Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Le Mozambique en un clin d'oeil
LE MOZAMBIQUE EN UN CLIN D'OEIL

Mozambique, officiellement république du Mozambique, pays d'Afrique australe, ouvert sur l'océan Indien (canal de Mozambique), limité au nord par la Tanzanie, à l'ouest par le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie et au sud par l'Afrique du Sud et le Swaziland. Le Mozambique, dont la capitale est Maputo, couvre une superficie de 799380km2. Ancienne colonie portugaise, indépendant depuis 1975, le Mozambique est meurtri par quinze ans de guerre civile. La paix enfin revenue, les premières élections libres eurent lieu fin 1994. Le pays doit maintenant se reconstruire.

Le pays et ses ressources

Relief et hydrographie

Le Mozambique s'étire le long d'une plaine littorale de 2800km bordant le canal de Mozambique, formée en partie par l'accumulation des alluvions déposés par les nombreux cours d'eau descendant des chaînes montagneuses de l'Ouest. Les plaines côtières couvrent les deux cinquièmes du pays et abritent plusieurs ports naturels. À l'intérieur, le relief s'élève vers l'Ouest avec un ensemble de collines et de plateaux culminant à 2436m au mont Binga, près de la frontière occidentale, et à 2419m au mont Namuli, au nord. Au nord-est, l'arête occidentale de la Rift Valley forme le plateau d'Angonia, bordant le lac Malawi.
Le pays compte au moins quatre-vingts fleuves, dont vingt-cinq sont importants et débouchent sur l'océan. La principale voie de navigation est le Zambèze en amont duquel a été construit l'immense barrage de Cabora Bassa. Les autres grands cours d'eau sont le Rovuma, frontière naturelle avec la Tanzanie, le Save et le Limpopo. Le lac Malawi, situé en partie sur le territoire mozambicain, se prolonge vers le sud par le Chire, un affluent du Zambèze.

Climat

Situé dans l'hémisphère Sud, le Mozambique bénéficie d'un climat tropical humide et chaud, marqué au nord du Zambèze par un régime de mousson. La saison sèche, d'avril à octobre, est plus froide. En hiver (juillet), les températures annuelles moyennes s'étalent entre 21,1!°C à Pemba, dans le Nord, et 18,3° à 20!°C à Maputo, dans le Sud. En été (janvier), les valeurs annuelles moyennes sont de 26,7° à 29,4!°C sur le littoral et légèrement inférieures sur les hauteurs. Les précipitations annuelles moyennes varient également entre le Nord (1422mm) et le Sud (762mm).

Flore et faune

Le territoire est boisé sur moins de 20p.100 de la superficie. Les vallées sont flanquées d'une forêt équatoriale dense alors que la forêt claire et la savane arborée couvrent les régions plus arides et les hauteurs. La faune est constituée de nombreuses espèces animales: zèbres, buffles, rhinocéros, girafes, lions et éléphants.

Ressources minières

Le pays possède d'importants gisements de charbon et de fer mais aussi de sel. On trouve également des pierres précieuses (béryl, diamant), de l'amiante et de la bauxite ainsi que de petits gisements de cuivre, d'or, de manganèse, de titane et de gaz naturel.
Population et société

Démographie

Lors du recensement de 1980, le Mozambique comptait 12millions d'habitants. En 1994, sa population était estimée à 16millions. Les Makua-Lomwés représentent près de la moitié de la population!; les Tsongas (un quart environ) sont majoritaires dans le Sud. La densité moyenne est de 20habitants au km2. La majeure partie de la population est concentrée dans des foyers de peuplement situés sur le littoral, le long des rives du Zambèze et sur le plateau Angonia. Les zones urbaines regroupent environ 13p.100 de la population. La capitale et plus grande ville du pays, Maputo (auparavant Lourenço Marques), est passée de 882800habitants en 1986 à 1300000 en 1995. Les autres grandes villes sont Beira, grand port maritime et nœud ferroviaire, et Nampula, pôle commercial.

Langues et religions

Dix grandes ethnies peuplent le pays, parmi lesquelles les Makua-Lomwés, les Tsongas, les Shonas, les Ngunis et les Yaos. La langue officielle est le portugais mais la plupart des Mozambicains parlent des langues bantoues. Le swahili fait office de langue véhiculaire dans certaines régions du littoral tandis que la langue parlée dans le Sud emprunte beaucoup à l'afrikaans et à l'anglais. Les Yaos utilisent une langue nilotique. Environ 60p.100 de la population est animiste, 18p.100 catholique et 16p.100 musulmane, principalement dans le Nord.

Éducation

En 1994, 60p.100 des Mozambicains étaient analphabètes. Malgré une importante campagne d'alphabétisation menée par le gouvernement, le système d'éducation demeure handicapé par l'insuffisance d'enseignants qualifiés dans le primaire et secondaire. L'université Eduardo Mondlane, à Maputo, fondée en 1962, est le plus grand centre d'études supérieures du pays.

Gouvernement et vie politique

À l'indépendance, en 1975, le pays devint une démocratie populaire dirigée par l'unique parti politique autorisé, le Front de libération du Mozambique (Frelimo). Fondé en 1962, ce parti marxiste-léniniste avait été à l'origine de la lutte pour l'indépendance, dès 1964. Le président de la République, dirigeant du Frelimo, détenait le pouvoir exécutif et le parti avait la mainmise sur l'Assemblée populaire, instance législative unicamérale. Une nouvelle Constitution pluraliste fut adoptée en 1990. Deux ans plus tard, un accord de paix était signé entre le Frelimo et la Renamo (Résistance nationale du Mozambique), ancien mouvement de guérilla armée soutenue par l'Afrique du Sud. La Renamo fut le premier parti d'opposition officiellement reconnu. Dans un pays déchiré par la guerre civile depuis 1977, des élections libres purent enfin se tenir sous le contrôle de l'Onumoz (Opération des Nations unies pour le Mozambique), forte de 8000civils et militaires. À l'issue du premier scrutin démocratique en octobre 1994, le président Joaquim Chissano fut reconduit à la tête de l'État. Il avait obtenu 53,3p.100 des suffrages devant son rival de la Renamo, Alfonso Dhlakama (33,7p.100). Le Frelimo obtint la majorité absolue au Parlement grâce aux alliances qu'il avait passées avec onze petits partis d'opposition. En face, la Renamo emportait 40p.100 des sièges. Pascoal Mocumbi fut chargé, en décembre 1994, de former le nouveau gouvernement.

Économie

L'économie du pays est presque entièrement dépendante de l'agriculture. La plupart des plantations et industries, autrefois dirigées par des compagnies étrangères, furent nationalisées à l'indépendance. Les terres furent collectivisées et les populations rurales regroupées dans des «!villages communautaires!» (ce qui contribua à rejeter vers la guérilla une grande partie de la population). Les ravages de la guerre civile et les aberrations de la politique économique ont conjugué leurs effets pour faire du Mozambique l'un des pays les plus pauvres du monde. Cependant, depuis 1990, le gouvernement s'est orienté vers une économie de marché et le pays a renoué avec la croissance. En 1994, le Produit national brut (PNB) était de 2milliards de dollars. Le revenu par habitant est passé de 90dollars en 1991 à 120dollars en 1994. Malgré cette progression, la famine n'était évitée que grâce à l'aide alimentaire extérieure.

Agriculture

L'agriculture occupe 60p.100 de la population active mais seuls 4p.100 de la superficie totale du pays sont cultivés. La production concerne essentiellement les produits pour la consommation locale: manioc, maïs et sorgho. Les principales cultures de rente sont la noix de cajou, le thé, le coton et le sisal. On élève entre autres des bovins, des chèvres et des volailles. Les pâturages occupent plus de la moitié des terres.
Les produits de la pêche sont exportés. Au total, les prises atteignaient 30200tonnes en 1993. Les crevettes représentent à elles seules 37p.100 des exportations du pays. Le commerce du bois est faiblement développé au Mozambique, et les quelque 15,3millions de m3 coupés chaque année sont utilisés comme combustible domestique.

Mines et industries

Le charbon représente la première ressource minière du pays. Les gisements de Moatize-Monjoua et de Maravia produisent peu (110000t/an) mais les réserves sont importantes (5milliards de t). Sel, diamants et bauxite sont également extraits. Le pays possède des réserves de gaz naturel à Pande (65milliards de m3).
L'activité industrielle comprend essentiellement des usines de conditionnement agroalimentaire, d'égrenage du coton, de production d'acier, de machines, de textile et une raffinerie de pétrole. La production, paralysée par la guerre civile et l'absence de commerce extérieur, a diminué chaque année de 7,1p.100 entre 1980 et 1988.
Le Mozambique dispose d'un potentiel hydroélectrique conséquent. Le barrage de Cabora Bassa, principale source d'électricité du pays, saboté à la fin des années 1980, ne devrait fournir à nouveau de l'électricité qu'en 1997, après la reconstruction des lignes à haute tension en direction de l'Afrique du Sud, du Zimbabwe et du Malawi. Grâce aux centrales de Mavuzi, Chicamba et Corumana, la production du pays a atteint 50millions de kWh en 1992.

Échanges

La monnaie du pays est le metical, unité divisible en 100centavos. En 1994, les importations s'élevaient à 955millions de dollars, les exportations ne représentant que 125millions. Les principaux produits d'exportation sont la noix de cajou, le thé, le coton, le sucre et les crevettes. Les produits d'importation concernent les machines, l'équipement électrique, les véhicules à moteur, le fer et l'acier. Les principaux partenaires commerciaux sont les États-Unis, l'ex-URSS, l'Afrique du Sud, l'Italie, l'Allemagne et le Japon.
Le pays est desservi par 3512km de voies ferrées. Ce réseau comprend cinq lignes reliant les ports de Maputo, Beira et Nacala, et les villes de Inhambane et Quelimane à l'intérieur du pays. Les lignes de Maputo et de Beira, souvent fermées durant la guerre en raison des raids lancés par la Renamo, desservent l'Afrique du Sud et les régions voisines ne disposant pas d'un accès à la mer. Le réseau routier comprend 3240km de routes bitumées et de nombreuses pistes. Maputo, Beira, et Nampula disposent d'un aéroport international.

Histoire

Le Mozambique était occupé sur les plateaux par des peuples bantous aux premiers siècles de notre ère. Les navigateurs indiens et arabes ouvrirent de nombreux comptoirs sur la côte est de l'Afrique. Au VIIIesiècle, les Arabes développèrent celui de Sofala, au sud du Zambèze, d'où étaient exportés l'or, le fer et le cuivre du royaume du Zimbabwe. Le Portugais Vasco de Gama reconnut les côtes lors d'une expédition en 1498. Les Noirs vivaient dans des cités-États administrées par les Arabes, comme Quelimane et Catembe (la future Maputo).

Une colonisation brutale

Les premiers colons portugais s'établirent dans ces comptoirs musulmans au XVIesiècle. Puis ils explorèrent l'intérieur des terres, remontant le Zambèze jusqu'au royaume de Monomotapa. Ils pratiquèrent le commerce des esclaves. Mais le pays attirait peu les Européens. Une campagne de colonisation fut lancée par le pouvoir portugais à la fin du XVIIIesiècle. Il s'agissait d'attirer des colons en leur offrant des concessions. Ce système de prazo (propriété) échoua.
Au XXesiècle, l'administration portugaise était de type autocratique, en particulier sous le régime dictatorial d'António Salazar. La vie des Africains était terriblement affectée par les travaux forcés et les mauvais traitements. En 1951, le Mozambique devint une province portugaise d'outre-mer.

Vers l'indépendance

En 1964, le Front de libération du Mozambique (Frelimo), d'obédience marxiste-léniniste, soutenu militairement par la Chine et l'Union soviétique, lança ses premières offensives contre le colonisateur portugais dans le Nord et les grands centres du pays. Cette guérilla, menée à partir de la Tanzanie, prit fin en 1974 avec la révolution des Œillets au Portugal. Le dirigeant du Frelimo, Samora Moises Machel, négocia avec le nouveau gouvernement établi à Lisbonne. L'indépendance du pays fut effective le 25juin 1975. En quelques jours, 250000Européens quittèrent le Mozambique. Le Frelimo, qui bénéficiait alors d'une forte légitimité au sein de la population mozambicaine, devint le parti unique. Samora Machel mit en place un régime socialiste, nationalisant les industries et le secteur agricole. Le Mozambique devint l'un des plus fermes soutiens des nationalistes sud-africains et rhodésiens, en lutte contre la domination blanche et le régime ségrégationniste. Les frontières avec la Rhodésie (actuel Zimbabwe) furent fermées.

La guerre civile

Le gouvernement rhodésien favorisa la création d'un mouvement d'opposition armée anticommuniste, la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), qui reçut ensuite le soutien du régime sud-africain et, plus indirectement, des États-Unis. Le Mozambique était devenu l'un des champs de bataille de la guerre froide. La Renamo sut utiliser à son profit le mécontentement populaire suscité par les mesures de collectivisation pour recruter des combattants. La guerre civile s'amplifia, malgré le pacte de non-agression, conclu, en 1984, à Nkomati, entre l'Afrique du Sud et le Frelimo, et reconduit en 1987. Le conflit provoqua l'effondrement des secteurs de l'éducation et de la santé et la paralysie de la production agricole. En octobre 1986, Samora Machel mourut dans un accident d'avion, imputé aux services secrets sud-africains. Joaquim Chissano, alors ministre des Affaires étrangères, prit sa succession. L'Afrique du Sud, la Zambie et la Tanzanie déployèrent des troupes afin d'assurer la protection des centres vitaux. En 1990, la guerre avait fait près de 1million de morts, 1,3million de réfugiés et 2millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays. Le Mozambique était épuisé, le Frelimo avait perdu l'ancien allié soviétique et la Renamo était peu à peu lâchée par l'Afrique du Sud. Après que le Frelimo eut annoncé, en 1989, qu'il renonçait au marxisme-léninisme, le président Chissano fit adopter une Constitution pluraliste et des négociations entre les parties en conflit débutèrent, à Rome, sous l'égide du Kenya et du Zimbabwe. L'année 1991 fut marquée par une importante famine. En octobre 1992, Chissano signait un accord de paix avec le chef de la Renamo, Alfonso Dhlakama. Lorsque le cessez-le-feu entra en vigueur, la Renamo contrôlait environ 20p.100 du territoire. En décembre, l'Organisation des Nations unies (ONU) déploya ses forces du maintien de la paix. En août 1993, elle lança un programme de rapatriement pour les réfugiés, qui s'acheva en mai 1995: 1700000réfugiés avaient été rapatriés au Mozambique.

Démocratisation et reconstruction

Après quinze ans de guerre, des élections libres purent enfin être organisées en 1994. Le nouveau gouvernement, dirigé par Pascoal Mocumbi, a entrepris de reconstruire le pays. Il faut rétablir la production alimentaire, réintégrer dans la société les anciens combattants et obtenir la restitution des armes en circulation, éliminer le banditisme. L'attention est surtout portée sur les dizaines de milliers d'enfants que le conflit a laissés pour compte, orphelins, mutilés, n'ayant droit ni aux soins ni à l'éducation. Durant le conflit, la Renamo enrôla systématiquement des enfants, enlevés dans leurs villages et soumis à des entraînements brutaux. Selon les études menées depuis, dans le Sud du pays, les enfants-soldats, âgés de onze ans en moyenne, représentaient jusqu'aux deux tiers de certaines unités combattantes. En mars 1995, les institutions financières internationales accordaient au Mozambique un prêt pour mettre en place les réformes économiques et réduire la pauvreté. Le plan, étalé sur cinq ans, devrait comprendre notamment la construction d'hôpitaux et la scolarisation de 86p.100 des enfants d'âge scolaire d'ici l'an2000.
Après son entrée dans la Communauté des pays de langue portugaise en juillet 1996, le Mozambique tenta de régler les séquelles de la guerre et de ses alliances. Le banditisme est demeuré un problème majeur. Les anciens combattants n'ont pas tous rendu leurs armes, et sur un million d'armes légères en circulation dans le pays, seules 200 000 auraient été remises aux autorités. Les tensions entre le Frelimo au pouvoir et la Renamo sont toujours très fortes. L'économie du pays a tout juste retrouvé le niveau de 1981 : le taux de chômage est proche de 40 p. 100, l'inflation a atteint 22 p. 100 en 1996 et la dette extérieure a absorbé 35 p. 100 du montant des exportations. Néanmoins, la Banque mondiale et le FMI se sont engagés dans un plan d'aide de trois ans, tandis que le Mozambique obtenait une remise de 80 p. 100 de la dette par le Club de Paris. Les responsables attendent beaucoup de l'essor économique des pays voisins, dont le Mozambique est le débouché privilégié pour leurs exportations. Le «couloir de Maputo» qui relie la capitale et sa vaste baie aux régions industrielles sud-africaines est, en fait, le principal poumon du pays, en même temps que du Botswana, du Lesotho et du Swaziland.
Les relations entre le président Chissano et le chef de la Renamo se sont tendues à l'occasion des élections municipales de 1998 qui ont été boycottées par l'opposition.
Le sud du Mozambique a été touché en février 2000 par des inondations catastrophiques. Les pluies ininterrompues depuis le début du mois ont été aggravées par un mini-cyclone. Elles ont provoqué la crue du fleuve Save puis, à partir du 27 février, celle du Limpopo. Chokwe, ville de 40 000 habitants, et Xai-Xai, située à l'embouchure du Limpopo, ont été particulièrement touchées. Le nombre de morts est officiellement de 200, alors que près d'un million de personnes seraient sans abri. Les secours sont entravés par l'étendue des eaux et l'insuffisance des moyens. L'aide internationale a toutefois commencé à s'organiser au début du mois de mars. Les premières estimations du gouvernement évaluent à 65 millions de dollars le coût de la reconstruction du pays. Le président du Mozambique, Joaquim Chissano, a demandé une annulation de la dette extérieure du pays.

Source :
Microsoft Encarta


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier