Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Mali XIX
SYNTHESE DE DIFFERENTS ARTICLES PARUS DANS LA PRESSE AFRICAINE

- Octobre 1997 :

Selon un membre de la majorité présidentielle, « la goutte d’eau, ce fut la mort du sergent-chef Moussa Diarra, lynché par la foule lors d’une manifestation de l’opposition ». C’était le 10 Août et, suite à ce drame, les principaux leaders de l’opposition sont toujours maintenus en détention et confiés aux décisions de la machine judiciaire. A présent, l’opposition conditionne le dialogue proposé par le pouvoir à la libération de ses dirigeants. Le président Konaré notait le 22 Août : « des personnes ont été interpellées à la suite d’un meurtre ; tout se passera dans la cadre d’un état de droit et les enquêtes se poursuivront. Je crois qu’il est bon pour les personnes interpellées que la vérité soit établie et que le droit soit dit avec diligence, sans passion. Je comprend les difficultés réelles qui peuvent se poser aux autres responsables de l’opposition ».
Le droit de grâce dont dispose le président pourrait intervenir après une sentence de la justice régulièrement prononcée.
Dans cette atmosphère de crise prolongée, le pouvoir est amené à prendre également en compte une certaine radicalisation de l’Adema (parti du président), vis à vis de l’opposition. Le 3 septembre à Paris, Iba Ndiaye, secrétaire général de ce parti, déclarait : « Que les opposants n’aillent pas aux élections, on peut le comprendre, tout en le déplorant. Mais qu’ils agressent physiquement leurs adversaires, incendient les locaux de l’Adema à Bamako et à Ségou, détruisent le mobilier urbain et occasionnent 4 morts en quelques semaines, cela est inadmissible. Façe à cette escalade, les militants de l’Adema sont de plus en plus excédés ».
Pour surmonter l’échec qui entache aujourd’hui le parcours politique malien, le président Konaré, qui en appelle à la consolidation de la démocratie, considère que pour y parvenir, il n’y a pas d’autres arguments que le dialogue et la tolérance, mais dans le cadre d’un état de droit.
En tout cas, la crise actuelle démontre une difficulté initiale de ce nouveau cadre politique : une répartition sur l’échiquier des spécificités et des prérogatives des différentes sensibilités, la majorité d’entre elles étant au départ issu du tronc commun d’une révolution dirigée en 1991 contre un adversaire commun.
Selon Ndiaye, le Mali se dirige vers une recomposition du paysage politique. Aussi, il s’agit de tirer dès maintenant les leçons de la crise, d’abord en identifiant toutes les failles et faiblesses de cette jeune démocratie en vue d’une amélioration du cadre institutionnel pour une meilleure participation des acteurs à la vie de la nation. Dans cette perspective, le gouvernement de large ouverture proposé par Konaré ne serait qu’une étape d’apaisement, voire de la restauration d’une responsabilité collective, en évitant toutefois de pervertir les acquis en cédant à la tentation d’un gouvernement unique où les frontières deviendraient floues entre un pouvoir et son opposition.
Parmi les réformes les plus significatives proposées par le gouvernement, une révision du mode de scrutin car selon le président : « le scrutin majoritaire à un ou deux tours n’est pas adapté de nos jours à la situation politique où le niveau de culture civique et de culture démocratique est faible. Il faut avoir un scrutin de partage ». Les formations de la majorité présidentielle, qui jugent le mode de scrutin actuel (majoritaire) particulièrement écrasant et préjudiciable à un rapport de forces équilibré pour une jeune démocratie, militent également pour la révision de la charte des partis. La pouvoir et la majorité se disent favorables à un financement public des partis afin de faire évoluer le niveau de culture civique et démocratique. De plus, la garantie d’un tel financement des partis permet de moraliser le système général de financement de la vie publique.
Alors qu’il entame son dernier mandat de 5 ans, le président Konaré, confronté à la plus grande fièvre politique depuis son élection en 1992, se retrouve sur un nouveau chantier : donner une nouvelle impulsion à cette démocratie que l’on a dit exemplaire.

En Juillet 1997, on apprenait que la société d’eau et d’électricité (Energie du Mali : EDM), au capital de 2.5 milliards de francs FCFA, détenue à 97.3% par l’état, est en pleine restructuration en vue de sa privatisation. L’état devrait aussi se désengager des activités industrielles et de l’approvisionnement en eau potable ; il devait supprimer toute forme de monopole sur ces activités et faire participer le secteur privé.
Un plan de redressement financier d’EDM a été adopté en avril 1998 : maîtrise de la gestion et des coûts de l’entreprise, ajustement tarifaire, rééchelonnement de la dette de 14 milliards de FCFA….
Le gouvernement a aussi autorisé une hausse des tarifs du kWh de 12% : cette augmentation se fait par catégorie de consommateurs.
EDM a réalisé un bénéfice de 24.66 milliards de FCFA en 1997 (électricité et eau)..L’achèvement de la privatisation est prévue en Août 1999.

RETOUR DES EMIGRES :

Le désert occupe les deux tiers du vaste territoire malien. Seule la présence d’un fleuve, d’un point d’eau permet de temps à autre à un groupement, à une agglomération ou à une ville de se constituer.
Ceci est particulièrement vrai dans la région de Kayes, l’une des plus chaudes du pays, où la température avoisine souvent les 47 degrés ! !
On sait que bon nombre des 40 000 maliens installés officiellement en France et des 20 000 clandestins estimés proviennent de la région de Kayes. On sait aussi que les villes de Kayes et Tombouctou sont menacés par l’ensablement. Kayes fut la capitale du Soudan français.
Kayes ne s’est pas remise de la décolonisation, la désertification a fait le reste. La région dépend de l’extérieur pour une bonne partie de son alimentation.. autrefois elle produisait du mil, maïs et sorgho.
L’approvisionnement dépend du chemin de fer qui relie la vie à Bamako : de son bon fonctionnement dépend le ravitaillement.
Si les départs pour l’Europe ont surtout commencé en 1962, sous le régime socialiste de Modibo Keita, l’immigration fait aussi partie de l’histoire de la région ; les Bambara, Toucouleur et Sarakolé sont connus pour être des peuples de voyageurs ; près de 90% des immigrés sont des Sarakolé qui n’ont pas eu accès à l’éducation. Très jeunes, ils ont quitté leurs parents pour aller vendre leur force de travail à l’Europe. Le problème est que les premiers émigrés n’ont pas réalisé grand chose : en général, ils mettent 2 à 5 ans pour revenir. Il y a 10 ou 15 ans, les émigrés ont commencé à mettre en place des structures de production : élevage, exploitation de pirogues à moteur…
Des projets ont ressurgis dans la région de Kayes : on est passé de petits investissements souvent improductifs – mosquées, écoles, centres de santé – à la création de périmètres irrigués villageois, familiaux ou individuels. L’argent de l’émigration a été aussi investi dans des bâtiments, des mares, des bas-fonds destinés à aider les populations résidentes.
Signe de l’évolution, la création en 1996 de l’Association des migrants de retour dans la région de Kayes. Beaucoup sont aussi rentrés suite à la chasse aux immigrés qu’à entrepris la France ces dernières années.
Cependant, les moyens sont très faibles dans la région de Kayes et beaucoup ne font que survivre péniblement en cultivant de petits lopins de terre…il leur manque tout : eau, essence, moyens de locomotion…
Mais tous les maraîchers de Kayes n’ont pas des rapports aussi difficiles avec la terre. Dans la ville, certains ont creusé des puits équipés de motopompes et tirent de leurs parcelles des ressources pouvant atteindre 1 millions de FCFA par mois. Le problème est qu’il est difficile de demander des prêts à la banque car elle exige des garanties que la majorité ne peut fournir.
Certains sont revenus au pays avec l’assurance de bénéficier d’aides d’organisations françaises : ils n’ont jamais vu l’argent ou qu’une partie. Beaucoup montrent du doigt la Mission française de coopération (Migrations et Développements au Mali). Un commerçant déclare : « nous partons à l’extérieur pour venir en aide à notre famille, Kayes est la première ville du pays mais il n’y a pas une seule unité qui emploie 100 personnes ; même pas 200 hectares de terres irriguées pour cultiver du riz. Où vont les dollars de l’aide ? ». Le commerçant montre alors le thé importé d’Angleterre, le lait en poudre des Pays-Bas…au final, seuls l’huile et l’aliment pour bétail sont fabriqués au Mali. Et de conclure : « nous sommes obligés d’aller dans les pays qui produisent. C’est cela l’origine de l’immigration ».
Pourtant, nombreux sont ceux qui pensent que Kayes la délaissée pourrait être à nouveau courtisée : de l’or a été découvert dans la zone de Kéniéba, au sud de la région de Kayes, au milieu des années 1990, et fait l’objet d’une exploitation par des groupes d’Afrique du sud, du Canada et d’Australie.

Au Mali, la région se subdivise en cercles, eux-mêmes découpés en arrondissements, qui regroupent plusieurs villages. La région de Kayes, d’où sont originaires Moussa Traoré et Konaré, représente 10% du territoire nationale.
Première région en terme historique, la région de Kayes n’en demeure pas moins parmi les dernières sur le plan économique et, de l’avis de plusieurs observateurs, son millions d’habitants (dont 926 000 ruraux, 87% de la population) ne doit sa survie qu’aux nombreux émigrés qui fournissent 50 à 80% du budget des familles. Les émigrés maliens envoient 30 à 40% de leurs revenus au pays (119 millions de francs FF).
Le groupe de recherche sur le développement rural estime que ces transferts représentent en fait 20 à 40 milliards de FCFA par an. 30 à 50% seraient consacrés à la consommation des ménages : le reste est utilisé pour la construction d’un logement, la constitution d’un cheptel ou pour des investissements communautaires.
Certains disent que c’est l’exode qui a sauvé le pays car les mosquées, dispensaires, maternités ont été construits par la population émigrée. Ce n’est pas dans la ville de Kayes même que l’on retrouve les réalisations de la population expatriée mais dans les villages environnants dont ils sont originaires, à quelques dizaine de Km.
Il n’y a jamais eu d’investissement de l’état malien et de la plupart des bailleurs de fonds dans la région. Ce sont les associations intervillageoises qui assurent l’essentiel de la gestion des communes.
En plus de la construction des puits et des routes, ces associations font généralement du maraîchage, travaillent à l’amélioration des variétés de sorgho, à la fabrication du savon ou organisent des campagnes d’alphabétisation.

Août 1998 :

Un calme précaire. Les observateurs de la scène malienne s'accordent à qualifier ainsi la situation dans le pays. Le 21juin 1998 s'est tenue la première phase des élections cornrnunales. Depuis lors, les différents états-majors observent un repli qui annonce des lendemains houleux. Le Collectif des partis de l'opposition radicale (Coppo), qui a opté, une fois de plus, pour le boycott, qualifie les communales de «non-événement ». Ce qui n'empêche pas les principaux leaders du Collectif de revenir longuement sur le scrutin du 21 juin lors de leur conférence de presse du 5 juillet.
Pour le président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR). Choguel Maiga, les élections communales révèlent l'isolement du régime L'enfant terrible du Collectif parle de désignation et non d'élection. Il affirme que le taux de participation au vote s'est limité à 4 %. Pour sa part la Commission électorale nationale indépendante (Céni) avance le chiffre de 24 %.
Les observateurs ont surtout noté que la pluie est tombée le jour du vote (pourtant un bon signe, selon le président Alpha Oumar Konaré). Sans oublier la Coupe du monde de football...
Les élections communales, pour la majorité au pouvoir, achèvent la mise en place du processus démocratique ainsi que des institutions qui en découlent. Ce qui devrait, du moins en théorie, régler quelques luttes d'intérêt au sein de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), le parti majoritaire.
Pour obtenir la tenue du scrutin déjà reporté deux fois, les radicaux de l'Adérna, principale formation au pouvoir, ont dû forcer la réticence du Président, plutôt enclin à retarder la marche dans l'espoir dc voir la position du Coppo s'infléchir. Car la divergence est bien réelle quant aux perspectives postcommunales entre les radicaux du parti et le chef de l'Etat. Ce dernier a vu dans les élections communales l'occasion d'injecter du sang neuf dans la politique malienne.

CHARTE DE L'OPPOSITION

Le Président ne cachait pas son souhait de voir arriver une nouvelle génération aux affaires, à la faveur de ces élections. Le terrain serait ainsi propice au lancement de son grand chantier : la révision du statut de l'opposition et le financement public des partis politiques. Un programme que l'aile radicale de l'Adéma rejette farouchement, affirme un proche de cette tendance, qui soupçonne le Président de vouloir contrebalancer le poids des «dinosaures» de l'Adema par l'incorporation de «jeunes loups ».
Pour l'heure, l'opposition développe une argumentation bien dans sa ligne de conduite habituelle. Intransigeance devant «le pouvoir de fait» de «Monsieur Konaré», refus de la reconnaissance des institutions comme prélude à tout dialogue avec le pouvoir.
Pourtant, un mouvement de fond est bien amorcé au sein du Collectif. Des sources proches du président du Coppo Almamy Sylla, annoncent la création prochaine d'une charte de l'opposition. Le Coppo, qui réunit 15 formations hybrides, recherche un minimum d'adhésion automatique.
L'opposition radicale tarde à proposer une véritable alternative, affirme un jeune cadre, ancien responsable du MPR. La charte pourrait-elle constituer la base d'un programme politique jusqu'ici inexistant ? Pas sûr.
De son côté, la majorité présidentielle met en doute la sincérité des convictions démocratiques de l'opposition radicale «Ce qui les anime, c'est davantage la jalousie que la défense de la démocratie», confie le premier ministre, lbrahim Boubacar Keita.
Le Collectif, qui entame un nouveau tournant, tente de passer la frontière sans procéder à son autocritique. En attendant, l'écart se creuse davantage entre la politique et la population. La vie associative, véritable moteur de la société civile malienne, est imperméable au discours de l'opposition.

MOUSSA TRAORE :

Déja condamné à mort en 1993 pour «crimes de sang», Moussa Traoré répond aujourd'hui devant la justice des actes de détournements de fonds qui lui sont imputés. Mais les magistrats peinent à inculper l'ancien
président pour participation au pillage économique du pays. Sept ans après son incarcération, les preuves accumulées contre lui fondent comme du beurre au soleil du Mali Comme Si tout le monde s'était trompé de procès.

C'est en fanfare, sous les applaudissements de ses nombreux partisans, que l'ancien président Moussa Traoré est entré le 12 octobre dans le palais des congres de Bamako où siège la cour d'assises. Cette fois les magistrats sont chargés de le juger conjointement avec son épouse (en prison sans jugement depuis sept ans), pour crimes économiques. Déjà condamné à mort en 1993 pour «crimes de sang», peine depuis lors commuée en prison à perpétuité, "Balla" répond maintenant des actes de détournements de fonds qui lui sont imputés. Mais contrairement au premier procès, l'accusation a toutes les peines du monde à apporter un commencement de preuve. D'un montant présumé de 2,3 milliards de dollars en 1991 soustraits des caisses de l'Etat malien (correspondant au montant de la dette extérieure du Mali), on est passé finalement à 2,3 milliards de Fcfa. Longtemps nourris par les "révélations" des organisations non gouvernementales et associations suisses des droits de l'homme, via l'inusable député polémiste suisse Jean Ziegler, les Maliens ont gobé sur Moussa Traoré à la fois tout et n'importe quoi. Si en réalité l'argent a bien tourné dans ses sphères du pouvoir durant ses vingt trois années de pouvoir; en passant par les mains de son  épouse Mariam, l'enrichissement  personnel du président est loin d'être établi. Après des années de procédure
et la levée du secret bancaire en 1992, les banques suisses ont découvert 1,2 milliards de Fcfa sur les comptes de l'ancien Pdg de la Sonatam, Boubacar Dembelé qui se trouve aussi être un ami de l'actuel président, Alpha Oumar Konaré  La France, elle, a accusé Moussa Koné, ancien patron de la Banque de développement du Mali (BDM), d'avoir couvert une opération de 2 milliards de Fcfa destinés aux besoins domestiques du couple présidentiel .Il a été extradé à Bamako où il est actuellement emprisonné. Le couple Moussa et Mariam Traoré reconnaît seulement avoir reçu 250 millions Fcfa du président Félix Houphouet Boigny.
Moussa Traoré aimait plus le pouvoir que l'argent. "Balla le vrai", c'était lui, au temps de sa splendeur. Un griot malien disait qu'il ne faut pas confondre le hérisson et le porc épic. Il a dirigé d'une main ferme un peuple connu pour son esprit contestataire avant de chuter un soir du 26 mars 1991, cueilli dans son palais de Koulouba, après avoir menacé la veille ses adversaires de « faire pleuvoir l'enfer sur leurs têtes ». La légende dit qu'il n'avait même pas besoin de parler; rien qu'un regard, pour que ses ordres fussent exécutés. Depuis sept ans, c'est lui qui est trimballé de prison en prison : camp militaire de Djikoroni, Koulikoro, Kati, Segou et Markala à 250 km au nord de Bamako. Le vice comme la foi souvent naissant de l'enfermement, Balla est devenu croyant, lit le Coran dans son petit pavillon où il mange correctement et a même accès à l'air conditionné, persuadé qu'un jour ou l'autre le Mali le réhabilitera. Ses enfants, libérés après des mois de prison, sont maintenant tous à l'étranger, à l'instar d'Aîssa, qui a épousé le célèbre astrophysicien Cheîkh Modibo Diarra.
C'est dans son classique boubou bleu que Moussa Traoré a comparu devant la cour d'assises de Bamako. Avec lui, ses compagnons les généraux Sekou Ly, Mamadou Coulibaly et Ousmane Coulibaly, son beau frère Abraham Douah Cissoko dit «Bamos», l'ancien ministre des Finances Tiena Coulibaly, et le banquier Moussa Koné. Moussa Traoré, ancien parachutiste, a les traits arrondis par un embonpoint probablement dû à l'inactivité. Son parti, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), s'est recousu une virginité politique en se glissant dans le collectif de l'opposition, qui rassemble essentiellement ses anciennes victimes. Parmi eux, l'US-RDA, parti de l'ancien Modibo Keita, qui a payé un lourd tribut à la répression avec de lourdes peines de prison et traitement inhumain dans les bagnes du nord. La jeune génération Qui gravite aujourd'hui autour du MPR a t-elle oubliée l'assassinat du légendaire leader  étudiant  Abdoul  Karim  Camara «Cabrai» ? Mort sous la torture au camp para, les ongles arrachés, la tête qui a triplé de volume après les chocs électriques administrés et conduit à la radio pour demander à ses camarades d'arrêter la grève et.... mourir, enterré dans un cimetière inconnu.
C'est presque un honneur à mettre à l'actif de la nouvelle démocratie malienne que de voir Moussa Traoré bénéficier aujourd'hui des droits qu'il a refusé pendant vingt trois ans aux Maliens. Car contrairement aux pratiques longtemps en cours sur le continent africain, il n'a été au cours de sa détention, ni humilié, ni maltraité. Tous ses procès furent publics. En 1993, il a eu recours à 48 avocats. Une chance que n ont guère eu ses victimes : l'illustre président Modibo Keita, embastillé à Kidal avec ses compagnons d'infortune, est transféré à Bamako où il meurt le 16 mai 1977. Sa disparition est annoncée à la radio par un communiqué sec: « Modibo Keita, instileur à la retraite est décédé». Selon la version officielle, il a succombé à un œdème du poumon à l'hôpital du Point G. Le petit peuple de Bamako se dresse en masse vers le cimetière de Hamdallaye et rend un solennel hommage à ce père de l'indépendance, homme digne et fier.
Le régime de Moussa Traoré est renversé le 26 mars 1991 par une révolution civile. Le dictateur ayant perdu toute mesure des choses, hurlait en pleine transe « Je ne démissionnerai pas, je ne démissionnerai pas ! » , avant d'être maîtrisé énergiquement par les hommes du colonel Amadou Toumani Touré, qui le coffrent même un moment dans son propre bureau. Moussa Traoré a vu derrière sa fin la main du couple François et Danielle Mitterand, via son aide de camp, le colonel Oumar Diallo.
Arrivé au pouvoir à 32 ans, l'officier bambara est né à Kayes, non loin de la frontière sénégalaise. Fils de militaire, enfant de troupe à Kati, il s'engage dans l'armée française qui le conduit à l'école militaire de Frejus en 1955. Ses instructeurs ont marqué sur son carnet «Officier sympathique, présentant bien et à la personnalité très marquée». A son retour au pays, en 1960, le sous-lieutenant para et administrateur dirige l'école interarmes de Kati, et fait partie des troupes de l'ONU qui partent au Congo. Instructeur au camp de Kati, Moussa forme à la fois des militaires et les futurs miliciens du régime socialiste du président Modibo Keita. Mais les mauvaises performances économiques et les dérives du parti unique engendrent un grand mécontentement, qui a facilité sa chute.
Le 19 novembre 1968, c'est un homme épuisé par la révolution qui rentre à bord de son bateau le «Général Soumaré» d'une tournée à Mopti et doit accoster à Koulikoro à 60 km de Bamako. Les militaires sont prêts, même Si les services du président l'ont prévenu. Du coup, Modibo Keita est arrêté par les hommes du lieutenant Tiecoro Bagayoko et enfermé à Kati. Moussa Traoré est désigné chef par ses amis les capitaines Yoro Diakité, Charles Samba Cissoko, le chef d'escadron de la gendarmerie Balla Koné. Parce qu'aucunofficier ne veut prendre ses responsabilités. Une fois l'affaire en main, c'est le temps des regrets pour les plus gradés qui craignaient une action des chefs d'Etats africains. Modibo Keita est abandonné à son sort par sesrivaux Félix Houphouet Boigny,
 Léopold Sedar Senghor et même le Guinéen Ahmed Sékou Touré.
Chef d'un comité militaire de libération nationale divisé entre le clan Yoro Diakité, son capitaine à Kati, et celui du lieutenant agité Tiecoro Bagayoko, tout puissant chef des services de sécurité, le timide lieutenant Moussa Traoré se cherche.
En 1969, il liquide le Premier ministre Yoro Diakité qui est condamné aux travaux forcés à perpétuité en 1971, envoyé à Kidal dans une mine de sel avec le capitaine Malick Diallo. La guerre de position est lancée sur fond de problèmes économiques, l'ancien chef d'Etat major Sekou Touré est aussi mis aux arrêts.
Son régime ne tolère pas la contestation, envoie les adversaires aux bagnes de Kidal et Loudenit dans l'Adrar des Iforas. Le 28 février 1978 c'est au tour de l'autre camp -celui des plus durs- de tomber. Invité à une réunion au palais, Kissima Doukara (ministre de la Défense), Karim Dembelé ('Itansporis) et Tiecoro Bagayoko (chef de la sécurité) sont ligotés les uns après les autres par les hommes du colonel Sekou Ly (ami du président Moussa Traoré) et enfermés dans les toilettes Tiecoro Bagayoko qui du temps de sa splendeur n'avait peur de personne, avait prévenu Kissima: « Grand frère, je ne sens pas trop cette histoire de réunion ». En effet. Le peuple applaudit, Kissima et ses amis sont jugés à Bamako pour haute trahison, puis pour crimes économiques. Les peines s’abattent comme la pluie : la mort pour les uns, la peine de prison pour les autres. Kissima Doukara, le colonel Charles Samba, le lieutenant colonel Karîm Dembelé, tout le monde est expédié au bagne. Les vaincus promettent de faire des «révélations» sur la mort de Modibo Keita. Ils disent que le directeur de l'hôpital du Point G qui doit témoigner se serait suicidé en demandant à son épouse de lui administrer une piqûre mortelle ! Un avocat français de Tiecoro, Me Chevrier,  rend l'âme aussi ; « rupture de canal médullaire », conclut son médecin. La veille du deuxième procès qui doit avoir lieu à Tombouctou sur les «crimes économiques», l'avocat général est limogé, Joseph Mara, président de la commission nationale, est arrêté pour complicité avec les accusés
Moussa Traoré règne avec un monde à lui, certains membres de sa famille font du commerce de bananes et de lait avec des vaches hollandaises importées qui meurent les unes après les autres, fautes d'étables climatisées. l'a famille de madame tire de grands profits des marchés d'Etat; un des frères Mamadou Diarra est patron des marchés de l'Etat; l'autre, Ramos, est directeur général des Douanes; Alain Cissoko (Egema) est dans les travaux publics. Moussa, lui, reste un homme orgueilleux qui a une haute idée de lui-même. Même lorsque le chef musulman Balla Kalle et l'archevêque Luc Sangaré viennent lui demander un peu de souplesse et de modestie dans l'exercice du pouvoir. Mais comme disent les bambaras, « Un homme qui va mourir n 'a plus d'oreilles ».

LA SUITE DU PROCES DE TRAORE :

 "Le détournement dont on m'accuse n est pas fondé. Ce n'est ni plus ni moins que de l'affabulation. Et je le prouverai." Ainsi se défend le général Moussa Traoré devant la quatrième session ordinaire de la Cour d'Assises de Bamako. Présidée par le magistrat Illo Sissoko, cette quatrième session s'était ouverte le 12 octobre dernier au Palais des congrès de la capitale malienne. Renversé en 1991 après un règne de vingt-trois ans, Moussa Traoré, 62 ans, est poursuivi   pour "crimes   économiques". Lors de son premier  procès, pour "crimes de sang", en 1992, i1 avait été condamné à mort, avant de voir sa peine commuée en détention à perpétuité. Dans ce deuxième procès, il est reproché au général une "atteinte aux biens publics et un "enrichissement illicite". Concrètement, il s'agît de l'acquisition dite "irrégulière", en 1982, des fermes agropastorales de Senkoro (100 ha) et de Sadiobougou (369 ha), situées à la périphérie de la capitale. Leur valeur est estimée à 1,196 milliard de F CFA. Autres motifs d'accusation, le "nonpaiement de redevances à l'Etat" et la "non-rétribution des services du génie militaire". Les redevances ducs, aux termes de l'arrêt de renvoi, sont évaluées à 5 000 F CFA par an et par hectare ; tandis que les services du génie militaire sont estimés à 12,7 millions de F CFA. A la barre, Moussa Traoré a nié avoir usurpé des terres.
L'occupation de celles-ci avait été, selon lui, autorisée par le gouvernorat du district de Bamako (pour la fernie de Senkoro) et la Direction nationale de l'Agriculture (pour ce qui est de la ferme de Sadiobougou). L'ancien chef de l'Etat a même précisé que la mise en valeur des fermes en cause a été effectuée par un bureau d'études burkinabè, grâce à un financement - en plusieurs tranches - de Félix Houphouet-Boigny,
alors président de la Côte d'Ivoire. La première tranche, destinée à l'étude de terrain, était de 250 millions de F CFA. La seconde, de 131 millions de F CFA, pour la réalisation d'un barrage mobile sur le  cours  d'eau alimentant la ferme de Senkoro. La dernière tranche, d'un montant de un milliard de F CFA, devait servir à la modernisation des deux fermes. Réfutant l'accusation sur les redevances non payées, Moussa Traoré a affirmé qu'il n'y a paiement de redevances que lorsqu'il y a aménagement du terrain par l'Etat. Ce qui n'est pas le cas des deux fermes." Quand le président de la Cour revient à la charge, c'est pour dire qu'aucun document n'atteste, à la Direction nationale de l'Agriculture, de l'affectation des 469 hectares à l'ancien couple présidentiel "Bien plus, a-t-il poursuivi, les fonctionnaires du génie militaire ont travaillé environ 252 heures dans les fermes sans être payés." Apparemment à bout d'arguments, le général Traoré a préféré laisser sa femme répondre. C'est elle qui gérait les fermes. Le second volet de l'accusation concerne les biens immobiliers du couple. Ils comprennent cinq villas à Kayes et Bamako, des immeubles à caractère commercial et des terrains non mis en valeur. Valeur totale 137 millions de F CFA. L'accusé, sans commentaire, les a reconnus comme étant les siens. Toutefois, a-t-il indiqué, ces biens immobiliers ont été surévalués. Et de conclure qu'il ne possède, contrairement à beaucoup de ses pairs africains, aucune maison en France. Encore moins des comptes bancaires. Puis c'est le tour de Mariam Traoré, 56 ans, considérée comme la principale gestionnaire de la fortune de la famille, d'être appelée à la barre, le 28 octobre. Dans un premier temps, l'ex-première dame soutient détenir l'autorisation écrite de la Direction nationale de l'Agriculture lui affectant les fermes de Senkoro et de Sadiobougou. Mais, pressée de questions par les assesseurs, Mme Traoré finit par déclarer que les autorisations étaient plutôt verbales. Il en est de même de l'exonération sur l'importation mensuelle de 30 000 litres de gas-oil destiné à alimenter les machines de la ferme. Exonération établie, selon l'acte d'accusation, par Abraham Douah Sissoko, son frère, ex-directeur général des Douanes, présent dans le box des accusés. Montant des frais de douane non payés:196 millions de F CFA.

151 millions defactures d'électricité

Autre accusation liée aux fermes agro-pastorales, leur électrification en ligne de moyenne tension par la société Energie du Mali (EDM). Les factures d'électricité s'élèvent à 151 millions de F CFA. Un montant qui, toujours selon l'acte d'accusation, a été prélevé sur les fonds du Deuxième projet d'électrification du Mali. Mais, pour Mme Traoré, les fermes étaient alimentées par des groupes électrogènes. Toutefois, a-t-elle précisé, le passage des poteaux électriques dans la ferme de Senkoro a été autorisé par elle, à la demande d'EDM, dans le cadre de l'électrification de Baguineda, chef-lieu d'arrondissement de Senkoro.
C'est sur la question des fameux comptes bancaires ouverts à l'étranger que l'instruction du dossier s'est poursuivie, le 30 octobre. A cette occasion, on a vu l'accusée perdre quelque peu son assurance des premières semaines. Elle a été interrogée sur la base des rapports des commissions rogatoires chargées de l'enquête sur les transferts de fonds à la succursale de la City Bank de la rue Montaigne, à Paris, et à celle de Monaco. Sur le premier compte se trouvait, en date du 29 mars 1991, un montant de 24,3 milliards de F CFA. Sur le second, le 14 août 1992, la somme s'élevait à 337 milliards deFCFA.

L'achat de matériel aqricole

Les deux comptes bancaires sur lesquels tout cet argent a été versé appartiennent à Mariam Traoré. Dans sa défense, celle-ci, tout en reconnaissant l'existence des comptes en question, a soutenu qu'ils ont été ouverts grâce à des donations de Félix HouphouètBoigny, ami de son père.
Environ 10 millions de F CFA ont été, selon ses dires, prélevés sur les 250 millions qui constituaient la première tranche d'une série de dons de HouphouètBoigny, et placés, en 1983, à la City Bank Paris, pour faciliter l'achat de matériels agricoles.
Ensuite, cent autres millions ont été pris sur la deuxième donation (131 millions de F CFA) pour l'ouverture du compte de Monaco. Un contrat de gestion de portefeuille aurait même été signé entre Mariam Traoré et la City Bank Monaco par le biais d'un certain Christopher Rogers. Prenant à son tour la parole, l'avocat général, Clieikhna Wagué, a procédé à la lecture du rapport n0 19 de la commission rogatoire. D'après ce document, les transferts de fonds effectués entre le 27 octobre et le 4 novembre 1987 sont estimés à  160 millions de F CFA. Outre ces fonds, la commission a découvert près de 300 millions de F CFA transférés de la BIAO à la City Bank Paris avec la complicité d'un riche négociant en bétail, Hambarké Yamangoré. Confuse, Mariam Traoré, n'a pu que répondre: "Je n'en sais rien" ou encore  Je ne m'en souviens plus". Il n'en a pas fallu plus pour provoquer l'ire de la demi-douzaine d'avocats de  la defense qui, profitant de l'occasion, ont engagé une exception de communication préalable du rapport.
Après s'être expliquée sur la façon dont elle avait acquis ses 982 pièces de bijoux en or, en argent et en pierres précieuses,
Mariam Traoré fut relayée à la barre par trois autres accusés : Tiéna Coulibaly, ex-ministre des Finances ; Moussa Koné, éphémère représentant de la Banque de développement du Mali et Abraham Douah Sissoko, dit "Ramos". Ils sont tous poursuivis pour "enrichissement illicite et complicité d'enrichissement illicite"'. Leurs déclarations seront confrontées à celles des soixante-huit témoins à charge. Au lendemain du premier procès pour "crimes de sang", l'ancien couple présidentiel malien avait été accusé d'avoir détourné 670 milliards de F CFA. Aujourd'hui, l'accusation ne retient qu'un peu plus de 2 milliards. Reste maintenant à Moussa Traoré et aux autres de convaincre la Cour de leur innocence. Suspendues le 2 octobre, les audiences ont repris le 9 novembre.

Surmontant d'importantes tensions politiques et sociales, le Mali construit son développement économique de manière originale, entre productions traditionnelles et développement des nouvelles technologies. L'économie rurale, qui occupe 73 % des habitants, soutient des exportations performantes, notamment dans le secteur cotonnier. La jeune démocratie parie sur la mobilisation de sa population à travers l'éducation populaire, encouragée par le gouvernement (50 % du budget) et relayée par le dynamisme d'une société civile qui s'appuie sur ses traditions. 
 
SITUÉE au coeur du quartier commerçant de Bamako, la société Bintta informatique attire beaucoup de monde. Gardien de l'immeuble voisin, M. Salif Traore assure que tous « viennent apprendre l'ordinateur ». L'enseigne inoffensive abrite un pionnier : l'entreprise Malinet, fondatrice du multimédia au Mali. Une trentaine d'utilisateurs se succèdent chaque jour sur les cinq ordinateurs personnels connectés à Internet, mais les visites atteignent la centaine chaque fois que les Corps de la paix américains (1), brusquement privés du contenu de leur mémoire électronique par une panne de réseau, débarquent ici, le portable sous le bras.

L'affluence n'a rien à envier à celle du café bon chic bon genre d'en face. Car ici, on vient « papoter utile ». On consulte le forum des affaires pour trouver un client ou un fournisseur ; on recherche un document inaccessible sur papier ou, simplement, on profite du plaisir de « surfer ». Les moniteurs de l'entreprise, attentifs aux goûts, réactualisent les sites maison et suggèrent des liens, des pistes de recherche. Pour 50 FF par mois, le client dispose d'un compte qui donne droit à une boîte. Il peut envoyer et recevoir du courrier, l'imprimer ou le transporter sur disquette, le tout dans une joyeuse ambiance.

Plus des deux tiers des internautes naviguent en français, qui est ici, plus qu'en France, la langue de la Toile. Ce qui n'empêche pas certains de communiquer en bamanan, suscitant les sourires amusés des jeunes utilisateurs.

Premier des quatre fournisseurs d'accès Internet à s'être lancé dans l'aventure multimédia, Malinet sert près de 50 % des 900 abonnés au réseau. Tout a commencé en 1993. La société dirigée par l'ingénieur français Eric Stevance offre un service de courrier électronique, à partir d'un circuit loué sur le réseau X25 (2) de la Société malienne des télécommunications (Sotelma). La messagerie transitait par la France avant d'atteindre le réseau mondial au prix d'un deuxième bond satellite.

Le routage se révèle cependant trop cher. La Sotelma, qui se donne pour mission de développer l'accès aux technologies de l'information, reprend alors le flambeau. L'idée séduit les responsables de la coopération américaine (Usaid) qui vont contribuer à son développement. Puis, en 1996, l'Initiative Leiland - du nom du sénateur américain qui fut le promoteur d'un projet de connexion Internet pour les pays africains enclavés - permettra au Mali de se doter d'une connexion Internet de « full IP », c'est-à-dire permanente, parce qu'elle ne passe pas par le téléphone ou par un modem. Il permet l'accès à la Toile et à la messagerie électronique.

Partenaire de l'opération dans sa phase de lancement, la Sotelma concède à des opérateurs privés la mission de gérer l'exploitation. Quatre fournisseurs d'accès, répondant au cahier des charges de la société des télécoms, sont retenus. « Un appel d'offres sera lancé avant la fin 1998 en vue de sélectionner de nouveaux fournisseurs d'accès », confie M. Tiémeko Maïga, directeur général de la Sotelma.

La rencontre de l'Etat avec Internet remonte aux élections législatives d'avril 1997 (3) : la commission électorale indépendante (CENI) demande alors à Malinet de gérer les résultats d'un scrutin qui s'est déroulé sur la base d'un fichier d'électeurs unanimement contesté. Le multimédia n'ayant pas de vertu électorale particulière, les résultats tombent de manière abrupte : un camembert où sont indiqués les parts de vote, mais aussi la proportion de la triche. L'Etat adopte tout de même l'outil multimédia, mais Malinet perd son contrat avec la CENI. Un comité interministériel spécialisé voit le jour, sous la direction du ministre de la communication. Des techniciens y siègent, à raison d'un par département ministériel. Leur mission consiste à définir, selon les besoins spécifiques de leur secteur, les orientations préconisées en matière de développement des nouvelles technologies de l'information.

Avec le monde rural

Premier projet du comité : la conception d'un cédérom sur le Mali. « Il s'agit, explique M. Dahirou Diallo, conseiller technique du ministre de la communication, de concevoir un paquet de données multimédias qui seront mises en circulation sur Internet. » Soutenu par l'Usaid, le projet est actuellement dans la phase d'étude. Il sera financé conjointement par la coopération américaine et la Sotelma. Le comité se chargera, en collaboration avec les partenaires nationaux, de déterminer un plan d'action multimédia.

L'objectif majeur, explique M. Dahirou Diallo, reste l'accès rapide à l'information : « Le multimédia est bien le seul support qui permette des consultations à distance, tout comme il permet aux partenaires du monde rural de prendre connaissance des réalités des régions enclavées. » Une première application, à valeur de test, sera lancée bientôt avec la création, à Tombouctou, au nord de Bamako, d'un télécentre communautaire. La population de cette région peu accessible, vu l'état des routes, pourra bénéficier d'un service de télémédecine, du diagnostic à distance et de la télééducation. En ville, les autorités entendent favoriser le développement des nouvelles technologies à partir des structures centrales, pour ensuite en transférer la gestion aux entreprises qui assureront le relais en direction du grand public.

De bonnes perspectives s'offrent aux nouvelles technologies au Mali. « A condition que l'assistance technique suive, prévient M. Dahirou Diallo. Le développement du réseau sera fonction du développement de l'infrastructure matérielle et technique.» Les fournisseurs d'accès estiment, pour leur part, que le coût élevé des investissements constitue le premier obstacle. La panoplie standard du fournisseur d'accès, constituée d'un serveur et d'un routeur, nécessite un investissement minimal de 450 000 FF. Un coût qui se répercute sur le prix de l'abonnement à Internet : entre 250 FF et 1 500 FF par mois, selon la formule choisie et la durée de la connexion.

Pour expliquer ces tarifs, supérieurs à ceux pratiqués en Afrique de l'Ouest (80 FF par mois au Sénégal), les fournisseurs d'accès avancent une explication supplémentaire : le coût élevé de l'électricité et surtout du signal téléphonique. « Faux, rétorque M. Tiémeko Maïga, directeur général des télécoms du Mali, notre tarification s'aligne sur une moyenne établie à l'echelle de l'Afrique de l'Ouest. A ce niveau, nous sommes compétitifs. » Une opinion que ne partagent pas certains responsables d'institutions internationales basées à Bamako.

Un saut historique

La solution pourrait venir de l'élargissement du marché. L'arrivée des nouveaux fournisseurs pourrait entraîner une baisse du coût de l'abonnement - près de 20 % dès 1999, selon M. Maïga. Et pourtant, ils n'expriment pas d'inquiétude particulière à la perspective d'un marché éclaté. « L'arrivée de la concurrence stimulera plutôt l'emploi », affirme M. Cheikh Sow, peintre formé à l'Institut des arts et devenu concepteur graphiste spécialisé, l'un des rares au Mali.

« L'espoir d'un multimédia fournisseur d'emplois serait la cerise sur le gâteau, assure M. Dahirou Diallo. C'est l'occasion d'effectuer un saut historique, en faisant l'économie de quelques étapes et en passant directement aux nouvelles technologies. Cette révolution-là, nous ne souhaitons pas la manquer. »


(1) Fondés par le président John Kennedy, les Corps de la paix (Peace Corps) sont les coopérants envoyés par les Etats-Unis dans les pays du tiers-monde
(2) Le réseau X25 est un procédé destiné à des connexions particulières, tels le Minitel ou les liaisons bancaires.
(3)Lire Elie Ramaro, « Les limites d'un consensus », Le Monde diplomatique, mai 1997.

Le coton, moteur du développement
 

EN dépassant la barre symbolique des 500 000 tonnes de coton-graine, plus précisément 522 000 tonnes, le Mali a conforté sa deuxième place de producteur africain derrière l'Égypte et sa première en Afrique subsaharienne, loin devant le Bénin, le Burkina-Faso et la Côte d'Ivoire. La Compagnie malienne pour le développement des fibres textiles (CMDT) (1) a célébré ce nouveau record de production par une grande « fête du coton », à travers des manifestations décentralisées culminant le 2 mai, à Kolda, en présence du président Alpha Oumar Konaré. Très symboliquement, c'est dans ce village, situé à 150 kilomètres de Bamako, dans la région de Fana, que le président de la république malienne a choisi de rendre hommage aux producteurs de coton et à la CMDT en insistant sur le rôle exemplaire joué par cette société cotonnière au service du monde rural, rôle moteur dans un développement dont profitent de larges secteurs de la population malienne.

Au Mali, plus peut-être que partout ailleurs en Afrique francophone, le coton est devenu le moteur du développement. L'histoire de cette production dans ce pays est riche d'épisodes contrastés, depuis la geste des cotonniers d'espèces pérennes rapportée par les explorateurs ou les missionnaires jusqu'aux échecs de la période coloniale caractérisée par des tentatives reposant sur le travail forcé dans l'ex-Soudan français ou, plus tard, sur une coûteuse culture irriguée. Ce n'est qu'au début des années 60 que le coton, en prenant réellement en compte les intérêts des paysans, deviendra une culture d'adhésion avec à la clé un succès ininterrompu depuis près de quarante ans.

L'originalité de la culture du coton au Mali réside dans le fait qu'elle n'a pas pour premier objectif de satisfaire les besoins des filatures locales, qui consomment moins de 2 % des 220 000 tonnes de coton-fibre, obtenues après égrenage des 522 000 tonnes de coton-graine produites en 1997-1998. Dans ces conditions, cette production est d'abord un moyen, jusqu'à présent irremplaçable, de procurer aux paysans qui habitent des zones de savanes des revenus monétaires appréciables. Le coton participe ainsi de manière essentielle à l'essor du monde rural parce qu'il entraîne une amélioration significative du niveau professionnel des producteurs en leur donnant une possibilité d'accéder aux techniques d'intensification : semences améliorées, fumure minérale, culture attelée, motorisation intermédiaire. Cette modernisation du monde paysan, l'organisation en groupements villageois, ainsi que la fiabilisation du crédit agricole sont seules susceptibles d'enrayer l'exode rural qui aggrave la situation précaire des zones urbaines (2).

Production record

Faire avancer la culture cotonnière en fonction du degré d'adhésion des cultivateurs constitue le souci constant des dirigeants de la CMDT, qui savent bien par expérience que le juge de paix en matière cotonnière restera toujours le paysan, qui décidera, chaque année, en fonction de la perception qu'il a de ses intérêts, de semer ou de ne pas semer au mois de juin, « de faire ou de ne pas faire de coton », de faire autre chose ou de se contenter de produire les vivriers dont il a besoin pour nourrir sa famille. Selon M. Drissa Keita, président- directeur général de la CMDT, « le succès de la CMDT est avant tout le résultat d'une politique de dialogue qui a permis de faire avancer la culture cotonnière en fonction du degré d'adhésion des cultivateurs. Cette culture n'a jamais été imposée en République du Mali, elle s'est développée en cohérence et en équilibre avec les autres spéculations agricoles, dont les cultures vivrières. Aujourd'hui les paysans participent pleinement aux décisions concernant la filière coton, à travers les mécanismes du contrat de plan Etat-CMDT-producteurs (3) ».

La culture du coton au Mali est, comme dans les autres pays producteurs de la zone franc, une culture annuelle pluviale, effectuée par de petits producteurs (moins de 1 hectare, en moyenne) en association avec des cultures vivrières et en recourant à une main-d'oeuvre familiale non salariée. Ces données spécifiques à la culture cotonnière en Afrique de l'Ouest et du Centre ne doivent jamais être oubliées, sous peine de fausser les comparaisons faites par exemple avec le Zimbabwe, où la culture est non seulement partiellement irriguée mais effectuée, pour une part importante, sur de grandes plantations par les commercial farmers, Blancs, héritiers de l'ancienne Rhodésie.

La production record obtenue en 1997-1998, grâce à l'adhésion de nouveaux producteurs, mais qui entraîne par ailleurs une légère baisse des rendements agricoles, sanctionne l'efficacité d'une méthode, celle de la filière intégrée. Il s'agit d'un dispositif d'encadrement et de crédit pour les intrants (engrais, semences, insecticides), avec l'appui constant d'une recherche appliquée innovante (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, Cirad), l'intervention d'un partenaire opérateur technique (la Compagnie française pour le développement des fibres textiles, CFDT) et la présence d'un bailleur de fonds des mauvais jours (la Coopération française). Les Etats reconnaissent aux sociétés cotonnières de la zone franc une exclusivité d'achat à un prix minimal, quel que soit le rayon de collecte. C'est ce qui permet aux producteurs de rembourser le crédit- intrants.

En matière de production cotonnière, les facteurs de rendement les plus importants sont la qualité des sols et les conditions climatiques, le niveau de la pression parasitaire, l'efficacité de la protection phytosanitaire, l'équipement agricole et la force de travail du paysan, la qualité et le coût relatif des intrants, la durée des jachères et la dégradation progressive de la fertilité des sols, et enfin, peut-être surtout, la maîtrise des itinéraires techniques. C'est dire l'importance de la vulgarisation dans ce domaine assurée au travers de l'approche filière : les structures d'encadrement ne peuvent s'effacer, et disparaître que lorsque de véritables organisations de producteurs cotonniers sont en mesure de prendre le relais, comme cela est de plus en plus le cas au Mali. « Il n'est de richesse que d'hommes » et au Mali, ceux-là, celles-là surtout, car il convient de ne pas oublier le rôle essentiel des femmes dans les actions de développement liées à la production cotonnière, sont d'une rare qualité pour peu qu'on mette à leur disposition des conseils techniques, des moyens de culture et des facteurs de production. C'est probablement une des principales raisons qui explique les résultats exceptionnels obtenus par un pays qui n'est avantagé ni par sa situation géographique enclavée ni par la qualité de ses sols.

La filière cotonnière, ce sont d'abord, en 1997-1998, plus de 90 milliards de francs CFA distribués aux producteurs, mais aussi, pour le pays, des recettes d'exportation en devises, des impôts, des taxes, des salariés, des fournisseurs, des sous-traitants pour lesquels le coton est devenu indispensable. Parmi les effets directs de la production cotonnière, il convient de citer l'importante activité industrielle résultant de la trituration des graines de coton assurée par la société Huicoma (Huilerie cotonnière du Mali), dont les principaux actionnaires sont la CMDT et l'Etat malien.

En 1996-1997 (les résultats en 1997-1998, plus importants, ne sont pas encore disponibles), Huicoma a trituré 180 700 tonnes de graines de coton, non compris les 40 000 tonnes triturées à façon en Côte d'Ivoire, produisant 29 200 tonnes d'huile alimentaire raffinée, 11 000 tonnes de savon et 108 000 tonnes de pellets et d'aliments pour le bétail. Des villes comme Koutiala, Koulikoro, Kita sont aujourd'hui directement bénéficiaires du développement de l'industrie oléagineuse malienne qu'incarne Huicoma dans le cadre d'un partenariat intelligent avec la CMDT.

Pourtant, cette méthode qui marche a ses détracteurs. L'une des critiques les plus entendues relève du postulat que le coton, « détestable culture de rente » destinée à l'exportation, tue les cultures vivrières et par là même menace l'autosuffisance alimentaire des zones rurales concernées. Qu'on se rassure ! Non seulement l'action de la CMDT au Mali ne tend pas à faire reculer les productions vivrières mais à encadrer autant que faire se peut, plus exactement, autant que des bailleurs de fonds dogmatiques ne l'empêchent pas, l'ensemble des cultures dans ses zones d'intervention afin de veiller à ce que la progression de la culture cotonnière n'occasionne pas un déséquilibre au niveau des exploitations. Il ne s'agit pas de « faire du coton pour le coton », mais de faire du coton pour le développement en modernisant les exploitations agricoles et en encourageant les cultures vivrières.

Sécurité alimentaire

C'est cette politique prudente de préservation de l'équilibre coton-vivriers nécessaire à la sécurité alimentaire du pays que défendent les responsables maliens contre les propositions de certains apprentis sorciers attachés à une augmentation maximale du prix du coton-graine, sans souci pour les conséquences alimentaires et écologiques d'une fuite en avant incontrôlée. Ainsi, récemment, M. Drissa Keita insistait-il sur cet aspect essentiel de la production au Mali : « La spécificité des pays sahéliens est qu'il existe des zones où la pluviométrie est comprise entre 800 et 1 500 mm et qui sont propices à la culture du coton. C'est aussi dans ces zones que nous pratiquons les cultures céréalières. Si l'on modifie trop les prix relatifs en faveur du coton, au détriment des céréales, les paysans vont certes accroître la production cotonnière, mais alors ils ne feront des céréales que pour leur consommation. Finalement, le pays deviendra un gros producteur de coton, mais aussi un importateur de céréales. Aujourd'hui, nous avons un record absolu de production cotonnière, mais nous avons aussi une excellente campagne céréalière. A côté des 500 000 tonnes de coton-graine, nous avons récolté plus de 1 million de tonnes de céréales(4) »

Pour autant, la forte pression démographique, l'absence de cultures aussi rémunératrices, l'ouverture de nouvelles zones sont susceptibles de provoquer des phénomènes de relative extensification des cultures, avec le risque bien réel d'une baisse des rendements agricoles et d'une moins bonne maîtrise de la vulgarisation technique. Néanmoins, la CMDT maintient son objectif de 2 hectares de céréales pour 2 hectares de coton, en rappelant que « c'est sur le champ de coton de cette année que le mil sera planté l'année prochaine ». Et M. Drissa Keita d'enfoncer le clou : « C'est l'association cotonnière avec les céréales qui fait la force de la CMDT (...) Les cultures se font en rotation entre le coton, le mil et le maïs sur la même exploitation, soit un tiers de terrain consacré à chacune d'elles. Mais cet objectif n'est pas totalement atteint, car nous consacrons 22 % seulement des terres cultivables au coton et 78 % aux céréales. »

Malgré les qualités indéniables des producteurs maliens ainsi que les efforts volontaristes et persévérants de la CMDT pour appuyer et maîtriser une production qui croît rapidement, des difficultés se font jour. En 1997-1998, les rendements agricoles ont été satisfaisants dans les régions du Sud (Sikasso et Bougouni), mais plus faibles dans le Nord et notamment dans la région de Koutiala, coeur historique du « bassin cotonnier », en raison probablement d'une dilution des apports de fumure organique provoquée par les reventes d'engrais effectuées par des paysans surendettés auprès du secteur bancaire. En ce début de campagne agricole 1998-1999, une pluviométrie capricieuse a entraîné, comme dans de nombreux pays ouest-africains, un retard assez important dans les semis, qui devrait se traduire par une production moins importante que celle qu'espéraient les responsables de la filière.

Toutefois, l'augmentation régulière des surfaces ensemencées dans la région de Kita, à l'ouest du pays, loin de la zone traditionnelle appelée « Mali-Sud », constitue un encouragement à l'ouverture de nouvelles zones cotonnières. Les résultats remarquables obtenus ces dernières années sont par définition fragiles et précaires, puisqu'ils concernent une culture annuelle qui dépend d'abord de la décision des paysans de semer ou de ne pas semer, ensuite de conditions climatiques et d'attaques parasitaires difficilement prévisibles.

Menaces de démantèlement

Malgré ces résultats indéniables dus à la méthode filière intégrée, que ce soit au Mali ou dans les pays africains de la zone franc qui, pris dans leur ensemble, ont battu en 1997-1998 un nouveau record de production avec 2 270 000 tonnes de coton-graine, le risque de remise en cause pour non- conformité au dogme libéral est bien réel : le Bénin et la Côte d'Ivoire ont procédé à des privatisations partielles sous la pression des institutions de Bretton Woods, qui veulent soumettre le coton aux mécanismes classiques du marché en libérant les prix, en démantelant et en privatisant les filières(5). Si l'on doit en croire certaines études(6), la lutte contre la pauvreté en Afrique et la recherche du bonheur paysan passeraient désormais par la privatisation-démantèlement des filières cotonnières africaines et par la mise en concurrence d'« usiniers privés », pour reprendre le jargon à la mode à Washington, placés sur un piédestal par rapport aux tâches ingrates, coûteuses mais nécessaires d'encadrement et de soutien des producteurs. Pourtant les filières cotonnières africaines ont leur pleine indépendance depuis plus de vingt-cinq ans (7). Leur démantèlement déstabiliserait une population à laquelle la production cotonnière assure des revenus stables sans le concours de subventions publiques aussi complexes et substantielles que celles distribuées en Europe et aux Etats-Unis.

Malgré ces pressions extérieures, la CMDT a toujours pratiqué, en matière de prix d'achat au producteur, une politique prudente complétée par un système de ristournes additionnelles en période de prospérité. Elle ne s'est jamais, jusqu'à présent, laissé détourner de son objectif d'équilibre coton-vivriers et s'est comportée comme une véritable société de développement distribuant de faibles dividendes à ses actionnaires : « Je ne vois pas un seul investisseur privé impulser le développement des pistes rurales. Je ne le vois pas organisant l'adduction d'eau, l'aménagement des bas-fonds agricoles, la formation des paysans, explique M. Keita. Certes, dans le domaine industriel, les privés peuvent apporter des équipements pour égrener le coton et exporter les fibres. Mais ils laisseront la partie la plus ingrate de la filière cotonnière à l'Etat. Chaque fois que la production du coton et sa transformation ont été séparées au Mali, les résultats ont été catastrophiques (8). »

La filière cotonnière malienne, souvent présentée comme une « success story » exemplaire, même par les pires détracteurs des filières intégrées, pourra-t-elle être préservée d'une telle évolution institutionnelle qui ne serait là, comme ailleurs, qu'une régression puisque caractérisée par un retour au système en vigueur dans les années 20 ? C'est l'attachement à une méthode et à une société de développement qui ont largement fait leurs preuves ainsi que la capacité à résister aux pressions qui fourniront la réponse. Puisse le Mali servir d'exemple à tous ceux qui souhaitent démontrer que l'Afrique peut aussi être une terre de réussite, d'efficacité et de développement.


(1) La CMDT (Compagnie malienne pour le développement des fibres textiles) a été créée en 1974 par association de l'Etat malien (60 % du capital) avec la CFDT (Compagnie française pour le développement des fibres textiles), société anonyme d'économie mixte, créée en 1949 pour promouvoir la culture du coton, et dans le capital de laquelle l'Etat détient toujours 64 % du capital.
(2) Lire Véronique Donnat, « Rude combat pour l'autonomie céréalière au Sahel », Le Monde diplomatique, septembre 1995, et Carmen Bader, « Au Mali, les paysans s'organisent », Le Monde diplomatique, septembre 1992.
(3)« Faire avancer la culture cotonnière en fonction du degré d'adhésion des cultivateurs », entretien avec M. Drissa Keita, président-directeur général de la CMDT, Coton et Développement, no 7, janvier-février-mars 1996, pp. 7-10.
(4)« La filière cotonnière est la clé du développement au Mali », entretien avec M. Drissa Keita, Jeune Afrique Economie, no 1265, 1er-14 juin 199
(5) Lire « Bras de fer au-dessus des champs de coton », L'Autre Afrique, 5 au 11 novembre 1997.
(6) Par exemple, Pierre Guislain, Les privatisations, un défi stratégique, juridique et institutionnel, De Broeck université, Bruxelles 1995. Lire « Contresens et contre-vérités sur les filières cotonnières africaines, Coton et Développement, no 26, avril- mai-juin 1998, pp. 2 à 13.
(7) Lire Muriel Devey, » Bilan des privatisations en Afrique : l'exemple des pays de la zone franc ", Marchés tropicaux, Paris, 6 septembre 1996.
(8)Coton et développement, no 7, janvier-mars 1996, pp. 7 à 10.


JANVIER 1999 :

 L'ancien président malien Moussa Traoré condamné à mort
 BAMAKO (AP) -- L'ancien président malien Moussa Traoré a été condamné à mort
 mardi pour appropriation frauduleuse de la propriété publique aux côtés de
 son épouse et de son frère Abdramane Doua Cissoko, qui dirigeait les
 douanes. Le procès a duré trois mois.
 M. Traoré avait été condamné à la peine capitale en 1993 pour sa
 responsabilité dans la mort d'une centaine de manifestants. Le président
 Alpha Oumar Konaré avait commué la sentence en prison à vie.

Sources :
Afrique-Asie
Jeune Afrique
Jeune Afrique Economie
Africa International
Continental
Le Monde Diplomatique

Afrique : histoire, economie, politique

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier