
Lesotho, officiellement royaume du Lesotho, pays d'Afrique australe, entièrement enclavé dans l'Afrique du Sud. Petit pays de 30 355 km², le Lesotho a pour capitale Maseru. Ancien Basutoland, devenu indépendant dans le cadre du Commonwealth en 1966, ce pays s'est construit contre l'expansionnisme sud-africain.
Le pays se situe sur les contreforts
du Drakensberg, dont les reliefs couvrent les deux tiers du pays et atteignent
des altitudes supérieures à 3 000 m à la frontière
orientale. L'Orange prend sa source dans ces hautes terres. À l'ouest,
des terres vallonnées occupent environ un tiers du pays, entre 1
525 et 1 830 m d'altitude. Elles constituent la majeure partie des terres
cultivables du Lesotho.
Le relief tempère le climat,
mais les contrastes thermiques peuvent être importants. Dans les
basses terres, les températures maximales varient entre 32,2°C
en été et -6,7°C en hiver; la température moyenne
est de 32°C. Les précipitations, essentiellement entre octobre
et avril, atteignent des moyennes d'environ 760 mm par an dans les basses
terres, et de 1 905 mm en altitude. Les sécheresses sont courantes.
La saison sèche s'étend de mai à septembre.
Démographie
La population du Lesotho était
estimée à 2,09 millions d'habitants en 1998, soit une densité
moyenne de 68,8 habitants au km2. Cependant, près de 70 p. 100 vivent
dans les zones basses, où les densités peuvent dépasser
200 habitants au km2. L'espérance de vie moyenne (60 ans) est longue
par rapport aux autres pays africains. En 1998, la mortalité infantile
(77 p. 1 000) et l'indice de fécondité (5,9) demeuraient
en revanche élevés.
La nation sothoe s'est constituée
aux environs du XIXe siècle à partir d'une vingtaine de clans
d'orignes diverses. Aux côtés des Sothos, qui sont à
80 p. 100 des ruraux, vit 1 p. 100 d'Européens et d'Indiens.
Villes principales
Maseru, la capitale, est la ville
la plus importante, avec une population estimée à 120 000
habitants en 1995. Les autres villes importantes sont Teyateyaneng, Mafeteng
et Hlotse. Le Lesotho est divisé en 10 districts administratifs,
subdivisés en wards, ou sections électorales, présidés
par les chefs héréditaires et administrés par les
coordinateurs de district.
Langue et religion
Les langues officielles du Lesotho
sont l'anglais et le sotho, langue bantoue. 93 p. 100 des habitants sont
des chrétiens (catholiques, évangéliques ou anglicans).
Les autres ont conservé leurs croyances traditionnelles.
Éducation
Obligatoire de 6 à 13 ans,
l'enseignement est gratuit au niveau primaire, que presque tous les enfants
en âge scolaire fréquentent. Le taux d'alphabétisation,
de 71,4 p. 100, place le Lesotho au premier rang des pays d'Afrique.
Contrairement à ce qui s'observe dans beaucoup d'autres pays en
voie de développement, la participation des femmes à l'enseignement
est bien supérieure à celle des hommes. Si le taux de scolarisation
dans le secondaire est de 73 p. 100, il n'est cependant que de 1,3 p. 100
au niveau universitaire en 1992.
L'université nationale du
Lesotho (fondée en 1966), à Roma, accueillait, au début
des années 1990, 1 420 étudiants encadrés par 161
enseignants.
Institutions et vie politique
La première Constitution
du Lesotho, promulguée à l'indépendance, en octobre
1966, a été suspendue en janvier 1970. Une nouvelle Constitution,
en 1993, a marqué la démocratisation du régime. Elle
institue un monarque héréditaire, chef de l'État,
détenant un simple pouvoir de représentation. L'exécutif
est dévolu au cabinet dirigé par le Premier ministre. Le
pouvoir législatif est exercé par la chambre de l'Assemblée
nationale. Un collège de chefs détient le pouvoir d'élire
et de déposer le roi par un vote majoritaire. En avril 1993, ont
eu lieu les premières élections législatives pluralistes,
à l'issue desquelles Ntsu Mokhele est devenu Premier ministre. Renvoyé
en août 1994, après que le roi Letsie III, renversé
en 1991, eut, avec l'aide de l'armée, repris le pouvoir, Mokhele
a été rétabli en janvier 1995. Letsie III a abdiqué
en faveur de son père Moshoeshoe II.
ÉCONOMIE
En 1997, le produit national brut
(PNB) du Lesotho était de 1,4 milliards de dollars, soit un PNB
annuel par habitant de 680 dollars. Le Lesotho est un pays pauvre et enclavé,
dont l'économie est étroitement dépendante de celle
de l'Afrique du Sud. Cependant, un programme de réformes économiques
sur quatre ans, lancé en 1990, a permis au gouvernement de ramener
le déficit budgétaire du Lesotho de 10 p. 100 à 1
p. 100 du PNB.
Au début des années
quatre-vingt-dix, compte tenu de l'exiguïté des terres et du
chômage frappant 40 p. 100 de la population active, 38 p. 100 de
la main-d'œuvre masculine adulte travaillait en Afrique du Sud. Ce chiffre
est bien inférieur à celui des décennies précédentes
en raison de la récession économique sud-africaine. Ces salaires
comblent l'énorme déficit commercial, et représentent
une importante source de revenus.
Agriculture
L'agriculture est le secteur économique
le plus important. Il représente près d'un quart des recettes
d'exportations, occupe 80 p. 100 de la main-d'œuvre non migrante, mais
ne contribue que pour 20 p. 100 au PNB. En effet, seuls 10,5 p. 100 des
terres sont cultivables. La surexploitation des sols se conjugue avec les
sécheresses récurrentes. Le maïs, le sorgho, le blé,
les fruits et les légumes constituent les principales cultures.
Le bétail élevé dans les pâturages des hauts
plateaux est une source de richesse traditionnelle. En 1998, le cheptel
représentait 1 million d'ovins, 1,40 million de volailles, 730 000
caprins, 580 000 bovins, 114 000 chevaux et 150 000 ânes.
Mines et industries
Le Lesotho possède très
peu de ressources minières, mais un potentiel hydroélectrique.
Il existe des gisements diamantifères, mais leur exploitation à
grande échelle a cessé au début des années
1980.
L'industrie, limitée à
l'alimentaire, le cuir et le textile, contribue pour 33 p. 100 au PNB et
représente plus de 50 p. 100 des revenus d'exportation. Le tourisme,
en provenance notamment d'Afrique du Sud, s'est rapidement développé
ces dernières années. Mais ces évolutions n'ont qu'en
partie réduit la dépendance de l'économie vis-à-vis
des revenus des travailleurs expatriés en Afrique du Sud.
Le lancement du Highlands Water
Scheme, à la fin des années 1980, devait doter le Lesotho
de barrages capables d'alimenter en eau les zones industrielles du nord-est
de l'Afrique du Sud, et d'un complexe hydroélectrique permettant
au Lesotho d'être autonome sur le plan énergétique.
Échanges
L'unité monétaire
du Lesotho est le loti (pluriel : maloti) divisé en 100 lisente.
Le Lesotho, avec la Namibie, le Swaziland et l'Afrique du Sud, est membre
de la Common Monetary Area, la zone monétaire commune. La majorité
des échanges commerciaux s'effectuent avec l'Afrique du Sud, dans
le cadre de l'Union douanière sud-africaine (SACU). Le commerce
est déficitaire avec 1 003 millions de dollars importés,
et 134 millions de dollars exportés en 1993. Au début des
années 1990, le Lesotho possédait environ 600 km de routes
goudronnées, et 6 740 km de routes non goudronnées. Malgré
d'importants travaux, de nombreuses régions montagneuses ne sont
encore pas accessibles aux véhicules, d'où le recours aux
transports aériens. Un nouvel aéroport international, desservant,
Maseru a été achevé vers 1985. Maseru est reliée
par voie ferrée à l'Afrique du Sud.
HISTOIRE
Formation de la nation sothoe
Les premiers habitants de cette
région ont été les Bochimans. Les premiers groupes
d'éleveurs basotho s'établissent sur ce territoire montagneux
au XVIIIe siècle, cherchant à échapper tant à
l'expansion des Zoulous et des autres Ngounis qu'à la progression
des colons néerlandais. L'unité de la nation sothoe est réalisée
durant le Mfecane (conflits nés au XIXe siècle de la rencontre
des expansionnismes boers et zoulous) par l'un des chefs les plus remarquables
de l'Afrique méridionale du XIXe siècle, Moshoeshoe Ier.
À partir de 1838, ce dernier combat les Afrikaners. Ses défenseurs
étant cependant trop peu nombreux et moins bien armés que
les troupes adverses, le royaume se place sous la protection britannique
en 1868. Devenu un protectorat au sein de l'Empire britannique, le royaume
prend le nom de Basutoland.
Du protectorat britannique à
l'indépendance
En 1871, les Britanniques placent
le Basutoland sous le contrôle de la colonie du Cap, contre le gré
des Sothos qui se soulèvent. La Grande-Bretagne reprend le contrôle
direct du territoire en 1884. Contre le vœu des chefs sothos, le South
African Act of Union de 1910 prévoit l'intégration de la
région à l'Afrique du Sud, mais le pays reste autonome et
s'oppose à son annexion.
La fondation du parti du Congrès
des Basotho (Basotho Congress Party, BCP) en 1952 marque la naissance d'une
vie politique moderne au Lesotho. Le BCP remporte les premières
élections de 1960 mais est battu, en 1965, par le Basotho National
Party (BNP), fondé en 1958. Son dirigeant, le chef Joseph Leabua
Jonathan, est nommé Premier ministre. Le Basutoland devient indépendant
sous le nom de Lesotho le 4 octobre 1966.
Le Lesotho indépendant
À l'indépendance,
le Lesotho devient une monarchie et le chef suprême des Sothos, Moshoeshoe
II, accède officiellement au trône. Les dirigeants du Lesotho
doivent faire preuve de pragmatisme à l'égard de l'Afrique
du Sud, dont ils reçoivent le soutien, tout en rejetant l'apartheid.
À la veille des élections de janvier 1970, Jonathan, craignant la défaite de son parti, annule le scrutin et déclare l'état d'urgence. Gouvernant par décret jusqu'en 1973, il fait arrêter les chefs du BCP, interdit les partis d'opposition et suspend la Constitution et le Parlement. Après l'échec d'une révolte armée en 1974, les dirigeants du BCP doivent s'exiler et forment un groupe armé, la Lesotho Liberation Army. Jonathan accuse le gouvernement sud-africain d'héberger et d'encourager les rebelles. Les relations avec l'Afrique du Sud s'enveniment encore dans les années quatre-vingt, lorsque Jonathan refuse de chasser du Lesotho des membres exilés du Congrès national africain (African National Congress, ANC), mouvement nationaliste noir en lutte contre le régime d'apartheid. Par deux fois, en 1982 et 1985, les forces sud-africaines organisent deux raids sanglants au Lesotho, contre l'ANC.
En 1986, Jonathan est renversé par un coup d'État. Les pouvoirs exécutif et législatif sont officiellement confiés au roi Moshoeshoe II, mais, en pratique, ils sont exercés par un Conseil militaire dirigé par le général de division Justin Lekhanya. À la suite d'une lutte d'influence avec le conseil, Moshoeshoe II est exilé en mars 1990. Son fils aîné, le prince Bereng Seeisa est couronné sous le nom de Letsie III, en novembre de la même année. En avril 1990, Lekhanya est destitué du conseil militaire. Peu après, le Conseil annonce des élections pluripartites pour 1992. Les élections, qui n'ont lieu qu'en mars 1993, donnent la victoire au BCP. Le chef du parti, Ntsu Mokhehle, devient Premier ministre. En août 1993, dans un contexte de grave crise politique, Letsie III suspend la Constitution, dissout le Parlement et renvoie le gouvernement. Le mois suivant, après l'intervention du Botswana, de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe, le roi rétablit le gouvernement de Ntsu Mokhehle, la Constitution et le Parlement et abdique en faveur de son père. Moshoeshoe II rentre au Lesotho début 1995 et est restauré sur le trône le 25 janvier. La situation politique du pays paraît dès lors stabilisée jusqu'au décès accidentel du souverain en 1996. Letsie III, revenu au pouvoir, est accusé l'année suivante par l'armée d'abriter des policiers recherchés par la justice. En juin 1998, la contestation par l'armée et la population du résultat des élections favorables au Congrès du Lesotho pour la démocratie (LCD), le parti au pouvoir, entraîne des désordres et des pillages. Des troupes d'Afrique du Sud et du Botswana sont appelées par le Premier ministre Pakalitha Mosisili, sans l'assentiment du souverain qui s'élève contre l'intervention sud-africaine. Très pointilleuse sur la nature de ses relations avec Pretoria, la population sotho accuse son voisin de considérer le Lesotho comme sa «onzième» province.
Source :
Microsoft Encarta 2001

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier