Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
GEOPOLITIQUE

GEOPOLITIQUE DU PAYS
 

Ancienne Guinée portugaise, la Guinée-Bissau est indépendante depuis 1974, au terme d'une longue guerre de libération conduite par Amilcar Cabral, une des grandes figures du combat révolutionnaire anticolonialiste. Son territoire est inséré entre deux États francophones, le Sénégal ¨ et la Guinée ¨, dont on la distingue par le nom de sa capitale, Bissau.

La population, composite, comprend environ deux tiers d'animistes (ou superficiellement christianisés) et un tiers d'islamisés. Les Balantes forment le groupe le plus nombreux (30 %). Farouchement indépendants et hostiles à toute autorité étrangère, ils ont constitué la force principale de lutte contre les Portugais. Les populations côtières, les Manjaks notamment, ont subi l'influence des Mandingues islamisés originaires du haut Niger. Les Peuls, descendants des conquérants venus du Fouta Djalon  dans la seconde moitié du XIXe siècle, occupent les régions intérieures ; minoritaires dans le pays, ils s'allièrent avec la puissance coloniale.

Les Portugais n'avaient pas cherché à développer une colonie dépourvue de ressources d'exportation autres que l'arachide et la noix de cajou. Ce sont donc des populations pauvres qui ont adhéré au principal mouvement nationaliste, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) créé en 1956 par Amilcar Cabral, un agronome originaire du Cap-Vert. La guérilla paysanne commença en 1963. La Guinée servit de sanctuaire aux guérillas du PAIGC ; c'est pourtant à Conakry qu'Amilcar Cabral fut assassiné en 1973, dans des conditions mal élucidées.

Sa disparition n'empêcha pas le PAIGC de proclamer l'indépendance ; l'armée portugaise, démoralisée par dix ans de guerre sans issue se préparait, quant à elle, à renverser le régime dictatorial de Lisbonne. La victoire du Mouvement des capitaines en avril 1974 ouvrait la voie à un règlement politique : le Portugal reconnaissait l'indépendance de la Guinée-Bissau en septembre.

Amilcar Cabral avait entretenu la fiction d'un PAIGC associant Guinée-Bissau continentale et Cap Vert insulaire. Son demi-frère, Luís Cabral, premier président de Guinée-Bissau, fut accusé d'accorder trop d'importance aux Cap verdiens, plus évolués que les Guinéens. En 1980, le Premier ministre, le commandant Bernardo Vieira, qui avait dirigé la guerre de libération, prit le pouvoir avec l'appui de l'armée. De l'aide qu'il avait obtenue des pays de l'Est pour sa lutte de libération, le PAIGC, parti unique jusqu'en 1991, a longtemps conservé des options socialistes, en matière d'étatisation notamment.

La politique d'ajustement structurel en cours depuis 1987 tend à réorganiser l'économie précaire d'un des pays les plus pauvres d'Afrique et dont la survie dépend dans une large mesure de l'aide internationale. La pêche pourrait constituer une importante ressource pour la Guinée-Bissau si elle avait les moyens de contrôler un espace maritime illégalement exploité par les flottes étrangères dans sa zone économique exclusive (ZÉE).

La cour internationale de La Haye a levé toute incertitude quant à la frontière maritime entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, mais une certaine tension subsiste entre les deux pays car les indépendantistes casamançais trouvent aisément refuge dans les régions septentrionales de Guinée-Bissau.

Source : Dictionnaire de Géopolitique, Flammarion


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier