Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
DE 1982 A 1997

LE PAYS DE 1982 A 1998

Le Lésotho (1,4 million d'habitants) et le Swaziland (0,6 million d'habitants), anciens protectorats britanniques devenus théoriquement indépendants, sont enclavés en territoire sud-africain. En 1982 et au début de 1983, une série de troubles ont eu lieu, fruits de la pression que l'Afrique du Sud exerce sur ces petits royaumes, où se développent des conflits internes compliqués. Au Swaziland, la mort du roi en août 1982 a ouvert, compte tenu des traditions tribales, une longue période de succession dont les Sud-Africains ont tiré parti pour tenter de mettre en place un successeur à leur dévotion. Au Lésotho, la politique du souverain déplaisant à l'Afrique du Sud, celle-ci soutient un "Mouvement de libération du Basutoland" (c'est l'ancien nom du Lésotho) qui mène une série d'attentats. En mars 1983, le gouvernement du Lésotho a même fait savoir que l'armée sud-africaine risquait d'intervenir directement.

Le Lésotho (1,4 million d'habitants) et le Swaziland (610 000 habitants) sont enclavés dans la République d'Afrique du Sud. Leur pauvreté, à l'instar des Bantoustans, est aggravée par les effets de la sécheresse. Au Swaziland, le kwashiorkor est apparu et la mortalité infantile est alarmante. Ce pays collabore avec l'Afrique du Sud, qui y intervient pour traquer et assassiner les réfugiés de l'ANC. La famille royale swazie est très divisée et, en août 1983, la reine Ntombi a évincé la reine Delizwe. Des "élections" ont lieu pour pourvoir 50% des sièges de l'Assemblée nationale, le reste étant nommé, mais le pouvoir suprême appartient de fait au Liqoqo, conseil suprême.

Quant au Lésotho, dont la politique n'a pas l'heur de plaire suffisamment à Pretoria, il est victime de raids et d'attaques sud-africains, dont certains sont montés sous le couvert d'une "Lesotho Liberation Army". Le Lésotho abrite des réfugiés sud-africains, et en particulier des membres de l'ANC (11 500 réfugiés au total fin 1983). Les ressources de ce pays encerclé proviennent à 50% des revenus des travailleurs lésothos en Afrique du Sud. Le Lésotho a diversifié ses relations internationales avec les pays socialistes.

Totalement enclavé, le Lésotho (1,5 million d'habitants) a une économie largement dépendante de l'Afrique du Sud. Non seulement il fait partie de l'Union douanière sud-africaine (South African Customs Union, SACU) et de la zone rand, mais 150 000 personnes sur une population active de 630 000 travaillent en République sud-africaine (RSA), dans les mines. En 1984, les revenus provenant de la SACU représentaient deux tiers du budget de l'État.

L'Afrique du Sud n'a pas hésité à jouer de cette dépendance pour tenter d'imposer au gouvernement de Maseru un pacte de non-agression et de bon voisinage. Après des menaces en août 1984, le Premier ministre sud-africain, M. Pieter Botha, a annoncé en septembre que le grand projet de centrale hydraulique ne verrait pas le jour si le pacte n'était pas signé. Pretoria n'a pas reculé non plus devant l'intervention militaire et, à Maseru, on se souvient du raid sud-africain de décembre 1984 qui avait fait quarante-deux morts. Elle a utilisé également l'opposition basotho, notamment l'aile armée du Basutholand Congress Party (BCP), la Lesotho Liberation Army (LLA), qui opère à partir de l'Afrique du Sud pour commettre des attentats.

Le régime blanc sud-africain a essayé de faire comprendre à Joseph Leabua Jonnathan, Premier ministre et chef du pouvoir exécutif, qu'il devrait fermer ses frontières aux opposants de l'apartheid et chasser les 10 000 réfugiés parmi lesquels se trouvent des militants de l'African National Congress (ANC). Aux pressions sud-africaines, le Lésotho a répondu en diversifiant ses relations internationales, notamment vis-à-vis des pays socialistes. Il a même reçu pour la première fois, en juin 1984, une délégation soviétique venue signer un accord de coopération bilatérale. Par ailleurs, le pays a entrepris la construction d'un aéroport international financé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de 58 millions de rands. Il représente la seule fenêtre vers l'extérieur de cette monarchie constitutionnelle dont le roi est Moshoesho II.

Comme un grand nombre de pays, le Lésotho, qui figure déjà parmi les vingt-cinq États les plus pauvres du monde, a souffert de la sécheresse. Celle-ci a touché durement le cheptel d'ovins, de bovins, de caprins et de chevaux. La production de blé, de mil et de sorgho a chuté de 200 000 tonnes à 53 000 tonnes en 1984. En avril 1984, l'état d'urgence alimentaire a été décrété, et les Nations Unies ont décidé d'accorder une aide d'urgence de 1,2 million de dollars qui sont venus s'ajouter à celle de la CEE.

La vie politique au Lésotho a connu en 1985-1986 deux événements qui illustrent bien la dépendance étroite de ce petit royaume enclavé dans l'Afrique du Sud. En effet, sur le plan économique, le pays dépend de son voisin pour plus des deux tiers de ses échanges. A l'instar des bantoustans, le Lésotho manque de terres cultivables et on évalue à 10% la partie de sa population obligée d'émigrer annuellement. Selon le FAO, la récolte de céréales a toutefois retrouvé un niveau moyen après les dures années de sécheresse.

Le 20 décembre 1985, la capitale, Maseru, a essuyé un raid, par la suite revendiqué par la Lesotho Liberation Army, organisation dont les liens avec Prétoria sont avérés. Le raid a fait neuf morts parmi les réfugiés sud-africains, dont la plupart appartenaient au Congrès national africain (ANC).

C'est bien la question de l'attitude du Lésotho vis-à-vis de Prétoria qui sous-tendait le blocus économique organisé par l'Afrique du Sud en janvier 1986. Le chef de l'État, Lebua Jonathan, qui avait gardé ses distances par rapport à Prétoria, a fini par être victime des effets de ce blocus: il a été renversé à la mi-janvier 1986 par un coup d'État qui a porté au pouvoir le colonel Justin Lekhanya à la tête d'un conseil militaire favorable à la coopération avec le régime de l'apartheid (la fraction favorable à l'ANC ayant été éliminée). Bien que le nouveau gouvernement n'ait pas signé de pacte avec Prétoria, un premier contingent de soixante réfugiés de l'ANC a été expulsé vers la Zambie en janvier 1986...

Le chef Leabua Jonathan, qui fut pendant dix-neuf ans le Premier ministre et seul maître du royaume du Lésotho, n'aura guère survécu à son renversement par un coup d'État militaire. Il est mort d'une crise cardiaque le 6 avril 1987, à l'âge de soixante-treize ans, dans un hôpital de Maseru, la capitale de ce royaume montagneux enclavé au coeur de l'Afrique du Sud. Jonathan avait été renversé le 20 janvier 1986 par un putsch qui avait porté au pouvoir un Conseil militaire dirigé par le général Justin Lekhanya. Le coup d'État avait fait suite à un blocus économique imposé par l'Afrique du Sud, qui reprochait au chef Jonathan de se montrer trop complaisant avec les réfugiés du Congrès national africain (ANC).

Deux autres anciens dirigeants ont trouvé la mort, mais dans des conditions plus brutales: l'ancien ministre de l'Information, Desmond Sixishe, et celui des Affaires étrangères, Vincent Makhele, ainsi que leurs épouses, ont été enlevés par des "hommes armés" non identifiés et exécutés en novembre 1986. Trois officiers sympathisants de l'ancien régime ont également trouvé la mort en prison au cours de la première année du nouveau pouvoir.

Le général Lekhanya s'est montré bien plus conciliant que son prédécesseur à l'égard de l'Afrique du Sud, expulsant réfugiés de l'ANC et prêtres contestataires, rompant aussi les relations diplomatiques avec la Corée du Nord - mais pas avec l'URSS. Il a également signé avec Prétoria un important accord sur le détournement des eaux du fleuve Orange, qui était en discussion depuis des années.

Depuis le coup d'État qui a porté au pouvoir le général Metsing Lekhanya, en janvier 1986, l'indépendance du Lésotho est beaucoup plus formelle ; le pays, entièrement enclavé dans le territoire sud-africain, ne se distingue que faiblement des bantoustants voisins. Avec un peu plus d'un million et demi d'habitants, il dépend étroitement des quelques 600 millions de rands de revenus rapatriés par ses ressortissants employés dans les mines sud-africaines (environ 130 000 personnes).

C. Moseli, le responsable du principal parti d'opposition a été arrêté en juin 1987 ; en août, l'opposition a réclamé le retour à l'application de la Constitution, suspendue depuis 1986 ; des négociations avec la junte ont été annoncées en septembre 1987. Il ne s'agit pas, en tout état de cause, d'un retour à la démocratie, puisque le pays n'a pas connu d'élections. La junte appuie la lutte de l'État sud-africain contre l'ANC (Congrès national africain). A la fin mars 1988, Mazizi Maqekeza, membre de cette organisation, a été assassiné sur son lit d'hôpital à Maseru.

Le roi Moshoeshoe II, qui s'est vu rétablir certains pouvoirs par la junte, a rencontré le président Ronald Reagan, qui a annoncé une aide américaine de 17,5 millions de dollars en octobre 1987. La grande "affaire" économique du pays reste pour plusieurs années encore, le financement du projet hydroélectrique géant du Drakensberg, parrain par l'Afrique du Sud, à qui il profitera pour l'essentiel.

Affaibli par de mauvais résultats agricoles permanents, le Lésotho, en 1988, comme dans les années précédentes, n'a vécu que de l'aide internationale. Par ailleurs, le pays a obtenu du FMI un crédit de 9,6 millions de droits de tirage spéciaux dans le cadre d'un plan d'ajustement structurel négocié pour la période avril 1988-mars 1991. Le rapatriement des salaires des Basotho émigrés en Afrique du Sud a connu un essoufflement en 1988.

L'omniprésence sud-africaine s'est encore renforcée avec l'éviction, le 1er août, du seul ministre favorable au Congrès national africain (ANC), Khalaki Sella, la mise en oeuvre progressive du projet hydraulique (électricité et irrigation) des Higlands, et l'intervention musclée de l'armée sud-africaine au cours de la prise en otage de 71 pèlerins lors de la visite du pape (13-14 septembre). Ce ne sont ni la signature d'un accord de coopération avec la Nigeria ou la Chine populaire, ni la construction de deux usines métallurgiques à Maseru qui pourront réduire significativement cette dépendance tant politique qu'économique. Le Conseil militaire, parcouru de tensions et affecté par l'annulation judiciaire de l'état d'urgence, le 8 mai 1988, a continué à museler l'opposition qui ne peut s'exprimer que par le biais des interventions et pressions croissantes d'une Église catholique "dopée" par la visite du pape.

Plongée dans un scandale financier qu'elle a tenté d'étouffer en expulsant les journalistes les plus actifs, et divisée par des conflits politiques, l'équipe dirigeante du pays n'a vu d'autre ressource que de poursuivre une politique de coopération politique et économique avec l'Afrique du Sud. Le programme d'exploitation des ressources en eau (Lesotho Highlands Water Scheme), défini avec ce pays, a été lancé sous forme d'adjudications internationales.

Parallèlement, le pouvoir a cherché à attirer les investissements étrangers et notamment ceux de pays en situation diplomatique délicate tels que l'Afrique du Sud et Taïwan, pour essayer de constituer une véritable structure économique nationale. Mais la totale dépendance économique et politique à l'égard du voisin sud-africain et l'absence de ressources locales rendent ces projets largement inopérants.

Le gouvernement du général Metsing Lekhanya s'est engagé dans un lent processus de consolidation. Au niveau politique, cela s'est traduit par l'exil du roi Moshoeshoe II (mars 1990), par d'importantes réorganisations ministérielles et par la nomination d'une Assemblée constituante de 109 membres (dont seuls 20 ont été élus), chargée de préparer le retour du pays à la démocratie en juin 1992. En novembre 1990, le roi qui cherchait à revenir a été déposé au profit de son fils, aussitôt intronisé sous le nom de Letsie III.

En matière économique, M. Lekhanya a poursuivi la politique d'ajustement structurel initiée en 1988. La privatisation des compagnies aériennes nationales (passagers et fret), le démantèlement du monopole de fait des entreprises royales sur le commerce de la volaille et la réduction des dépenses publiques ont été les principales mesures nouvelles adoptées. Pour le reste, le pays a vécu dans l'attente de la réalisation des grands travaux hydrauliques des Highlands qui devraient donner au Lésotho une autosuffisance énergétique, de grandes capacités agricoles par recours à l'irrigation et des revenus importants grâce aux droits payés par l'Afrique du Sud, qui bénéficiera également de ces travaux.

Le renversement du général Metsing Lekhanya lors d'un coup d'État organisé par le colonel Elias Ramaena, le 30 avril 1991, a débouché sur une ouverture politique se traduisant notamment par la levée de l'interdiction des partis politiques.

Le pays a traversé une période économique délicate en 1991-1992. La réduction du nombre des travailleurs immigrés employés dans les mines d'or sud-africaines a fait augmenter le chômage et diminuer les transferts de devises générés par cette immigration. Par ailleurs, le pays a été contraint de faire appel à l'aide internationale pour juguler une famine causée, notamment, par une succession de sécheresses et d'inondations. La poursuite des travaux du Lesotho Highlands Water Project (projet hydraulique des Highlands) est apparue ainsi comme le seul réel espoir de développement économique du pays.

Le gouvernement du major général Elias Ramaema, au pouvoir depuis 1991, a fait, à son tour, l'expérience de l'enclavement politique. La libéralisation amorcée dès le début 1991 et qui a débouché sur l'enregistrement de 17 partis politiques a fait long feu, les élections promises pour le 28 novembre 1992 ayant été repoussées sine die pour des raisons "techniques". Le pays a continué à vivre au rythme des travaux du Highlands Water Scheme (projet hydraulique des Highlands devant lui permettre de produire sa propre électricité et de vendre son eau à l'Afrique du Sud) et des évolutions politiques internes de ce grand voisin.

Certains milieux politiques de l'opposition ont commencé d'ouvertement envisager l'incorporation du Lésotho dans une Afrique du Sud recomposée. En attendant, le pays a continué à appliquer les directives du programme d'ajustement structurel de l'économie, mis en place en 1988, ce qui lui a permis de bénéficier de crédits du FMI (Fonds monétaire international) (6,04 millions DTS - droits de tirage spéciaux), de l'Agence américaine pour le développement international - IDA - (7,2 millions DTS) et de la CEE.

Les premières élections libres depuis 1970 ont donné, le 28 mars 1993, une écrasante victoire au Basutholand Congress Party (BCP), parti d'opposition dirigé par Ntsu Mokhehle, au détriment des chefs tribaux, du Basutholand National Party (BNP) et du pouvoir royal. Le nouveau Premier ministre Ntsu Mokhele s'est trouvé rapidement confronté à une grogne syndicale sévèrement réprimée, et, de novembre 1993 à février 1994, à plusieurs mutineries au sein de l'armée.

Elles étaient le fait de jeunes officiers mécontents des soldes et de l'intégration engagée des membres de l'Armée de libération du Lésotho (originellement des rebelles en exil luttant contre le régime autoritaire de Joseph Lebua Jonathan au pouvoir de 1965 à 1986) dans les forces nationales de défense. Ces affrontements sanglants ont été arrêtés en février 1994 grâce à la médiation du Botswana et à la constitution d'une force tripartite d'observation constituée de représentants de l'Afrique du Sud, du Zimbabwé et du Botswana.

La crise politique ouverte par l'élection du président Ntsu Mokhehle et la victoire de son parti, le Basutholand Congress Party, en mars 1993, s'est prolongée tout au long de 1994. L'incapacité de la nouvelle direction à prendre en main la direction politique et administrative du pays et à gérer la restructuration des forces armées et de la police a débouché sur deux mutineries et le rapt et le meurtre de plusieurs ministres en avril et en mai 1994.

L'Afrique du Sud, le Botswana et le Zimbabwé ont, dans un premier temps, essayé sans résultat de faire office de médiateurs dans la crise. Le 17 août 1994, soutenu par l'armée et le Basutholand National Party (minoritaire), le roi Letsie III (qui avait été renversé en 1991) organisait un coup de force en suspendant le Parlement, en renvoyant le gouvernement légitime et en formant un nouveau cabinet provisoire. Sous la pression convergente de la population et des trois États voisins, le gouvernement de Ntsu Mokhehle a été réinstallé le 14 septembre suivant, le Parlement reconvoqué et la Constitution remise en vigueur. Le roi Letsie III a abdiqué et a obtenu, le 25 janvier 1995, le retour sur le trône de son père, le roi Moshoeshoe II, déposé en 1990.

Le retour du roi légitime et la pression continue des médiateurs internationaux, qui ont imposé dans le pays ce que certains n'ont pas hésité à appeler une "solution à la haïtienne", ont paru susceptibles de stabiliser un régime politique en pleine perdition.

Le retour sur le trône de Moshoeshoe II, le 25 janvier 1995, avait marqué l'aboutissement de la crise politique de 1994 et la fin de l'insurrection d'une partie des forces armées. Les troubles politiques se sont cependant poursuivis entre les forces de sécurité et le gouvernement de Ntsu Mokhehle, entretenant l'incapacité de Maseru à contrôler son appareil coercitif. Aux revendications salariales des policiers, en juin 1995, se sont ajoutées en août les manifestations des fonctionnaires face à un projet visant à limiter leur droit syndical.

La stabilité du royaume est apparue d'autant moins garantie que la mauvaise santé du Premier ministre, âgé de soixante-seize ans, et surtout le décès accidentel du roi Moshoeshoe II, le 15 janvier 1996, ont encore affaibli les structures du pouvoir. La disparition du roi est venue alimenter le débat, déjà vif, sur l'avenir de la monarchie, et sur l'existence même du pays comme entité indépendante.

De plus, au moment où était engagé un vaste projet hydroélectrique, mené conjointement avec l'Afrique du Sud, et devant assurer à terme au pays la couverture de ses besoins énergétiques, la situation économique aggravée par une forte sécheresse en 1995, restait incertaine. En matière financière, la possibilité donnée en octobre 1995 par le gouvernement sud-africain aux ouvriers transfrontaliers travaillant sur son territoire depuis 1986 d'obtenir un visa de résidence permanente a fait craindre au gouvernement basotho une réduction massive des rentrées monétaires liées au travail migratoire.

Le Premier ministre Ntsu Mokhehle a semblé vivre ses derniers jours au pouvoir. Lors du dernier congrès du Basotho Congress Party (BCP), fin mars 1997, une motion de défiance lui retirant la direction de son parti a été votée. Ce désaveu a fait suite à des révélations en Afrique du Sud sur sa complicité dans des raids sud-africains en territoire basotho dans les années quatre-vingt. Ntsu Mokhehle a cependant obtenu d'un tribunal l'annulation de cette décision, annonçant par là même son retrait de la vie politique avant les élections générales de mars 1998.

Les critiques se sont aussi appuyées sur son incapacité à enrayer l'instabilité persistante au sein des forces de sécurité. Alors que la fidélité d'une partie de l'armée restait aléatoire, le gouvernement a dû à nouveau faire face à une rébellion dans la police. Le soutien d'une grande partie des commissariats de Maseru avait conduit en février 1997 à une situation insurrectionnelle, que le gouvernement a d'abord tenté de contrôler par la voie des négociations, avant de la réprimer par les armes après accord des États voisins.

Ce contexte n'a pas facilité la mise en oeuvre de réformes économiques, alors que le FMI avait décidé en septembre 1996 d'accorder un crédit supplémentaire. Sur le plan structurel, la contrepartie à ce nouveau crédit devrait se traduire par le démantèlement de la réglementation agricole, la refonte du système d'imposition, le contrôle des dépenses publiques et la poursuite du programme de privatisations.

Source :
L'Etat du Monde, 1981-1998


 
 
 
 

Afrique : histoire, economie, politique

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier