
LA MAURITANIE EN UN CLIN D'OEIL
Mauritanie, officiellement République islamique de Mauritanie, pays saharien de l'Afrique de l'Ouest, baigné sur sa façade occidentale par l'océan Atlantique, bordé au nord-ouest par le Sahara-Occidental, au nord par l'Algérie, à l'est et au sud-est par le Mali et au sud-ouest par le Sénégal. La Mauritanie, dont la capitale est Nouakchott, couvre une superficie de 1030700km2. Pays des Maures, dont elle tire son nom, la Mauritanie, créée en tant que telle par le colonisateur français en 1902, est une terre de contact, un «!pont!» entre l'Afrique noire et le Maghreb. Durant les dernières années, les rivalités entre Arabo-Berbères, traditionnellement dominants, et Noirs, qui n'acceptent plus la domination des premiers, se sont exprimées violemment, notamment entre 1989 et 1991.
Le pays et ses ressources
Relief et climat
Pays essentiellement désertique,
à l'exception de la vallée inondable du fleuve Sénégal
au sud, la Mauritanie s'étend sur les deux tiers de sa superficie
dans le Sahara. Le relief, arasé, est constitué de sédiments,
de débris rocheux (regs) et de dépôts sableux (dunes)
d'où émergent, ça et là, comme des îles
au milieu d'un océan immobile, des massifs de faible altitude, le
plus souvent de forme tabulaire, attaqués par une intense érosion
éolienne. Un reg immense et plat s'étale dans l'extrême
nord sur le rebord de la grande dépression de Taoudenni qui occupe
le centre du Sahara. Il en est de même, à l'est, de la Majabat
al-Koubra, le long de la frontière malienne. Au centre, le massif
de l'Adrar, composé de plissements orientés nord-sud-ouest,
s'élève à 500m d'altitude en moyenne (825m au piton
du Teniagouri) dans des paysages grandioses (passe d'Amodjar). Le Guelb
er Richat, curiosité géologique exceptionnelle en forme de
bulle éclatée d'une quarantaine de kilomètres de diamètre,
complète l'Adrar à l'est. Le relief réapparaît
plus au sud avec le massif du Tagant, qui se prolonge jusqu'à la
vallée du Sénégal par l'étroit massif de l'Assaba
(464m) et les montagnes de l'Afollé (600m). Le Dhar Tichit, un mince
affleurement rocheux envahi par les sables, joint le Tagant au Dhar Néma,
près de la frontière malienne. Nouakchott, près de
l'océan, se trouve au centre d'une plaine sédimentaire, envahie
autrefois par la mer, faisant partie du bassin du Sénégal.
Le climat est principalement désertique.
La température diurne moyenne est de 37,8!°C sur plus de six
mois de l'année, mais les nuits sont fraîches. La région
côtière est plus tempérée.
Flore et faune
Le pays est traversé dans
sa partie septentrionale par le tropique du Cancer et, bien que la Mauritanie
soit classée parmi les régions arides, les zones végétales
présentent un échantillonnage nuancé de forêts-galeries
et de savanes à grandes herbes et baobabs au sud (550mm d'eau annuels),
de steppes sahéliennes à acacias au centre (150mm d'eau annuels),
pour se terminer dans les grandes étendues du nord, par des buissons
et des touffes de plus en plus éparses qui annoncent la dune vive
ou le désert de pierres.
Le nord du pays, désertique,
est pauvre en faune sauvage (gazelles). Dans la savane arborée du
sud vivent quelques lions et des singes. Le littoral atlantique est particulièrement
riche en oiseaux migrateurs (embouchure du Sénégal et banc
d'Arguin).
Ressources naturelles
Les gisements de minerai de fer de
Fdérik-Zouérate et des Guelbs constituent la principale ressource
du pays. Il possède des gisements de phosphates dans la vallée
du fleuve, de soufre et d'yttrium. L'or est également exploité.
La pêche constitue l'autre ressource dont la Mauritanie tire partie
sous la forme de droits de pêche.
Population et société
Démographie
Le pays est peuplé de Noirs
et d'Arabo-Berbères, les Maures, traditionnellement nomades, mais
en partie sédentarisés du fait de l'industrialisation et
de la désertification qui ont accentué l'exode rural. Les
rapports communautaires s'expriment surtout à travers les clivages
culturels et sociaux car les métissages ont été constants
à travers l'histoire. Les descendants des anciens captifs noirs,
intégrés au système culturel arabo-berbère,
sont considérés comme des Maures. Les agriculteurs et pasteurs
négro-africains (Toucouleurs, Wolofs, Peuls, Soninkés) sont
pour la plupart sédentarisés et vivent dans la région
du fleuve Sénégal. Les oasis sont cultivées par les
anciens tributaires (Haratines).
En 1995, la population mauritanienne
était estimée à 2,27millions d'habitants, soit une
densité globale de 2,2habitants au kilomètre carré.
Le taux de croissance annuelle de la population était, au début
des années 1990, de 2,5p.100, la mortalité infantile frappant
101enfants p.1000naissances. L'espérance de vie atteignait 51ans.
Divisions administratives et principales villes
Le pays est divisé en douze régions, chacune étant administrée par un conseil et un district comprenant la capitale et plus grande ville du pays, Nouakchott. La capitale de la Mauritanie fut créée en 1957 en prévision de l'indépendance du pays, à partir d'un simple poste militaire à la jonction du pays maure nomade et des sédentaires de la région du fleuve. Elle n'a cessé d'attirer les populations de l'intérieur et n'est pas loin d'atteindre les sept cent mille habitants. Les anciennes villes caravanières (Chinguetti, Ouaddane, Tichit, Oualata) sont à l'agonie en raison de la disparition du commerce transsaharien. D'autres villes ont surgi avec l'industrialisation comme Zouerate (mines de fer), Akjoujt (cuivre) et surtout Nouadhibou (30000habitants), centre de pêche et port exportateur du minerai de fer acheminé par train depuis Fdérik. Les autres grandes villes sont Kaédi (32000habitants), dans la région agricole longeant le Sénégal, ainsi que Rosso, terminus au bord du fleuve de la route menant au Sénégal. La moitié de la population mauritanienne vit aujourd'hui dans les villes.
Langues et religions
L'islam, religion officielle, est pratiqué par 99p.100 de la population. L'arabe hassanya est la langue officielle, le pular (peul), le wolof et le soninké sont reconnues langues nationales.
Éducation
En 1995, près d'un Mauritanien sur trois ne savait ni lire ni écrire. Le gouvernement s'emploie à mettre en place une scolarité primaire gratuite, mais les efforts dans ce sens s'avèrent sans grand résultat en raison du style de vie nomade de la population. Cependant, il faut compter avec les écoles coraniques qui familiarisent les enfants avec la lecture et l'écriture de l'arabe. À la fin des années 1980, près de la moitié des enfants dans la tranche d'âge concernée étaient scolarisés. Près de vingt mille élèves suivaient des études primaires et secondaires. L'enseignement supérieur est assuré par l'université de Nouakchott (fondée en 1981) et par une école d'administration également située dans la capitale.
Gouvernement et vie politique
La Constitution de 1961, promulguée peu de temps après l'indépendance, fut suspendue en 1978 à la suite d'un coup d'État. Les pouvoirs législatif et exécutif passèrent alors aux mains du Comité militaire de salut national (CMSN) composé de vingt-trois membres permanents et dirigé par un président, faisant également fonction de chef d'État. Le Conseil des ministres, nommé par le Comité, était composé de vingt-deux membres, dont le Premier ministre. Une nouvelle Constitution, approuvée par référendum en juillet 1991, proclama la Mauritanie «!République islamique, arabe et africaine!», dont la charia (la loi islamique) est la source légale. La Constitution a institué un président de la République, détenteur du pouvoir exécutif et élu au suffrage direct pour six ans, assisté d'un Premier ministre, et un Parlement bicaméral composé d'une Assemblée nationale et d'un Sénat. En janvier 1992, le colonel Maaouya Ould Taya, au pouvoir depuis décembre 1984, fut élu président de la République islamique de Mauritanie.
Économie
L'économie mauritanienne est traditionnellement de type pastoral et agricole, axée sur les échanges entre le Nord (désert) et le Sud (savane). Toutefois, seuls l'exploitation minière, le commerce et la pêche assurent un minimum de revenus à la population et à l'État. Le pays dépend largement de l'aide internationale, qui représente annuellement 20p.100 du produit national brut (PNB), évalué en 1994, à 1,10milliard de dollars. Le PNB s'élevait à seulement 500dollars par habitant. La dette extérieure dépasse deux milliards de dollars.
Agriculture
L'agriculture occupe 67p.100 de la
population active et contribue pour un tiers au PNB. L'élevage est
l'activité principale du pays maure. En 1993, le cheptel comptait
moins d'un million de chameaux, 1,3million de bovins, 4,8millions de moutons
et un peu moins de chèvres. L'élevage de chameaux, pratiqué
essentiellement pour le transport traditionnel par caravane est en forte
diminution. La zone agricole se situe principalement dans le Sud et les
oasis. Les cultures principales sont le mil, le sorgho, le riz, les légumineuses,
les patates douces et le maïs. Dans les oasis, l'orge, les légumes
(tomates, oignons) et les dattes permettent de maintenir un minimum d'habitants
dans des régions vouées à l'émigration. Dans
le Tagant, des petits barrages de décrue retiennent l'eau le temps
de semer du mil ou du sorgho sur les parcelles encore humides.
Le potentiel de pêche en mer
est très élevé entre Nouadhibou et le cap Timiris.
Le gouvernement a pris des mesures visant à protéger ses
zones de pêche qui lui procurent de substantiels revenus. Les prises
annuelles sont estimées à 93000tonnes.
Mines et industries
La production annuelle de minerai
de fer issu principalement du gisement de Fderik-Zouerate et des guelbs
(buttes riches en minerais), se chiffrait à quelque 10millions de
tonnes par an au début des années 1990, le fer contribuant
pour 13p.100 du PNB. Les mines de cuivre d'Akjoujt, qui furent une industrie
importante, ont été fermées en 1978. La Mauritanie
a produit 1,9tonne d'or en 1994.
Les produits manufacturés
ne représentent qu'une faible part de l'économie du pays
et concernent presque exclusivement le conditionnement du poisson à
Noudhibou et quelques autres produits alimentaires. À la fin des
années 1980, le pays disposait d'une centrale électrique
d'une capacité de 114000kilowatts, avec une production annuelle
d'environ 120millions de kilowattheure, générés principalement
à partir d'installations thermiques.
Échanges
L'unité monétaire est
l'ouguiya, unité divisible en cinq khoums. La Banque centrale de
Mauritanie (fondée en 1973) est chargée de l'émission
de la monnaie.
En 1994, les exportations annuelles,
constituées principalement de minerai de fer, s'élevaient
à 394millions de dollars. Les importations, qui concernaient les
aliments de première nécessité, les machines, les
matériaux de construction, le pétrole et les biens de consommation,
se chiffraient à 406millions de dollars. Les principaux partenaires
commerciaux sont la France, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne,
l'Espagne, l'Algérie, la Chine et le Japon.
Les transports sont assurés
par des liaisons aériennes dans toutes les régions par Air-Mauritanie.
La Trans-Mauritanienne Nouakchott-Néma (la Route de l'espoir), une
route bitumée qui nécessite un désensablement constant
a été inaugurée en 1978. La route côtière
dessert Rosso, Nouakchott, Akjoujt et se prolonge vers Atar. Une ligne
de chemins de fer de 670km relie Nouadhibou à la zone minière
de Fderik-Zouerate. Nouadhibou et Nouakchott disposent chacune d'un port
en eau profonde et d'un aéroport international. La presse se limite
à un quotidien, le Chaab, édité en arabe et en français
à Nouakchott et de plusieurs hebdomadaires.
Histoire
Des vestiges datant de l'âge de Pierre sont présents partout dans le pays. Les variations climatiques et la désertification du Sahara, déclenchée il y a dix millénaires, ont déterminé le peuplement du pays. Les villages néolithiques des Dhar Tichit et de Oualata datent du IIIemillénaire avant notre ère et révèlent des traces de culture du mil, de pêche dans les mares et les lacs nombreux à l'époque, et d'élevage de bovins. Sur la côte, des amas de coquillages témoignent de l'existence d'une population de pêcheurs commerçant avec l'intérieur au tournant de notre ère.
L'édification de la société
maure
Des Berbères nomades venus
du nord, possesseurs de chevaux et de chameaux, s'installèrent dans
cette région en voie de désertification à partir du
Iermillénaire apr.J.-C. Ils assujettirent les agriculteurs noirs,
qui devinrent leurs tributaires et introduisirent la culture du palmier-dattier
dans les zones pourvues de sources donnant ainsi naissance à des
oasis. Les nouveaux arrivants appartenaient à la confédération
des Sanhadjas qui domina les échanges entre l'Afrique du Nord et
l'empire du Ghana, dont la capitale était Koumbi Saleh dans le sud-est
mauritanien. Le grand comptoir entre ce royaume d'où parvenait l'or
du Soudan se trouvait à Aoudaghost.
Convertis à un islam austère,
le sunnisme de rite malékite, par les Almoravides venus du Maroc,
les Sanhadjas s'emparèrent d'Aoudaghost puis de Koumbi Saleh en
1076. Cependant, l'empire du Ghana survécut jusqu'au début
du XIIIesiècle, époque à laquelle il fut annexé
à l'empire du Mali. Les Berbères furent à leur tour
assujettis par les Arabes au XVIesiècle. De cette époque
date la structuration en castes de la société mauritanienne:
au sommet de la pyramide se trouvaient les tribus libres, Berbères
et Arabes, les premiers étant les lettrés (les Sanhadjas
firent la réputation de Chinguetti, pôle culturel et intellectuel
de l'Ouest saharien), les «!marabouts!» ou les commerçants
tandis que les nomades arabes constituaient la caste des guerriers ou «!Hassan!»,
à laquelle étaient intégrées certaines tribus
berbères. Arabes et Berbères, quoique le métissage
existât avec les populations noires, dominaient les tribus berbères
zenaga, les esclaves noirs affranchis (haratines) auxquels étaient
dévolues les tâches agricoles et les abid demeurés
en esclavage. L'arabe intégra les dialectes berbères pour
former l'arabe hassanya, la langue du pays.
La colonisation française
Remontant le fleuve Sénégal,
les Français, établis à Saint-Louis, passèrent
des accords avec les tribus maraboutiques de cette région (traité
avec les émirs du Trarza et du Brakna en 1858) et pénétrèrent
pacifiquement dans le pays (alliance avec les marabouts groupés
autour de Cheik Sidiya, 1901-1905). La pacification du Tagant, de l'Adrar
et du Nord se heurta en revanche aux tribus Hassan (1910-1933) et guerrières
berbères (Regueibat, Ouled Delim). L'extrême nord demeura
toujours une région de semi-dissidence face aux tribus nomadisant
entre le sud marocain, le Sahara espagnol et la région de Tindouf
au Maroc.
Devenue colonie en 1920, la Mauritanie,
ainsi appelée depuis la conquête française de l'intérieur
du pays, fut rattachée à l'Afrique-Occidentale française
et administrée depuis Saint-Louis du Sénégal. En 1946,
elle devint un territoire d'outre-mer. Fruit d'une évolution découlant
de l'occupation française, l'esclavage traditionnel fut officiellement
aboli mais demeura ancré dans les mentalités.
Indépendance et conflit
du Sahara-Occidental
En 1956, alors que l'autonomie interne
était accordée à la Mauritanie, l'ancien député
mauritanien promarocain à l'Assemblée nationale française,
Horma Ould Babana, se réfugia au Maroc après son échec
aux élections. En 1957, Nouakchott devint la capitale mauritanienne.
Le 28septembre 1958, l'Assemblée territoriale proclama la République
islamique de Mauritanie alors que les partisans d'Horma l'avaient rejoint
au Maroc. L'indépendance fut proclamée le 28novembre 1960
malgré l'opposition du Maroc et de la Ligue arabe, qui déclarèrent
le pays «!partie intégrante du Maroc!», niant jusqu'à
l'existence même du nouvel État. Dans le Nord, une armée
de libération organisée par les nationalistes marocains fut
dispersée au cours d'une opération conjointe franco-espagnole:
un décalage subtil, au moment du tracé des frontières
avait empêché le Maroc d'avoir une frontière commune
avec la Mauritanie et forcé les promarocains à traverser
l'Algérie, alors française, et le Sahara espagnol.
La Mauritanie devint néanmoins
membre de l'Organisation des Nations unies (ONU) en 1961, sous la direction
de Moktar Ould Daddah, premier président de la nouvelle république
(il fut réélu régulièrement jusqu'en 1976).
En 1970, la signature d'un traité à Casablanca mit un terme
aux revendications marocaines. Trois ans plus tard, la Mauritanie intégrait
la Ligue arabe.
Une période de sécheresse
s'abattit sur le pays en 1973, affectant les nomades qui affluèrent
vers les villes et surtout en direction du sud agricole, peuplé
de sédentaires noirs. Cet exode provoqua un début de tensions
communautaires. Toutefois, l'économie se développa grâce
à l'exploitation des gisements de fer et de cuivre récemment
découverts. En 1976, dans le cadre des accords de Madrid avec l'Espagne
et le Maroc, la Mauritanie annexa la moitié du Sahara espagnol (voir
Sahara-Occidental) tandis que le Maroc se vit attribuer le reste du territoire.
Mais un mouvement nationaliste saharien, le Front Polisario, composé
de Sahraouis, d'anciens membres de l'armée de libération
marocaine et d'opposants mauritaniens soutenus par l'Algérie, et
partisans d'un Sahara-Occidental indépendant, menèrent une
guérilla meurtrière qui affaiblit le pays. En juillet 1978,
le président Ould Daddah fut renversé par un coup d'État
mené par le lieutenant colonel Mustafa Ould Salek. Celui-ci fut
bientôt remplacé par un autre officier, Mohamed Ould Louly,
et, en août 1979, la Mauritanie accepta de se retirer du Sahara-Occidental
pour y être aussitôt remplacée par le Maroc. Avec le
renversement d'Ould Daddah, le pouvoir était passé des mains
des «!marabouts!» (le père de l'ancien président
était un lettré respecté de Boutilimit au sud-ouest)
dans celles des «!guerriers!», originaires de l'Adrar.
Affrontements communautaires
Un nouveau changement à la
tête de l'État eut lieu en 1980, lorsque le Premier ministre
Mohamed Ould Haidalla prit la présidence du pays et renforça
la loi islamique. Il résista à un coup d'État en 1981,
mais fut destitué par son chef d'état-major, le colonel Maaouya
Ould Sidi Ahmed Taya, en 1984. En 1989, des revendications pour un meilleur
équilibre en faveur de la communauté négro-africaine
entraînèrent une forte tension avec le Sénégal:
des dizaines de milliers d'éleveurs noirs furent expulsés
vers le Sénégal, qui renvoya parallèlement dans leur
pays cent mille mauritaniens vivant au Sénégal. Dans le même
temps, les communautés s'affrontaient violemment. Confronté
aux critiques internationales pour le non-respect des droits de l'Homme,
Taya fit promulguer une nouvelle Constitution et instaura le multipartisme
en 1991. Il fut élu président en 1992, malgré une
victoire contestée. Membre de l'Union du Maghreb arabe, la Mauritanie
demeure travaillée par des forces contradictoires: islamistes contre
baasistes partisans de la laïcité (la Mauritanie a soutenu
Saddam Hussein pendant la guerre du Golfe), Maures contre Noirs du fleuve,
émergence d'un mouvement protestataire des haratines et en général
des Noirs de langue hassanya. En décembre 1997, le président
Taya est réélu avec 90,25 p. 100 des voix, lors d'une élection
boycottée par l'opposition. En 1998, la Mauritanie renoue ses relations
diplomatiques avec la Libye, rompues après la reconnaissance d'Israël
par Nouakchott trois ans plus tôt. Cette reconnaissance, qui perturbe
le climat politique local, est dénoncée par l'ancien président
Mokhtar Ould Daddah, qui réclame la mise en place d'un exécutif
de transition et s'élève contre le retour de Cheikh el-Avia,
Premier ministre avant la dernière élection présidentielle.
Source :
Microsoft Encarta

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier