
Malawi, officiellement république du Malawi, pays d'Afrique de l'Est enclavé entre la Tanzanie au nord-est, le Mozambique à l'est et au sud, et la Zambie à l'ouest. Ce petit pays de 118 484 km² s'étire le long du lac Malawi, frontière naturelle avec la Tanzanie et le Mozambique. Un quart de son territoire est constitué par des lacs. Il a pour capitale Lilongwe. Ancien protectorat britannique du Nyasaland, le Malawi, indépendant depuis 1964, intégré au Commonwealth, est un pays charnière entre l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe.
Relief et hydrographie
S'étirant sur environ 825
km du nord au sud pour une largeur de 80 à 160 km, le Malawi est
un pays montagneux que traverse du nord au sud la Rift Valley, fossé
tectonique qui a donné naissance au lac Malawi, le troisième
plus grand lac africain qui s'étend sur une grande partie du pays.
La rivière Chire (ou Shire) part de l'extrémité sud
du lac pour aller se jeter dans le Zambèze au Mozambique. De part
et d'autre de la Rift Valley, le terrain s'élève pour former
de hauts plateaux entre 900 et 1 200 m d'altitude, culminant à 2
440 m dans les hautes terres de Nyika, dans le Nord. Au sud du lac Malawi
se trouvent les montagnes du Chire, qui s'élèvent jusqu'à
3 000 m.
Climat
Le climat du Malawi varie avec l'altitude.
Dans la vallée du Chire, il est chaud et humide, avec des températures
moyennes de 23,3 à 25,6°C. Sur les hauts plateaux, le climat
est plus tempéré. La saison des pluies dure de novembre à
avril. Les moyennes annuelles de précipitations varient de 1 780
mm sur les hauts plateaux à 890 mm dans les vallées.
Ressources naturelles
Presque exclusivement agricole,
le pays possède peu de richesses minières, en dehors de la
présence de marbre et de pierre à chaux. Une forêt
claire d'espèces de petite taille couvre de grandes parties du pays
et des arbres exploités pour le bois de charpente poussent dans
les gorges montagneuses et sur les rives des fleuves. Baobabs, acacias
et conifères poussent sur les hauts plateaux. On rencontre la plupart
des espèces de la faune africaine au Malawi : rhinocéros,
hippopotames, girafes, zèbres, singes et antilopes, mais aussi reptiles,
oiseaux et insectes multiples. Les fleuves et les lacs abondent en poissons.
Démographie
Avec une population estimée
à 9,8 millions d'habitants en 1998, le Malawi est l'un des pays
les plus densément peuplés d'Afrique (83 habitants au km²).
La densité s'élève encore dans le sud du pays, région
la plus riche. Sa structure démographique est caractéristique
des pays africains : une croissance naturelle forte (3,31 p. 100); une
mortalité infantile élevée (133,8 p. 1 000); une faible
espérance de vie, avec une moyenne de 36,6 ans. Le Malawi est particulièrement
touché par le sida. Entre 1985 et 1995, la maladie a causé
la mort de 130 000 personnes et l'on estime que, d'ici l'an 2000, elle
laissera 800 000 enfants orphelins.
Les principales communautés
sont les Chewas (43 p. 100 de la population totale), les Ngounis (10 p.
100), les Lomwes, les Nyanjas et les Yao. Les descendants des colons d'origine
anglaise et les Indiens, représentent moins de 0,5 p. 100 de la
population.
Découpage administratif
et villes principales
Le Malawi est faiblement urbanisé
: 14 p. 100 seulement des habitants habitent les villes. Lilongwe (235
000 habitants environ), devenue capitale en 1975, est moins importante
que l'ancienne capitale, Blantyre, qui forme avec Limbe une agglomération
de quelque 400 000 habitants, le centre commercial et industriel du pays.
Le Malawi se divise en trois régions administratives et 24 districts.
Langues et religions
L'anglais et le chichewa sont les
langues officielles, mais plusieurs autres langues bantoues sont aussi
parlées au Malawi. 60 p. 100 des habitants sont chrétiens,
généralement protestants, 20 p. 100 pratiquent des religions
traditionnelles, et environ 15 p. 100 sont musulmans.
Éducation
En 1995, 56,4 p. 100 de la population
était alphabétisée. Le niveau de scolarisation demeure
cependant faible : en 1990, 52 p. 100 des enfants de 12 à 17 ans
étaient scolarisés; 0,8 p. 100 de la classe d'âge concernée
poursuivait des études supérieures. L'université du
Malawi à Zomba (fondée en 1964) formait près de 2
300 étudiants à la fin des années 1980. La scolarisation
des enfants est globalement plus importante au nord, où les missions
chrétiennes furent toujours mieux implantées.
Institutions et vie politique
La Constitution amendée de
1966 a institué un régime présidentiel, multipartite
depuis 1994. En mai 1994, à l'issue des premières élections
démocratiques, Bakili Muluzi, dirigeant de l'opposition, était
élu président de la République, contre Hastings Kamuzu
Banda, au pouvoir depuis l'indépendance. Les élections législatives
virent la victoire du Front démocratique uni (UDF, United democratic
Front), principale formation d'opposition, qui emporta la majorité
des sièges au parlement monocaméral, constitué de
141 membres élus au suffrage universel pour cinq ans. Jusqu'en 1994,
tous les députés appartenaient au seul parti autorisé,
le Parti du congrès du Malawi (MCP).
ÉCONOMIE
En 1994, le produit national brut (PNB) était de 1,7 milliard de dollars, en régression de 8 p. 100 par rapport à l'année précédente. Le PNB par habitant était de 180 dollars; le Malawi est l'un des pays les plus pauvres du monde. L'économie, essentiellement agricole, a subi de catastrophiques sécheresses en 1992 et 1994.
Agriculture
L'agriculture, qui occupe 70 p.
100 de la population active et contribue pour 33 p. 100 au PNB, constitue
la seule richesse véritable du pays, mais elle demeure tributaire
des aléas climatiques. Les cultures principales sont le maïs,
la canne à sucre, les fruits et les légumes, auxquels s'ajoutent
les cultures commerciales : thé, cacahuètes, sucre et tabac
(7e producteur mondial en 1998). Ce secteur représente environ 90
p. 100 des exportations. L'industrie de pêche, destinée à
la consommation interne et centrée à Nkhotakota, sur la côte
ouest du lac Malawi, est en expansion : les prises s'élevaient à
53 890 t en 1996. Le pays possède également un important
élevage de caprins (1,3 millionde têtes).
Mines et industries
Le potentiel minier est très
peu exploité et le secteur industriel, essentiellement contrôlé
par les Indiens, demeure sous-développé. Il concerne principalement
les produits alimentaires, les boissons alcoolisées, les tabacs,
le ciment, les textiles, les outils et les chaussures, tous destinés
à la consommation interne.
L'électricité du Malawi
est d'origine hydroélectrique à 98 p. 100.
Échanges
La monnaie est le kwacha, divisé
en 100 tambalas.
Le commerce est habituellement déficitaire.
En 1993, le taux de couverture des importations par les exportations était
de 67 p. 100. Les exportations concernent les produits agricoles, les produits
importés sont essentiellement des produits manufacturés,
des engrais, des machines, des automobiles, des textiles et du pétrole.
Le Malawi connaît de grands
problèmes de transport en raison de son enclavement. Quelque 789
km de voies ferrées, un réseau routier de 16 451 km, l'importante
voie navigable du lac Malawi, et les lignes internationales et nationales
à partir de l'aéroport de Lilongwe compensent difficilement
ce handicap.
Le Malawi pré-colonial
Des vestiges de l'âge de Pierre
et de l'âge de Fer tardif ont été mis au jour autour
du lac Malawi. Des peuples bantous s'installèrent dans la région
au Ier siècle apr. J.-C. Le pays connut une succession de royaumes,
en relation avec les commerçants swahili des régions côtières
du Mozambique et avec le Zimbabwe. Au XIVe siècle, le royaume des
Chewas dominait la région s'étendant au nord-ouest du lac
Malawi. Les Yao, pasteurs nilotiques venus du Sud soudanais, s'établirent
dans le pays à partir du XVIIIe siècle. Les Ngounis quittèrent
l'Afrique du Sud lors des Mfecanes (conflits nés de la création
du peuple zoulou et de l'arrivée des Boers). Chassés par
l'expansion zouloue, ils poussèrent jusqu'au nord du pays.
Après l'arrivée de commerçants portugais, dont les métis (Pomberos) qui, remontant le Zambèze, étaient parvenus jusque dans le sud du pays dès le XVIIe siècle, s'organisa un vaste trafic d'esclaves. Les Européens n'eurent connaissance de l'existence du lac qu'en 1859, lorsque David Livingstone parvint sur ses rives. Livingstone dénonça les ravages provoqués par la traite des Noirs, organisée par les commerçants portugais et arabes. Son expédition ouvrit la voie à l'établissement, à partir de 1875, des missions, protestantes au sud, catholiques dans le Centre. Les missionnaires furent bientôt suivis par des commerçants britanniques. Un consul britannique s'établit dans le pays en 1883. Des affrontements avec les marchands d'esclaves et la volonté de stopper l'expansion du Portugal et de l'Allemagne amenèrent les Britanniques à négocier avec les souverains indigènes la déclaration formelle d'un protectorat en 1891, qui prit le nom de Nyasaland en 1907.
Une colonisation mouvementée
Pendant la Première Guerre
mondiale, le pasteur John Chilembwe, qu'indignaient la participation forcée
de ses compatriotes à l'effort de guerre britannique et de l'accaparement
des terres par les colons, organisa une révolte brève, et
sévèrement réprimée, dans la région
de Blantyre. Dans l'entre-deux-guerres, de nouveaux colons s'établirent
dans le Nyasaland, développant les cultures d'exportation tandis
que les autochtones étaient utilisés comme main-d'œuvre dans
les mines et industries des Rhodésies (aujourd'hui Zambie et Zimbabwe).
En 1933, le Nyasaland passa sous le régime de l'indirect rule (voir Britannique, Empire). La Seconde Guerre mondiale marqua l'essor des mouvements nationalistes. En 1944, James Sangala fonda le Congrès africain du Nyasaland (NAC, Nyasaland African Congress), dont Hastings Kamuzu Banda, médecin immigré à Londres, devint le représentant en Grande-Bretagne. À partir de 1953, le Naysaland fut intégré, durant dix ans, au sein d'une fédération comprenant les Rhodésies du Nord et du Sud (aujourd'hui Zambie et Zimbabwe). Cette fédération suscita une vive opposition de la part de la population autochtone du protectorat, qui redoutait de voir s'étendre à son pays le régime de ségrégation raciale en vigueur dans les territoires voisins. En 1959, une campagne de désobéissance civile, menée par Banda, qui avait été élu président du Parti du congrès du Malawi (MPC, Malawi Congress Party), nouvelle dénomination du NAC, fut suivie d'importantes émeutes dans le nord du pays. L'année suivante, une conférence constitutionnelle s'ouvrait à Lancaster. Après la dissolution de la fédération, en 1963, le Nyasaland obtint l'autonomie; Hastings Kamuzu Banda devint Premier ministre. Le protectorat accéda à l'indépendance le 6 juillet 1964 et prit son nom actuel.
Le Malawi indépendant
Après la proclamation de
la république, le 6 juillet 1966, Banda fut élu président
par l'Assemblée nationale. En novembre 1970, un amendement de la
Constitution fit de lui le président à vie du Malawi. Il
put ainsi diriger le pays autoritairement en s'appuyant sur le parti unique,
le MPC. Banda maintint habilement, en politique extérieure, une
stricte attitude de neutralité, conservant de bonnes relations tant
avec les autres pays de la «ligne de front», à dominante
socialiste et hostile aux régimes ségrégationnistes
de Rhodésie du Sud et d'Afrique du Sud, qu'avec ces derniers. Il
maintint également des relations amicales avec le Mozambique, sous
la domination du Portugal de Salazar jusqu'en 1975. Cette politique très
contestée servait les intérêts commerciaux du Malawi
mais limitait son influence sur le continent africain.
La récession économique
et l'afflux de réfugiés mozambicains au début des
années quatre-vingt-dix contribuèrent à déstabiliser
le président Banda, de plus en plus contesté, à l'intérieur
comme sur le plan international, en raison de son autoritarisme et de l'élimination
des opposants politiques. La population lui reprochait également
son mode de vie essentiellement anglo-saxon, et sa méconnaissance
des coutumes et de la langue locale (il ne s'exprimait qu'en anglais et
était toujours accompagné d'un interprète).
Il accepta l'instauration du multipartisme en juin 1993, et perdit la présidence au profit de Bakili Muluzi en mai 1994. En 1995, Banda et son ancien bras droit, John Tembo, étaient arrêtés et inculpés pour le meurtre, en 1983, de trois ministres et d'un parlementaire. L'instruction du procès fut l'occasion, pour le MPC, l'ancien parti unique, allié à une formation de l'opposition, l'Alliance pour la démocratie, de multiplier les accusations de corruption contre le nouveau président. L'exacerbation des oppositions entre des partis à dominante communautaire et l'augmentation d'une criminalité recourant aux pratiques les plus violentes constituent une menace pour la démocratie, encore fragile. Le 15 juin 1999 ont eu lieu les élections générales qui, avec un important taux de participation, ont reconduit le président sortant Bakili Muluzi à la tête de l'État (pour un second mandat) ainsi que son parti, le Front démocrate uni (UDF), au Parlement.
Source :
Microsoft Encarta 2001

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier