Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
LE PAYS EN UN CLIN D'OEIL

LE PAYS EN UN CLIN D'OEIL

Guinée-Bissau, officiellement république de Guinée-Bissau, pays d'Afrique de l'Ouest, baigné par l'océan Atlantique, limité au nord par le Sénégal, à l'est et au sud par la Guinée. La Guinée-Bissau, qui doit son nom à sa capitale Bissau, s'étend sur 36 125 km², y compris soixante îles, dont l'archipel des Bissagos. Pays très pauvre, la Guinée-Bissau est minée par le fardeau d'une dette très lourde et par un chômage touchant près de 40 p. 100 de la population active.
 
LE PAYS ET SES RESSOURCES
Un tiers du territoire de la Guinée-Bissau est constitué par les îles et, sur le continent, par une plaine côtière marécageuse. Le relief s'élève progressivement vers l'est jusqu'à former un plateau qui, au sud-est, culmine à 360 m d'altitude. Des petits fleuves (Corubal, Cacheu, Geba), serpentent d'est en ouest et forment de vastes estuaires à leur embouchure. La plupart d'entre eux sont navigables et constituent le principal moyen de transport.
Le pays est soumis à un climat tropical humide, avec une moyenne annuelle des températures de 25°C, sans variation très marquée d'une saison à l'autre. La saison des pluies dure de mai à octobre, avec des précipitations allant de 1 500 mm dans le Nord-Ouest à 2 600 mm dans le Sud; la moyenne annuelle des précipitations, à Bolama, atteint 2 184 mm.

La plaine côtière est recouverte d'une végétation très touffue et de forêts humides; la mangrove encombre les lagunes et l'embouchure des fleuves, de même que l'archipel des Bijagos au large. L'intérieur du pays est le domaine de la savane arborée.
La Guinée-Bissau est riche en bois durs tropicaux qui ne sont guère valorisés. Les gisements de bauxite, de phosphate, de zinc, de cuivre et de pétrole offshore ne sont pas encore exploités.

Démographie
La population a été estimée, en 1998, à 1 206 311 habitants, soit une densité assez faible de 33 habitants au km2. L'accroissement naturel s'est élevé, sur la période de 1990 à 1995, à 2,1 p. 100 par an. L'espérance de vie à la naissance très réduite (49,1 ans) et le taux de mortalité infantile (112 p. 1 000) témoignent de la défaillance du système de soins et de la pauvreté du pays.

Les Balantes représentent environ 30 p. 100 de la population. Ils vivent principalement dans la plaine côtière et à la frontière avec le Sénégal, de même que les Baga, Nalu, Londuman, Floup et Mandjake. Peul (23 p. 100) et Malinké (12 p. 100) habitent plutôt l'intérieur du pays. Les Cap-Verdiens, dont le pays était uni à la Guinée-Bissau lors de l'indépendance, de 1975 à 1980, constituent une minorité non négligeable.

Découpage administratif et villes principales
La Guinée-Bissau est découpée en huit régions et un secteur autonome, Bissau. Les villes sont encore peu développées. Seuls 22 p. 100 des habitants vivent dans les centres urbains (1997), dont le principal est la capitale, Bissau, également le principal port du pays. Le pays dispose de deux autres ports, Cacheu et Bolama. Bafata est la plus grande ville de l'intérieur du pays (15 000 habitants).

Langues et religion
La langue officielle est le portugais et la langue vernaculaire le crioulo, un créole formé à partir du portugais et de langues africaines. Balante, malinké et peul sont également parlés.
65 p. 100 des habitants de la Guinée-Bissau sont animistes, 30 p. 100 sont musulmans (en particulier les Peul et les Malinké) et 5 p. 100 sont chrétiens.

Éducation
Le gouvernement a mis en place un programme d'alphabétisation, et plusieurs écoles normales forment les enseignants. Toutefois, le taux d'alphabétisation, 54,9 en 1995, reste faible. Seuls 25,2 p. 100 des enfants entre douze et dix-sept ans sont scolarisés; 0,3 p. 100 de la classe d'âge concernée poursuit des études universitaires (données de 1995).
3.5.Institutions et vie politique Dirigé depuis 1975 par un parti unique, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), qui se scinde en deux formations après la séparation des deux anciennes colonies portugaises en 1980, le pays entre, en 1991, dans un processus de démocratisation avec l'instauration du multipartisme. João Bernardo Vieira, au pouvoir en 1984, remporte les premières élections pluralistes, le 7 août 1994, avec 52 p. 100 des voix.

L'Assemblée nationale populaire (ANP) adopte, le 7 juillet 1999, une nouvelle Constitution par un vote à la majorité des deux-tiers. Ce texte abolit la peine de mort, limite à deux le nombre de mandats présidentiels, d'une durée de cinq ans, et stipule que les principales fonctions de l'État ne pourront être occupées que par des candidats dont les père et mère sont Bissau-Guinéens.

ÉCONOMIE
L'économie est principalement agricole. Avec un produit intérieur brut (PIB) de 265,5 millions de dollars en 1997, soit un PIB annuel par habitant de 230 dollars, la Guinée-Bissau est un pays pauvre. Le pays ploie sous le poids d'une dette trop élevée pour ses capacités économiques : en 1995, la dette extérieure brute s'est élevée à 894 millions de dollars. Depuis 1986, la politique économique a radicalement changé, le gouvernement ayant renoncé au dirigisme. Des plans d'ajustement structurels (PAS) successifs ont été mis en œuvre, avec le soutien du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Cette politique semble porter ses fruits, le PIB ayant augmenté constamment durant les dernières années (6,3 p. 100 en 1994).

Agriculture
L'économie de la Guinée-Bissau est fondée sur les cultures vivrières : le riz, nourriture de base de la population, le sorgho, le maïs, les plantains et le manioc. Les exportations se composent principalement d'arachides, cultivées à l'intérieur du pays, de noix de coco, que l'on trouve sur les îles et la côte, et de noix de cajou (46 500 t en 1994).
L'industrie de la pêche, qui s'est rapidement développée, représente l'une des principales sources de revenus. À l'intérieur du pays, l'élevage de bovins, de caprins et de porcins constitue également une activité agricole importante.

Industrie
L'industrie ne contribue que pour 15 p. 100 au PIB. Elle se limite à la transformation de matières premières et à la fabrication de produits de consommation courante : brasserie, fabrication de jus de fruits, assemblage de voitures (500 par an), défibrage du coton; complexes agro-industriels (rizeries, huile d'arachide, alimentation animale), peintures, matériaux de construction.

Échanges
La monnaie est le peso qui se divise en 100 centavos. En 1990, la Guinée-Bissau a demandé son entrée dans la zone franc. D'abord refusée - les finances publiques devant être au préalable assainies -, la Guinée-Bissau est finalement entrée officiellement dans la zone franc le 31 mars 1997, ce qui a provoqué une flambée des prix et un fort mécontentement.

Le commerce extérieur de la Guinée-Bissau est déficitaire. Les exportations sont agricoles à 98 p. 100 et n'ont représenté, en 1996, qu'une valeur de 16 millions de dollars tandis que les importations se sont élevées à 50 millions de dollars. Elles sont composées pour 32 p. 100 de produits alimentaires, pour 7 p. 100 de combustibles, pour 15 p. 100 de machines et matériel de transport, et pour 43 p. 100 d'autres biens manufacturés.
Le réseau routier s'étend sur 4 400 km, dont environ 8 p. 100 sont carrossables. Les principaux port et aéroport se situent à Bissau.

HISTOIRE

L'histoire ancienne de la Guinée-Bissau est peu connue. Mais les groupes de populations, notamment les Balantes, semblent déjà présents au XIIe siècle. La région est découverte en 1446 par un négrier portugais du nom de Nuno Tristão et devient bientôt une plaque tournante de la traite des Noirs. En 1692, un comptoir portugais est installé à Bissau. Cependant, Français et Britanniques ont également des prétentions sur la région et, en 1792, la Grande-Bretagne fonde une colonie à Bolama qui n'a, toutefois, qu'une existence éphémère. En 1879, la région devient colonie portugaise. Un différend frontalier avec les Français est réglé par un traité en 1886. Néanmoins, jusqu'en 1915, les Portugais ne parviennent pas à exercer un contrôle total sur le pays. En 1952, la Guinée-Bissau est dotée du statut de territoire portugais d'outre-mer.

La guerre d'indépendance
Un mouvement nationaliste africain voit bientôt le jour avec le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert (PAIGC), fondé le 19 septembre 1956, par Amilcar Cabral. Le PAIGC déclenche une guerre d'indépendance, le 23 janvier 1963. En quelques années, la guérilla prend le contrôle d'importantes portions du territoire. Le 20 janvier 1973, Cabral est assassiné à Conakry par la police secrète portugaise. Son frère, Luís de Almeida Cabral, lui succède à la tête du PAIGC, lequel proclame alors l'avènement de la république sur les territoires qu'il contrôle. Le 10 septembre 1974, le Portugal déclare la Guinée-Bissau et le Cap-Vert officiellement indépendants.

Entre dictature et démocratie
Le nouveau gouvernement, avec à sa tête Luís de Almeida Cabral, instaure un régime socialiste de parti unique. Il instaure une réforme agraire et impose un monopole d'État sur le commerce extérieur. En novembre 1980, le président Cabral est renversé par un coup d'État militaire fomenté par son Premier ministre, João Bernardo Vieira. La même année, l'union organique avec le Cap-Vert dans le cadre d'un même parti unique, le PAIGC, prend fin. Élu pour cinq ans en 1984, réélu en 1989, Vieira échappe à une tentative de coup d'État en novembre 1985. En 1986, le pouvoir amorce la libéralisation, économique d'abord, puis politique, avec l'instauration du multipartisme en 1992. Vieira est ainsi réélu en 1994 lors des premières élections pluralistes de la Guinée-Bissau.

Depuis juillet 1996, la Guinée-Bissau adhère à la Communauté des pays de langue portugaise. D'un point de vue économique, le franc CFA remplace, depuis le 2 juin 1997, le peso guinéen constamment déprécié. Les dirigeants guinéens espèrent ainsi désenclaver le pays et attirer les investisseurs étrangers. En juin 1998, une mutinerie a éclaté, conduite par le général Ansumane Mané, ancien chef d'état-major, limogé pour trafic d'armes à destination des indépendantistes de Casamance. Elle a conduit à l'intervention des forces armées de la Guinée et du Sénégal et à une tentative de médiation de la Gambie. En novembre, un accord de paix, signé à Abuja (Nigeria) sous l'égide de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), prévoit la participation d'une force ouest-africaine d'interposition en remplacement des contingents sénégalais et guinéens. Un gouvernement d'union nationale dirigé par le Premier ministre Francisco Fadoul est constitué. Les conflits s'intensifient cependant entre le gouvernement et les rebelles dirigés par Mané, qui ne s'accordent pas sur un cessez-le-feu.

Un mois après le départ du contingent sénégalais, en mars 1999, le président Vieira est inculpé par une forte majorité de l'Assemblée populaire, et le général Mané est lavé des accusations de trafic d'armes. En mai, les forces de ce dernier s'emparent du palais présidentiel, chassant Vieira qui se réfugie à l'ambassade du Portugal, conservant le Premier ministre Francisco Fadul. La communauté internationale, et plus particulièrement africaine, réagit peu à ce putsch visant un chef d'État devenu très impopulaire et qui n'a pas fait bénéficier son pays des résultats économiques encourageants qui se sont manifestés. Le 13 mai, Malam Bacaï Sanha, président en exercice de l'Assemblée nationale, est nommé chef de l'État par intérim, selon la Constitution, dans l'attente des élections législatives et présidentielle, fixées au 28 novembre 1999. Le 7 juillet, l'Assemblée nationale populaire vote une nouvelle Constitution. Le texte abolit la peine de mort, limite le nombre de mandats présidentiels, d'une durée de cinq ans, à deux et stipule que les principales fonctions de l'État ne pourront être occupées que par des personnes issues de père et mère Bissau-Guinéens, écartant ainsi un certain nombre de personnalités des postes de responsables politiques.

L'élection présidentielle de novembre voit la défaite du président Bacaïm Sanha et amène au pouvoir Kumba Yalla. Toutefois, le vainqueur ne prend ses fonctions que le 17 février 2000. L'armée, qui rechigne à abandonner les privilèges qu'elle a acquis à la faveur de l'instabilité politique, ne manque pas de faire valoir son importance auprès du pouvoir civil.

Source : Encyclopédie Encarta 2001


Afrique : histoire, economie, politique

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier