perle
de l'Afrique ».
C'est en janvier 1822 que les premiers
esclaves affranchis venant d'Amérique débarquèrent
sur le littoral de l'actuel Liberia. Cette installation en Afrique de l'Ouest
avait été précédée de tractations et
de l'achat aux tribus côtières d'une bande de terre de deux
cents kilomètres de long, avec un hinterland d'un peu moins de cent
kilomètres.
Le mouvement de libération
des Noirs américains, et l'idée de leur retour en Afrique,
étaient nés en Angleterre un demi-siècle plus tôt.
Idée philanthropique s'il en fut, elle s'affranchissait de toute
réalité ethnique. Pour les missionnaires de la Church Missionary
Society, pour les philosophes, et pour les bonnes âmes d'Angleterre,
un Noir était partout chez lui en Afrique, puisqu'il était
Noir. Ils étaient persuadés que ses «frêres »
l'accueilleraient avec chaleur.
A partir de 1800, la Sierra Leone
devient le centre d'accueil pour les esclaves libérés en
mer, puis, le 1er janvier 1817, est fondée à Washington la
"Société américaine de colonisation des populations
libres de couleur des Etats-Unis ». Cette société va
organiser la colonisation d'une portion de terre africaine par des colons
qu'elle va recruter: des colons noirs, qui vont être transplantés
d'Amérique en Afrique.
Le chef-lieu de la nouvelle colonie
est choisi par le philanthrope Yehudi Ashman, qui fonde Monrovia, ainsi
baptisée en l'honneur de James Monroe, président des États-Unis
de 1817 à 1825. A la tête de l'établissement se succèdent
des gouverneurs blancs, dont la tâche est de recevoir et d'installer
les nouveaux arrivants venus d'Amérique. Le gouverneur Buchanan
fut le dernier Blanc à exercer cette fonction.
En 1847, le Liberia devient indépendant
et se constitue en République, avec à sa tête un métis,
J.-J. Roberts. Les Noirs américains se divisent alors en conservateurs
et en progressistes, en excluant les « indigènes» de
la vie politique.
Les buts des promoteurs blancs du
nouvel État étaient généreux: création,
selon le principe du » melting pot » américain, d'un
peuplement mixte, par la fusion des esclaves et des indigènes; apport
des « lumières » du protestantisme aux Africains, par
leurs « frères » venus d'Amérique.
Jusqu'en 1890, des milliers d'anciens
esclaves furent ainsi transplantés; mais le rêve de la constitution
d'une « Amérique nègre » sur le littoral africain
allait échouer, car la greffe négro-américaine ne
prit pas sur le tronc africain, et les indigènes se mirent à
massacrer ces «frères» qui n'avaient que mépris
pour eux.
Refusant de se mêler à
des «primitifs », les anciens esclaves s'étaient en
effet constitués en caste fermée et ils pratiquèrent
vite une solide politique d'apartheid. Se désignant comme les «Honorables»,
par rapport aux » sauvages » indigènes, ils amassèrent
parfois de vraies fortunes, exploitant leurs «frères»
de couleur, transformés par eux en quasi-esclaves. Se réservant
tous les droits politiques, ils conservèrent la totalité
du pouvoir jusqu'en 1980 alors qu'ils n'étaient que 3 % de la population.
Cette petite Amérique africaine
fut pourtant, pendant longtemps, considérée comme le phare
de la lutte «anticoloniale», et comme la «conscience
» écoutée par les faiseurs d'opinion.
Ayant pris le pouvoir au mois d'avril
1980, le sergent-chef Samuel Doe, un Krahn quasi analphabète, accumula
les exactions. Ayant réussi son coup d'État après
avoir assassiné le président William Tolbert, président
en exercice de l'QUA (Organisation de l'Unité Africaine), il faisait
aussitôt exécuter sur une plage treize ministres et dignitaires
de l'ancien régime.
La presse mondiale avait alors publié
les photos des bourreaux, posant théâtralement devant les
cadavres de leurs victimes. L'horreur de cette macabre mise en scène
fut alors estompée par le discours tiers-mondiste tenu par les insurgés.
Puis Samuel Doe noya dans le sang
une dizaine de tentatives de coups d'État et multiplia les parodies
de procès. Ses opposants n'étant pas en reste dans l'horreur,
la répression s'abattit sur tous les membres d'ethnies suspectes,
c'est-à-dire sur tous ceux n'appartenant pas à sa tribu.
Samuel Doe était en effet
un Krahn; or cette ethnie qui ne représente qu'entre 4 à
6 % des deux millions et demi d'habitants du Liberia est particulièrement
belliqueuse. Ses membres sont généralement animistes.
Samuel Doe était un «
vrai nègre». Il n'appartenait pas à cette caste haïe
des » Honorables », ces descendants d'esclaves américains
transplantés en Afrique au siècle dernier. Il était
même leur ennemi mortel, puisqu'il les chassa du pouvoir, et qu'il
les massacra.
Il fut même un moment considéré
par l'intelligentsia africaine comme un héros émancipateur
ayant «décolonisé» les indigènes du Liberia,
mis en tutelle par les Noirs venus d'Amérique; depuis l'indépendance
du Liberia, en 1847, il fut d'ailleurs le premier président issu
d'une ethnie locale.
En 1989, Charles Taylor, chef du
Front national patriotique du Liberia (FNPL), se dressa contre lui.
Américano-africain, il appartient
donc en partie à la caste des « Honorables ». Ces derniers
sont certes unanimement détestés, mais, comme les Kpélé,
les Mano ou les Gyo haïssent encore davantage les Krahn, ils se sont
rangés sous sa bannière, afin de pouvoir régler de
vieux comptes. Comme il lui fallait des moyens, il sollicita l'aide de
la Libye, tout en étant soutenu par la Côte-d'Ivoire en raison
des liens ethniques unissant Krahn et Bété.
.
Ses troupes sont constituées
de paysans arriérés particulièrement sanguinaires,
pour autant qu'il soit possible de hiérarchiser l'horreur dans un
pays où le ministre de la Défense, le général
Gray Alison, fut accusé de meurtre rituel pour avoir dévoré
le cœur d'un jeune policier...
Au moment où Charles
Taylor était sur le point de l'emporter, un autre rebelle, Prince
Johnson, se mit à faire la guerre pour son propre compte, après
avoir combattu à ses côtés. Ancien membre des forces
armées de Samuel Doe, Johnson avait rejoint la rébellion
de Taylor, avant de rompre avec lui, et de fonder le Front national patriotique
indépendant du Liberia. Il reproche principalement à Taylor
de n'être pas totalement «nègre
Son entrée en guerre compliqua
encore davantage une situation déjà inextricable.
Le massacre fut dès lors
généralisé. Ivres, drogués, les combattants
égalèrent dans l'abomination les Congolais ex-belges et leurs
furies dans la région de Stanleyville durant les années 1960-1966.
Krahn, Mano, Gyo, Kpélé,
Bassa, etc., se ruèrent les uns contre les autres, s'entre-découpant,
se dépeçant à la machette, se torturant, s'émasculant,
s'éventrant, se mangeant même, dans une de ces orgies sanglantes
dont l'Afrique est périodiquement capable. Mais tous se retrouvèrent
unis quand il s'agit de piller les milliers de Libanais qui contrôlent
le commerce, ou de massacrer les 15 % de musulmans désignés
sous le vocable général de Mandingue et qui appartiennent
en fait à des ethnies très diversifiées, immigrées
des pays voisins.
Entre les cochons dévorant
les cadavres en putréfaction d'hommes, de femmes, d'enfants, et
les guerriers emplumés, le corps peint, portant fièrement,
comme autant de trophées, les crânes de leurs ennemis abattus,
le mythe tiers-mondiste du » bon sauvage» a fondu comme neige
au soleil...
La mort du » président»
Samuel Doe n'a en rien ralenti l'ardeur des combattants (tué par
les hommes de Prince Johnson : mis à mort, décapité…on
dit que certaines parties de son corps furent consommées par les
guerriers). Repliées sur leurs bases tribales, les factions ont
fait du Liberia un pays en perdition. Rien ne semble désormais pouvoir
arrêter leur volonté de massacre à tel point qu'il
serait fastidieux de vouloir tenter d'en faire la liste exhaustive. Etat
artificiel, le Liberia présente le condensé des problèmes
que connaît le reste de l’Afrique sub-saharienne. Ils sont insolubles:
comment faire vivre ensemble des ethnies que tout oppose, en sachant que
le respect des territoires ethniques est impossible, sauf à diviser
le pays en une vingtaine de nouveaux États-confettis, encore moins
viables que l'ancien?
Alors, que faire pour tenter de
rétablir un minimum de paix civile, étant entendu que les
parties en présence refusent tout véritable accord, lequel
serait d'ailleurs totalement artificiel?
Trois solutions sont possibles:
1. La colonisation du pays par une
puissance européenne qui recevrait mandat pour l'administrer durant
vingt-cinq ou cinquante ans. La paix et la prospérité seraient
évidemment rétablies mais deux obstacles demeureraient:
- Et après la période
du mandat? Comme il est vain de penser que les antagonismes tribaux auraient
pu se fondre dans un creuset national, la situation d'aujourd'hui serait
à nouveau la règle. Aucun problème n'aurait donc été
réglé sur la longue durée.
- Quel pays européen serait
à ce point masochiste pour accepter un tel cadeau empoisonné?
Quant à une tutelle internationale, il est inutile d'y songer au
vu de l'inefficacité de l'ONU ou de l'OUA.
2. L'abandon du pays afin qu'un
jour, après des massacres sans fin, l'un des protagonistes l'emporte,
et établisse sa dictature ethnique.
3. Le démembrement ethnique:
les territoires kru étant rattachés à l'ensemble kru
de Côte-d'Ivoire et les territoires mandé à leurs voisins
afin que l'ethnisme permette de canaliser le tribalisme.
Une dernière option serait
à envisager dans le cadre d'un règlement global de la question
ethnique régionale. Elle est aujourd'hui révolutionnaire
et hors propos car elle impliquerait un démembrement de la Côte-d'Ivoire
par la constitution d'un Kruland indépendant rassemblant tout le
bloc kru et d'un Kwaland également indépendant qui permettrait
de regrouper, entre autres, les Baoulé et les Agni de Côte-d'Ivoire
avec leurs cousins du Ghana.
Dans le contexte actuel, la Côte-d'Ivoire
et le Ghana sont des États stables et il serait irresponsable de
les déstabiliser en proposant de mettre en pratique un tel redécoupage
ethnico-politique. Cependant, dans le futur, Si ces deux pays devaient,
par malheur, être à leur tour emportés dans le tourbillon
des guerres ethniques, ces propositions pourraient constituer la base d'un
règlement politique régional par la constitution d'États
ethniques viables car en partie homogènes, vastes, disposant de
ressources et de larges façades maritimes.
Un tel redécoupage de la
région constituerait l'échec posthume de la politique du
président Houphouét-Boigny qui déclarait au journal
Le Monde du 5 juillet 1986:
«La colonisation n'est pas
un mal en soi. Tous les peuples de la terre ont passé par elle.
On peut dire que coloniser, c'est payer sa dette â l'humanité.
Pourquoi? Qu est-ce que l‘Afrique?
Qu 'est-ce que la Côte-d'Ivoire? Soixante tribus qui ne se connaissaient
pas, qui n 'avaient pas les mêmes dialectes, qui n 'avaient pas la
même façon d'organiser leur société. Les villages,
tous les vingt-cinq kilomètres, étaient aussi éloignés
que le Portugal de la Russie. Ces hommes, grâce â la colonisation,
ont constitué un embryon de nation, parce que la nation, la vraie,
est une création de longue haleine pour que, selon la formule de
Renan, "on arrive à la commune volonté de vivre en commun
. Pour cela il faut du temps.
Donc, grâce â la colonisation,
il y aura demain une nation ivoirienne. Aujourd'hui c'est l’état
ivoirien hérité de la colonisation française. Désormais
cela constitue un ensemble ».
Les cinq Zaïre (de nos jours République Démocratique du Congo)
Le Zaïre est une autre «façon
d'État «. Il est composé de plus de 250 ethnies et
tribus mais 5 d'entre elles sont largement dominantes démographiquement
et territorialement (carte page 332).
Il s'agit des Baluba, des Balunda,
des Bakongo, des Mongo et des Zandé dont les pourcentages démographiques
et les aires territoriales sont indiqués sur cette carte.
Deux de ces ethnies sont en totalité
incluses à l'intérieur des frontières du Zaïre;
il s'agit des Luba -ou Baluba au pluriel - et des Mongo. Les trois autres
ont une population au moins égale à celle recensée
au Zaïre vivant dans les pays périphériques. Elles constituent
donc d'importants blocs de population dont le poids dépasse largement
leurs rangs démographiques respectifs au Zaïre même.
Une comparaison permet de comprendre
en quoi un redécoupage de l'Afrique centrale pourrait, seul, mettre
un terme aux permanentes oppositions ethniques régionales .
Les propositions de partition pourraient
être faites dans le sens suivant:
1. Création d'une entité
bakongo fondée sur les réalités ethniques et historiques
de l'ancien royaume pré-colonial de Kongo.
2. Création d'une entité
lunda, elle aussi fondée sur des critères ethniques et historiques
incontestables.
Sa création passerait également par le démembrement de trois Etats actuels: le Zaïre, l'Angola et la Zambie. Les richesses minières régionales (Shaba et une partie du copperbeit) lui donneraient la possibilité d'envisager une existence autonome prospère. Le cas des Zandé est différent car il semble difficile de concevoir pour eux une existence indépendante. Deux possibilités pourraient alors être offertes. La première consisterait à les intégrer au Sud-Soudan qui pourrait naître de la partition de l'actuel Soudan. Cette option n'est pas satisfaisante car les Zandé sont très différents des Nilotiques actuellement en guerre contre le Nord Soudan.
La meilleure solution consisterait peut-être alors à détacher le territoire zandé actuellement englobé dans le Soudan et dans la RCA afin de lui permettre de constituer un ensemble avec celui du Zaïre. Les Zandé et les Mongo pourraient alors former l'ossature sur laquelle viendraient s'agréger les multiples petits peuples du fleuve et de la cuvette avec lesquels ils pourraient constituer un nouvel État zaïrois aux dimensions plus raisonnables et à l'hétérogénéité moins insolite que l'actuel. Resterait à régler la question luba et celle des populations du Kivu zaïrois. L'indépendance d'un État luba peut-elle être envisagée? Historiquement et ethniquement, sans aucun doute. Pour les populations du Kivu zaïrois, il n'en est pas de même. Devront elles alors être rattachées au futur Lubaland? Devront elles être intégrées au nouveau Zaïre articulé sur les Mongo et les Zandé? Seront-elles absorbées par l'impérialisme démographique des Hutu du Rwanda et du Burundi? L'avenir le dira, mais il ne va pas dans le sens du maintien d'un Zaïre unitaire.
Bernard Lugan
Voir aussi dans la même ligne
de pensée L'AFRIQUE N'EST PAS L'EUROPE
J'ai pris la peine de lire les deux
parties en entier, et je dois dire que malgre un effort certain entrepris
par l'auteur afin de comprendre la cartographie ethnique du continent,
ce livre est un veritable torchon a jeter dans la premiere poubelle. Reduire
tous les malheurs du continent a des simples confilts enthiques est non
seulement grotesque mais débile. Admettre (implicitement) que les
liens ethniques sont plus forts que tout, alors que les africains sont
devenus matérialistes, pragmatiques et conscients, c'est vraiment
les mepriser voir même les ridiculiser.
Lorsque je lis des textes comme
ce que ton auteur a ecrit sur l'Afrique, je ne sais pas s'il faut jeter
le tout a la poubelle ou s'il faut finIr la lecture. En tout cas apres
avoir commence de lire, je commence a survoler tellement le substratum
de la these de l'auteur qui fait preuve d'un pessismisme exacerbe, batti
sur un parternalisme notoire.
Si on remplacait l'Afrique par l'Europe,
quel aurait ete la suite de la discussion? Avant d'aborder la question
de repartir l'Afrique sur des bases tribales, il serait mieux de rectifier
l'image que ce Monsieur dresse de l'Afrique.
Voici les donnees recentes:
L'Afrique noire avec l'Afrique du
Sud, sont devenu la capital des exportations dans le monde avec environ
100 milliards de dollars.
La croissance des pays africains
est de 3.3% comparée a la moyenne du reste du monde qui est de 2.00%.
L'Afrique possede des economies
a croissance les plus rapide du monde.
Le Botswanan a maintenu sa croissance
a 16% pendant ces 10 dernieres annees et possede une reserve de 4.3 milliard
de dollars.
Les benefices sur les investissements
se chiffrent a 29%.
L'Afrique possede 700 millions habitants
compare a l'inde qui a lui seul fait 900 millions d'habitants. QUi
est ce qui est le plus peuple? Le pays de l'Inde ou le continent Africain.
L'Afrique est le deuxieme plus vaste continent avec l'Asie. L'Afrique regorge
70% des mineraux du monde...etc..
Maintenant, a partir de ces donnees
verifiables, rappelons que seulement 20% des pays africains sont pertubés
par les conflits tribaux et ethniques. Alors lorsqu'on sait faire un peu
de calculs, on ne redecoupe pas un continent parce que 20% des pays ont
des troubles....
Le sujet ne devait meme pas etre
aborde. L'Auteur est un cancre!
Il faut cesser de vehiculer ce pessissisme
dont le but ultime est d'entretenir ce complexe d'inferiorite chez le noir.
Et d'ailleurs, qui veindrait decouper l'Afrique , l'Europe ou les Americains.
L'orsque ces personnes viendraient
poser les bornes pour redecouper les forets, nous serions là pour
les attendre.
Quand on vois ce qui se passe dans
les balkans ou des etats constitues d'une poignee d'ethnies sont la proie
de conflits seculaires, on peut se demander serieusement si la balkanization
de l'Afrique n'avais pas justement pour but de creer une instabilite permanente.
Et pourtant une majorite des pays africains ont demontres que ces divisions
ethniques
pouvaient etre surmontees. Les conflits
"tribaux" dont l'Afrique souffrent sont rarement le fait d'une haine congenitale
entre ethnies.
Ils resultent bien souvent plutot
de la manipulation de politiciens a la courte vue pour qui tous les moyens
sont bons pour arriver et se maintenir au pouvoir. Pour ces politiciens
le tribalisme n'est qu'une arme de plus. Sinon les populations africaines
dans les quartiers et villages montrent qu'elles peuvent vivre dans une
harmonie dont devrait s'inspirer les kossovars et autres bosniaques.
Ainsi, pour resumer, le livre de ce monsieur n'est pas a lire. Car il est ecris sur les prejuges et du faux.
Je ne suis pas d'accord avec ca.
Il
faut s'informer des arguments de l'adversaire pour pouvoir mieux le combattre.
Cette phrase résume aussi la raison pour laquelle j'ai produit
cet article sur mon site (note du webmaster)
La question sur la redivision de
l'Afrique doit avortée avant meme d'etre exposée. Nous savons
que la force de l'Afrique se trouve dans son unification, alors si un @#$%^&!
se propose d'infiltrer des idees de division, il faut lui frapper la nuque
au point ou il ne voit des 3600 chandelles (au lieu de 36) !!
Je vous mets en garde, n'achetez
pas le bouquin de Bernard Lugan, je vous en prie; vous allez mettre les
sous dans les poches de Jean-Marie Le Pen!! Je connais Bernard Lugan
à l'Université Nationale du Rwanda, il a failli m'enseigner,
très heureusement, inscrit à la faculté des Lettres,
j'avais le choix entre l'histoire-géo et les lettres modernes. Vous
comprenez ce que j'ai choisi, mais simplement par hasard parce que simplement
j'en avais marre d'apprendre des trucs par coeur sans le pouvoir de les
changer. Bernard Lugan c'est un personnage dangereux, comme il en existe
à Lyon qui
contestent l'existence des chambres
à gaz, lui il défend mordicus la colonisation et la recolonisation
quelle qu'en soit la forme.
Il ne serait pas à l'unversité
Lyon II plus précisément ? Université bien connu pour
abriter un nombre anormalement élevé de professeurs proche
de l'extrême-droite.
Cherchant un peu sur le net, j'ai
lu sur un site l'information que je n'ai pu vérifier comme quoi
il avait écrit des papiers pour le journal MINUTE bien connu en
France pour répercuter les "idées" du Front National, le
principale partie de l'extrême-droite.
En tout cas, au résumé
proposé, ses écrits semblent refléter, sur la question
ethnique, les idées assez en vogue il y a une quinzaine années,
d'Alain De Benoît, idéologue en ce temps de la "Nouvelle Droite",
sur le différentialisme (Schématiquement: Mise en exergue
des différences irréductibles entre les cultures permettant
de condamner tout brassage culturel).
Les thèses méprisantes
et afropessimistes de cet auteur, semblent être un
effort désespéré
d'un personne torturée par le poids du passé qu'il
ne
veut pas assumer. Il part donc de
faits vérifiables qu'il interprête de
manière partiale et parfois
malhonnête. Voyons:
1° La démocratie est une
invention occidentale? Faux. Car la meilleure
expression de celle-ci dans les
sociétés traditionnelles africaines est la
palabre,large débat sur n'importe
quel sujet au sein de la communauté dont
l'autorité suprême
est détenue par le conseil des sages et non par le chef.
2° L' Afrique précoloniale
ne connait pas de grands ensembles? Faux. Car
cette personne semble ignorer tout
du passé de l'Afrique; il devrait lire
les publications de l'Unesco dans
lesquelles il découvrira peut être les
empires du Ghana, du Mali, du Congo,
du Zimbabwe, les royaumes Sokoto, le
Benin(détruit par les Anglais
à la fin du siècle dernier)...etc...etc...et
confirmera la responsabilité
majeure de l'occident dans la situation de
l'Afrique contemporaine.
3° Les guerres en Afrique sont
le fait des Africains. Faux. Elles sont
toutes organisées et financées
par les multinationales occidentales pour
mettre la main par fantoche interposé
sur les richesses de l'Afrique; elles
sont ensuite conduites par divers
corps expéditionnaires occidentaux depuis
les instructeurs jusqu'aux "afreux
" assoiffés de sang qui maintiennet à la
tête des états africains
des pantins à la solde de l'occident, véritables
corps étrangers dans le flanc
des populations africaines.
Ces exemples ne renforcent pas la
position morale de l'occident en Afrique
et votre auteur joue à l'apprenti
sorcier en suggérant un redécoupage de
l'Afrique ( naturellement par l'occident
) en micro-états à viabilité
douteuse à une époque
où l'Europe tente de s'unir pour former une entité
imposante! !
Cette doctrine est connue : diviser
pour régner. Nous pensons que ce livre,
comme fut celui d'Axelle Kabou ne
convaincra que les déjà convaincus de
la soumission éternelle de
l'Afrique au diktat de l'occident .
Contrefaçon de l'histoire
et de l'évolution naturelle des civilisations ?
A propos de la redefinition des
frontieres, qui doit conduire l'afrique a avoir environ 1500 pays je pense
pour ma part que cela ne pourrait qu'aggraver les choses. Qu'on nous parle
de la constitution de grands blocs, reduisant de facto le nombre des pays,
j'y souscrirai volontiers. Nous devons transgresser les problemes ethniques
et nationaux pour aller vers une analyse plus globale qui prendrait en
compte plutot les regions que les pays. L'acte fondateur de l'OUA a
d'ailleurs pour pilier l'intangibilite
des frontieres donc de facto la non remise en cause de celles-ci. Il est
vrai que les temps ont beaucoup evolue mais cela ne doit pas nous retenir
a entrevoir les choses en bien au lieu d'aller vers une balkanisation.

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier