Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
LE PAYS EN UN CLIN D'OEIL

LE PAYS EN UN CLIN D'OEIL

Gambie (État), officiellement république de Gambie, pays d'Afrique de l'Ouest, baigné par l'océan Atlantique, dont les frontières se découpent à l'intérieur du Sénégal. Se confondant avec la vallée du fleuve Gambie, auquel il doit son nom, ce pays constitue l'un des plus petits États du continent africain, avec une superficie de seulement 11 295 km². Il a pour capitale Banjul. Création coloniale, la Gambie, ancienne colonie britannique, a dû constamment depuis son indépendance, en 1965, résister à la volonté d'unification de son voisin sénégalais, dont elle dépend étroitement.

Le pays s'étire sur 320 km de part et d'autre du fleuve Gambie. La distance du nord au sud n'excède pas 50 km. L'embouchure du fleuve est encombré par la mangrove et sur ses rives, pousse une forêt-galerie. La Gambie est dotée d'un climat subtropical aux saisons distinctes.
Le pays possède des gisements de bauxite (estimés à 110 millions de tonnes), de phosphate (112 millions de tonnes; voir Phosphorique, acide) et de pétrole, mais ils ne font l'objet d'aucune exploitation.

POPULATION
La population gambienne était estimée à 1,3 million d'habitants en 1998, soit une densité, assez élevée, de 114,4 habitants au km². La courte espérance de vie à la naissance (54 ans), la mortalité infantile importante (77 p. 1 000) témoignent de la pauvreté et des insuffisances du système sanitaire du pays. Le taux de fécondité (5,9) y demeure élevé.
Les Mandingues (Malinké) représentent 40 p. 100 environ de la population. Les autres groupes importants sont les Peul (environ 19 p. 100), les Wolof (15 p. 100), les Soninké (10 p. 100), les Dyula (10 p. 100). Les Aku, descendants d'esclaves affranchis, forment la plus petite communauté.
95 p. 100 environ des Gambiens pratiquent un islam très fortement imprégné des croyances traditionnelles africaines. Une petite minorité est chrétienne. La langue officielle est l'anglais. Les principales langues africaines sont le wolof et le mandinka (mandingue).
Le pays est faiblement urbanisé; un quart seulement des Gambiens sont des citadins. Banjul, anciennement Bathurst, la capitale, est la seule grande ville et l'unique port maritime du pays.

Éducation
L'enseignement primaire est gratuit mais n'est pas obligatoire. En 1995, l'alphabétisation concernait 39 p. 100 de la population; seuls 40 p. 100 des jeunes de douze à dix-sept ans étaient scolarisés. Le pays ne possède pas d'université.

Institutions et vie politique
En 1970, sir Dawda Jawara dotait la Gambie d'une Constitution républicaine, instituant un régime présidentiel. La Chambre des représentants comptait 36 membres élus au suffrage universel, 5 chefs représentant les différentes communautés ethniques et 8 membres sans droit de vote, nommés par le président et le Garde des sceaux, pour cinq ans.
Le 22 juillet 1994, un groupe de jeunes officiers menés par le capitaine Yahya Jameh renversa Jawara, établit un Conseil provisoire de gouvernement militaire et suspendit la Constitution et les partis politiques. Les pressions exercés par les pays de l'Union européenne, principaux bailleurs de fonds, ont poussé Jameh à avancer la date prévue pour le retour à un régime civil. Une nouvelle Constitution fut approuvée en août 1996, marquant un retour théorique à la vie civile. La nouvelle Assemblée compte quarante-neuf sièges, quatre députés étant nommés directement par le président de la République. Le multipartisme a été rétabli; face à l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), les principaux partis d'opposition sont le Parti démocrate uni (UDP), le parti de la Réconciliation nationale (PRN) et l'Organisation démocratique du peuple pour l'indépendance et le socialisme (PDOIS).

ÉCONOMIE
En 1997, le produit intérieur brut (PIB) était de 407,3 millions de dollars, soit un PIB par habitant de 340 dollars. L'économie gambienne est très dépendante de l'arachide, culture d'exportation, dont elle est le second producteur mondial par habitant. Après une croissance ininterrompue de 1985 à 1993, le PNB diminuait de 5 p. 100 en 1994, en raison de l'instabilité politique et de la dévaluation du franc CFA, de la moitié de sa valeur.

Production
60 p. 100 de la population active travaille dans l'agriculture. Le riz, le mil et le sorgho, ainsi que les produits de l'élevage sont destinés à la consommation locale. Les arachides (78 101 t en 1998) représentent environ le tiers des recettes annuelles d'exportation. Le gouvernement a introduit la culture du coton, du sisal, des agrumes et du tabac pour diversifier la production agricole, très dépendante de la pluviométrie. La ouate de coton est désormais exportée, ainsi que le poisson, les cuirs et peaux.
L'industrie gambienne est limitée au traitement des arachides et d'autres produits de base ainsi qu'à la construction de bateaux de pêche.

Échanges
L'unité monétaire, adoptée en 1971, est le dalasi, divisé en 100 butut. Avec des exportations évaluées à 18 millions de dollars et des importations de 239 millions de dollars en 1996, la balance commerciale était déficitaire. Enclavée dans le Sénégal, la Gambie est généralement bénéficiaire d'une contrebande avec ce pays. Le tourisme s'est développé ces vingt dernières années et représente une activité importante et rentable. Mais, depuis le coup d'État de juillet 1994, les entrées de touristes ont diminué de façon dramatique.

Le fleuve Gambie, navigable sur environ 240 km à partir de l'Atlantique, a vu son importance se réduire depuis la construction d'une route à grande circulation. Banjul est le port principal. Il existe environ 2 700 km de routes carrossables. Le pays ne possède pas de voies ferrées. Un aéroport international, situé à Yundum, dessert Banjul. Il n'existe pas de station de télévision. Radio Gambia, détenue par le gouvernement, et Radio Syd, station commerciale, assurent la radiodiffusion.

HISTOIRE
Des outils du Néolitihique (voir Pierre, âge de) et des cercles de pierres mégalithiques de l'âge du Fer ont été trouvés près de Banjul. À partir du XIIIe siècle, Mandingues, Wolof et Peul s'établirent dans la vallée de la Gambie. Formant de petits États, ils payaient un tribut à l'empire du Mali.

En 1455, des Portugais établirent des comptoirs commerciaux le long du fleuve, à partir desquels était organisée la traite des Noirs (voir Esclavage). Ils furent supplantés au XVIIe siècle par des compagnies à charte anglaises et françaises. En 1816, les Britanniques achetèrent l'île de Banjul au souverain d'un royaume local et fondèrent la ville de Bathurst, devenue Banjul. La Grande-Bretagne parvint à maintenir sa suprématie malgré la volonté française, notamment exprimée par le général Gallieni, de réunir en un seul territoire le Sénégal et la vallée inférieure de la Gambie. En 1889 furent fixées, par un accord avec la France, les frontières de la Gambie actuelle. La région devint protectorat britannique en 1894.

Le protectorat britannique
La Gambie bénéficia d'un régime d'administration indirecte, qui maintenait le pouvoir des chefs locaux. La Grande-Bretagne encouragea le développement de la production des arachides. Ce ne fut, en revanche, qu'après la Seconde Guerre mondiale que furent formés les premiers cadres autochtones aux fonctions administratives. Des partis politiques se créèrent dans les années 1950, et, en 1960, furent organisées des élections à l'échelle nationale. La Gambie devint indépendante le 18 février 1965, avec pour Premier ministre sir Dawda Kaibara Jawara.

Depuis l'indépendance
En 1970, la Gambie devint une république à l'issue d'un référendum populaire et Jawara fut élu président. S'appuyant sur le Parti progressiste du peuple (People's Progressive Party, PPP), il demeura au pouvoir jusqu'en juillet 1994. En 1981, 500 personnes furent tuées dans une tentative de coup d'État, accompagnée d'émeutes à Banjul, qui provoqua l'intervention du Sénégal. L'année suivante, le Sénégal obtenait la création d'une confédération de Sénégambie, que présidait le président sénégalais Abdou Diouf, Jawara étant vice-président. Cette confédération n'eut guère de résultats concrets, tant du point de vue économique que politique. Elle s'effondra en 1989. Un traité d'amitié fut signé en 1991.
En juillet 1994, un groupe de jeunes officiers renversa le gouvernement de Jawara et prit le contrôle du pays. Un Conseil provisoire de gouvernement militaire (Provisional Ruling Military Council of Patriotic Forces, PRCPF), que dirigeait le capitaine Yahya Jameh, fut mis en place. Les pays de l'Union européenne, notamment la Grande-Bretagne, firent pression sur celui-ci pour que fût restaurée la démocratie. Après la suspension de l'aide internationale, qui représentait, en 1993, le quart du revenu national gambien, le PRCPF s'engagea à organiser des élections pluralistes en 1996. L'aggravation de la situation économique a poussé Jameh à avancer la date choisie pour le retour à un régime civil. Le 8 août 1996, une nouvelle Constitution fut approuvée par 70 p. 100 des électeurs et le 26 septembre Yahya Jameh remporta l'élection présidentielle avec 56 p. 100 des voix contre 36 p. 100 à son adversaire Ousainou Darbo. Cette élection, à laquelle plusieurs figures de l'opposition n'eurent pas le droit de se présenter, fut entachée de fraudes massives. En janvier 1997, les élections législatives ont donné la majorité à l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) de Yahya Jameh, l'opposition ne remportant que dix sièges.

La stabilisation de la situation politique a favorisé une certaine embellie économique, marquée notamment par une reprise de l'activité touristique. Cependant, la situation est demeurée difficile, en raison de la suspension des programmes internationaux de coopération après le coup d'État en 1994.

Source :
Microsoft Encarta 2001


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier