Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Ce qui s'est passé en 98-99
CE QUI S'EST PASSE EN 1998-1999

Retrouvez par ce lien des sujets complets en anglais sur le  MOZAMBIQUE

En Février 1998, des pluies diluviennes se sont abattues sur le Mozambique, coupant des voies d'accès importantes (approvisionnement en marchandises depuis le Zimbabwe notamment); ces pluies sont imputées à El Nino.
Le taux de croissance économique du Mozambique a atteint 8%, 900 entreprises d'état ont été privatisé : tout cela en 4 ans, ce qui amène ce pays au 18ème rang des pays africains les plus compétitifs (l'Afrique du sud est classé en 8 ème position par l'Institut de Harvard, Développement International). Le taux d'inflation a chuté de 70% en 1994 à 5.8% en 1997. Cependant, De Souza reconnait qu'il faut de façon urgente restructuré la loi sur les compagnies, ainsi que le système judiciaire et le système bureaucratique du pays. Il faut aussi ouvrir les marchés aux pays limitrophes.
Malgré les bons résultats économiques, le taux de chômage est très important et le gouvernement reconnaît que 2/3 de la population vit sous la "ligne de pauvreté".  Dans les zones rurales, seulement 8% de la population a accès à l'eau potable et la mortalité infantile serait de 134 pour 1000 naissances. La mortalité maternelle serait de 1500 pour 100 000 de naissances contre 25 pour 100 000 en Europe. Le taux de mortalité infantile est équivalent à ce qu'il était pendant la guerre. La croissance économique ne reflète donc pas la situation sociale du pays.
Les autres privatisations en attente concerne le port de Maputo et celui de Nacala, le système de voie ferrée entre le sud et le nord : corridors reliant les ports aux pays voisins. La compagnie nationale d'aviation doit aussi être privatisée.
Le plus important partenaire du Mozambique au niveau commerciale reste le Portugal.
Notons aussi qu'un très important corridor économique est en train de se mettre en place entre le Mozambique et l'Afrique du sud : la mise en place de ce corridor (construction de routes, modernisation du port de Maputo...) devrait permettre la création de 250 emplois fixes et de 900 emplois temporaires (sur ce corridor voir  CET ARTICLE )

Les premières élections municipales au Mozambique doivent avoir lieu en Mai 1998 : on sait que 80% des 17 millions d'habitants ne sait pas lire; de plus, la plupart des partis enregistrés représente des alliances qui sont inconnus des gens en milieux ruraux...
Lors des élections de 1994, le peuple avait le choix entre le parti au pouvoir (FRELIMO), le principal parti d'opposition (RENAMO) et l'Union Démocratique (alliance de trois partis). Ces partis étaient représentés par des symboles, afin d'aider la population à reconnaitre les partis.
On s'est aperçu que sur les bulletins de vote, les choses n'ont pas été simples pour une population fortement illettrée (confusion entre les candidats, confusion entre les partis...).
Le président Chissano avait recueilli 54.72% des voix, contre 33.23% des voix à Wehia Ripua, président du PADEMO (Parti Démocratique du Mozambique).

Cette année, le RENAMO a décidé de boycotter les élections municipales, qui auront lieu le 29 Mai 1998 dans 33 municipalités. 5 partis d'alliance et 4 partis indépendants s'opposeront au FRELIMO : le PADEMO, le Parti du Travail, le Parti de l'Unité National, le Parti Vert, l'Alliance Indépendante du Mozambique pour les alliances et pour les partis indépendants : la Résistance Unie du Mozambique, l'Alliance pour la Démocratie.......La plupart de ces partis ne sont pas connu en dehors de Maputo. La plupart des partis ne peuvent même pas s'offrir des billets d'avion pour se faire connaitre dans le sud et dans le centre du pays.
En Juin 1998, le Danemark a décidé une aide au développement de 230 millions de dollars pour le Mozambique : cela pour aider le domaine de l'éducation, de la santé, de l'agriculture, de l'énergie...ainsi que pour renforcer la balance des paiements et les institutions démocratiques.
En Juillet, le gouvernement a décidé de reprendre l'enrôlement militaire, 6 ans après son arrêt dans le cadre de l'accord de paix signé entre le FRELIMO et les rebelles. Le service militaire reprendra donc du service.
Le RENAMO déclarait en août 1998 qu'il boycotterai les élections générales prévues l'année prochaine si des changements majeures n'étaient pas mis en place : le leader de l'opposition, Alfonso Dhlakama, a déclaré que la Commission Nationale Electorale était partiale et incompétente. Il a demandé un débat national sur une nouvelle loi électorale. La Court Suprême a confirmé que le parti au pouvoir a remporté les élections municipales en Juin.

Le gouvernement britannique a accordé une somme de 20 millions de livres sterling au Mozambique : cet argent ira directement dans un fond afin de soulager la dette de ce pays. Ce processus permet aux donateurs étrangers de remplir une "caisse spéciale" destinée à rembourser la dette afin que les fonds propres de l'état soient utilisés à la reconstruction économique du pays plutôt qu'au remboursement de la dette.
La dette du Mozambique est de 1.4 milliards de dollars.
A la fin de l'année 1998, 116 millions de dollars auront été utilisé afin de déminer le pays (depuis 1992). Les mines ont été enlevé sur 7337 Km de routes, 3500 hectares de terre et 90 Km de voie ferrée : 51 000 mines anti-personnels ont été nettoyé ainsi que 361 mines anti-tanks. Ce programme de déminage a été effectué sous l'égide des Nations-Unies.
Le président Chissano demande de l'aide extérieure afin de continuer à déminer son pays : il a déclaré que le déminage du continent africain coûterait environ 33 milliards de dollars. Le déminage est aussi vital pour le corridor économique qui se met en place entre le Mozambique et l'Afrique du sud.

En Mars 1999, de nouvelles inondations touchaient le pays : l'Afrique du sud a envoyé des troupes et des avions afin de secourir 200 000 personnes piégées par ces inondations (les pires depuis 40 ans). Le PAM a aussi fait parvenir 500 tonnes de produits alimentaires d'urgence aux victimes des inondations.
Des routes et des maisons ont été emporté dans la province sud de Inhambane et on craint des épidémies; le manque de nourriture dans les zones les plus touchées commence à être préoccupant. 800 personnes ont perdu totalement leurs maisons et 10 000 hectares de récolte ont été détruites. Le gouvernement est accusé par certains d'avoir pris la situation "à la légère"
Voir cet article intéressant : le japon a offert des vélos au peuple du Mozambique :  CLIQUEZ ICI

Le RENAMO se prononce de façon claire sur la nécessité de la "dénationalisation" au Mozambique : cette requête a été rejeté par le Parlement le 12 Mai 1999 (125 contre pour 118 oui; le Parlement comprenant aussi des membres du RENAMO : en fait, le FRELIMO a 7 sièges de plus). La nationalisation avait commençé en 1975, 1 mois après l'indépendance : les écoles et les hôpitaux avaient été nationalisé (auparavant, ces institutions étaient au main d'organisations sociales, d'associations et d'organisations religieuses; le RENAMO veut revenir à cela). Puis, en 1976, on nationalisa les maisons qui avaient été occupé par les anciens propriétaires portugais : cela donna la possibilité aux Mozambicains de venir habiter en ville.

Les élections présidentielles et parlementaires prévues fin 1999 pourraient être repoussées en l'an 2000. Un concensus semble avoir été trouvé entre le FRELIMO et le RENAMO concernant ce sujet.
Le président Chissano a prévu de mettre en place un plan sur 5 ans destiné à éradiquer la pauvreté et à mettre en place des projets de développement majeurs : l'un de ces projets est la reconstruction de la voie ferrée de Sena reliant le port de Beira au Malawi : ce projet est aussi censé apporté du travail à la population (coût du projet : 300 millions de dollars).
Chissano veut aussi construire un barrage sur le fleuve Pungue, afin de prévenir les inondations.


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier