Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
La Mauritanie en un clin d'oeil
LA MAURITANIE EN UN CLIN D'OEIL

Mauritanie, officiellement République islamique de Mauritanie, pays saharien de l'Afrique de l'Ouest, baigné sur sa façade occidentale par l'océan Atlantique, bordé au nord-ouest par le Sahara-Occidental, au nord par l'Algérie, à l'est et au sud-est par le Mali et au sud-ouest par le Sénégal. La Mauritanie, dont la capitale est Nouakchott, couvre une superficie de 1030700km2. Pays des Maures, dont elle tire son nom, la Mauritanie, créée en tant que telle par le colonisateur français en 1902, est une terre de contact, un «!pont!» entre l'Afrique noire et le Maghreb. Durant les dernières années, les rivalités entre Arabo-Berbères, traditionnellement dominants, et Noirs, qui n'acceptent plus la domination des premiers, se sont exprimées violemment, notamment entre 1989 et 1991.

Le pays et ses ressources

Relief et climat

Pays essentiellement désertique, à l'exception de la vallée inondable du fleuve Sénégal au sud, la Mauritanie s'étend sur les deux tiers de sa superficie dans le Sahara. Le relief, arasé, est constitué de sédiments, de débris rocheux (regs) et de dépôts sableux (dunes) d'où émergent, ça et là, comme des îles au milieu d'un océan immobile, des massifs de faible altitude, le plus souvent de forme tabulaire, attaqués par une intense érosion éolienne. Un reg immense et plat s'étale dans l'extrême nord sur le rebord de la grande dépression de Taoudenni qui occupe le centre du Sahara. Il en est de même, à l'est, de la Majabat al-Koubra, le long de la frontière malienne. Au centre, le massif de l'Adrar, composé de plissements orientés nord-sud-ouest, s'élève à 500m d'altitude en moyenne (825m au piton du Teniagouri) dans des paysages grandioses (passe d'Amodjar). Le Guelb er Richat, curiosité géologique exceptionnelle en forme de bulle éclatée d'une quarantaine de kilomètres de diamètre, complète l'Adrar à l'est. Le relief réapparaît plus au sud avec le massif du Tagant, qui se prolonge jusqu'à la vallée du Sénégal par l'étroit massif de l'Assaba (464m) et les montagnes de l'Afollé (600m). Le Dhar Tichit, un mince affleurement rocheux envahi par les sables, joint le Tagant au Dhar Néma, près de la frontière malienne. Nouakchott, près de l'océan, se trouve au centre d'une plaine sédimentaire, envahie autrefois par la mer, faisant partie du bassin du Sénégal.
Le climat est principalement désertique. La température diurne moyenne est de 37,8!°C sur plus de six mois de l'année, mais les nuits sont fraîches. La région côtière est plus tempérée.

Flore et faune

Le pays est traversé dans sa partie septentrionale par le tropique du Cancer et, bien que la Mauritanie soit classée parmi les régions arides, les zones végétales présentent un échantillonnage nuancé de forêts-galeries et de savanes à grandes herbes et baobabs au sud (550mm d'eau annuels), de steppes sahéliennes à acacias au centre (150mm d'eau annuels), pour se terminer dans les grandes étendues du nord, par des buissons et des touffes de plus en plus éparses qui annoncent la dune vive ou le désert de pierres.
Le nord du pays, désertique, est pauvre en faune sauvage (gazelles). Dans la savane arborée du sud vivent quelques lions et des singes. Le littoral atlantique est particulièrement riche en oiseaux migrateurs (embouchure du Sénégal et banc d'Arguin).

Ressources naturelles

Les gisements de minerai de fer de Fdérik-Zouérate et des Guelbs constituent la principale ressource du pays. Il possède des gisements de phosphates dans la vallée du fleuve, de soufre et d'yttrium. L'or est également exploité. La pêche constitue l'autre ressource dont la Mauritanie tire partie sous la forme de droits de pêche.
Population et société

Démographie

Le pays est peuplé de Noirs et d'Arabo-Berbères, les Maures, traditionnellement nomades, mais en partie sédentarisés du fait de l'industrialisation et de la désertification qui ont accentué l'exode rural. Les rapports communautaires s'expriment surtout à travers les clivages culturels et sociaux car les métissages ont été constants à travers l'histoire. Les descendants des anciens captifs noirs, intégrés au système culturel arabo-berbère, sont considérés comme des Maures. Les agriculteurs et pasteurs négro-africains (Toucouleurs, Wolofs, Peuls, Soninkés) sont pour la plupart sédentarisés et vivent dans la région du fleuve Sénégal. Les oasis sont cultivées par les anciens tributaires (Haratines).
En 1995, la population mauritanienne était estimée à 2,27millions d'habitants, soit une densité globale de 2,2habitants au kilomètre carré. Le taux de croissance annuelle de la population était, au début des années 1990, de 2,5p.100, la mortalité infantile frappant 101enfants p.1000naissances. L'espérance de vie atteignait 51ans.

Divisions administratives et principales villes

Le pays est divisé en douze régions, chacune étant administrée par un conseil et un district comprenant la capitale et plus grande ville du pays, Nouakchott. La capitale de la Mauritanie fut créée en 1957 en prévision de l'indépendance du pays, à partir d'un simple poste militaire à la jonction du pays maure nomade et des sédentaires de la région du fleuve. Elle n'a cessé d'attirer les populations de l'intérieur et n'est pas loin d'atteindre les sept cent mille habitants. Les anciennes villes caravanières (Chinguetti, Ouaddane, Tichit, Oualata) sont à l'agonie en raison de la disparition du commerce transsaharien. D'autres villes ont surgi avec l'industrialisation comme Zouerate (mines de fer), Akjoujt (cuivre) et surtout Nouadhibou (30000habitants), centre de pêche et port exportateur du minerai de fer acheminé par train depuis Fdérik. Les autres grandes villes sont Kaédi (32000habitants), dans la région agricole longeant le Sénégal, ainsi que Rosso, terminus au bord du fleuve de la route menant au Sénégal. La moitié de la population mauritanienne vit aujourd'hui dans les villes.

Langues et religions

L'islam, religion officielle, est pratiqué par 99p.100 de la population. L'arabe hassanya est la langue officielle, le pular (peul), le wolof et le soninké sont reconnues langues nationales.

Éducation

En 1995, près d'un Mauritanien sur trois ne savait ni lire ni écrire. Le gouvernement s'emploie à mettre en place une scolarité primaire gratuite, mais les efforts dans ce sens s'avèrent sans grand résultat en raison du style de vie nomade de la population. Cependant, il faut compter avec les écoles coraniques qui familiarisent les enfants avec la lecture et l'écriture de l'arabe. À la fin des années 1980, près de la moitié des enfants dans la tranche d'âge concernée étaient scolarisés. Près de vingt mille élèves suivaient des études primaires et secondaires. L'enseignement supérieur est assuré par l'université de Nouakchott (fondée en 1981) et par une école d'administration également située dans la capitale.

Gouvernement et vie politique

La Constitution de 1961, promulguée peu de temps après l'indépendance, fut suspendue en 1978 à la suite d'un coup d'État. Les pouvoirs législatif et exécutif passèrent alors aux mains du Comité militaire de salut national (CMSN) composé de vingt-trois membres permanents et dirigé par un président, faisant également fonction de chef d'État. Le Conseil des ministres, nommé par le Comité, était composé de vingt-deux membres, dont le Premier ministre. Une nouvelle Constitution, approuvée par référendum en juillet 1991, proclama la Mauritanie «!République islamique, arabe et africaine!», dont la charia (la loi islamique) est la source légale. La Constitution a institué un président de la République, détenteur du pouvoir exécutif et élu au suffrage direct pour six ans, assisté d'un Premier ministre, et un Parlement bicaméral composé d'une Assemblée nationale et d'un Sénat. En janvier 1992, le colonel Maaouya Ould Taya, au pouvoir depuis décembre 1984, fut élu président de la République islamique de Mauritanie.

Économie

L'économie mauritanienne est traditionnellement de type pastoral et agricole, axée sur les échanges entre le Nord (désert) et le Sud (savane). Toutefois, seuls l'exploitation minière, le commerce et la pêche assurent un minimum de revenus à la population et à l'État. Le pays dépend largement de l'aide internationale, qui représente annuellement 20p.100 du produit national brut (PNB), évalué en 1994, à 1,10milliard de dollars. Le PNB s'élevait à seulement 500dollars par habitant. La dette extérieure dépasse deux milliards de dollars.

Agriculture

L'agriculture occupe 67p.100 de la population active et contribue pour un tiers au PNB. L'élevage est l'activité principale du pays maure. En 1993, le cheptel comptait moins d'un million de chameaux, 1,3million de bovins, 4,8millions de moutons et un peu moins de chèvres. L'élevage de chameaux, pratiqué essentiellement pour le transport traditionnel par caravane est en forte diminution. La zone agricole se situe principalement dans le Sud et les oasis. Les cultures principales sont le mil, le sorgho, le riz, les légumineuses, les patates douces et le maïs. Dans les oasis, l'orge, les légumes (tomates, oignons) et les dattes permettent de maintenir un minimum d'habitants dans des régions vouées à l'émigration. Dans le Tagant, des petits barrages de décrue retiennent l'eau le temps de semer du mil ou du sorgho sur les parcelles encore humides.
Le potentiel de pêche en mer est très élevé entre Nouadhibou et le cap Timiris. Le gouvernement a pris des mesures visant à protéger ses zones de pêche qui lui procurent de substantiels revenus. Les prises annuelles sont estimées à 93000tonnes.

Mines et industries

La production annuelle de minerai de fer issu principalement du gisement de Fderik-Zouerate et des guelbs (buttes riches en minerais), se chiffrait à quelque 10millions de tonnes par an au début des années 1990, le fer contribuant pour 13p.100 du PNB. Les mines de cuivre d'Akjoujt, qui furent une industrie importante, ont été fermées en 1978. La Mauritanie a produit 1,9tonne d'or en 1994.
Les produits manufacturés ne représentent qu'une faible part de l'économie du pays et concernent presque exclusivement le conditionnement du poisson à Noudhibou et quelques autres produits alimentaires. À la fin des années 1980, le pays disposait d'une centrale électrique d'une capacité de 114000kilowatts, avec une production annuelle d'environ 120millions de kilowattheure, générés principalement à partir d'installations thermiques.

Échanges

L'unité monétaire est l'ouguiya, unité divisible en cinq khoums. La Banque centrale de Mauritanie (fondée en 1973) est chargée de l'émission de la monnaie.
En 1994, les exportations annuelles, constituées principalement de minerai de fer, s'élevaient à 394millions de dollars. Les importations, qui concernaient les aliments de première nécessité, les machines, les matériaux de construction, le pétrole et les biens de consommation, se chiffraient à 406millions de dollars. Les principaux partenaires commerciaux sont la France, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, l'Espagne, l'Algérie, la Chine et le Japon.
Les transports sont assurés par des liaisons aériennes dans toutes les régions par Air-Mauritanie. La Trans-Mauritanienne Nouakchott-Néma (la Route de l'espoir), une route bitumée qui nécessite un désensablement constant a été inaugurée en 1978. La route côtière dessert Rosso, Nouakchott, Akjoujt et se prolonge vers Atar. Une ligne de chemins de fer de 670km relie Nouadhibou à la zone minière de Fderik-Zouerate. Nouadhibou et Nouakchott disposent chacune d'un port en eau profonde et d'un aéroport international. La presse se limite à un quotidien, le Chaab, édité en arabe et en français à Nouakchott et de plusieurs hebdomadaires.

Histoire

Des vestiges datant de l'âge de Pierre sont présents partout dans le pays. Les variations climatiques et la désertification du Sahara, déclenchée il y a dix millénaires, ont déterminé le peuplement du pays. Les villages néolithiques des Dhar Tichit et de Oualata datent du IIIemillénaire avant notre ère et révèlent des traces de culture du mil, de pêche dans les mares et les lacs nombreux à l'époque, et d'élevage de bovins. Sur la côte, des amas de coquillages témoignent de l'existence d'une population de pêcheurs commerçant avec l'intérieur au tournant de notre ère.

L'édification de la société maure
Des Berbères nomades venus du nord, possesseurs de chevaux et de chameaux, s'installèrent dans cette région en voie de désertification à partir du Iermillénaire apr.J.-C. Ils assujettirent les agriculteurs noirs, qui devinrent leurs tributaires et introduisirent la culture du palmier-dattier dans les zones pourvues de sources donnant ainsi naissance à des oasis. Les nouveaux arrivants appartenaient à la confédération des Sanhadjas qui domina les échanges entre l'Afrique du Nord et l'empire du Ghana, dont la capitale était Koumbi Saleh dans le sud-est mauritanien. Le grand comptoir entre ce royaume d'où parvenait l'or du Soudan se trouvait à Aoudaghost.
Convertis à un islam austère, le sunnisme de rite malékite, par les Almoravides venus du Maroc, les Sanhadjas s'emparèrent d'Aoudaghost puis de Koumbi Saleh en 1076. Cependant, l'empire du Ghana survécut jusqu'au début du XIIIesiècle, époque à laquelle il fut annexé à l'empire du Mali. Les Berbères furent à leur tour assujettis par les Arabes au XVIesiècle. De cette époque date la structuration en castes de la société mauritanienne: au sommet de la pyramide se trouvaient les tribus libres, Berbères et Arabes, les premiers étant les lettrés (les Sanhadjas firent la réputation de Chinguetti, pôle culturel et intellectuel de l'Ouest saharien), les «!marabouts!» ou les commerçants tandis que les nomades arabes constituaient la caste des guerriers ou «!Hassan!», à laquelle étaient intégrées certaines tribus berbères. Arabes et Berbères, quoique le métissage existât avec les populations noires, dominaient les tribus berbères zenaga, les esclaves noirs affranchis (haratines) auxquels étaient dévolues les tâches agricoles et les abid demeurés en esclavage. L'arabe intégra les dialectes berbères pour former l'arabe hassanya, la langue du pays.

La colonisation française
Remontant le fleuve Sénégal, les Français, établis à Saint-Louis, passèrent des accords avec les tribus maraboutiques de cette région (traité avec les émirs du Trarza et du Brakna en 1858) et pénétrèrent pacifiquement dans le pays (alliance avec les marabouts groupés autour de Cheik Sidiya, 1901-1905). La pacification du Tagant, de l'Adrar et du Nord se heurta en revanche aux tribus Hassan (1910-1933) et guerrières berbères (Regueibat, Ouled Delim). L'extrême nord demeura toujours une région de semi-dissidence face aux tribus nomadisant entre le sud marocain, le Sahara espagnol et la région de Tindouf au Maroc.
Devenue colonie en 1920, la Mauritanie, ainsi appelée depuis la conquête française de l'intérieur du pays, fut rattachée à l'Afrique-Occidentale française et administrée depuis Saint-Louis du Sénégal. En 1946, elle devint un territoire d'outre-mer. Fruit d'une évolution découlant de l'occupation française, l'esclavage traditionnel fut officiellement aboli mais demeura ancré dans les mentalités.

Indépendance et conflit du Sahara-Occidental
En 1956, alors que l'autonomie interne était accordée à la Mauritanie, l'ancien député mauritanien promarocain à l'Assemblée nationale française, Horma Ould Babana, se réfugia au Maroc après son échec aux élections. En 1957, Nouakchott devint la capitale mauritanienne. Le 28septembre 1958, l'Assemblée territoriale proclama la République islamique de Mauritanie alors que les partisans d'Horma l'avaient rejoint au Maroc. L'indépendance fut proclamée le 28novembre 1960 malgré l'opposition du Maroc et de la Ligue arabe, qui déclarèrent le pays «!partie intégrante du Maroc!», niant jusqu'à l'existence même du nouvel État. Dans le Nord, une armée de libération organisée par les nationalistes marocains fut dispersée au cours d'une opération conjointe franco-espagnole: un décalage subtil, au moment du tracé des frontières avait empêché le Maroc d'avoir une frontière commune avec la Mauritanie et forcé les promarocains à traverser l'Algérie, alors française, et le Sahara espagnol.
La Mauritanie devint néanmoins membre de l'Organisation des Nations unies (ONU) en 1961, sous la direction de Moktar Ould Daddah, premier président de la nouvelle république (il fut réélu régulièrement jusqu'en 1976). En 1970, la signature d'un traité à Casablanca mit un terme aux revendications marocaines. Trois ans plus tard, la Mauritanie intégrait la Ligue arabe.
Une période de sécheresse s'abattit sur le pays en 1973, affectant les nomades qui affluèrent vers les villes et surtout en direction du sud agricole, peuplé de sédentaires noirs. Cet exode provoqua un début de tensions communautaires. Toutefois, l'économie se développa grâce à l'exploitation des gisements de fer et de cuivre récemment découverts. En 1976, dans le cadre des accords de Madrid avec l'Espagne et le Maroc, la Mauritanie annexa la moitié du Sahara espagnol (voir Sahara-Occidental) tandis que le Maroc se vit attribuer le reste du territoire. Mais un mouvement nationaliste saharien, le Front Polisario, composé de Sahraouis, d'anciens membres de l'armée de libération marocaine et d'opposants mauritaniens soutenus par l'Algérie, et partisans d'un Sahara-Occidental indépendant, menèrent une guérilla meurtrière qui affaiblit le pays. En juillet 1978, le président Ould Daddah fut renversé par un coup d'État mené par le lieutenant colonel Mustafa Ould Salek. Celui-ci fut bientôt remplacé par un autre officier, Mohamed Ould Louly, et, en août 1979, la Mauritanie accepta de se retirer du Sahara-Occidental pour y être aussitôt remplacée par le Maroc. Avec le renversement d'Ould Daddah, le pouvoir était passé des mains des «!marabouts!» (le père de l'ancien président était un lettré respecté de Boutilimit au sud-ouest) dans celles des «!guerriers!», originaires de l'Adrar.

Affrontements communautaires
Un nouveau changement à la tête de l'État eut lieu en 1980, lorsque le Premier ministre Mohamed Ould Haidalla prit la présidence du pays et renforça la loi islamique. Il résista à un coup d'État en 1981, mais fut destitué par son chef d'état-major, le colonel Maaouya Ould Sidi Ahmed Taya, en 1984. En 1989, des revendications pour un meilleur équilibre en faveur de la communauté négro-africaine entraînèrent une forte tension avec le Sénégal: des dizaines de milliers d'éleveurs noirs furent expulsés vers le Sénégal, qui renvoya parallèlement dans leur pays cent mille mauritaniens vivant au Sénégal. Dans le même temps, les communautés s'affrontaient violemment. Confronté aux critiques internationales pour le non-respect des droits de l'Homme, Taya fit promulguer une nouvelle Constitution et instaura le multipartisme en 1991. Il fut élu président en 1992, malgré une victoire contestée. Membre de l'Union du Maghreb arabe, la Mauritanie demeure travaillée par des forces contradictoires: islamistes contre baasistes partisans de la laïcité (la Mauritanie a soutenu Saddam Hussein pendant la guerre du Golfe), Maures contre Noirs du fleuve, émergence d'un mouvement protestataire des haratines et en général des Noirs de langue hassanya. En décembre 1997, le président Taya est réélu avec 90,25 p. 100 des voix, lors d'une élection boycottée par l'opposition. En 1998, la Mauritanie renoue ses relations diplomatiques avec la Libye, rompues après la reconnaissance d'Israël par Nouakchott trois ans plus tôt. Cette reconnaissance, qui perturbe le climat politique local, est dénoncée par l'ancien président Mokhtar Ould Daddah, qui réclame la mise en place d'un exécutif de transition et s'élève contre le retour de Cheikh el-Avia, Premier ministre avant la dernière élection présidentielle.

Source :
Microsoft Encarta


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier