Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Analyse du Ghana de 1982 à 1997
ETUDE DU GHANA DE 1982 A 1997

Le Ghana (12,1 millions d'habitants) connaît depuis plusieurs décennies un grand malaise économique et d'importantes difficultés politiques. Ce fut pourtant, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un pays dont l'essor économique était très brillant (première production mondiale de cacao et un début jugé prometteur d'industrialisation) et un État jouant un rôle politique considérable en Afrique, à cause du rayonnement de son leader Nkwame Nkrumah. Champion du panafricanisme et de l'anti-impérialisme, celui-ci décidait de créer des fermes collectives et de planifier le développement industriel, mais ces deux initiatives se soldèrent par un échec.

L'éviction de Nkrumah en 1966 marque le début du marasme économique et de l'instabilité politique. Le premier a des causes profondes: faute de terres nouvelles à défricher, les sols s'épuisent, et surtout, faute d'un système de culture plus intensif, les plantations périclitent peu à peu. Comme dans la plupart des États africains, un organisme d'État a la monopole des transactions sur les grands produits destinés à l'exportation. Le Ghana subissant une succession de plans d'austérité, le cacao y est payé aux planteurs un prix moindre qu'à l'extérieur du pays et une grande partie de la production est donc acheminée en contrebande vers les États voisins, d'où un grave manque à gagner pour l'État ghanéen. La baisse des cours mondiaux du cacao - il constitue 60% des exportations - a encore aggravé la situation en 1982.

Pour rétablir l'ordre et lutter contre la corruption, mais pour faire face aussi à l'aggravation des conflits tribaux (la grande ethnie du Sud, les Achanti, ont longtemps pratiqué la traite des esclaves), l'armée ghanéenne a pris à plusieurs reprises le pouvoir, dans un pays où le maintien de traditions britanniques implique une relative démocratie. Les officiers qui ont dirigé le pays de 1973 à 1979 ont remis le pouvoir aux politiciens civils, qui ne se sont pas montrés plus efficaces. En 1981, le capitaine d'aviation Jerry Rawlings a repris le pouvoir à la tête d'un "Conseil national provisoire de défense", qui s'efforce de promouvoir une révolution populiste, malgré les manoeuvres des commerçants et des politiciens, qui ont tenté un putsch en 1982.

L'éviction brutale en janvier 1983 de quelque 500 000 Ghanéens partis travailler au Nigeria, est une épreuve supplémentaire pour le Ghana ; il est difficile en effet de réinsérer ces réfugiés dans les villages d'où ils étaient partis, il y a plus ou moins longtemps, et il est bien dangereux de laisser ces troupes de chômeurs s'installer dans les villes. Le gouvernement ghanéen a fait appel à une aide internationale d'urgence, mais celle-ci n'est qu'un palliatif provisoire. Une nouvelle tentative de coup d'État a eu lieu en mars 1983, aiguisant encore les antagonismes au sein de l'armée.

Le Ghana (12,2 millions d'habitants), dirigé depuis le 31 décembre 1981 par le capitaine Jerry Rawlings, connaît une situation économique catastrophique, aggravée par le rapatriement massif en janvier 1983 des quelque 500 000 Ghanéens qui travaillaient au Nigeria. La forte évasion de la production de cacao (la principale ressource d'exportation) vendue en contrebande en Côte-d'Ivoire et au Togo (où les prix offerts sont plus importants) a obligé le gouvernement à fermer durant plusieurs mois ses frontières, pour enrayer cette hémorragie. La dévaluation de facto de la monnaie ghanéenne, qui s'échangeait à des taux très bas au marché noir, a finalement contraint le gouvernement à dévaluer officiellement et brutalement en octobre 1983: le dollar valait officiellement 30 cedis, au lieu de 2,75 cedis auparavant.

En 1983, la plupart des usines travaillaient à moins de 30% de leur capacité par manque de pièces détachées, de matières premières et d'énergie. La Volta River Authority, qui produit de l'énergie hydroélectrique pour le Ghana, le Togo et le Bénin, a dû réduire des deux tiers sa fourniture d'énergie, amenant des entreprises comme la Volta Aluminium Company à cesser toute activité. L'inflation est restée très forte: selon la Banque centrale du Ghana, elle aurait été de 141% entre juillet 1982 et juillet 1983. De façon plus frappante, l'indice national de prix à la consommation est passé de 100 en 1977 à ... 2 599 en 1982. Avec une dette extérieure évaluée à environ 1,8 milliard de dollars à la fin de 1983 et un déficit de la balance des paiements de l'ordre de 233 millions de dollars, le pays ne peut survivre que grâce à une forte injection de devises extérieures par les institutions financières internationales. Un quota de 150 millions de dollars a été prévu pour 1984, tandis que les besoins du pays ont été évalués par la Banque mondiale à plus de 700 millions de dollars, sur trois ans.

L'année 1984 a marqué néanmoins une reprise des investissements, après plusieurs années de marasme. Il s'est agi essentiellement de l'amélioration du réseau routier, du parc automobile et de l'achat de pièces détachées pour les usines les plus importantes.

Le Ghana (13,1 millions d'habitants). Ruiné par des politiciens cupides, victime de son enclavement au sein des pays de la zone franc à monnaie convertible, le Ghana exsangue du capitaine Jerry Rawlings, autrefois premier producteur et exportateur mondial de cacao, s'est vu en quelques années largement distancé par la Côte-d'Ivoire. Devant la situation économique catastrophique du pays, le "révolutionnaire" Rawlings a dû se plier en 1984 aux diktats du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale: brutale dévaluation, libéralisation des prix et des échanges commerciaux, déréglementation des importations, relèvement des cours de certains produits agricoles. Le 4 décembre 1984, le cedi, qui avait déjà subi trois dévaluations, a de nouveau été dévalué de 25%. Au début de 1985, le dollar valait 50 cedis, contre 2,75 en 1983.

En contrepartie, des crédits, dépassant 600 millions de dollars, ont été consentis au pays et l'on estime qu'il faudrait lui fournir encore 825 millions de dollars en 1985 et 912 millions en 1986 pour lui permettre de faire face à ses engagements. Le Ghana vit d'expédients: 4 342 unités industrielles dispersées à travers le pays travaillent à 20% de leur capacité. Les recettes d'exportations continuent de chuter. En 1984, elles ont été inférieures de 17% à la moyenne des deux années précédentes.

Sur le plan alimentaire, le pays ne parvient pas à assurer son autosuffisance. En 1984, il a fallu importer 66% de plus de céréales qu'en 1983. Le Ghana n'a produit que 450 000 tonnes de maïs en 1984, alors que les besoins sont estimés à 750 000 tonnes.

Bien que contradictoires, les données statistiques sur l'inflation indiquent une légère tendance à la baisse: de 141% entre juillet 1982 et juillet 1983, elle serait tombée à 96,3% entre juin 1983 et juin 1984, d'après la Banque centrale du Ghana.

Devant cette situation économique dramatique, les Ghanéens - malgré le rapatriement massif de 500 000 d'entre eux en provenance du Nigeria, en janvier 1983 et d'environ 60 000 en mai 1985 - ont continué de s'expatrier, dans tous les États de la région. Les populations, impatientes et harassées, ont pris des initiatives hardies: des travailleurs de la Juapong Textiles Ltd, à Juapong, ont occupé, début 1985, trois cents habitations appartenant à la Société nationale d'assurances.

La situation politique interne reste précaire ; elle est ponctuée de nombreuses tentatives - infructueuses - de coup d'État. Celle du 31 janvier 1985, conduite par M. Aban Mensah, ancien responsable ashanti du parti de l'ex-président Hilla Liman, a échoué comme les précédentes.

Le Ghana a poursuivi, sous la houlette du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, sa politique de dévaluation et de redressement économique. Au début de l'année 1985, le dollar valait 50 cedis contre 2,75 en 1983. En janvier 1986, le cedi a été dévalué pour la cinquième fois en trois ans.

Lorsque le président Jerry Rawlings a pris le pouvoir, en 1981, l'économie ghanéenne était dans un état de délabrement avancé. Malgré ses proclamations révolutionnaires, ce dernier a dû se soumettre aux conseils brutaux du FMI et mettre en oeuvre une thérapie draconienne. Les financements espérés sont arrivés et la situation économique s'est améliorée.

Selon les déclarations du ministre des Finances et de la Planification, Kwesi Botchwey, début 1986, le taux d'inflation est tombé de 123% en 1983 à 19,5% en 1985, le taux de croissance du PNB a été de 7,6% en 1984 et de 5,3% en 1985, tandis que les exportations sont passées de 566 millions de dollars en 1984 à 610 millions de dollars en 1985, soit une hausse de 8%.

Le gouvernement a pu prendre quelques mesures sociales: le 10 juillet 1985, il a supprimé le rationnement du carburant, en vigueur depuis 1980 ; en mai 1985, il a relevé le prix d'achat du cacao de 90% et, en juin, celui du sac de maïs qui est passé de 1 000 à 1 800 cedis (80% d'augmentation).

Une réunion du groupe consultatif de la Banque mondiale à Paris, le 20 novembre 1985, a confirmé la volonté des institutions financières internationales de poursuivre leur politique de soutien financier. Début 1986, les besoins du Ghana étaient évalués à plus de 900 millions de dollars. L'Association internationale de développement (AID, groupe de la Banque mondiale) a octroyé, en 1985, un prêt de 27 millions de dollars destiné à l'importation de matériel et de pièces de rechange pour les secteurs agricole et industriel. Un deuxième prêt de l'AID, d'un montant de 28 millions de dollars, a été attribué exclusivement aux usines électriques. Un troisième crédit de 22 millions de dollars a servi au financement partiel d'un programme routier portant sur six ans.

Les importations ont donc fortement augmenté, passant de 616 millions de dollars en 1984 à 727 millions de dollars en 1985. Les usines qui tournaient à 20% de leur capacité ont amélioré leur niveau de production et le gouvernement a pu annoncer en 1985 une augmentation de 160% de la production de machettes, de 131% de la production de savon, de 60% de la production de cigarettes et de 161% de la production textile. Dans ce dernier secteur, une nouvelle société a été créée, le 9 mai 1985, la Ghana Cotton Company dont les parts sont détenues à 30% par l'État et à 70% par le secteur privé. Elle regroupe toutes les unités textiles du pays.

Le secteur minier a également connu une amélioration. La production de bauxite a été portée à 100 000 tonnes (augmentation de 122%) et celle de manganèse à 295 000 tonnes (augmentation de 19%).

La politique officielle d'attraction des capitaux étrangers a été confirmée par le nouveau code des investissements, rendu public en février 1985, et calqué sur celui du Nigéria. Mais, pour des raisons politiques, les relations entre le Ghana et les États-Unis passent par des hauts et des bas. Ces derniers ont décidé, en décembre 1985, de retirer une aide supplémentaire de 15 millions de dollars, en signe de protestation contre l'expulsion de quatre employés de l'ambassade américaine à Accra.

La politique de redressement économique entreprise au Ghana par le capitaine Jerry Rawlings semble avoir porté quelques fruits, mais il serait prématuré de considérer que l'économie est assainie. La production agricole a enregistré de bons résultats. Le cacao est passé de 187 000 tonnes en 1985 à 214 000 tonnes en 1986. La production minière a été relancée. Le Ghana a produit en 1986: 287 000 onces d'or, 555 800 carats de diamants, 204 000 tonnes de bauxite et 332 300 tonnes de manganèse. La politique de dévaluation a été poursuivie au début 1987, la monnaie a été stabilisée à 150 cedis pour un dollar (contre 2,7 en 1983). Le budget 1987 a été chiffré en dépenses à 109,4 milliards de cedis (taux de croissance de 5%, avec une inflation devant passer de 25% à 15%). Ces résultats ont permis d'annoncer, le 1er janvier 1987, de nouvelles mesures sociales: hausse des salaires de 25% et réduction des taxes et droits de douane. Le salaire minimum quotidien a été fixé à 112 cedis. Ombres au tableau: les exportations autres que le cacao, le bois et les produits miniers ont chuté de 44,6% entre 1985 et 1986, et l'endettement reste massif. Selon le Ghanaian Times, la dette extérieure du Ghana était en juillet 1986 de 1,6 milliard de dollars, dont 600 millions envers le FMI. Le Ghana aurait remboursé 203 millions de dollars au FMI en 1985 et devrait lui verser 180 millions en 1987.

Sur le plan politique, des rumeurs de coup d'État se sont succédé. Une chasse à l'homme a été organisée le 11 février 1987 dans la région de Prampram pour retrouver des opposants débarqués par canots. Le gouvernement a par ailleurs rompu les contrats de nombreux fonctionnaires corrompus.

Avec l'ardente sollicitude du FMI et de la Banque mondiale, le Ghana de Jerry Rawlings poursuit sa politique de redressement économique. En juillet 1987, lors de sa visite, Barber Conable, président de la Banque mondiale, lui a décerné un satisfecit, en prévoyant un taux de croissance de 7% pour 1987 (contre 5,3% en 1985 et en 1986). L'inflation a été ramenée à 10%. La monnaie nationale, dévaluée, s'est stabilisée autour de 170 cedis pour un dollar.

Bref, les indicateurs économiques sont bons, même si la santé de l'économie reste précaire et trop tributaire de la spécialisation "cacao plus mines". Le secteur minier contribue toujours pour 20% aux recettes d'exportations. 2 600 personnes y travaillent et l'or représente à lui seul 85% des recettes minières. Son exploitation semble prometteuse et la Société financière internationale, filiale de la Banque mondiale, y a investi massivement. La production de bauxite a été de 260 000 tonnes en 1987, celle de manganèse de 272 000 tonnes et celle du cacao de 225 000 tonnes, l'objectif du gouvernement étant de la porter à 300 000 tonnes.

L'État est propriétaire de 181 entreprises et détient des parts minoritaires dans 54 autres. Mais les autorités ont décidé que cet engagement était trop important. L'État devra se retirer de 30 sociétés, tandis que l'organisation et l'efficacité des principales sociétés publiques devraient être renforcées grâce à un crédit de 10,5 millions de dollars.

Sur les 300 000 fonctionnaires et assimilés que comptait le Ghana, 1 500, de tous grades, ont été remerciés en août 1987. Le gouvernement envisageait en outre une réduction de 15 000 emplois dans le secteur public. Ces mesures ne sont pas allées sans entraîner mécontentement et manifestations chez les étudiants. Le gouvernement a riposté par des expulsions et des arrestations. Les universités sont restées fermées pendant quatre mois, de juin à septembre 1987.

Les 28 février et 1er mars 1989, à une réunion tenue à Paris, les bailleurs de fonds ont pris l'engagement de mobiliser environ 900 millions de dollars, pour le financement de l'économie du pays en 1989. Bref, la politique d'injection massive de capitaux, à l'ordre du jour depuis la mise en oeuvre, en 1983, du programme de redressement économique s'est poursuivie. Quelques résultats à l'actif de ce programme: relèvement spectaculaire des exportations, jugulation de l'inflation. Les exportations de cacao sont passés de 270 à 500 millions de dollars. La production d'or rapporte maintenant quelque 150 millions de dollars par an. L'inflation est passée de 141% en 1982 à 25% en 1988. Les prévisions pour 1989 étaient de 15%. On prévoyait aussi, pour 1989, un taux de croissance de 5,5%. Le budget de l'État est redevenu excédentaire.

Mais la lente érosion du cédi se poursuit (170 cédis pour un dollar au début 1988, à 210 cédis pour un dollar, au début 1989). A compter du 1er mars 1989, le salaire minimum journalier a été augmenté (de 112 à 170 cédis). Pour la campagne 1988-1989 les prix d'achat du café, du cacao et de la noix de karité ont été relevés. Le réajustement structurel entraînant une augmentation du chômage, des licenciements massifs et une forte paupérisation, le gouvernement a dû aussi adopter un "programme d'action en vue de réduire le coût social de l'ajustement" (en anglais PAMSCAD).

Sur le plan politique, des élections régionales "provincialisées" ont doté, début 1989, les assemblées provinciales de représentants élus. Timide pas vers la démocratisation.

Le 11 janvier 1990, le ministre ghanéen des Finances et du Plan, Kwesi Botchwey, a annoncé que le budget de l'État ghanéen serait, en 1990, excédentaire pour la cinquième année consécutive, avec un solde de 52 millions de dollars. En 1989, l'excédent avait été de 30 millions de dollars. Les statistiques officielles ont donc continué d'être positives. En 1989, le taux de croissance annuel a atteint le chiffre record de 6,1%. Le gouvernement en a profité pour fixer un objectif de croissance de 5% pour chacune des trois années à venir.

En réalité, au-delà des chiffres, la situation n'est pas si positive. L'apparente santé de l'économie ghanéenne repose sur une injection massive de capitaux étrangers, ce qui la rend particulièrement vulnérable. En 1989, par exemple, la balance des paiements courants a été excédentaire de 90 millions de dollars tandis que le déficit commercial frôlait 300 millions de dollars, soit à peu près le tiers de la valeur totale des exportations. De plus, le montant de la dette extérieure est passé de 1 400 millions de dollars en 1983 (année de démarrage du programme d'ajustement structurel) à 3 600 millions de dollars à la mi-1989. Elle a donc presque triplé en six ans. La moitié des recettes d'exportation sert au remboursement de cette dette.

Conforté par l'embellie du taux de croissance, le gouvernement s'est accroché à sa politique d'ajustement. Pour l'année 1990, la priorité a été donnée au développement des routes. Un plan de 828 millions de dollars a été établi pour les quatre années 1988-1992. Autre cheval de bataille du gouvernement, la diversification des exportations. Beaucoup d'espoirs ont été fondés sur l'or, dont la production devait doubler d'ici 1991 et atteindre 420 000 onces. Les produits d'exportation non traditionnels, tels que les fruits, le maïs, l'aluminium et le bois représentent désormais 20% des exportations totales. En 1989, le Ghana a produit 715 000 tonnes de maïs, soit 50 000 tonnes d'excédents. Elles ont été en partie exportées en 1990, vers l'Angola et la Guinée ; 17 000 tonnes ont été vendues au Programme alimentaire mondial en vue d'une redistribution dans les écoles primaires dans le cadre du PAMSCAD (Programme d'action en vue de réduire le coût social de l'ajustement structurel).

Quelques points noirs subsistent. Les privatisations sont lentes: trente-deux sociétés d'État attendaient toujours, en mai 1990, leurs repreneurs. A la même date, la légalisation des partis politiques n'était pas à l'ordre du jour. De plus, les témoins de Jéhovah et l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormons) ont été interdits. Enfin, pour tenter de juguler les tentatives répétées de coups d'État, le président Jerry Rawlings a assumé les fonctions de chef de l'armée.

Révisant à la baisse ses prévisions, le gouvernement ghanéen a annoncé, pour 1991, un taux de croissance de 4%. En 1990, le taux de progression du PIB n'a été que de 4,1% contre 6,1% en 1989, et le Ghana a connu ainsi sa première année de ralentissement économique depuis l'arrivée au pouvoir du capitaine Jerry Rawlings, en décembre 1981. Les causes en ont été multiples: pluies tardives entraînant une baisse sensible de la production agricole, et impact de la guerre du Golfe, notamment. Le ralentissement économique est allé de pair avec un renchérissement du coût de la vie. Le taux d'inflation a été de 15% en 1990. Et si le gouvernement a décrété en mars 1990 une hausse de 28% du salaire minimum horaire pour les plus bas salaires, il n'en fut pas de même pour les autres catégories, ce qui amena les instituteurs à déclencher en mars 1991 un mouvement de grève.

En ce qui concerne les autres indicateurs économiques, la balance des paiements est restée positive: 80 millions de dollars de surplus prévus pour 1991, essentiellement attribuables à l'injection massive de capitaux par les institutions financières internationales. En 1991, le FMI a ouvert au Ghana une ligne de crédit de 165 millions de dollars, qui s'est ajoutée aux 389 millions de dollars des deux précédentes années. Avec un excédent budgétaire important (127,5 millions de dollars prévus pour 1991), le gouvernement a décidé de relancer la machine économique par une politique de stimulation des investissements. Mais le secteur bancaire, qui devait servir de fer de lance à cette politique, a continué de se porter mal.

Sur le plan politique, l'élection, début 1989, des assemblées de district a constitué un premier signe de démocratisation et de décentralisation. Un ministère pour les gouvernements locaux a été créé et confié à Kwamena Ahwoi. Plusieurs fonctions auparavant dévolues au pouvoir central (voirie, éducation, santé) ont été transférées à ces pouvoirs locaux, qui disposent par ailleurs d'un budget autonome. Mais l'heure n'était pas, néanmoins, au multipartisme ni au retour des militaires dans les casernes. Le président J. Rawlings a déclaré, en décembre 1990, que: "L'idée d'un gouvernement civil à laquelle certains se cramponnent est un héritage colonial." Le souvenir de la période de corruption et de déconfiture économique liée à la gestion chaotique des anciens régimes est encore vivace.

Il convient cependant de noter la création, en août 1990, du Mouvement pour la liberté et la justice (MFJ) de Adu Bohaen, ancien professeur de l'université de Legon, qui a réclamé l'abrogation des lois restrictives aux libertés publiques et la liberté de la presse. L'audience du MFJ a semblé rester limitée... mais jusqu'à quand?

Après neuf ans d'ajustement structurel qui lui ont valu l'épithète "enfant chéri du FMI", le Ghana du capitaine d'aviation Jerry John Rawlings s'est vu confronté au défi de la démocratisation. Annoncé à l'occasion du 35e anniversaire de l'indépendance, le 6 mars 1992, l'échéancier électoral de la transition annoncée aura eu une précision toute militaire: l'adoption par référendum d'une nouvelle Constitution, le 28 avril, légalisation des partis politiques, le 18 mai, scrutin présidentiel, le 3 novembre, puis des élections législatives, le 8 décembre, devaient jalonner le retour au régime civil qui, selon le calendrier retenu, serait formellement achevé le 7 janvier 1993. A condition que refonte économique et réformes politiques puissent se mener de concert, sans heurts majeurs.

Un premier pas important a été franchi, comme prévu, le 28 mars 1992. Près de 93% des votants - une bonne moitié des électeurs inscrits - ont alors approuvé le fondement constitutionnel de la IVe République, démocratie multipartiste, inspirée du système présidentiel à l'américaine, avec un exécutif fort et un pouvoir législatif assumant le rôle de "chien de garde". Le texte de 204 pages a fait l'unanimité, sauf pour la disposition spéciale accordant "l'impunité absolue" aux responsables du régime militaire sortant. S'étant emparé du pouvoir pour la seconde fois, en décembre 1982, afin de "libérer définitivement le pays de la magouille et de la corruption", Jerry Rawlings était-il obligé, onze ans plus tard, de "couvrir" les siens?

Dès décembre 1991, Amnesty International avait publié un rapport accablant pour le régime, dénonçant les méthodes expéditives de ses débuts, puis "la détention arbitraire de centaines d'opposants jamais traduits en justice". Au pays, le Mouvement pour la liberté et la justice, un regroupement de diverses organisations professionnelles, a même dénoncé l'échéancier de transition comme "frauduleux, antidémocratique, visant simplement à légitimer et perpétuer l'actuel régime militaire".

"La décennie révolutionnaire a mis fin au déclin", professaient au contraire les pancartes plantées aux nombreux ronds-points de la capitale ghanéenne. Il est vrai que le Ghana, tout en cultivant une image "progressiste", est devenu la vitrine libérale d'une renaissance économique, choyée par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Entre 1982 et 1991, le pays a reçu 4,2 milliards de dollars de dons ou de prêts concessionnels - largement plus, par tête d'habitant, que n'importe quel autre pays d'Afrique. Pour 1991, alors que l'inflation était de 13% et le taux de croissance de 4,5%, le Ghana a demandé à ses bailleurs de fonds 850 millions de dollars. Il a obtenu... 970 millions. La prime du "modèle".

Des aléas climatiques et le coûteux engagement militaire du Ghana au Libéria, au sein d'une force régionale d'interposition (Ecomog), expliquent les contre-performances de 1991. Celles-ci, cependant, n'effacent pas le redressement accompli en l'espace d'une décennie. Grâce à un taux de croissance moyen de 5,3%, le plus fort du continent, le Ghana s'est mué d'un pays sinistré en un chantier d'avenir. Toutefois, si le revenu des paysans a augmenté, le pouvoir d'achat des citadins est resté faible. "C'est le danger de la démocratie, si elle devait rimer avec démagogie", a mis en garde Jerry Rawlings. Les fruits de la croissance restent défendus.

Le Ghana, sous régime d'exception depuis 1982, est entré le 7 janvier 1993 dans sa IVe République avec l'investiture officielle du président élu, Jerry Rawlings, capitaine d'aviation de 45 ans désormais à la retraite. Soutenu par trois des partis légalisés en vertu de la Constitution adoptée le 28 avril 1992, celui-ci s'est succédé à lui-même en obtenant 58,3% des suffrages exprimés - pour une participation de 48,3% - au premier tour de l'élection présidentielle, le 3 novembre 1992. Il a devancé Albert Adu-Boahen (30,4%), candidat du Nouveau parti patriotique (NPP) appuyé par le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, et l'ancien président du Ghana, Hilla Limann, qu'il avait renversé en 1981 par un coup d'État militaire (6,7% des voix). Dans un climat politique tendu, l'opposition, dénonçant les fraudes du scrutin présidentiel, a boycotté les législatives du 29 décembre 1992. La quasi-totalité des 200 députés s'est donc trouvée appartenir à la majorité présidentielle formée par le Congrès national démocratique (NDC), le Parti de la convention nationale (NCP) et le Egle Party. Soucieux de calmer le jeu, A. Adu-Boahen, le principal opposant inquiété par un procès intenté pour "entrave à la justice", a entrepris de jouer un rôle "loyal, légal et efficace".

Malgré les méthodes expéditives et les atteintes constantes aux droits de l'homme de son régime - dénoncées par le Mouvement pour la justice et la liberté au Ghana et par Amnesty International -, son pragmatisme économique a valu à J. Rawlings, "l'élève modèle" du FMI (Fonds monétaire international) l'octroi, de la part de la communauté internationale, de 1,6 milliard de dollars en 1992i

Peu avant les élections de novembre-décembre 1992, le pouvoir a accordé d'importantes augmentations (85%) aux salariés du cacao, en grève un mois durant, et aux fonctionnaires (50 à 70%), en partie compensées par une hausse de 60% des prix des produits pétroliers. Le contrôle des salaires prévu dans le budget 1993, pourtant en forte progression (28%), et la montée inquiétante du chômage, passé de 17,6 à 30% de la population active en dix ans, ont réveillé les syndicats. Désirant accélérer les privatisations, le gouvernement a également tablé sur l'expansion du secteur minier (l'or a rapporté autant de devises que le cacao en 1992) pour remédier "au coût social de l'ajustement structurel de l'économie".

Engagé au Libéria dans la force militaire régionale d'interposition (Ecomog), le Ghana, qui a accueilli 100 000 réfugiés togolais en février 1993, a connu une tension de ses relations avec le Togo du général Étienne Gnassingbé Eyadéma.

Au pouvoir depuis décembre 1981, Jerry Rawlings, ancien capitaine d'aviation aux méthodes longtemps expéditives, a conforté son autorité dans le cadre des institutions pluralistes de la IVe République initiée le 7 janvier 1993. Son parti, le Congrès national démocratique (NDC), a acquis une position hégémonique au Parlement (190 sièges sur 200) à la suite du boycottage, en décembre 1992, du scrutin législatif par l'opposition qui s'est ainsi marginalisée. Principale force en son sein, le Nouveau parti patriotique (NPP), libéral et conservateur (30% des suffrages à la présidentielle de 1992), s'est trouvé divisé et sans programme alternatif à la politique d'ajustement structurel engagée au Ghana au milieu des années quatre-vingt. Chargées du développement local, les assemblées de district, élues à partir de 1988-1989 sur des bases non partisanes, ont en réalité légitimé dans les zones rurales un chef d'État dont le charisme et le passé d'homme intègre mobilisent toujours la jeunesse.

A la différence de son jumeau politique, le président burkinabé Thomas Sankara, assassiné en 1987, le révolutionnaire J. Rawlings a voulu croire dès 1985 aux vertus du libéralisme économique en mettant son pays sous tutelle du FMI, dont il est resté un "élève modèle" en Afrique. Salué comme un succès, à l'image d'un budget excédentaire et d'un PIB devant, selon les prévisions, être en forte progression en 1994 (4%), l'ajustement structurel de l'économie a engendré de nombreux laissés-pour-compte. Les entreprises des secteurs de l'or et du cacao (70% des exportations) ont licencié plus du tiers de leurs salariés, entraînant grèves et manifestations syndicales. Les privatisations engagées en 1988 ont accru la part du secteur privé étranger (Afrique du Sud pour l'or et le diamant) qui, en 1992, avait déjà intégré 30 des 51 entreprises vendues.

En mars 1994, l'État ghanéen a libéré 25% de ses parts (jusque-là 55%, et 45% à la compagnie britannique Lonhro) de l'Ashanti Goldfields Corporation qui réalise 80% de la production nationale d'or. Cette politique d'ouverture rassurant les investisseurs, les résultats dans ce domaine sont passés de 11,5 tonnes en 1986 à 31 tonnes en 1992, l'objectif étant d'atteindre 60 tonnes en 1997. Ces succès ont été de nature à faire oublier la baisse d'un tiers de la production de cacao en 1993-1994, en partie liée à la sécheresse.

De graves affrontements entre les Namumba et les Konkomba, intervenus au nord-est du pays, ont causé un millier de morts en février 1994 et provoqué la fuite de 150 000 personnes, notamment au Togo qui avait pourtant fermé ses frontières le 5 janvier, Lomé imputant comme de coutume au Ghana - qui accueille des milliers de réfugiés togolais - la responsabilité de l'attaque du camp militaire où réside le dictateur togolais Étienne Gnassingbé Eyadéma. Les relations commerciales ont repris avec le Burkina Faso en septembre 1993.

Dans le cadre des institutions de la IVe République mises en place en janvier 1993, le chef de l'État élu, Jerry Rawlings, n'a pas renoncé aux méthodes dures qui ont marqué plus de dix ans du régime d'exception qu'il a présidé en capitaine d'aviation fougueux mais pragmatique. Acceptant dès 1985 les conditions du FMI, à la différence du capitaine Thomas Sankara son alter ego révolutionnaire du Burkina Faso (au pouvoir de 1983 à 1987), il a engagé le Ghana dans un libéralisme économique dont les vertus (excédents budgétaires, reprise de l'investissement et de la croissance) n'ont pu faire oublier les laissés-pour-compte, notamment les victimes des privatisations comme celle de la Cocobod (Office national de commercialisation du cacao) dont les effectifs ont été réduits de 100 000 à 55 000 entre 1985 et 1995.

A la forte inflation (34,2% en 1994) s'est ajoutée, le 1er mars 1995, l'instauration d'une TVA (taxe à la valeur ajoutée) de 17,5%, qui a entraîné en avril et mai des manifestations de fonctionnaires réclamant 70% d'augmentation. L'une d'elles, le 11 mai, a fait cinq morts et une cinquantaine de blessés à l'issue de heurts avec des partisans du régime, lequel a dû reculer. L'opposition, encore faible, regroupée dans l'Alliance pour le changement, n'a pu exploiter ce mécontentement.

Les affrontements entre Namumba et Konkomba, qui avaient fait plus d'un millier de morts, en février 1994, dans le nord-est du pays, se sont apaisés et l'état d'urgence y a été levé en août 1994. Au plan économique, l'extension de l'Ashanti Goldfields Company privatisée en mars 1994 - l'État conservant 30% des parts - a confirmé la prééminence de l'or dans les exportations, devant le cacao, en baisse de 8% en 1994-1995 mais dont le Ghana restait le troisième exportateur mondial, et le bois.

Succédant en août 1994 au président du Bénin Nicéphore Soglo à la tête de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), J. Rawlings a tenté de ramener la paix au Libéria. Les accords signés au Ghana (Akossombo en septembre et Accra en décembre 1994) entre les factions libériennes sont restés lettre morte après la suspension sine die des discussions engagées en janvier 1995 dans la capitale ghanéenne pour leur mise en application. La crise libérienne a été le premier sujet abordé par le président américain Bill Clinton, lors de la première visite officielle de J. Rawlings à Washington, les 8 et 9 mars 1995.

Dans la sous-région, les relations avec le Burkina Faso, qui étaient tendues depuis l'assassinat de T. Sankara en 1987, se sont normalisées en 1994. Malgré la réouverture des frontières en décembre 1994, la méfiance persistait avec le Togo, ce dernier accusant le Ghana, refuge de nombreux exilés togolais, d'accueillir des militaires hostiles au général Étienne Gnassingbé Eyadéma.

Tournant, le 28 décembre 1995, à l'affrontement physique en Conseil des ministres, le conflit ouvert entre le président Jerry Rawlings et le vice-président Kow Arkaah - dont les partis ont divorcé - a affaibli la position du chef de l'État, candidat probable de son parti, le Congrès national démocratique (NDC), à l'élection présidentielle prévue pour le 7 décembre 1996. L'Alliance pour le changement, regroupant quatre formations, dont le Nouveau parti patriotique (NPP, principale formation d'opposition), est entrée en campagne dès son rassemblement du 10 août 1995, décidée à présenter un candidat unique face au président sortant. Six partis ont eu l'agrément de la Commission électorale pour les législatives de décembre 1996, celles de 1992 ayant été boycottées par l'opposition.

Le régime de J. Rawlings est resté marqué par des abus en matière de violation des droits de l'homme, notamment de la part des services de sécurité (Bureau of National Investigation), spécialistes en complots imaginaires. Il a également été terni par le développement de la corruption que le chef de l'État avait combattue avec vigueur par le passé, et dont l'opposition a fait son cheval de bataille, faute de politique économique alternative. La démission, en juillet 1995, du très libéral et jusque-là inamovible ministre des Finances Kwesi Botchwey, interlocuteur privilégié du FMI (Fonds monétaire international), a fragilisé le président. En 1995, la dépréciation de 27 % du cedi par rapport au dollar, la forte inflation (70,8 %), la dégradation des finances publiques, accentuée par le retrait du projet d'introduction de la TVA et la hausse des salaires arrachée par un puissant mouvement syndical, ainsi que le faible investissement privé (5 % du PIB) ont reflété la dégradation de l'économie d'un pays longtemps présenté comme "élève modèle" du FMI.

Une filière or en expansion (35 % de la valeur des exportations), la production de cacao (troisième rang mondial) et le tourisme sont les atouts d'un État qui, pour se renflouer, comptait sur la poursuite des privatisations (secteur pétrolier, caoutchouc, commercialisation du cacao). Les investisseurs privés étaient cependant souvent proches de l'opposition et le taux de chômage s'est envolé (le personnel du Ghana Cocoa Board est passé de 125 000 personnes en 1980 à 11 000 en 1996).

Président pour la deuxième année de la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), J. Rawlings n'a pu, malgré sa ténacité, ramener la paix au Libéria, l'accord d'Abuja d'août 1995 ayant été rompu en décembre. A la concorde retrouvée avec le Burkina Faso s'opposait la méfiance encore de mise avec le Togo voisin.

Les élections présidentielles du 7 décembre 1996 ont vu la victoire du président sortant Jerry Rawlings, à la tête du pays depuis décembre 1981, mais élu pour la première fois en novembre 1992. Vainqueur dès le premier tour, avec 57,2 % des voix pour une participation supérieure à 60 %, il a entamé un deuxième et, selon la Constitution, dernier mandat de quatre ans, son principal adversaire John Kufuor (39,9 % des suffrages) reconnaissant et acceptant sa défaite. Dépourvue d'un véritable programme alternatif et principalement regroupée dans le Nouveau parti patriotique (NPP), l'opposition, qui avait boycotté les précédentes élections législatives de 1992 pour protester contre les fraudes de la présidentielle, a emporté 66 des 200 sièges de la nouvelle Assemblée où le parti présidentiel, le Congrès national démocratique (NDC), est resté largement majoritaire. Malgré la persistance d'atteintes aux droits de l'homme, ces consultations ont traduit les progrès de la démocratie dans ce pays où le nouveau gouvernement n'a reçu l'aval du Parlement que le 29 avril 1997.

Affaibli en 1995-1996 par de graves conflits sociaux (quatre morts lors de manifestations) liés à une réforme fiscale à laquelle il avait dû surseoir, et par un conflit ouvert avec son vice-président Kow Arkaah, passé à l'opposition, J. Rawlings a su tirer les leçons de ce passé récent: depuis le 31 octobre 1996, un amendement constitutionnel a renforcé les pouvoirs du chef de l'État au détriment du vice-président. Après quinze ans d'ajustement structurel, marqués par des privatisations dans les secteurs du cacao, de l'or et du bois, principales ressources du pays, le chômage est resté particulièrement élevé en 1996-1997, tout comme l'inflation, cependant mieux maîtrisée (39 % en septembre 1996 contre 70,8 % en décembre 1995); les nouveaux investissements sont restés limités, en dehors du secteur minier, et la relance de la croissance s'est fait attendre. La gestion des finances publiques laissait encore à désirer: de nombreux cas de corruption, notamment au niveau ministériel, ont été mis au jour et les dépenses gouvernementales ont dû être réduites. Établi sur la base d'une croissance de 5,5 %, le budget 1997 a été prévu en excédent, tout comme la balance des paiements.

Confronté à des échéances politiques nationales auxquelles il a su faire face, J. Rawlings, qui a cédé sa place en août 1996, après deux mandats d'un an, au général nigérian Sani Abacha à la tête de la Communauté des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), s'est montré plus discret dans la sous-région où les situations au Libéria et en Sierra Léone sont restées brûlantes. De nouveau sereins avec la Côte-d'Ivoire et le Burkina Faso, les rapports de voisinage du Ghana sont demeurés empreints de méfiance avec le Togo.

Source :
L'etat du Monde 1981-1998


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