Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Mali IX

LES CONDITIONS ECONOMIQUES

La Mali ne dispose que de très peu de richesses minières et, de tout temps, il a basé son économie sur l'agriculture et sur l'élevage. Ceux-ci sont confinés dans la partie sud du pays, car la partie nord est entièrement constituée par des sables.
La population malienne est à 85% rurale, et ce pays a longtemps été considéré comme le grenier de l'Afrique de l'ouest : ce n'est plus, hélas, le cas de nos jours.
Ce déclin est à attribuer aux sécheresses dramatiques qui ont marqué les 20 dernières années mais aussi à la mauvaise conjoncture internationale et à la situation économique propre au Mali; ajoutons à cela certaines mesures prises par le régime Keita qui laissent encore de nos jours des traces bien difficiles à effacer.
S'agissant de la conjoncture internationale, par sa position continentale et par son éloignement à la mer, le Mali a été sériusement éprouvée ces dernières années par la crise, en raison du renchérissement des produits pétroliers. Certes, le contexte international n'a pas que des effets négatifs : la baisse du prix du pétrole est un point favorable pour un pays importateur; on remarquera aussi que l'aide extérieure s'est nettement accrue. L'économie malienne, relativement peu extravertie, a sans doute moins souffert de la crise mondiale que celle d'autres pays. Toutefois, le Mali, comme les autres états sahéliens, reste fortement tributaire des marchés - et des cours - mondiuax, sur lesquels il ne peut guère peser; même limitée, l'intégration à l'économie mondiale agit comme facteur de déséquilibre autant, sinon plus, que comme élément de stabilité.

Prenons l'exemple du coton : celui-ci concourrait pour une bonne part aux recettes de l'état; il a subi une chute des cours internationaux. Si l'on s'intéresse à la production proprement dite, tous les indicateurs ou presque apparaissent comme positifs. Les surfaces cultivées en cotonniers au sein de la zone CMDT (compagnie malienne poue le développement des textiles, partie sud du pays) sont passées de 102 352 hactares (1981-1982) à 139 218 hectares en 1985-1986. Pour l'ensemble du territoire, la production de coton-graine et celle de coton-fibre croissent régulièrement depuis 1975, à l'exception de la période 81-82. Les prix officiels d'achat aux producteurs passent de 55 FCFA le Kg (1980-81) à 85 FCFA en 1986-1987. Mais la perspective change si l'on compare les revenus à l'exportation : de 1985 à 1986, les quantités vendues s'accroissent de 28,6%, et le produit des ventes...BAISSE de 26,2%.
En ce qui concerne enfin la conjoncture propre au pays, la Mali se semble pas s'être encore totalement relevé des mesures de nationalisation prises au lendemain de l'indépendance par Modibi Keita. En 1975, sur plus de 40 entreprises d'état, une seule n'était pas déficitaire, selon les statistiques officielles. Ce phénomène était dû à des effectifs pléthoriques et à une gestion souvent discutable, la corruption s'avérant l'un des maux chroniques de ce pays. Les autorités lancent des campagnes contre la corruption, et des procès de personnes accués de prévarication ont fréquemment lieu. Depuis quelques années, un processus de désétatisation est amorçé, qui n'a pas encore totalement porté ses fruits. En outre, le régime de Moussa Traoré a au à affronter la mauvaise humeur d'une frange de la population touchée dans ses privilèges, qui s'opposait aux mesures d'assainissement des entreprises d'état, prévoyant notamment de nombreux licenciements.
Enfin, la décote du franc malien, dont la décision avait été prise sous Keita, a crée un grave préjudice au pays. Le franc malien équivalait en effet à 1 centime français, alors que le franc CFA, qui avait cours dans les pays voisin, équivalait à 2 centimes français. Depuis 1985, le Mali est revenu dans la zone franc, mais il sera difficile d'annuler les conséquences funestes de plusieurs années de franc malien. Le Mali s'est vite trouvé totalement isolé; les salaires demeuraient très faibles; l'état devait artificiellement réviser en baisse les cours de nombreux produits - notamment des denrées de première nécessité, tel le riz. Conséquence : les paysans faisaient offrir en fraude à l'étranger leurs productions agricoles, mieux rétribuées à l'extérieur et, qui plus est, en francs CFA.
Tout cela a contribué à faire du Mali, pays enclavé, une zone de pauvreté, mais, dans les années 1980, le régime Moussa Traoré a réagi, édictant des mesures d'assairnssement et de redressement, en concertation principalement avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, ainsi qu'avec la commission de la Communauté économique européenne. Le projet, réalisé notamment dans le cadre d'un plan de développement quinquennal, devrait porter ses fruits avant la fin du siècle, et permettre au Mali d'échapper au triste statut de P.M.A. (pays les moins avancés de la planète).
Depuis son accession à l'indépendance, en effet, le Mali a fait du développement rural son objectif prioritaire, mais les recettes de ce secteur n'ont cessé de baisser. On a vu ce qu'il en était pour le coton, dont la vente apportait, jusqu'à la chute des cours, 50% des ressources en devises. Les exportations d'arachide ont cessé. Tout aussi préoccupante est la situation des cultures vivri~es, qui a entraîné des importations de céréales aggravant le déficit de la balance commerciale. Certes, une meilleure pluviométrie, pour les années 1985 et 1986, a permis une reprise de la production intérieure et une diminution des importations, mais la fragilité de l'économie et les aléas climatiques interdisent tout optimisme excessif (3). Les importations représentent en moyenne 30 % du P.I.B., avec un record de 45 % en 1985, et ne sont couvertes qu'à 50 % par les exportations, essentiellement constituées de bétail sur pied et de coton-fibre. Selon des chiffres publiés par le P.N.U.D. (Programme des Nations unies pour le développement) (4), en 1986, le P.I.B. du Mali aurait reculé pour la troisiême année consécutive, ce qui représenterait,

(3) Résultats provisoires du commerce extérieur pour 1986 :
- réduction du déficit commercial de 20 %, avec 85,3 milliards dc FCFA (-106,6 milliards en 1985, Soit + 49,1 % par rapport à 1984);
- diminution des exportations de 18,1%, avec 66,4 milliards de FCFA (89,4 milliards en 1985);
- diminution des importations de 19,2 %, avec 151,7 milliards de FCFA (187,7 milliards en 1985);
- diminution des importations de céréales, avec 8,2 % du total et 123 000 tonnes (26,6 % du total en 1985, avec 370 000 tonnes).
(4) Conseil d'administration du P.N.U.D., 34' session (26 avril-19 juin 1987, New York) Planification des programmes, programme du Mali ».

compte tenu d'une croissance démographique évaluée à 2,85 % par an, une diminution par tête de 15% et une réduction de 8 % de la consommation par tête.
Cette situation est évidemment lourde de conséquences, au niveau de l'état comme du simple citoyen. L'aide extérieure publique au développement demeure une nécessité vitale, qu'il s'agisse de rééquilibrer la balance des paiements ou de financer les investissements. Selon des chiffres de la Banque mondiale, cette aide a atteint jusqu'à 32 % du P.N.B., compte tenu d'une assistance exceptionnelle liée au retour du Mali au sein de l'Union monétaire ouest-africaine. Parallèlement, la dette extérieure ne cesse de s'accroître, avec un montant de 1 469,2 millions de dollars. Selon certaines projections, le service de cette dette devrait passer de 65,2 millions de dollars en 1987 à une moyenne de 100 millions de dollars pour les années 1990-1993. D'où des difficultés considérables de trésorerie, entraînant des retards dans les paiements de l'état, et dans le versement des salaires des fonctionnaires, ainsi qu'une pression fiscale accrue, notamment sur les revenus des activités productives, ce qui n encourage guère le développement de ce secteur.
Pourtant, le premier plan quinquennal (1961-1966) s'était fixé comme but d'accroître la production agricole d'environ 40 %, en pratiquant près de 40 milliards de francs maliens d'investissements. Or, seulement la moitié des investissements prévus initialement a pu être réalisée.
A la période dirigiste (1960-1968) devait succéder une période marquée par la création d'opérations de développement rural (O .D R.) à partir de 1972. Celles-ci étaient cependant axées sur une seule culture (coton, arachide, tabac, riz ou mil).
Les deux périodes se caractérisent par le souci des autorités de maîtriser les circuits de production et de commercialisation pour procurer des ressources à l'État.
Le point le plus positif, durant la période 1972-1976, est le fait que le pays a pu accroître son matériel agricole de manière sensible  106 000 charrues contre 80 300, 32 000 multiculteurs contre 7 700, 48 000 charrettes contre 25 000, tandis que le plan quinquennal 1974-1978 se proposait même de doubler cet équipement.
Cependant, ce matériel était très mal réparti dans le pays, concentré dans certaines zones spécifiques, notamment en zone de production cotonnière. La production de coton connaît un développement considérable (plus de 100 000 tonnes en 1976) en raison des meilleurs rendements obtenus. Alors que le coton ne représentait que 18,7 des exportations en 1961, il dépasse les 60 % en 1978, mais la chute des cours dans les années 1980, nous l'avons vu, devait faire fléchir considérablement ces chiffres.
Par contre, de l'indépendance à 1980, les productions vivrières ne se sont accrues que de 2 % (mil-sorgho, paddy), d'où le grave déficit alimentaire enregistré.
La sécheresse n'explique pas tout, et on reconnaît dans de nombreux milieux que la dégradation des conditions de vie des paysans, liée à la nature même de la politique agricole menée par l'État, a une part de responsabilité dans cette situation. Le blocage des prix et le fait que les denrées agricoles étaient très mal rétribuées aux producteurs ont eu des conséquences hautement néfastes. Mors que les prix des différents matériels s'étaient accrus de 131% en moyenne en 1978, les prix payés aux producteurs n'avaient augrnenté que de 20%. Ces derniers devaient donc se tourner vers les circuits parallèles.
Le retour des pluies et l'accroissement de la production agricole qui en découle normalement n'impliquent pas nécessairement une amélioration significative du revenu paysan. Le retour des pluies en 1984-1985 et 1985-1986 a permis de dégager des excédents (production de 1,67 million de tonnes de céréales en 1985-1986, de 1,78 million de tonnes en 1986-1987, pour des besoins évalués à 1,57 million de tonnes). Malheureusement, les problèmes de stockage aidant, Si l'on peut dire, l'O.P.A.M. (Office des productions agricoles du Mali) n'a commercialisé qu'un tiers des excédents. En outre, les céréales locales subissaient sur le marché la concurrenoe... des produits de l'aide alimentaire La production en souffrance fut donc achetée par des commerçants privés à des prix bradés, le kilo de mil se vendant par exemple à 30, voire 15 FCFA pour un cours officiel de 55 FCFA. Bien évidemment, semblable situation ne constitue guère une incitation à la multiplication des cultures vivrières...

L'Office du Niger

Parmi les principales mesures prises par les autorités maliennes pour améliorer la situation de l'agriculture figure la réhabilitation de l'Office du Niger, destiné à mettre en valeur une vaste cuvette naturelle inondable dans le delta intérieur du fleuve, et créé il y a un demi-siècle par la France, principalement pour la culture du coton.
La zone concernée représente en effet la principale chance de ce pays défavorisé par la nature: elle comporte d'immenses étendues de bonnes terres, entre la ville de Ségou et la frontière mauritanienne. Ce delta est irrigué naturellement, et il suffisait de construire des canaux dc ramifications pour parfaire les zones de culture.
Mors que l'Office était créé le 5 janvier 1932 par l'administration coloniale, le barrage de Markala était achevé en 1947, alimentant plusieurs miffiers de kilomètres de canaux. L'Office du Niger emploie actuellement 3 500 ouvriers. Depuis les années 1970, il a développé la culture de la canne à sucre et celle du riz.
Toutefois, depuis 1980 également, l'Office doit affronter une grave crise financière, et, à la fin de 1981, le déficit atteignait 7 milliards de francs maliens. Pourtant, l'augmentation de la production de riz et de canne à sucre avait été régulière jusqu'en 1979, avant de chuter, tant en raison de la restriction des zones cultivées que des baisses de rendement à l'hectare.
Les raisons invoquées, selon un rapport des bailleurs de fonds contactés par le gouvernement malien pour renflouer l'Office du Niger, tiendraient à des considérations d'ordre socio-économiques. S'agissant de la canne à sucre, les mstallations d'irrigation ont été mal entretenues, et les deux usines de traitement fournies par la Chine populaire sont devenues vétustes. Le riz a souffert lui aussi d'un entretien insuffisant des parcelles cultivées et d'un manque de matériel. Enfin, les familles de « colons » qui cultivent les surfaces de l'Office ne bénéficieraient pas toujours de la sollicitude des responsables, d'où des relations conflictuelles, préjudiciables à de bons rendements. Les « colons »représentent une population d'environ 60 000 personnes.
Face à cette situation, un plan en trois temps a été élaboré, à la demande des bailleurs de fonds (France, Pays-Bas et Banque mondiale). La priorité est accordée aux travaux les plus indispensables et à la remise en état des équipements dans les conditions les plus économiques. Il s'agit, dans ce premier temps, d'obtenir une meilleure gestion des eaux permettant l'alimentation hydraulique globale de la totalité des parcelles destinées à l'irrigation. En outre, il s'agit de réduire les pertes, pour qu'elles passent de 7 milliards à 3, puis à moins de 1 milliard de francs maliens.
La deuxième période, de quatre ou cinq années, aura pour objectif la restauration et la modernisation des aménagements (dont certains remontent à plusieurs décennies), afin d'accroître leur rentabilité, d'augmenter substantiellement la productivité des terres et d'améliorer le niveau de vie des paysans. L'effort sera alors porté sur la réhabilitation des investissements et la modernisation technique. L'Office devra fournir, au moins partiellement, une participation autofinancée.
Enfin, la troisième période sera marquée par le retrait des bailleurs de fonds, l'Office devant pouvoir à cette même période étendre ses activités à de nouvelles zones de la région.
Chacun s'accorde à reconnaître cependant que, pour sauver l'Office, il conviendra aussi de mobiliser davantage les familles de « colons » qui travaillent sur ses terres. ce qui revient à mieux rémunérer les productions, et à faciliter la création d'associations de paysans.

Les paysans se font entrepreneurs

Il est d'ores et déjà clair qu'une vraie nouvelle classe d'entrepreneurs a vu le jour  les paysans. « La décentralisation et la responsabilisation poussée des paysans leur a fait prendre leur propre sort en main : ils commencent à s'autogérer et à s'auto-administrer et ils ne semblent plus se contenter de rester de simples producteurs. Ils sont en train de devenir de vrais opérateurs économiques qui ne veulent plus être spoliés de leur production.
Les paysans se sont regroupés en associations villageoises basées sur leur propre culture et dont la forme la plus sophistiquée est le ton, ce qui en bambara veut dire association. L'erreur de la Banque mondiale a été de croire que le paysan allait rester simple producteur et que le commerçant resterait commerçant sur toute la ligne, or, par le biais de ses propres organisations, le monde rural a repris la commercialisation des céréales en main.
Malgré les excédents, les prix qu'ils obtiennent sont les plus élevés maintenant depuis des années et à la longue, d'ici un à deux ans, je ne serais pas étonné de voir des associations villageoises occuper des surfaces dans les villes où elles vendraient directement en détail leurs céréales et ultérieurement pourraient même se lancer dans l'exportation.
Des trois barrages (Manantali, Markala et Sélingué) dont dispose le Mali, non seulement le potentiel hydro-électrique mais aussi le potentiel hydro-agricole est largement sousutilisé. En fait, selon certaines sources, sur un total de 12 millions d'hectares cultivables, seulement 2 millions seraient mis en valeur. Partout, et évidemment en étroite coopération avec les donateurs extérieurs, l'on essaie maintenant d'aménager, voire parfois de réaménager certains périmètres irrigués couvrant plusieurs milliers d'hectares afin d'augmenter le degré de sécurisation de la production agricole.

Une grande tradition agro-pastorale

La lutte contre la désertification est aussi une des principales préoccupations du ministre de l'Environnement et de l'Élevage, qui insiste sur le fait que « cela fait partie des priorités ». Le gouvernement a adopté et lancé un programme national de lutte contre la désertification allant de campagnes d'information et de sensibilisation aux textes législatifs couvrant tout ce qui peut avoir une incidence négative sur l'éco-système, en passant par l'aménagement multidisciplinaire du territoire, le recentrage des activités traditionnelles et la mise en place de « barrières » vertes, qui, plus qu'une simple zone arborée, constituent en fait un ensemble d'éléments agroforestiers et d'élevage.
La rationalisation de l'exploitation du cheptel visant son insertion dans la vie économique globale se fait dès Jors dans une optique du moindre risque pour l'éco-système. Cela n'est pas une sinécure car le Mali est un pays à grande tradition agro-pastorale : l'élevage y représente près d'un cinquième du PIB et ce secteur est aussi le plus important pour réaliser des recettes d'exportation estimées à plus de 18 milliards en 1988, devancé en cela uniquement par le coton. Le cheptel malien est un des plus importants du Sahel en 1988, il totalisait plus de 4,7 millions d'ovins-caprins et environ 231 000 camelins. Chaque transhumance pose des problèmes non seulement au niveau des relations agriculteurs-éleveurs mais aussi pour le bétail proprement dit  son approvisionnement en eau et alimentation, d'une part, et son état sanitaire, d'autre part, entraînent souvent des pertes d'effectifs. En période de sécheresse, ces phénomènes sont évidemment exacerbés ainsi les pertes causées par la sécheresse de 1972-73 sont évaluées à plus de 13 milliards de FCFA et celles encourues lors de la sécheresse de 1982-85 totalisaient presque 18 milliards de FCFA.
Normalement, l'essentiel des exportations se fait avec du bétail sur pied - avec tous les problèmes que cela comporte - en direction surtout des pays côtiers voisins.

Protéger l'environnement agricole

Permettre aux régions semi-arides d'Afrique de lutter contre la sécheresse, tel est le but des chercheurs en génétique, agrophysiologie, science du sol, agronomie, agroclimatologie, économie qui se sont réunis à Bamako lors d'un colloque international organisé par le CIRAD et l'INSAH (Institut du Sahel) dans le cadre du réseau R3S (Réseau international de recherche sur la résistance à la sécheresse), de la CORAF (Conférence des responsables de recherche agronomique africains).
Une certitude pour tous ces chercheurs : la sécheresse n'est pas un mal inévitable. Il est possible d'améliorer la productivité des espèces cultivées dans les zones sèches Si l'on préserve l'environnement et la reproductibilité des systèmes de cultures.
Les exposés ont surtout mis en valeur les acquis importants réalisés en matière de
- préparations culturales permettant d'augmenter les capacités de stockage de l'eau, d'améliorer son infiltration
- gestion de la matière organique qui valorise les ressources en eau disponibles
- adaptation des cycles, date de semis, permettant de s'ajuster à la durée des pluies.
Il est notamment possible d'identifier, de hiérarchiser et d'expliquer scientifiquement les problématiques agricoles par zone agroclimatique et de mieux comprendre le comportement des paysans face à l'intensification et de leur proposer des améliorations ayant des chances de succès.
Il ressort des débats, d'une pluridisciplinarité exemplaire, tout l'intéret de faire le point des connaissances sur l'hydrosystème agricole tropical de façon
- à optimiser les flux hydriques productifs à partir des précipitations disponibles,
- à définir le rôle de l'alimentation hydrique dans la variabilité des rendements observés, etc.
A partir de ces données déjà disponibles, on peut grâce à un modèle de simulation du bilan hydrique
- prévoir les récoltes,
- proposer des systèmes de culture réduisant les risques de sécheresse, adaptés à chaque site.
Quant aux travaux déjà réalisés sur la sélection de varié-tés adaptées à la sécheresse, ils permettent de mieux comprendre les mécanismes qui font que certaines plantes sont capables d'esquiver la sécheresse, que d'autres l'évitent en conservant des niveaux élevés d'hydratation de leurs tissus hydriques, et que d'autres encore la tolèrent malgré de faibles niveaux d'hydratation.
Des résultats importants ont déjà été réalisés sur l'arachide dont on a considérablement réduit les cycles végétatifs pour une meilleure adaptation à la sécheresse.
En conclusion, les membres du réseau R3S ont rappelé qu il était important de synthétiser et de valoriser tous ces acquis.
Les participants se sont accordés à dire qu'une intervention pluridisciplinaire à l'échelle des territoires est indispensable ; qu'il est nécessaire de travailler plus étroitement avec les groupes d'agriculteurs et d'éleveurs ; que la collaboration avec les agro-économistes doit être renforcée, et qu'il faut construire des choix de scénarios possibles pour chaque type de production.

Nous avons surtout traité jusqu'à présent de l'agriculture, mais l'élevage représente également au Mali un secteur d'activité considérable, même Si des troupeaux entiers ont été décimés ces dernières années par la sécheresse.
Tout Malien est éleveur dans l'âme, et, selon certaines statistiques officieuses, l'élevage rapporterait autant de devises que le coton, même si les exportations clandestines, rendues faciles par des frontières très perméables, représentent un fort pourcentage de la fuite de capitaux.
L'élevage est un pilier de l'économie vivrière et il concourt à l'autosuffisance alimentaire du pays. On a estimé qu'en 1983 le cheptel avait pu être reconstitué à son niveau d'avant la première grande sécheresse de 1972, ce qui donne une idée des capacités de redressement pasloral de ce pays.
Les effectifs, très difficiles à évaluer, seraient de plus de 5 millions de bovins et 13 millions de petits ruminants. Le Mali se suffit en viande, en cuirs et en peaux, et exporte une grande partie de sa production. L'élevage fournit également à l'agriculture quelque 200 000 boeufs de labour.
Avec la pêche, l'élevage représenterait la moitié du PIB agricole. La valeur annuelle des exportations de bétail vif serait proche de 15 milliards de francs CFA, auxquels s'ajoutent les cuirs et peaux (exportations clandestines et exportations contrôlées).
Le Mali fournit principalement les pays voisins : Côte d'Ivoire, Nigeria, Ghana, Liberia, Sénégal, achetant 70 % de la production). Avec le Burkina Faso et le Niger, le Mali contribue donc largement à combler le déficit en viande des pays ouest-africains.

Mines et industries peu développées

Alors que la prépondérance du secteur primaire est manifeste dans l'économie malienne, la contribution du secteur secondaire au PIB est restée relativement faible (de l'ordre de 12% en 1991). Jusqu'aux récentes réformes structurelles, parmi les entreprises industrielles, bon nombre relevaient du secteur public et avaient grandement besoin d'assainissement ou de privatisation ou même de liquidation pure et simple ; les entreprises privées, quant à elles, souffraient d'un environnement national souvent peu enclin à leur développement et cela en plus dc leurs handicaps « classiques » dus à l'étroitesse et à l'enclavement du marché, de mauvaise conjoncture internationale, etc. De toute façon, ce secteur est largement tributaire des performances agricoles, la part de l'agro-industrie représentant presque 40% du total sectoriel et les industries textiles réalisant près du quart de la valeur ajoutée industrielle.
Beaucoup d'efforts ont été faits pour la recherche géologique et minière puisque, vraisemblablement, par analogie avec des pays voisins tels que le Niger, l'Algérie, la Mauritanie et la Guinée, le potentiel pourrait être important. En fait, des gisements notables, par exemple de bauxite (800 millions de tonnes),de minerai de fer (environ 1 milliard de tonnes) et de manganèse (environ 3,5 millions de tonnes) ont été relevés mais leurs conditions d'exploitation (enclavement et éloignement, manque d'énergie, etc.), sans parler du financement, sont loin d'être parfaites. Des prospections ont également eu lieu pour l'uranium et le pétrole mais sans aboutir jusqu'à présent. Sel, phosphates, diamant et gypse sont déjà exploités, et le Mali a renoué avec une vieille tradition : la production d'or en dehors des petits orpailleurs artisanaux qui ont toujours opéré. Ainsi, en février dernier le gisement aurifère de Dyama a pu produire ses premiers 55,249 kg d'or.
Depuis le début des années quatre-vingt, d'importantes études sont faites, notamment avec le concours du PNUD, du BRGM (Bureau français de recherches géologiques et minières) et d'une firme américaine, la BHP-Utah.
A partir des données ainsi obtenues, une société minière est en train de se constituer, dont l'État malien détiendra 51% du capital et le BRGM 49%. Avec, comme principaux bailleurs de fonds  la Caisse centrale de coopération économique (France), la Banque européenne d'investissements, la Banque africaine de développement et la Banque islamique de développement. Cette société, qui vise avant tout à exploiter le gisement de Loulo (région de Kéniéba) dans l'ouest du pays, espère commencer sa production vers la fin de 1989.
Une autre société est en cours de formation, associant à l'État malien la BHP-Utah et des capitaux australiens. Elle se propose d'exploiter des gisements découverts dans la région de Sikasso, dans le sud du pays. L'étude de factibilité est pratiquement terminée.
Des permis de recherche ont été concédés à d'autres sociétés étrangères, américaines, canadiennes, allemandes et australiennes, notamment, sans parler de la concession accordée à l'Union soviétique : celle du gisement de Kalana, dans le cercle de Bougouni (sud du pays), entrée en production en 1985 et dont les royalties sont payées par Moscou en biens d'équipement.
Les principaux gisements aurifères répertoriés sont ceux de l'ouest du Mali, dans la zone de Kéniéba, qui englobe un vaste périmètre allant de ce cercle aux frontières de la Guinée et du Sénégal. La seconde zone est celle qui s'étend au sud du pays. Elle est constituée par un périmètre allant de la frontière de la Guinée à celle du Burkina, suivant une ligne passant au nord de Bougouni et de Sikasso.
Pour mettre en valeur ces ressources minières, le gouvernement malien a délibérement opté en faveur d'une politique très libérale. Le code des investissements permet aux personnes et aux sociétés privées de prospecter librement dans tous les domaines miniers. Durant toute la phase de la prospection, les pionniers sont complètement exonérés d'impôts. les matériels et équipements importés pour les besoins d'exploitation sont exonérés pendant cinq ou dix ans selon les cas. Les profits réalisés par les investisseurs peuvent être exportés sans problème.

Les richesses minières des régions touarègues

Les immenses dunes sablonneuses qui se perdent à longueur de vue sur le Nord malien recouvrent des richesses incalculables, diffusées pour la première fois par un document d'études réalisé par les Nations unies (Projet PNUD/DCTDFMALI 85/007) avec la collaboration du gouvernement malien. Ce document existe depuis 1987, mais il a été publié seulement en 1991 par le journal Aurore de Bamako. Le sous-sol du Nord et du Nord-Est est porteur d'espoir. Les minerais suivants y ont été découverts
- L'or : il a été identifié par la SONAREM (Société nationale de recherche et d'exploitation minière du Mali) dans les années 1960 sur le site d'In Darset, situé à proximité de la piste transsaharienne Gao-Tamanrasset. Une réserve de 3 tonnes d'or à une teneur de 4,4 g/t est estimée jusqu'à la profondeur de 100 mètres sur une longueur de 1,250 mètres. La région de Timétrine, située à l'ouest de l'Adrar des Iforas, contient également de l'or sur 20 km environ.
Le fer : d'importants niveaux de roches calcaires ferrugineuses ont été signalés aux pourtours de la chaîne de l'Adrar des Iforas, mais aucun essai n' a été fait pour évaluer leur potentiel. Des gisements importants de ce type existent plus au sud, au bord du Niger de part et d'autre de la frontière Bénin/Niger.
- Le manganèse : ce minerai est localisé dans le gisement d'Ansongo. Le niveau manganésifère s'étend sur 20 km environ et est réparti en trois groupes de collines Takavasita, Agaula et Tondibi.
- Le cuivre : des indices de cuivre sont assez nombreux dans l'Adrar des Iforas et dans la région d'Ansongo.
- Le plomb et le zinc : trois sondages ont été effectués par Bumifon (Bureau minier français d'Outre-Mer) sur le gisement de Tessalit, situé dans la partie nord-ouest de l'Adrar, près de la piste de Tamanrasset.
- L'uranium : des indices ont été relevés à Samit, dans la vallée de Tilemsi à 100 km au nord-est de Gao avec une réserve de 200 tonnes de minerai d'uranium.
- Le pétrole : des organismes et compagnies (SAP, SONAREM, TEXACO, ELF) ont effectué cinq sondages dont deux dans le bassin de Taoudeni, un dans le fossé de Goa et deux dans la partie malienne du bassin des lulmeden.
- Les lignites et schistes bitumineux  des indices de lignites et de schistes bitumineux ont été identifiés aux environs de Ménaka, situé à peu près à 250 km de Gao. D'autres indices de lignites ont été signalés en plusieurs endroits dans des forages d'eau. Près d'Agamor et d'Almoustrat, à 100-120 km au nord de Gao, des schistes bitumineux ont été prospectés par sondages. Leur teneur moyenne en pétrole est de 17,87 1/t.
Sur la zone prospectée, les réserves ont été évaluées à 870 millions de tonnes de schistes, soit l'équivalent de 31 millions de barils de pétrole : les ressources possibles ont été évaluées par la SONAREM à 10 milliards de tonnes de schistes bitumineux.
- Les phosphates : les gisements de phosphates du Mali sont surtout situés dans le fossé de Gao et au sud de l'Adrar des Iforas. Seul le site de Tamaguilett a été l'objet d'une prospection assez détaillée.
- Les sels : seule la Sebka de Taoudeni a été l'objet d'une prospection (82 sondages faits par la SONAREM). D'une superficie de 160 km2, la réserve calculée est de 53 millions de tonnes de sel gemme.
- Le gypse : les indices de gypse très nombreux se localisent dans l'Adrar des Iforas et dans la région de Taoudeni. A In Kerait, à 80 km au nord de Tessalit, se trouve un gisement qui, selon la SONAREM recèle 370 000 tonnes de réserves.
- Les diatomites : elles sont connues au Mali surtout dans les anciens fonds des lacs (Daounas et Behri) situés à l'ouest de Goundam. A la suite d'une reconnaissance effectuée en 1981, la DNGM a estimé les réserves probables des diatomites de Douana Behri à 65 tonnes. Ainsi l'administration décentralisée des trois régions Gao, Tombouctou, Kidal, conférée au mouvement touareg, permettra aux rebelles « de prendre des décisions importantes en matière économique et sociale, là où l'État seul intervenait dans le temps ».

Crise et austérité

Le troisième accord de confirmation consécutif signé en 1986 entre le gouvernement malien et le Fonds monétaire international (F.M.I.) s'est caractérisé par des mesures d'austérité, car, malgré les lourds sacrifices imposés aux populations maliennes, de « graves déséquilibres » ont affecté l'économie. « La position des finances publiques et celle des comptes extérieurs » ont continué à « poser des problèmes, en particulier du fait des obligations au titre du service de la dette ». En effet, la somme d'une quarantaine de millions de dollars accordée au gouvernement malien par le gouvernement français n'aura pas suffi àrembourser la dette de 60 millions de dollars contractée vis-à-vis du F.M.I.
Un mémorandum économique et financier élaboré, toujours en 1986, par le gouvernement malien assisté par des experts du F.M.I. a confirmé que les objectifs prioritaires restaient la limitation de l'importance du secteur public dans l'économie et la création des conditions propices au développement et au renforcement du secteur privé et extérieur. Quant aux finances publiques, l'objectif était de réduire le déficit global, qui se chiffrait à 46,3 milliards de FCFA en 1984, à environ 36,1 milliards de FCFA (soit 6,5% du PIB) à la fin de 1986.

Le gouvernement malien a d'abord décidé d'accroitre la fiscalité en taxant le sel, les noix de kola, le thé, les timbres sur les correspondances ordinaires, et les licences, l'importation de toutes les marchandises, de réduire le recrutement de nouveaux agents et de bloquer les salaires. Ensuite, dans le cadre de l'encouragement au secteur privé, il a adopté un nouveau code des impôts et un programme de réforme économique financé par les États-Unis. Ce programme, selon les informations d'avril 1987, devait voir sa réalisation accélérée. Le coût en était alors évalué à 18 millions de dollars, et la durée à trois ans. La relance de l'activité du secteur privé devait être facilitée par un net allégement de la pression fiscale. Parallèlement, les dépenses budgétaires en personnel (54% des dépenses publiques pour l'année 1987) devaient être révisés en baisse au profit des dépenses en matériel. Les effectifs de la fonction publique devaient être réduits, notamment par l'incitation au départ volontaire en retraite (versement de primes modulées selon le grade des agents : 1,7 millions de FCFA pour la catégorie C, 2,7 millions pour la catégorie B, 4 millions pour la catégorie A).
Ces mesures ont déjà commencé à entrer dans les faits au 30 juin 1987, 213 fonctionnaires (sur un effectif total de 52 000 agents) avaient pris leur retraite anticipée, une deuxième vague devant toucher 396 fonctionnaires en juin 1988. D'autres mesures ont été la limitation de l'accroissement de la masse monétaire et du crédit bancaire accordé à l'État, et la libéralisation de la production, à laquelle l'Office du Niger s'était jusqu'ici opposé. Ainsi les commerçants privés ont été autorisés à participer à la commercialisation, l'Office du Niger n'étant plus tenu de vendre des quantités déterminées, à des prix préétablis, àl'Office des produits agricoles du Mali (O.P.A.M.), l'organisme étatique chargé de tempérer, par ses ventes, les spéculations sur le marché céréalier.

Le nouveau « projet révisé » mis au point par la Banque mondiale précisait de son côté qu'il fallait désormais agir moins dans le sens d'une « réhabilitation physique »des entreprises publiques que dans celui d'une restructuration financière du secteur, contrairement aux objectifs initiaux. 7 sociétés d'État seulement ont été maintenues la Compagnie malienne de navigation, l'Énergie du Mali, l'Office du Niger, l'Office des produits agricoles du Mali, la Régie des chemins de fer, les P.T.T. et l'Office chargé de la gestion du barrage de Sélingué. Quant aux autres entreprises publiques, elles ont été réparties en 3 catégories. Un premier groupe a été destiné à une privatisation totale ; parmi les il entreprises visées, on peut citer la Compagnie malienne pour le développement des textiles (C.M.D.T.), la Pharmacie populaire, la Société des tabacs et allumettes (Sonatam), une société d'équipement agricole et une autre chargée de constructions immobilières. Dans une deuxième catégorie figurent les sociétés liquidées ou en voie de liquidation ; entre autres, la Compagnie malienne des transports routiers (C.M.T.R.), la Société malienne d'import-export (Somiex). Une dernière catégorie comprenait les sociétés destinées à être soit privatisées soit liquidées (au nombre de 10), parmi lesquelles la Compagnie malienne des textiles (Comatex), la Librairie populaire, la Société des oléagineux (Sepom) et la Société des travaux publics (Sonetra). Quant à la compagnie Air Mali, dissoute en 1985 à la suite de graves difficultés financières, elle devait être remplacée, selon des informations officielles en date de la mi-novembre 1987, par une compagnie aérienne mixte soviéto-malienne.
Ces dispositions impliquaient la mise au chômage d'une dizaine de milliers de travailleurs, qui se sont ajoutés aux 3 000 licenciés du secteur étatique de ces dernières années. La liste de ceux qui n auront plus droit à aucun salaire devrait s'allonger et s'accompagner de paiements irréguliers et de hausses de prix importantes. Chômage, faible pouvoir d'achat et de précarité, des conditions d'existence continuent d'affecter la grande majorité de la population (paysans, ouvriers, petits commerçants, employés et moyens fonctionnaires, jeunes), tandis qu'une petite minorité d'affairistes, gros commerçants, hauts cadres de l'État et du parti mène un train de vie ostentatoire ; l'austérité semble toujours appliquée à sens unique. Et pourtant, la général Moussa Traoré a fustigé l'incurie des autorités politiques et gouvernementales et demandé, après le conflit frontalier avec le Burkina Faso, un rapport sur l'état de la nation. Dans ce document, rédigé par une commission regroupant des membres de la direction du parti et du gouvernement, on parlait de « sérieuses hésitations dans la mise en oeuvre de l'option », dont les responsables politiques étaient «incapables d'expliquer les concepts fondamentaux », et de la difficulté d'appliquer les réformes économiques décidées par le parti. On reconnaissait que les revenus ne suivaient pas l'inflation et on critiquait «la corruption, le népotisme et le goût de la réussite sans effort ».
Le conseil national de l'Union démocratique du peuple malien (U.D.P.M.) avait pris deux importantes décisions après la réunion de mars 1986 la tenue d'un nouveau congrès extraordinaire et la mise en place d'une commission chargée de l'application de la loi sur l'enrichissement illicite, qui avait été adoptée dès 1981 - année qui avait déjà vu un congrès extraordinaire pour dynamiser le parti, après les mouvements d'étudiants. En 1982, ce fut le congrès de la « clarification » et, en mars 1985, celui du « renouveau ».

Les bailleurs de fonds et I'autosuffisance alimentaire

Autosuffisant dans les années 1960, le Mali est aujourd'hui installé dans une situation de déficit alimentaire croissant. Pour en sortir, le gouvernement a élaboré une stratégie pour l'autosuffisance alimentaire, qui a été le thème central de la XXème Conférence internationale des bailleurs de fonds pour le redressement économique et le développement du Mali, qui s'est tenue à Bamako du 2 au 5 décembre 1985.
« La politique de développement que le Mali entend poursuivre au cours des dix années à venir, a précisé le chef de l'Etat malien, sera axée essentiellement d'une part sur la stratégie alimentaire, la lutte contre la sécheresse et la désertification, et d'autre part sur la maîtrise de l'eau en vue d'atteindre l'autosuffisance alimentaire... » Pour ce faire, 12 projets de développement relatifs au secteur de l'économie rurale, au sous-secteur de l'hydraulique et au sous-secteur agro-industriel ont été présentés à l'attention des bailleurs de fonds.
Dans le secteur de l'économie rurale, il s'agit de consolider l'Office du Niger en vue de doubler la production de riz et de sucre, d'aménager la zone lacustre, d'irriguer 100 000 hectares et de reboiser certaines zones dans la région de Niafunké, Goundam et Djiré. Trois autres projets concernent l'extension de l'opération riz de Ségou, la réhabilitation du périmètre irrigué de Baguineda, aménagement de la zone du barrage de Sélingué en vue d'accroître les périmètres irrigués et de mieux soutenir l'activité de pêche. Le sixième projet concerne la production de semences sélectionnées en vue d'améliorer la production céréalière nationale, tandis que le septième projet concerne un programme de développement intégré dans la région de Kayes. Dans le domaine hydraulique, trois actions ont été envisagées : une étude relative à l'aménagement intégré du bassin supérieur du Bani, dans la région de Sikasso, un plan d'action national pour l'aménagement de petites retenues d'eau villageoises, et enfin la construction de retenues d'eau dans le cercle de Kita. Quant à l'agro-industrie, deux projets sont soumis aux bailleurs de fonds : la création d'un complexe sucrier à Bankoumana (en amont de Bamako), d'une capacité de 30 000 tonnes, et le développement des petites et moyennes entreprises agropastorales.
Notons au demeurant que les paysans n'attendent pas passivement l'aide nationale ou internationale comme une manne céleste qui viendrait résoudre opportunément leurs problèmes alimentaires. Nous illustrerons notre propos avec le cas des habitants de Manako (village de la région de Mopti), qui ont réalisé un montage asidiovisuel pour expliquer comment ils ont fait face à la grande sécheresse de 1984, année au cours de laquelle la récolte a été nulle.
Après une réunion avec le chef de village, il a été décidé que la moitié des familles partirait à la ville, l'autre moitié demeurant sur place pour cultiver les abords d'une mare située à proximité du village. Chaque famille restée au village a reçu un terrain, une parcelle ayant été cultivée collectivement ; la production commune devait permettre d'acheter les semences pour l'année suivante. Grâce à une récolte de pastèques particulièrement abondante, vendue à Mopti, les villageois ont pu se procurer des céréales (mil et maïs) et du riz. La coopérative créée par les villageois, fonctionnant grâce aux cotisations et à un prêt gouvernemental, leur a permis d'acheter en ville du grain à meilleur prix ; ce grain a été revendu avec un petit bénéfice. Parallèlement, Manako a pu profiter d'une distribution de céréales en provenance de l'étranger. De plus, les paysans ont décidé de vendre leurs boeufs et d'acheter des chèvres, qui consomment moins de nourriture et d'eau et apportent leur lait et leur viande. Ainsi, et grâce à la constitution de groupements s'appuyant sur des associations traditionnelles (les ton), les villageois ont pu rester sur place et lutter efficacement contre les difficultés climatiques.
Cependant, l'aide alimentaire, et en particulier l'aide d'urgence, risque d'être encore indispensable pendant de longues années au Mali, mais la mobilisation de cette aide et son acheminement aux victimes posent d'énormes problèmes. C'est pourquoi le gouvernement malien a présenté à l'attention de ses partenaires de développement des propositions visant à renforcer sa capacité pour mieux gérer l'aide d'urgence et aussi à désenclaver progressivement les différentes régions du pays. Il s'agit pour l'essentiel de restructurer la Comité national d'aide aux victimes de la sécheresse (C.N.A.V.S.). Serait instauré un secrétariat permanent doté d'un système informatique et de moyens logis-tiques permettant la collecte continue des données sur le terrain, leur traitement et une meilleure gestion de l'aide.
Le volet désenclavement s'articule essentiellement autour de la construction de nouvelles routes, notamment de desserte nationale, et, dans les 2ème et 6ème régions, de la reconstruction et du renforcement du réseau routier et ferroviaire, et des travaux de drainage du fleuve Niger entre Mopti et Gao. On a aussi proposé la création d'entreprises pilotes de transport à caractère mixte (état constructeur de véhicules et transporteurs privés) et d'une filiale de la Comanav (Compagnie malienne de navigation, mixte également) dont l'activité principale serait la fabrication de pinasses en métal.
Cette seconde conférence des bailleurs de fonds aura été également l'occasion de présenter un bilan des politiques de redressement économique et de financement des actions de développement entreprises depuis 1981, ce qui a aboutit à des résultats encourageants, tels le redressement des comptes extérieurs, l'entrée dans l'U.M.O.A. (union monétaire ouest-africaine), le redressement partiel des entreprises publiques, la libéralisation du marché des céréales, une plus grande rigueur dans les dépenses publiques, l'institution du concours d'entrée dans la fonction publique... Les différentes mesures, bien que jugées satisfaisantes, devraient être complétées, notamment par une libéralisation totale des prix (sauf pour les produits de première nécessité), par une réforme de la fiscalité, une restructuration des O.D.R., une révision du code des investissements... Toutefois, cette deuxième étape entraînerait un effort financier qui ne peut pas être assumé par le seul Mali.
Quelques exemples le financement des réformes du secteur des sociétés et entreprises d'État exigerait près de 20 milliards de FCFA ; le coût de restructuration de l'ensemble des O.D.R. se chiffrerait à 13,7 milliards, répartis sur cinq ans. L'aide des bailleurs de fonds s'avère donc indispensable.
Le gouvernement malien entend centrer ses efforts de développement dans un cadre bien coordonné et réaliste. Cette orientation s'est traduite par un nombre réduit de projets (12 projets prioritaires contre 79 présentés lors de la conférence des bailleurs de fonds en décembre 1981) bien choisis, en fonction de la stratégie alimentaire et des financements externes souhaités.

Un pays qui ne sort pas de la pauvreté

Les nombreuses contraintes naturelles, difficilement maîtrisables (enclavement, sécheresse, fragilité des sols, etc.) combinées aux handicaps dont souffrent les ressources humaines concourent à faire subir à la production nationale malienne, les variations les plus erratiques.
Le redressement récent et assez spectaculaire du secteur productif, surtout grâce aux performances tant dans la production que dans la commercialisation des productions vivrières et de rente, à évidemment contribué à réduire certains des déficits et des déséquilibres financiers. De ce point de vue, le Mali a historiquement la réputation de faire face à des « difficultés endémiques ». Au cours des années soixante-dix, la plupart des sources parlaient à son sujet de « politiques économiques et financières inadéquates »causant des problèmes structurels qui à leur tour étaient aggravés par, d'une part, la détérioration rapide des termes de l'échange, et d'autre part, par des calamités naturelles répétées. Face à cette situation, le gouvernement avait, en 1982, ouvert le dialogue avec le FMI et entamé avec son aide une première série d'ajustements financiers et économiques. Certes, des progrès furent réalisés mais, dès 1986, année où le prix mondial de la principale exportation, le coton, s'effondra, l'on commença à parler de « graves dérapages » menant en fait à une rupture avec le FMI en 1987. La crise financière devint alors telle que le gouvernement décida de réouvrir le dialogue avec les institutions de Bretton Woods, ce qui mena à la conclusion d'un accord en août 1988 avec le FMI sur un nouveau programme d'ajustement. Celui-ci reçut l'aval de nombre de donateurs bilatéraux et multilatéraux, dont la CEE, qui contribuèrent à différents degrés à la libéralisation de l'économie en général et à la réduction du rôle de l'État qui se désengagea au profit du secteur privé.
Toutefois, le poids de la dette extérieure reste considérable et cela, malgré les rééchelonnements, voire même des annulations de créances obtenues ; ainsi, fin 1988, le Mali faisait face à une dette s'élevant à 727 milliards de FCFA, soit 126 % de son PIB d'alors. Comptant sur un engagement continu de ses partenaires extérieurs pour le soutenir dans ses efforts de redressement, l'État du Mali cherche pour sa part entre-temps à se désengager là où il le peut, afin de réduire ses charges budgétaires et d'accroître ses recettes, en faisant place à l'économie productive basée sur la croissance du secteur privé.
Le budget pour 1991 s'est élevé, en recettes, à 224,95 milliards CFA et, en dépenses, à 230,795 milliards. Pour l'exercice précédent, les chiffres étaient de 245 milliards en recettes, contre 261 en dépenses. Le programme d'ajustement structurel adopté avait pour objet de réduire le déficit qui atteignait 57 milliards CFA en 1989. L'exercice 1991 devait être marqué par l'introduction de la taxe sur la valeur ajoutée qui, selon ses initiateurs, devait encourager le développement des investissements et de la production

Avec une population qui excède les neuf millions d'habitants, le Mali dispose de l'un des revenus par tête d'habitant les plus bas du monde : 130 dollars. La dette extérieure est de l'ordre de 2,05 milliards de dollars (1991).
Le pays continue à vivre de ses céréales et du coton qui forme l'essentiel des recettes d'exportation. Le bétail qui fut l'une de ses richesses a énormément souffert. Le cheptel, peu à peu, s'est reconstitué et retrouve sa place sur les marchés des pays voisins.
Si 86 ~ de la population vit de l'agriculture et de l'élevage, l'industrie n'emploie que 2 <¼> d'une main-d'oeuvre touchée par le chômage.
Longtemps, le Mali aura besoin d'aide extérieure. Celle-ci n'est pas marchandée par la Communauté économique européenne ni par des aides bilatérales  France, Pays-Bas, États-Unis d'Amérique et certains pays arabes. Leur aide sera-t-elle désormais conditionnée ? Tout porte à penser que les bailleurs de fonds se montreront plus rigoureux quant à la gestion de leur aide. La rue a trop dénoncé la corruption, le népotisme, la gabegie, pour qu'elle ne soit pas entendue.

La coopératiou CEE-Mali

Les relations avec la Communauté sont d'autant plus importantes que le Mali dépend fortement de l'extérieur pour ses approvisionnements comme pour le financement de son développement. La Communauté est le premier partenaire commercial du Mali qui réalise avec elle plus de la moitié de ses échanges extérieurs.
Depuis l'entrée en vigueur de la politique de Lomé avec le 4e FED, l'on peut constater à la fois une augmentation des ressources, leur adaptation aux circonstances du moment, sans oublier les aides non programmées destinées à parer les conséquences nuisibles pour le Mali de situations imprévisibles, telles que la sécheresse, la baisse du cours de ses exportations, des épidémies, etc.
Sous Lomé I, les ressources ont totalisé 97,7 millions d'écus, dont 79,9 millions pour les projets et programmes FED-BEI, 9,8 millions de Stabex, I million pour des aides exceptionnelles et 7 millions pour le « Plan Natali ». Avec Lomé Il, on arrivait à un total de 124,6 millions d'écus avec une ventilation de 99,4 millions pour les projets et programmes FED-BEI, 10,6 millions de Stabex, 13,3 millions d'aides exceptionnelles et 1,3 millions pour le « Plan Natali ». Lomé III totalisait 178,6 millions d'écus dont 157,5 pour les projets et programmes FED-BEI, 20,3 de Stabex, 0,8 d'aides exceptionnelles et 15 sur le programme « Dette ».
Les ressources pour appuyer la coopération régionale ont également été augmentées tout au long des conventions successives et, pour Lomé III, 185 millions d'écus étaient disponibles pour l'Afrique de l'Ouest. Le Mali participe àplusieurs actions au niveau régional pour mieux prévoir les conditions agricoles pour chaque campagne et pour conserver les ressources naturelles de la région.
En dépit de l'augmentation sensible des ressources, le rythme des dépenses par rapport aux engagements n'a pas toujours suivi ; les retards sont imputables non seulement
à la lourdeur des procédures de part et d'autre mais aussi à la complexité des programmes mis en place depuis peu. En ce qui concerne Lomé IV, la Commission européenne
a annoncé une dotation initiale de 155 millions d'écus pour le programme indicatif; s'y ajouteront sans doute d'autres ressources de la Commission, notamment du Stabex et de la facilité d'appui à l'ajustement structurel, sans oublier une quote-part dans les aides régionales ainsi que des aides hors-convention.
Ainsi, le 4ème FED a mis l'accent sur les infrastructures (barrages de Sélingué, de Diama et de Manantali) et sur le secteur rural (développement de la pêche, des cultures vivrières, etc.) sans négliger pour autant le secteur social (renforcement des infrastructures sanitaires à Bamakpo); le 5c FED, quant à lui, a continué dans cette direction ; des actions nouvelles ont cependant été lancées telles le projet d'hydraulique villageoise en Ire, 2e et 5ème régions, le développement de l'élevage dans le Nord-Est, la recherche géologique et minière, le financement de micro-réalisations, ainsi que l'assistance au ministère du Plan afin de faciliter la programmation des actions de la Commission au Mali.
Avec le 6ème FED, plusieurs originalités apparaissent l'apparition de programmes plurîsectoriels, y compris un programme spécial d'importations, et la concentration des actions de la Commission en 4e et 5ème régions. La mise en oeuvre de ces programmes devrait renforcer l'impact de la coopération de la Communauté européenne dans la zone de concentrations en 4e et 5e régions. Outre un programme de micro-réalisations, deux autres programmes relatifs àla sécurité alimentaire et à la production agricole sont en oeuvre ; ils sont complétés par un programme spécial d'importations de 25 millions d'écus qui a pour but de réduire le poids des déséquilibres économiques et financiers auxquels le Mali est confronté grâce au financement de l'importation de sucre et d'hydrocarbures, deux produits essentiels pour l'économie malienne. Le produit de leur vente sur les marchés locaux servira à alimenter un fonds de contrepartie destiné à financer la création d'emplois, des actions de développement et l'appui à l'ajustement structurel.
Ainsi, toujours sous le 6ème FED, le financement de manifestations commerciales, l'achat et la distribution de médicaments essentiels en 6e et 7e régions, le financement de la ligne à haute tension Bamako-Ségou et l'appui à la CMDT avec des capitaux de la BEI pour un montant de 20,5 millions d'écus complètent cette panoplie à laquelle il convient d'adjoindre deux actions à la fois originales et à fort impact, l'appui à la restructuration du marché céréalier (PRMC) et celui à la création de petites entreprises.

La restructuration du marché céréalier

La nouvelle politique inclut la libéralisation des prix et du commerce des céréales. Elle marque le désengagement de l'État par la transformation de l'Office céréalier, monopolistique, en office concurrentiel qui devra se limiter àassurer la sécurité alimentaire. Par cette politique, un secteur privé informel se voit transformé en secteur socioprofessionnel pouvant assurer la majeure partie des tâches assumées jusqu'alors par le secteur public.
La première phase d'application de cette politique a été fortement marquée par un contexte de pénurie.
Il a donc fallu raisonner d'abord en termes de disponibilité céréalière, ce qui incluait, outre la production locale, des aides extérieures en céréales et des importations commerciales.
Notons que, pendant ces années de pénurie, le gouvernement a conservé l'option politique importante de la libéralisation et a évité une remise en vigueur des contrôles économiques anciens.
De plus, l'administration a engagé les échanges directs entre groupements de producteurs et coopératives de consommateurs, entre producteurs et éleveurs ; elle a aussi encouragé les transports, par le secteur privé, des zones productives vers les zones déficitaires et vers les centres urbains.
Dans le même temps, l'Office des produits agricoles du Mali (OPAM) a constitué un stock régulateur écoulé essentiellement par le canal des coopératives de consommateurs sur la base d'un plan national de ravitaillement élaboré annuellement pour répartir équitablement les ressources programmées.
L'ensemble de ces mesures, sans faire disparaître la totalité des problèmes posés, a considérablement diminué des tensions dont on pouvait craindre le pire.
A partir de 1985-86, avec le retour longtemps attendu de récoltes « normales », la notion de sécurité alimentaire a pu être abordée.

Le problème était de restreindre l'offre réelle, face à une demande solvable trop réduite. Pour cela, on encouragea le stockage paysan, l'achat et le stockage par les structures villageoises, ainsi que le stockage par le secteur privé.

De son côté, le secteur public limitait strictement ses achats aux besoins du Stock national de sécurité (SNS).

Il s'agissait de découvrir de nouveaux modes de financement pour passer d'une situation de pénurie à une situation d'équilibre du bilan céréalier, et cela sans participation excessive de l'État, compte tenu des ressources mobilisab les.

La Commission, outre sa participation massive au sein du PRMC (45 000 tonnes de céréales versées en équivalent monétaire depuis 1986), finance également un assistant technique au ministère des Finances chargé d'assurer la liaison entre les autorités maliennes et le groupe des donateurs.

L'autre volet original de l'action de la Commission au Mali concerne la création d'entreprises et l'insertion des jeunes diplômés ; grâce aux quatre antennes de Bamako, Ségou, Sikasso et Mopti, près de trois cents petites entreprises ont été financées par le projet, avec, à la clé, près de 1 100 emplois créés ; les financements effectués touchent à tous les secteurs de l'économie par le biais du secteur «informel» qui, jusqu'à présent, ne pouvait que très difficilement avoir accès au crédit bancaire. Les résultats encourageants de la première phase de deux ans, qui se termine, permettent d'envisager le démarrage d'une seconde phase avec optimisme.

Les actions de coopération régionale

L'énumération des domaines de coopération de la Commission au Mali serait incomplète Si l'on ne faisait pas référence aux actions d'envergure régionale. Les actions prioritaires retenues comprennent

- l'utilisation de l'énergie solaire photovoltaïque pour le pompage des eaux souterraines et de surface, ainsi que pour des équipements communautaires,
- la promotion du gaz butane pour la substitution au bois de sources d'énergies variées, et
- la formation-information des maîtres et des élèves des écoles primaires pour la protection de l'environnement.
Elles compléteront les actions déjà engagées au titre du diagnostic permanent pour la Sécurité alimentaire régionale (DIAPER). Ces dernières, qui visent à une meilleure connaissance du milieu rural afin d'améliorer les instruments de prévision, sont appuyées par la mise en place au Mali, depuis 1985, d'une cellule de l'OSCE.
Outre son assistance au DIAPER, cette dernière a fourni également une assistance au Système d'alerte précoce (SAP) chargé de repérer les zones à risque de déséquilibre alimentaire, et de cibler les populations qui souffrent de déficit alimentaire chronique ou épisodique.

La compréhension des bailleurs de fonds

Les bailleurs de fonds du Mali, après le coup d'État qui a mis fin au régime du général-président Moussa Traoré. ont accepté de lancer une bouée de sauvetage au nouveau régime, engagé dans un processus de démocratisation. Les « amis du Mali » - c'est ainsi qu'on appelle le groupe de ses créanciers publiques - ont accepté d'accorder une aide supplémentaire de près dc 170 millions de francs français. Ils permettront au gouvernement de combler son trou budgétaire estimé à 100 millions de francs.
Cette réunion, organisée à l'initiative de la France, a rassemblé le Japon, l'Italie, les Pays-Bas, l'Allemagne, les États-Unis, le FMI, la Banque mondiale, la CEE, la BAD et la Banque islamique de développement.

La France avait déjà fait un geste en débloquant 90 millions de francs d'aide budgétaire extraordinaire. Mais pour l'année à venir, le gouvernement malien escompte plus de 2 milliards de francs de ses différents partenaires.


Source :
Le Mali par Attilio Gaudio, Karthala 1988

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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier