Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Le Ghana en un clin d'oeil
LE GHANA EN UN CLIN D'OEIL

Ghana, officiellement république du Ghana, pays d'Afrique de l'Ouest, situé sur le golfe de Guinée, limité à l'ouest par la Côte-d'Ivoire, au nord par le Burkina Faso et à l'est par le Togo. Le Ghana couvre une superficie de 238537km2!; sa capitale est Accra. Ancienne colonie britannique de la Gold Coast (Côte-de-l'Or), ce pays, qui porte le nom du premier empire médiéval africain, fut le premier de l'Afrique noire à accéder à l'indépendance en 1957, sous la conduite du dirigeant panafricaniste Kwame Nkrumah.

Le pays et ses ressources

Relief et hydrographie
Le Ghana est un pays de terres basses!; les reliefs du nord et du sud-est (monts Togo) n'excèdent pas 500m d'altitude. La côte atlantique, sablonneuse, borde une plaine drainée, les trois Volta et l'Oti. La Volta Noire et la Volta Blanche arrosent les savanes vallonnées du nord-est, et se rejoignent pour former la Volta, qui coule alors en direction du sud à travers un étroit passage dans les collines. Ses eaux sont retenues, à l'est, par le barrage d'Asosombo et forment le lac Volta, l'un des plus grands lacs artificiels au monde.

Climat
Le climat est tropical, mais les températures et les précipitations varient selon la distance à la côte et selon l'altitude. Excepté au nord, deux saisons des pluies se succèdent, d'avril à juin et de septembre à novembre. Dans le nord, la saison des pluies commence en mars et dure jusqu'en septembre. Les précipitations annuelles varient d'environ 1015mm dans le nord à 2030mm dans le sud-est. L'harmattan, un vent sec venu du Sahara, souffle de décembre à mars, diminuant l'humidité et provoquant dans le nord des journées très chaudes et des nuits fraîches. Dans le sud, les effets de l'harmattan se font sentir en janvier. Dans la plupart des régions, les températures les plus élevées sont relevées en mars, les plus basses en août. La température moyenne annuelle avoisine 26,1!°C.

Flore et Faune
Le défrichage intensif a détruit une grande partie de la végétation naturelle du Ghana, mais des arbres comme le cotonnier à soie géant, l'acajou d'Afrique et le cèdre sont encore répandus dans le sud. La savane couvre les deux tiers du pays. Des espèces variées -léopards, hyènes, makis, éléphants, phacochères, antilopes et signes- ont survécu à une chasse très importante.

Population et société

Démographie
La population du Ghana était estimée à 17,45millions d'habitants en 1995, soit une densité moyenne élevée de 73habitants au kilomètre carré, 70p.100 des Ghanéens vivent dans la moitié sud du pays. De 1990 à 1995, le taux de croissance de la population était de 3p.100. Le taux de mortalité infantile (81p.1000) est un peu moins élevé que dans la plupart des pays d'Afrique noire, et l'espérance de vie à la naissance (56ans) un peu plus longue. Le principal problème sanitaire que connaît le Ghana est celui de l'expansion de l'onchocerchose (voir Filaire), maladie provoquant la cécité, liée aux modifications hydrologiques entraînées par l'édification du barrage d'Akosombo.
Le Ghana présente une grande diversité humaine (plus de cinquante groupe ethniques). La communauté ethnique la plus nombreuse est celle des Akan, à laquelle appartiennent les Fanti et les Achantis, héritiers d'un prestigieux royaume. Les Akan vivent dans le Sud, les Fanti sur le littoral et les Achantis sur le plateau qui porte leur nom. Les Nzima et les Ahanta vivent dans le Sud-Ouest. Les plaines d'Accra sont habitées par les Ga. La plupart des habitants de la région nord, Mamprusi et Dagomba se rattachent au groupe mossi des peuples voltaïques. Sur la frontière orientale vivent les Éwés, dont le territoire fut divisé, contre leur gré, en 1956, entre le Togo et le Ghana.

Découpage administratif et villes principales
Le Ghana se divise en 10régions administratives décentralisées: le Nord, l'Est, l'Ouest, le Centre, le Nord-Est, le Nord-Ouest, la Volta, l'Achanti, le Brong-Ahafo, enfin Accra et sa banlieue. Ces régions sont elles-mêmes divisées en 110districts.
La population est urbaine à 35p.100. Accra, la plus grande ville, principal centre commerciale et capitale du Ghana, comptait plus d'un million d'habitants en 1990. Viennent ensuite, par ordre décroissant de population, Koumassi, capitale de la région Achanti, Sekondi-Takoradi, qui possède un port artificiel moderne, et Tema.

Langue et religion
L'anglais est la langue officielle du Ghana, parlée dans les écoles. Cependant, en 1962, le gouvernement a choisi neuf langues ghanéennes qui sont enseignées parallèlement à l'anglais et au français: l'akuapem-twi, l'asante-twi (achanti), le dagbani, le dangbe, l'éwé, le fanti, le ga, le kasem et le nizima.
Plus d'un cinquième de la population pratique les religions traditionnelles. La population chrétienne (environ 63p.100) compte des catholiques, des anglicans, des méthodistes et des presbytériens. Elle se concentre dans la région côtière. Les musulmans (environ 16p.100) vivent essentiellement dans le nord.

Éducation
L'enseignement est gratuit et obligatoire durant les six années d'enseignement primaire et les trois années d'enseignement secondaire. En 1995, cependant, 55,5p.100 de la population était encore analphabète!; 53p.100 des enfants de douze à dix-sept ans étaient scolarisés. L'enseignement supérieur est assuré par l'université du Ghana (fondée en 1948) à Accra, par l'université de Science et de Technologie (fondée en 1951) à Koumassi et par l'université de Cape Coast (1962). Le taux de scolarisation dans le supérieur est de 1,5p.100.

Gouvernement et vie politique
Gouvernée jusqu'en 1966 par Kwame Nkrumah, dirigeant charismatique, le Ghana connut jusqu'en 1979 une grande instabilité politique, marquée par de nombreux coups d'État. De 1981 à 1992, le capitaine Jerry Rawlings dirigea autoritairement le pays. En avril 1992, une nouvelle Constitution fut approuvée par référendum qui instituait un régime pluraliste. Réélu président en janvier 1993, Rawlings proclama la IVeRépublique. Il continua d'exercer un pouvoir fort et fut réélu en 1996.

Économie
Le Ghana, pays très pauvre, réalisait, en 1994, un produit national brut (PNB) de 8,55milliards de dollars, soit un PNB annuel par habitant de 450dollars. La politique économique, peu cohérente, menée sous la présidence de Nkrumah, amena le pays au bord de la faillite économique, avec une inflation galopante au début des années 1980. Sous la pression du Fonds monétaire international (FMI), Jerry Rawlings mit en œuvre des réformes économiques draconiennes, concrétisées par des dévaluations successives, un programme de privatisations, l'augmentation des prix des denrées agricoles et des restrictions dans les dépenses gouvernementales. Le Ghana a renoué, depuis 1985, avec la croissance économique (3,8p.100 en 1994).

Agriculture
L'agriculture occupe 45p.100 de la population active et contribue pour 49p.100 au PNB. La principale culture d'exportation du Ghana est le cacao, essentiellement cultivé dans la région Achanti et qui couvre 40p.100 des terres arables. Grande richesse du pays dans les années 1960, le cacao a connu un certain déclin du fait du vieillissement des plants et des prix dérisoires payés aux producteurs. Des programmes de réhabilitation et l'augmentation des prix à la production ont rétabli la situation dans les années 1980. Le Ghana en est le quatrième producteur mondial. Café, coton, palmiers, bananes, arachides, canne à sucre et tabac sont également cultivés pour l'exportation. Des plantations d'hévéas ont été créées dans le sud-ouest. Les principales cultures alimentaires sont le sorgho et le maïs. Les bovins (1,4million de têtes au début des années 1990) sont élevés surtout dans le nord. La balance agricole est traditionnellement excédentaire.
Les forêts couvrent 36p.100 du territoire ghanéen. En 1959, une loi délimita des réserves forestières protégées, le gouvernement s'efforçant de stopper le déboisement causé par l'extension des cultures. La plus grande partie de la production de bois provient de zones extérieures aux réserves forestières, bien que celle des réserves soit en augmentation. À la fin des années 1980, la production de bois avoisinait 9,9millions de m3 par an.
L'industrie de la pêche s'est beaucoup développée depuis les années 1960. En 1992, le volume de poissons atteignait 371000tonnes, dont environ 10p.100 de poissons d'eau douce (essentiellement du lac Volta). Les ports de Sekondi-Takoradi et de Tema possèdent des marchés aux poissons équipés d'installations de conservation réfrigérées.

Mines et industries
La production d'or a considérablement augmenté durant les années 1980. Elle atteignait, en 1994, 44,5tonnes, extraites dans les mines de l'Achanti. L'exploitation des gisements diamantifères a progressé!; le Ghana est devenu le 8eproducteur mondial de diamants.
Grâce au barrage d'Akosombo, dont la construction fut achevée en 1966 et à un second barrage à Kpong, en aval, la production hydroélectrique est abondante. Une quantité importante d'électricité est exportée.
Par rapport aux autres pays d'Afrique, le Ghana possède un secteur industriel relativement développé. Cependant, les unités de fabrication sont généralement de petite taille. Les imprimeries et les maisons d'édition sont nombreuses!; le pays possède de nombreuses scieries et fabriques de meubles. Des établissements de plus grande taille produisent de la bière, des cigarettes, des boissons non alcoolisées, des huiles de table, des clous, de l'oxygène et de l'acétylène, et de l'aluminium en feuilles. La zone industrielle de Tema, à l'est d'Accra, possède une raffinerie de pétrole.

Échanges
La Bank of Ghana (créée en 1957), banque centrale du pays, émet la monnaie nationale. Depuis 1967, l'unité monétaire est le cedi divisible en 100pesewas. À la suite de plusieurs dévaluations entre 1981 et 1983, un nouveau cedi a été créé.
Les principales exportations du Ghana sont l'or, le cacao et le bois!; ses principales importations sont les matières premières, les biens d'équipement, le pétrole et les produits alimentaires. La balance du commerce extérieur est habituellement déficitaire. En 1994, le taux de couverture des importations par les exportations ne dépassait pas 68p.100. La Grande-Bretagne, les États-Unis, le Japon et l'Allemagne sont les principaux partenaires commerciaux.
À la fin des années 1980, le Ghana était desservi par 947km de voies ferrées. La ligne principale forme un triangle approximatif reliant Sekondi-Takoradi, Accra et Koumassi.
Le pays est doté d'environ 38514km de routes, dont 38p.100 de nationales, pour un parc automobile à la fin des années 1980 de 54200véhicules. Les deux grands ports, Tema et Sekondi-Takoradi, sont des ports artificiels. L'aéroport international est situé à Kotoka (près d'Accra). Le pays dispose de quatre autres aéroports à Sekondi-Takoradi, Koumassi, Sunyani et Tamale.
Radio, télévision, télégraphe et téléphone sont des services publics. Les programmes ghanéens sont diffusés en anglais et dans les langues africaines. Des programmes en anglais, en haoussa et en français sont diffusés vers d'autres régions d'Afrique dans le cadre d'un service international de radio.

Histoire

Les royaumes du Ghana
S'il a donné son nom à l'État actuel, l'ancien Empire du Ghana était en réalité situé plus au nord, dans les régions sahéliennes du Sénégal, de la Mauritanie et du Mali. Les États les plus anciens, sur le territoire ghanéen, furent les royaumes Fagomba et Mamprusi, dans le nord, prospères aux XXe et XIIIesiècles. C'est vers cette époque que des immigrants de langue Akan, dont les Achantis et les Fanti, quittèrent la savane et vinrent établir leur suprématie au sud de la ligne des forêts, formant une série de petits États. Au début du XVesiècle, ces royaumes exerçaient un commerce actif avec les peuples subsahariens vivant plus au nord. Dans la seconde moitié du XVesiècle, la cité de Begho connut un important développement grâce au commerce de l'or.
Les premiers Européens à pénétrer dans la région furent des explorateurs portugais, qui donnèrent à cette région le nom de Côte-de-l'Or (Gold Coast), tant ils furent impressionnés par les parures que portaient les souverains et dignitaires achantis. En 1482, ils créèrent un premier comptoir commercial à Sao Jorge da Mina, sur le site de l'actuelle ElMina. La région devint le premier fournisseur d'or de l'Europe avant la découverte des riches ressources de l'Amérique latine. Mais l'or ne se trouvait pas dans les quantités espérées, les souverains achantis lui accordant moins une valeur marchande qu'une signification symbolique. Le commerce des esclaves fut une plus grande source de profits pour les marchands européens. La traite des Noirs, pratiquées dès le XVIesiècle, éveilla l'intérêt de plusieurs pays européens. Au début du XVIIIesiècle, plus de trente comptoirs avaient été édifiés par les Européens, les Anglais, les Hollandais, les Danois, etc. Dès 1642, les Hollandais avaient chassé les Portugais. Le commerce européen favorisa la domination des Achantis qui, peu à peu, s'étaient déplacés pour s'établir à la jonction des routes commerciales, autour de Koumassi. Ils devinrent les maîtres du commerce avec le Sud comme avec le Nord. Le royaume achanti, au milieu du XVIIIesiècle, exerçait une hégémonie incontestée sur les peuples voisins, qui payaient leur tribut en esclaves.

La domination britannique
La rivalité entre puissances européennes pour le contrôle du commerce de l'or et d'esclaves se conclut en faveur des Britanniques, qui évincèrent progressivement leurs concurrents. En 1807, la traite des esclaves fut abolie par le Parlement de Londres. En 1850, la Couronne britannique fit l'acquisition des forts danois et, en 1871, les établissements hollandais lui furent également transférés. La région côtière, totalement contrôlée par les Britanniques, fut alors décrétée colonie de la Couronne en 1874.
Les Achantis, cependant, avec une progression constante vers la région côtière habitée par les Fanti, constituaient une menace pour les forts britanniques. Durant tout le XIesiècle, les Achantis opposèrent une résistance farouche à la colonisation britannique. Les frontières de la colonie furent fixées en 1901: le territoire achanti ainsi que le nord du pays furent soumis et annexés à la colonie. Une partie du Togo allemand, peuplée par les Éwés, lui fut ajoutée en 1922.
La Gold Coast fit l'objet d'une politique de valorisation économique constante. Politiquement, les Britanniques appliquèrent deux régimes différents. Tandis que la plupart du territoire était placée sous administration directe, le territoire achanti et le Nord bénéficiaient d'une administration indirecte. En 1925 étaient organisées les premières élections en vue d'instaurer un conseil législatif des chefs. La vie politique ne se développa cependant qu'après la Seconde Guerre mondiale. Les Britanniques, confrontés à une agitation nationaliste incessante, adoptèrent des mesures favorisant l'autonomie interne, préalable à l'établissement progressif d'un État indépendant. En 1951, des élections législatives virent la victoire du parti de la Convention du peuple (Convention People's Party, CPP), fondé en 1949 par le docteur Kwame Nkrumah. Ce dernier, qui avait été formé en Grande-Bretagne et aux États-Unis, prit la tête du gouvernement local. Il collabora avec les autorités britanniques pour préparer l'indépendance. Celle-ci fut proclamée en janvier 1957. Le 6mars, le nouvel État prenait le nom de Ghana. Nkrumah entendait ainsi rappeler le passé glorieux de l'Afrique Noire. Le Ghana entra dans les jours suivants aux Nations unies.

Les années Nkrumah
Le 1erjuillet 1960, la République était proclamée. Nkrumah fut élu président. Dirigeant charismatique du premier pays d'Afrique noire indépendant, il se fit le porte-parole du panafricanisme, seul capable, selon lui, d'éviter l'éclatement de pays artificiellement créés par la colonisation. Il ne parvint cependant pas à faire valoir ses thèses: l'union qu'il tenta d'opérer entre le Ghana, la Guinée et le Mali fut un échec.
Figure du mouvement des non-alignés, il applique sur le plan économique une politique socialisante calquée sur la planification des États du bloc communiste. Elle devait conduire le pays à la faillite. Gardant un prestige certain à l'extérieur, Nkrumah était de plus en plus contesté pour sa gestion et ses méthodes autoritaires dans son pays. L'opposition fut sévèrement bridée, ses principaux dirigeants furent emprisonnés sans jugement. Le gouvernement décréta l'état d'urgence en 1961, et de nouveau en 1962. Fin 1963, Nkrumah commença à limiter le pouvoir judiciaire. Un régime à parti unique fut instauré en 1964.

L'après Nkrumah
Le 24février 1966, Nkrumah, qui se trouvait en visite officielle en Chine, fut chassé du pouvoir par un coup d'État militaire. Il trouva refuge en Guinée, mais ses partisans ghanéens furent arrêtés et les techniciens soviétiques et chinois qu'il avait fait venir furent expulsés du pays. Les trois années suivantes, le Ghana fut dirigé par un Conseil de libération national. En 1969, le pouvoir fut transféré, en vertu d'une nouvelle Constitution, à un gouvernement civil dirigé par Kofi Busia. Mais celui-ci fut renversé par un nouveau coup d'État militaire en 1972, mené par le colonel Ignatius Acheampong. Il suspendit la Constitution, interdit toute activité politique et limita la liberté de la presse et les activités syndicales. Le contrôle militaire fut quelque peu allégé en 1974 et un conseil consultatif civil des affaires politiques, ainsi qu'un conseil de planification économique furent créés. Mais Acheampong fut contraint de démissionner en 1978 et de laisser la place au général Frederick Akuffo, qui demeura en fonction moins d'un an. En 1979, un jeune lieutenant de l'aviation, Jerry Rawlings, prenait le pouvoir. Acheampong et Akuffo, ainsi que plusieurs autres militaires de grade élevé furent accusés de corruption et exécutés. En septembre, Rawlings se retira en faveur d'un président civil élu, Hilla Limann. Mais la situation économique ne cessant de se dégrader, Rawlings reprit le pouvoir par un coup de force, le 31décembre 1981.
Gouvernant en tant que chef du Conseil provisoire de défense nationale, Rawlings imposa un plan d'austérité qui contribua à maîtriser l'inflation et à rallier les bailleurs de fonds occidentaux, ainsi que le FMI et la Banque mondiale. La production agricole s'améliora et Rawlings parvint à faire rééchelonner les dettes les plus pressantes. Malgré sa popularité, le régime de Rawlings dut affronter plusieurs tentatives de coup d'État durant la décennie 1980. Après onze années de gouvernement autoritaire, en avril 1992, une Constitution, approuvée par référendum, ouvrait la voie au multipartisme. Rawlings, qui se présentait en tant que civil, fut élu président lors d'un scrutin pluraliste, en novembre de cette même année. Les élections législatives du mois suivant, boycottées par les quatre principaux partis d'opposition, assurèrent au parti présidentiel, le Congrès démocratique national, une majorité écrasante. En juin 1994, des contestations de territoires dans le nord du Ghana dégénérèrent en violences ethniques opposant sept communautés différentes. L'état d'urgence fut déclaré temporairement et un accord de paix fut négocié entre les participants. L'année 1995 fut marquée par de violentes manifestations contre l'augmentation du coût de la vie. Elles furent durement réprimées par un régime qui démontrait, par là, les limites de la démocratisation amorcée.
Lors des élections générales de décembre 1996, Rawlings fut réélu à la présidence de la République et son parti, le Congrès démocratique national, remporta la majorité absolue des sièges à l'Assemblée nationale. Ces élections, les premières au cours desquelles les Ghanéens pouvaient se prononcer sur la politique d'un gouvernement parvenu au terme de son mandat, furent jugées libres et équitables par les observateurs internationaux, et ont marqué un pas vers la démocratie dans le pays.
Si les années 1993-1998 ont été des années de croissance, le miracle ghanéen est demeuré fragile et le pays reste assisté. L'État a privatisé les mines d'or et laissé surexploiter la forêt pour assumer le remboursement de la dette et les dépenses courantes. La baisse des eaux en amont d'Akosombo a entraîné une grave pénurie d'énergie affectant également l'exportation vers le Ghana. La stabilité politique et la personnalité de Jerry John Rawlins («JJ») ainsi que l'élection du Ghanéen Kofi Annan comme secrétaire général des Nations unies ont contribué à offrir du Ghana une bonne image à l'étranger. Par ailleurs, la disparition du roi des Ashanti Opoku Ware II en mars 1999 a montré l'importance que tiennent encore en Afrique les chefs traditionnels dans la vie sociale et politique.

Source :
Microsoft Encarta


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier