Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Articles de la presse internationale
PRESSE AFRICAINE

SOULAGEMENT DE LA DETTE POUR LE MOZAMBIQUE (Mars 1998) :

C'est une première. Au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres les plus endettés, élaborée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), le Mozambique a bénéficié du programme spécial réduisant sa dette extérieure de plus de 80 %. Les créanciers internationaux rassemblés au sein du Club de Paris ont décidé de libérer l'ancienne colonie portugaise de la majeure partie de son fardeau pour lui permettre de se consacrer pleinement à ses efforts de développement. La dette du Mozambique s'élève à 5,5 milliards de dollars. Les principaux créanciers bilatéraux sont la Russie (21 % du total, dette due essentiellement à l'achat de matériel militaire par Maputo), la France (14 %), l'Italie (12 %), le Brésil (10 %), le Portugal (9 %), l'Allemagne (7 %) et l'Algérie (7 %).
Cette dette représente environ 3,5 fois le montant du produit intérieur brut (PIB) du Mozambique. En 1996, 23,7 % de la dette étaient constitués par ses seuls arriérés, ce qui correspondait à près de la totalité du PIB du pays. Le coup de pouce donné par le Club de Paris, auquel s'est ajoutée une aide bilatérale de 170 millions de dollars, va soulager considérablement les finances de Maputo. Il devrait ramener le fardeau de la dette à quelque 200 % de ses recettes d'exportations, contre un peu plus du double actuellement.
Après l'Ouganda, le Burkina et la Bolivie, dont les créanciers avaient effacé 67 % de leur dette à chacun, le Mozambique obtient donc une faveur particulière du Club de Paris avec un allégement de 80 %. Les 21 pays donateurs pourraient même faire une fleur supplémentaire au Mozambique à la mi- 1999 en portant la réduction de la dette à près de 90 %).
Ces mesures ne sont cependant pas le fruit du hasard. Les réformes économiques engagées par Maputo depuis la fin des années quatre-vingt, à l'instigation des institutions de Bretton Woods, ont satisfait Ces organismes, qui ont exhorté les créanciers bilatéraux à réduire la charge de sa dette.

CINQ MILLIONS DE DÉPLACÉS

Ceux-ci ont aussi pris en considération le fait que l'ex-colonie portugaise a été ravagée par dix-sept ans de guerre civile. Le Mozambique est aujourd'hui l'un des pays les plus pauvres du inonde. Le revenu moyen par habitant y est inférieur à 100 dollars par an. L'espérance de vie ne dépasse pas 47 ans. Un tiers de la population n'a pas accès à l'eau potable et plus de 60 % des Mozambicains de plus de 15 ans sont analphabètes.
Dans cette nation de 18 millions d'habitants, la guerre civile a entraîné le déplacement de 3 millions de personnes à l'intérieur du pays et l'exode de 2 millions supplémentaires à l'étranger. Ces populations n'ont pas encore toutes été réinstallées dans leur région d'origine à cause des milliers de mines antipersonnel disséminées dans les zones rurales.
Le Mozambique a toutefois la volonté de s'en sortir Dès 1987, cinq ans avant la signature des accords de paix d'octobre 1992 entre le gouvernement dominé par le Front de libération du Mozambique et la Résistance nationale du Mozambique, l'ex-rébellion armée, les autorités abandonnaient leur vulgaire marxiste pour mettre en oeuvre un programme d'ajustement structurel soutenu par la Banque mondiale et le FMI.
En dix ans, avec l'avènement de la paix, les réformes entreprises par le gouvernement (programme de privatisation, modernisation du code des investissements, réforme de l'Administration, des douanes et du système fiscal, décentralisation, entre autres) ont replacé le Mozambique sur les rails du développement et lui ont assuré la confiance des bailleurs de fonds. En 1996, le Mozambique a connu une croissance économique moyenne de 6.4%, selon la Banque Mondiale. Pour 1997, les estimations oscillent autour de 7 %, contre des prévisions initiales beaucoup moins optimistes. Grâce à l'adoption d'une politique fiscale et monétaire rigoureuse, le taux d'inflation, qui était de 70 % en 1994, a pu être ramené à environ 17 % au début de 1997. Les prix des produits de base ont été stabilisés. Le Mozambique a toutefois accusé quelques dérapages inflationnistes au cours de la même année.
L'agriculture, source de revenu polir 70 % de la population active, a été relancée grâce à la fin des hostilités, la reprise des échanges commerciaux et la tombée de pluies régulières. Les récolte de céréales ont enregistré une hausse de 22%en l996e~d'environ8%en 1997.
Maputo attire de plus en plus d'investisseurs. Le programme de privatisation s'est taillé un franc succès parmi ces derniers. Pas moins de 800 sociétés d'Etat ont déjà été privatisées. D'après le Centre mozambicain de promotion des investissements (CPI), le montant total de ceux-ci devrait s'élever à 6 milliards de dollars d'ici à l'an 2000.
C'est que le Mozambique regorge de grands projets liés au processus de reconstruction, dans le domaine des transports, des télécommunications, de la réhabilitation des voies de chemin de fer et des ports, le secteur énergétique et l'industrie minière notamment. Parmi les grands travaux à accomplir, on compte le projet Mozal de production d'aluminium, la construction de l'aciérie de Maputo, l'exploitation des gisements de gaz naturel de Pande, la construction d'une deuxième centrale hydroélectrique sur le Zambèze, ainsi que le développement des corridors de Maputo et de Nacala.

Selon le CPI, 230 projets ont été approuvés par le gouvernement entre juin 1996 et juin 1997, ce qui représente des investissements totalisant plus de 650 millions de dollars. A plus long terme, Maputo prévoit de développer son industrie minière (l'or, le tantale et la bauxite notamment). En outre, un formidable potentiel existe dans le domaine touristique, que les autorités ouvrent aux investisseurs privés.

LE FRELIMO VAINQUEUR DES ELECTIONS : (Juin 1998) :

Selon les résultats définitifS annoncés par la Commission nationale électorale
(CNE), le 17 juillet 1998, le Front de libération du Mozambique (FRELIMO), le parti au pouvoir, a remporté les premières élections municipales du pays, qui se sont déroulées le 30 juin, avec un peu plus de 70 % des voix. Le taux d'abstention a été particulièrement élevé. Seuls 15 % des électeurs inscrits se sont déplacés pour élire les maires et les conseillers municipaux des 33 localités devant choisir leurs représentants, soit le quart des communes du Mozambique.Le scrutin a été boycotté par la totalité des partis d'opposition et notamment par le plus important d'entre eux, la Resistance nationale mozambicaine (RENAMO), ex rébellion armée, ce qui a laisse aux électeurs le choix entre les candidats du FRELIMO et des candidats indépendants.
    Par ailleurs, l'organisation du scrutin a connu de nombreuses failles. Des bureaux de vote ont par exemple ouvert très tard, ce qui a démobilisé de nombreux électeurs. Certains partis d'opposition ont demandé l'annulation pure et simple des élections. La Cour suprême doit maintenant se prononcer sur la validité des résultats du scrutin.

ESPOIR POUR LE MOZAMBIQUE :

Le gouvernement mozambicain (parti du Frelimo) a su, avec les Nations Unies, redonné goût à la vie civile aux quelques 95 000 soldats impliqués dans la lutte entre le Frelimo et le Renamo. Ces hommes, ainsi que 5 millions de réfugiés, ont été réintégrés dans la société : on leur a distribué en 1994 (20 millions de dollars ont été utilisé par le gouvernement et des pays donateurs) un salaire minimum afin qu’ils regagnent leurs villages et qu’ils reconstruisent leurs maisons et ceci pendant deux ans ; cela s’est opéré en moins de 5 ans.
De plus, le pays a entrepris une véritable guerre contre les mines (2 millions dans tout le pays !) : des machines anti-déminage ont été acheté par le gouvernement, pourtant très pauvre. Les paysans (ex-soldats) nouvellement installés peuvent donc commencer à cultiver afin de se nourrir et espérer bientôt faire du profit.
Le gouvernement en place a lancé les bases de la démocratie en décrétant qu’après la guerre il n’y aurait « ni victorieux ni vaincus ». Il y a 4 ans, des députés du Renamo ont été élu à l’assemblée nationale : les hostilités ne sont plus développé sur le terrain mais lors de débat au parlement.
Le Frelimo a abandonné sa politique économique socialiste et a décidé d’adopter une économie de marché capitaliste.
Afin de reconstruire les routes, le gouvernement n’a pas fait appel à une aide étrangère trop coûteuse :  on utilise un système inspiré des Italiens. Les routes sont construites à l’aide de petites pierres ou de pavés en béton qui sont déposé directement sur le sol sableux et remplacé individuellement quand la pluie les emporte ! !
Il y a beaucoup de raisons d’être optimiste au Mozambique mais l’espoir doit venir avant tout du peuple et des initiatives de celui-ci.

Sources :
Afrique-Asie
Jeune Afrique
Jeune Afrique Economie
Africa International
Continental


Afrique : histoire, economie, politique

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier