Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
La Guinée Equatoriale en un clin d'oeil
LA GUINEE EQUATORIALE EN UN CLIN D'OEIL

Guinée équatoriale, officiellement république de Guinée équatoriale, pays d'Afrique de l'Ouest, situé dans le golfe de Guinée, se composant d'une partie continentale, le Mbini, et d'une partie insulaire, le Bioko. Le Mbini est limité au nord par le Cameroun, à l'est et au sud par le Gabon. Couvrant une superficie totale de 28 051 km², la Guinée équatoriale a pour capitale Malabo, dans l'île Bioko. Cette ancienne colonie espagnole a été soumise, depuis son indépendance en 1968, à un régime dictatorial. La démocratisation amorcée en 1992 ne progresse guère.

La partie continentale du pays est constituée, pour les trois quarts, de plateaux culminant à 1 200 m au Mitra, couverts de forêts et arrosés par le Mbini, ancien Río Muni.
L'île volcanique de Bioko, autrefois appelée Fernando Poo (2 020 km²) et située face au Cameroun dans le golfe du Biafra, culmine à 3 008 m au mont Pico de Santa Isabel. La petite île de Pagalu (autrefois Annobón) se situe à environ 640 km au sud-ouest, au large du Gabon.
La Guinée équatoriale est soumise à un climat équatorial chaud et humide (98 p. 100 d'humidité). La température annuelle moyenne est d'environ 25?°C. Les précipitations annuelles dépassent 2 005 mm dans la plupart des régions. Le Sud connaît deux saisons des pluies : de septembre à novembre et de la mi-février au mois de juin.

POPULATION

En 1998, la population a été estimée à 454 000 habitants, auxquels s'ajoutent quelque 110 000 Équato-Guinéens vivant à l'étranger, pour la plupart en exil politique. La densité de population est faible : 16 habitants au km² (mais 40 habitants au km2 dans les îles). Le taux de mortalité infantile est de 93 p. 1 000, l'espérance de vie de 54 ans et l'indice de fécondité de 5.
45 p. 100 des Équato-Guinéens sont des citadins, selon les données de 1995. Malabo (anciennement Santa Isabel), capitale et port principal, a compté 15 253 habitants au dernier recensement de 1983. Bata est la principale ville sur le continent (24 100 habitants).
Les Bubi, de langue bantoue, habitent principalement sur l'île de Bioko, ainsi que les Fernandinos, métis afro-européens. Des Ibo ont également émigré sur l'île, depuis le Nigeria. Les Fang peuplent le Mbini. La population de Guinée équatoriale est majoritairement catholique.
Si l'espagnol est la langue officielle, chaque communauté parle sa propre langue (créole fernandino, fang et bubi).

INSTITUTIONS ET VIE POLITIQUE

Deux hommes ont dominé la vie politique depuis l'indépendance : Francisco Macias Nguema puis son neveu, le colonel Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, parvenu au pouvoir par un coup d'État militaire. Ils ont gouverné autoritairement le pays, s'appuyant sur un parti unique, le parti unique national créé en 1970, auquel a succédé le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) en 1987. En 1992, une nouvelle Constitution a été adoptée par référendum, instituant un multipartisme, très limité par le code électoral, et séparant les pouvoirs du président et du Premier ministre. Le chef de l'État s'est vu par ailleurs garantir l'immunité contre toutes poursuites judiciaires et mises en accusation. N'ayant pu obtenir la révision du code électoral, les partis d'opposition ont boycotté les premières élections législatives pluralistes, en novembre 1993. Le PDGE a maintenu logiquement sa domination sur l'Assemblée.

ÉCONOMIE

En 1995, le produit intérieur brut (PIB) a été de 152 millions de dollars, soit 380 dollars par habitant. Pays pauvre, la Guinée équatoriale se relève difficilement des longues années de dictature qui ont ruiné l'économie.
Le secteur agricole, qui réalise 60 p. 100 du PIB, occupe 70 p. 100 de la population active, selon les données de 1995. L'agriculture est essentiellement tournée vers l'exportation. Les plantations de cacao (3 500 t en 1998), de café (6 300 t) et de palmiers à huile ont été développées par les Espagnols sur l'île de Bioko. Elles souffrent aujourd'hui d'un manque d'entretien et du vieillissement des plants. La vente du bois d'okoumé, prélevé dans les forêts de Mbini, permet à la balance agricole du pays d'être positive. Les cultures de subsistance sont le manioc et la patate douce. Les prises de poissons s'élèvent à 3 900 t (chiffres de 1993).
Depuis 1992, les gisements de pétrole situés dans le prolongement des champs pétrolifères gabonais font l'objet d'une exploitation. Exploité depuis 1991, le gisement d'Alba a produit 80 000 barils par jour en 1998, mais l'opposition s'est élevée contre le bradage de ces richesses nationales au profit du pouvoir.
Les colons espagnols ont peu développé l'industrie. La situation politique, depuis l'indépendance en 1968, n'a pas non plus contribué au développement industriel. L'industrie existante se concentre sur Bioko et concerne essentiellement le raffinage du pétrole, le traitement du cacao et du café, ainsi que la fabrication du savon.
L'hydroélectricité n'a produit, en 1992, que 2 millions de kWh pour une consommation totale de 22 millions de kWh.
La Guinée équatoriale a rejoint la zone franc en 1985 et l'unité monétaire est le franc CFA, dévalué de 50 p. 100 en janvier 1994. En 1994, la balance du commerce extérieur a été légèrement excédentaire, grâce aux ventes de bois, premier poste d'exportations.
Le pays dispose d'un réseau routier de 1 326 km de long, de deux principaux ports (Malabo et Bata) et d'un seul aéroport international (Malabo).

HISTOIRE

Le Mbini partage les destinées du Gabon jusqu'à sa cession à l'Espagne par le Portugal, en même temps que l'île aujourd'hui appelée Bioko, découverte en 1472 par Fernando Póo, un navigateur portugais. En 1778, par le traité du Prado, le Portugal cède à l'Espagne les îles de Fernando Poo et le territoire du Río Muni.
Les frontières de la Guinée espagnole sont fixées définitivement en 1900 par le traité de Paris, signé avec la France, lequel définit également le tracé frontalier du Sahara. Les Espagnols s'attachent surtout à mettre en valeur la colonie de Fernando Poo, où les Bubi, soumis au travail forcé, se révoltent à plusieurs reprises. Au début du XXe siècle, les colons font appel à des travailleurs nigérians.
À partir des années cinquante, le mouvement nationaliste prend de l'ampleur. En 1958, après l'assassinat du nationaliste Acacio Mane, des centaines d'Équato-Guinéens fuient vers le Gabon et le Cameroun. L'Espagne ayant déclaré Fernando Poo et le Río Muni provinces espagnoles, les nationalistes portent alors la question de la souveraineté sur ces territoires devant l'Organisation des Nations unies (ONU). Celle-ci propose la tenue d'une conférence institutionnelle, au terme de laquelle se déroulent, en août 1968, les premières élections présidentielles et législatives : Francisco Macias Nguema, un Fang du Río Muni, est élu à la tête du pays, dont il proclame l'indépendance le 12 octobre.
Fédération des deux anciennes provinces, le pays devient un État unitaire en 1973. En 1970, Nguema a déjà instauré un régime de parti unique. Deux ans plus tard, il est désigné président à vie. Durant sa dictature, plus de 100 000 personnes s'exilent dans les pays voisins. Parmi celles qui restent, au moins 50 000 sont tuées, et 40 000 condamnées aux travaux forcés. En 1979, Macias Nguema, en état de démence, est déposé par son neveu, le colonel Obiang Nguema. Jugé pour trahison, il est exécuté.

Le colonel Teodoro Obiang Nguema Mbasogo mène depuis son accession au pouvoir une politique de rapprochement avec les pays francophones de la région, intégrant, en 1985, la zone franc et l'Union douanière et économique de l'Afrique centrale (UDEAC), mais il maintient un régime autoritaire, créant un nouveau parti unique en 1987.
De nouvelles arrestations d'opposants provoquent une vive réaction de la Communauté économique européenne, qui menace de suspendre son aide au pays si le colonel Nguema n'engage pas rapidement une politique de démocratisation. Les limites imposées aux partis d'opposition ayant conduit au boycott des premières élections pluralistes de 1993, le PDGE et son dirigeant maintiennent leur hégémonie sur la vie politique. Seul candidat à l'élection présidentielle, le président Obiang est réélu en février 1997 avec 97 p. 100 des suffrages exprimés. Malgré une croissance estimée à 40 p. 100 par an grâce au pétrole, la Guinée équatoriale n'a pas encore vu souffler le vent de la démocratisation, et les revendications des Bubi, la population de Bioko qui reproche au pouvoir de se comporter comme un clan, se sont traduites en 1998 par une répression. En mars 1999, le PDGE, contrôlé par le président, a remporté une nouvelle fois sans réelle opposition les élections législatives et occupe maintenant 75 sièges sur 80 dans la nouvelle Assemblée. L'opposition a contesté ces résultats en dénonçant de nombreuses fraudes électorales.

Source :
Microsoft Encarta


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier