Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Nouvelles 1998
CE QUI S'EST PASSE EN 1998 :

En Février 1998, on apprenait que l’Erythrée accusait l’Ethiopie d’avoir pénétré à l’intérieur de son territoire.  L’Ethiopie occuperait environ 248 Km2 de territoire érythréen.
Les troupes militaires éthiopiennes auraient avancé de 20 Km à l’intérieur du territoire de l’Erythrée : des échanges d’armes lourdes auraient été entendu dans la région.
L’Ethiopie dément avoir occupé le territoire érythréen et accuse son voisin d’invasion. On a aussi appris que deux bataillons éthiopiens se trouvaient sur territoire érythréen depuis que des affrontements se sont produits en Mai. Les deux pays entretenaient des relations cordiales depuis qu’un accrochage violent aux alentours de la frontière se soit produit le 6 Mai.
Le 6 Mars, on apprenait que des combats violents s’étaient déroulés : le territoire conflictuel se trouve à la frontière des deux pays. C’est près de la ville frontalière de Zalambessa (à 160 Km d’Asmara) que les combats se sont déroulés. L’Erythrée accuse toujours l’Ethiopie d’invasion militaire. Zalambessa se trouve au cœur du territoire revendiqué par les deux pays. Des tanks et de l’artillerie lourde a été déployé de chaque côté.
L’état éthiopien annonçait aussi qu’un érythréen, accusé de meurtre, avait été exécuté. On pense que cet homme est le premier a être exécuté depuis que le Front Révolutionnaire Démocratique du Peuple (Ethiopie) a pris le pouvoir en 1991.
En Avril, des milliers d’anciens combattants érythréens quittaient Asmara pour venir renforcer les hommes à la frontière : environ 3000 vétérans, hommes et femmes. Les ex-combattants du Front de Libération du Peuple Erythréen ont été rejoint par leurs anciens ennemis du Front de Libération Erythréen ainsi que par les Erythréens qui combattaient sous le régime militaire éthiopien, le Derg.
On estime à 46 000 le nombre d’érythréens qui feraient fasse à 120 000 éthiopiens. L’Ethiopie a rejeté la demande de l’Erythrée par rapport au territoire de Baden, l’un des principaux centres d’un triangle de terre de 400 Km2 se trouvant le long de la frontière ouest.
Juste après le début des hostilités, l’Ethiopie a ordonné à tous ces commerçants de stopper les affaires avec l’Erythrée et de suspendre les vols entre les deux pays. Les télécommunications ont été aussi coupé.
Le 6 Juin, l’armée éthiopienne utilisaient des avions de chasse pour bombarder des positions près d’Asmara. Le 12 Juin, l’Ethiopie annonçait avoir délogé l’armée érythréenne de la zone de  Zalambesa.
Depuis que l’Erythrée est devenue indépendante en 1991, Zalambesa est contrôlée par les Ethiopiens : la moitié des habitants de Zalambesa sont érythréens tandis que l’autre moitié est « Tigrayan ». La ligne de démarcation avait été tracé par les Italiens il y a plus d’un siècle.
Les Erythréens pensaient que puisque l’Ethiopie était maintenant dirigé par les « Tigrayans », ceux mêmes qui avaient participé à la chute de Mengistu, les relations pourraient être bonnes.
Le 24 Juin, on apprenait que depuis le début du conflit, des centaines de soldats avaient péri sur les fronts de Badme, Zalambessa et au sud du port d’Assab.
L’Ethiopie peut aussi mobiliser la milice du Front de Libération du Peuple « Tigrayan » qui avaient combattu contre Mengistu. Ce Front de Libération domine actuellement le Front Démocratique Révolutionnaire du Peuple Ethiopien.
Le premier ministre éthiopien Meles Zenawi a prévenu qu’il administrerait une leçon à l’Erythrée si celle-ci ne se retirait pas du territoire de Badme. Une médiation menée par l’OUA a été rejeté par l’Erythrée après que le président Afewerki ait refusé le plan préparé par les USA et le Rwanda : celui-ci prévoyait entre autre le départ des forces érythréennes et le retour ce celle-ci au point où elles se trouvaient avant le 6 Mai. L’Ethiopie acceptait ce plan américain et rwandais.
En Juillet, l’ambassade d’Erythrée à Washington annonçait que les hostilités avaient été déclenché par l’Ethiopie qui a violé les frontières coloniales de l’Erythrée.
Selon l’ambassade érythréenne,le premier acte d’invasion s’est produit en Juillet 1997 quand l’Ethiopie, sous prétexte de combattre l’opposition Afar, a amené deux bataillons à Bada dans le sud de l’Erythrée afin d’occuper le village et de démanteler l’administration en place. Malgré l’intervention du chef de l’état érythréen, demandant au premier ministre éthiopien de se retirer, rien ne s’est fait. Il semble alors que l’Ethiopie ait intégré dans ses cartes des territoires érythréens.
Puis le 6 Mai 1998, l’armée éthiopienne lançait une attaque sur les patrouilles érythréennes dans la région de Badme affirmant que les érythréens avaient pénétré dans des zones nouvellement envahis par l’Ethiopie ! !
Les causes de la discorde sont donc :
- déclaration de guerre par le Parlement éthiopien le 13 Mai 1998
- lancement d’une attaque aérienne sur Asmara par l’Ethiopie le 5 Juin 1998
- imposition d’un blocus aérien et maritime : accès bloqué aux ports érythréens avec menace de bombardement
- expulsion massive et discrimination envers les milliers érythréens se trouvant en Ethiopie

Du côté éthiopien, on affirme que c’est l’Eryhrée qui a commencé les hostilités et que ce pays refuse toute proposition de paix. Ces propositions de paix ont surtout été faites par l’OUA.
Le Conseil de Sécurité de l’ONU demande un arrêt immédiat des hostilités.

Le 12 Août, un groupe de 470 érythréens déporté d’Ethiopie est arrivé au port d’Assab sur la Mer Rouge : parmi eux, 114 enfants qui ont été détenu pendant plus de 3 mois. Certains vivaient en Ethiopie depuis plus de 40 ans. Depuis le mois de Mai, le nombre total d’expulsés dépasse 16 000.
L’Erythrée a envoyé une lettre au secrétaire général des Nations Unies Koffi Annan lui demandant d’intervenir contre l’Ethiopie à cause de l’expulsion massive et de la détention d’érythréens en Ethiopie. L’Ethiopie s’est plaint de la même façon concernant ses résidents en Erythrée.
Le 29 Août, l’Erythrée a libéré 71 prisonniers de guerre éthiopien. L’Erythrée a déclaré qu’il voulait, par cet acte, montrer sa volonté de trouver rapidement une solution de paix.

Le 6 Novembre, Meles Zenawi s'est rendu au Burkina Fasso afin de trouver une solution visant à stopper la dispute entre son pays et l'Erythrée. Le président érythréen devrait être présent mais aucune confrontation directe n'est prévue.

Le 10 Novembre, l'OUA se réunissait à Ouagadougou afin de débattre du conflit entre l'Erythrée et l'Ethiopie : cette réunion a pour but de trouver une solution à ce conflit.
Les points importants mis en évidence par l'OUA sont les suivants : il faut rapidement :
- arrêt immédiat des hostilités
- délimitation des frontières dans un délai de 6 mois
- enquête sur les incidents survenus en Juillet-Août 1997 et le 6 Mai afin de déterminer l'origine du conflit
- démilitarisation de toute la zone
De leur côté, les érythréens insistent pour que ce conflit soit résolu en tenant compte des frontières que l'Erythrée avait hérité du temps de la colonisation italienne. L'Ethiopie a violé ces frontières pour les érythréens. Les érythréens veulent qu'on tiennent en compte les frontières déssinées lors des traités de 1900, 1902 et 1908.
L'Ethiopie exige que les forces armées érythréennes quittent sur le champ la région de Badme, ceci avant toute discussion.
La situation est donc bloquée jusqu'à présent.

Message du président Afewerki du 6 Novembre 1998 :

« Sur le conflit avec l’Ethiopie et sur l’économie de l’Erythrée »
(La traduction de l’anglais en français est de moi : pardonnez-moi les erreurs; la version  anglaise originale se trouve après le texte français).

Avant de tracer les grandes lignes de nos politiques et priorités de développement, laissez-moi d’abord vous parler de la crise actuelle entre l’Erythrée et l'Ethiopie, qui doit être présent dans vos esprits. Je souhaite exprimer à cet égard notre satisfaction quant au souci et à l’angoisse ressentis par nos associés. Personne ne pouvait penser que l'alliance exemplaire que nous étions parvenus à cultiver avec l'Ethiopie - pardonnant et oubliant l'histoire passée du conflit et de l'animosité – s’effondrerait tellement abruptement et amèneraient les deux pays au bord de la guerre.
Peut-être en raison de la trop grande confiance que nous avons cultivé et les efforts que nous avons dépensé pour cultiver le meilleur des relations avec l'Ethiopie, nous étions les derniers à suspecter un désir de conquête de la part de ceux que nous considérions comme nos alliés les plus fidèles. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas réagi ou n'avons pas pris les mesures diplomatiques nécessaires ou d'autres actes légitimes d'autodéfense quand les troupes éthiopiennes régulières ont franchi notre frontière pour démanteler notre administration à Adi Murug en Juillet dernier avec des incursions concourantes dans la région de Badme. Nous avons essayé de maintenir le conflit interne; nous avons tout fait pour résoudre tranquillement et rapidement ce conflit en préparant des entretiens bilatéraux ; nous pensions que l’origine du conflit montrerait des  différences mineures émanant essentiellement des fonctionnaires inférieurs. Mais, réalisant les problèmes potentiels que de tels excès provocateurs pourraient nécessiter, j'ai écrit au premier ministre éthiopien, l'invitant à intervenir personnellement pour contrôler ces actes d’invasion et proposant que nous formions une commission des frontières ayant les pleins pouvoirs afin de résoudre sur place les problèmes qui survenaient de temps en temps.

Maintenant avec le temps, il est clair que cette invasion faisait partie d’un plan bien préparé. La carte que la « Région Administrative de Tigray » a émise – cependant elle n’a pas officiellement circulé - en octobre 1997  a non seulement  incorporé les zones que les autorités éthiopiennes avaient essayé de saisir sous divers prétextes mais a également illustré que ce travail avait débuté depuis 1994 avec la participation du gouvernement central. En attendant, la commission des frontières commune a été paralysée, se réunissant seulement une fois avant mai 1998 : ceel-ci était incapable de convenir des règles de base pour exécuter son travail.

C'était dans ce contexte que les contingents éthiopiens ont attaqué notre patrouille dans la région de Badme le 6 Mai et ont provoqué une série de désaccords se développant en spirales jusqu’au 12 Mai. Plutôt que d'essayer de contenir le problème, le Parlement éthiopien a voté une déclaration de guerre contre l’Erythrée le 13 Mai, propulsant les deux pays vers une confrontation inutile.
Malgré ces ultimatums et menaces de guerre, nous n'avons tout fait afin de résoudre cette crise paisiblement. Nous avons suggéré – dès le 1er jour du conflit – qu’il fallait lancé un processus de délimitation, car celui-ci est la seule solution pour mettre fin au conflit. En attendant, nous avons demandé un cessez-le-feu et la cessation de toutes les hostilités. Nous avons énoncé, à plusieurs reprises, que nous sommes prêts pour un dégagement mutuel puisque c'est nécessaire pour empêcher l'éruption d'un conflit et pour faciliter le travail technique de la délimitation .
Je puis fermement dire qu'il existe un consensus global et que ces paramètres constituent les ingrédients fondamentaux d'une solution paisible. Malheureusement, la paix est gardé en otage par les conditions préalables énoncées par l'Ethiopie. Et le manque de résolution de la communauté internationale encourage l’intransigeance de l'Ethiopie, ce qui retarde le processus de paix et augmente la probabilité de la confrontation militaire.
Je souhaite souligner les actes délibérés d’animosité permanente que le gouvernement éthiopien essaye de fomenter entre les deux  peuples frères. Ce conflit frontalier passera et sera résolu d’une façon ou d’une autre. Mais créer une haine permanente parmi les peuples est moralement répréhensible et inacceptable. La communauté internationale ne doit pas, en conséquence, tolérer la chasse aux sorcières que le gouvernement d'Addis Abeba perpétuent sur les érythréens.

L’Erythrée est une nouvelle nation qui a émergé des ruines d'une longue et coûteuse lutte pour l'indépendance. Lors de la libération dans mi-1991, nous avons trouvé notre infrastructure et la capacité productive presque totalement détruite, le secteur privé décimé, et nos personnes exilées et dispersées partout dans le monde. Les défis étaient immenses, et nos perspectives ont semblé pauvres. Excepté les érythréens eux-mêmes, très peu d'autres, le cas échéant, se sont attendus à ce que nous émergions bientôt comme une nation dynamique et entreprenante dans l’Afrique Sub-Saharienne.

Notre politique de développement économique est ancrée sur l'établissement d'une économie de marché dynamique. Notre volonté est que le secteur privé soit l’acteur principal de la vie économique du pays. Nous limitons le rôle du gouvernement à créer un environnement favorisant le développement en maintenant  la loi et l’ordre, une politique macro-économiques saine. Le gouvernement entreprendra des investissements critiques dans les secteurs stratégiques de l'économie seulement si les investisseurs privés ne peuvent engagés les investissements nécessaires. Même dans des secteurs tels que l'infrastructure, le gouvernement encourage la participation du secteur privé. Notre position politique est que la création des capacités de production sur tous les marchés sera laissée au secteur privé – intérieur et étranger. Je voudrais souligner ici que notre politique est de traiter les investisseurs étrangers exactement de la même manière que nous traitons les investisseurs de notre pays. En outre, nous devons maintenir la stabilité macro-économique en limitant les déficits budgétaires à des niveaux qui pourraient être contrôlés sans inflation, et pour créer la structure politique, légale et institutionnelle nécessaire pour la promotion de l’investissement.  La promotion de la concurrence par une plus grande confiance sur les marchés dans tous les segments de l'économie est le cachet de notre stratégie de développement économique. Nos politiques du commerce et d'investissement sont libérales.
Nous encourageons le libre échange intérieurement et à travers les frontières dans la région. Par une participation active dans les organisations régionales tel que l’Agence Intergouvernemental du Développement (IGAD) et Le Marché Commun de l’Est et du Sud de l’Afrique (COMESA) nous pensons étendre le marché pour nos exportateurs et importateurs. Dans la zone de l'investissement, tous les secteurs de l'économie sont ouverts pour les investisseurs de l’intérieur mais aussi de l’étranger. En vertu de la loi érythréenne, la propriété ou les investissements privés sont protégés contre la nationalisation ou la confiscation. Au cas où il y aurait un intérêt public contraignant qui exige l'expropriation, la loi prévoit une compensation juste et pleine par le gouvernement. L’Erythrée est un membre des traités bilatéraux et multilatéraux de protection ou de garantie d'investissement tels que MIGA qui assurent davantage de protection pour les investisseurs étrangers.

La performance économique (1992-1997) depuis mi-1991 : Nous avons formulé des politiques et des stratégies qui, mises en application, favorisent le développement économique. Des mesures ont été prises pour remettre en état, améliorer et augmenter le transport, les transmissions, la puissance, et les équipements d'approvisionnement en eau. Le progrès significatif a été accompli pour améliorer la capacité du gouvernement et des institutions du développement dans des zones telles que la santé, les finances, et l'éducation. Nous avons restauré la capacité productive de l'économie, particulièrement dans l'agriculture et la pêche, le tourisme, la construction, l'exploitation et les industries. Nous avons adopté des régimes politiques en matière fiscale, monétaire, et commerciales visant à maintenir la stabilité macro-économique, et à faciliter l'allocation et l'utilisation efficaces des ressources. Identifiant le rôle crucial qu'un secteur financier efficace peut jouer dans notre développement, nous avons mis les lois en place appropriées qui préparent le terrain pour l'établissement d'une banque centrale indépendante et  la formulation d'une saine politique monétaire.
De façon générale, ces sept dernières années, nous avons accompli de vrai progrès dans toutes les zones concernant le développement d'infrastructure, la production, l'emploi, la stabilité des prix, la discipline fiscale, et l'accumulation des réserves externes. Pendant la période 1992-1997, la  croissance a été d'environ sept pour cent ; ce qui reflète une augmentation du revenu. Avec cette cadence de croissance, des offres d'emploi significatives ont été créées. La cadence de l'inflation moyenne annuelle a été mise à jour à moins de cinq pour cent. En vue de l'introduction de notre monnaie nationale, nous avons fait des efforts afin d'améliorer notre position fiscale, et nous avons réussi. Nous avons réduit les dépenses et avons pris des mesures concrètes afin de mettre en valeur les revenus

En conséquence, nous avons réduit le déficit de plus de 16 pour cent en 1996 à 5,5 pour cent du PNB en 1997. Pour maintenir la confiance en notre devise, notre engagement à maintenir le déficit à un niveau raisonnable demeure ferme. Depuis son introduction en novembre 1997, notre monnaie a montré de la stabilité.
En résumé, dans la période qui a abouti à l'empiétement inattendu de notre intégrité territoriale par l'Ethiopie, nous pouvions adapter notre économie à une croissance raisonnable sous un environnement macro-économique stable. Notre économie a même amorcé un décollage important, et nous sommes déterminés à continuer dans cet élan. Nous croyons fortement que le conflit avec l'Ethiopie est seulement un problème provisoire. Nous voulons que vous sachiez que, parce que notre vision du développement est claire et focalisé et que notre engagement est ferme, nous sommes déterminés à poursuivre nos politiques de développement.

Les secteurs de croissance me laissent maintenant dire quelques mots au sujet des secteurs où les perspectives pour la croissance sont évidentes. L'agriculture, la pêche, les transmissions, les opérations bancaires, le transport et le tourisme nous donnent beaucoup d’espoir. Il y a aussi un bon espoir de découvrir des dépôts d'or, d'argent et de cuivre, et des ressources énergétiques qui peuvent être exploitées pour produire de la croissance. Cependant, les érythréens demeurent nos capitaux de développement et de ressource les plus importants pour la croissance.
L'agriculture est le soutien principal de l'économie érythréenne et emploie la grande majorité de la main d’œuvre. Cependant, le secteur fonctionne avec un niveaux très bas de  technologie et de productivité. Tandis que l’Erythrée possède d’abondantes terres arables et des ressources importantes d'eauil nous faut des technologies agricoles modernes pour augmenter les rendements existants de récolte, développer de nouvelles récoltes et augmenter les facteurs de productivité. Nous croyons que de grands gains de productivité peuvent être obtenus à partir des investissements relativement modestes dans de nouvelles méthodes cultivatrices. Pour réaliser le potentiel agricole, nous nous sommes engagés avec un programme qui intègre des techniques agricoles traditionnelles et modernes. Dans ce contexte, des investisseurs étrangers sont particulièrement encouragés à participer à l’établissement de domaines agricoles modernes.
Nous croyons que les fruits, les légumes, les fleurs et les usines de serre chaude, les récoltes industrielles, et le bétail (laiterie et viande) pour les marchés intérieures et d'exportation sont particulièrement attrayants pour les investisseurs locaux et étrangers. Par ailleurs, je voudrais mentionner que cette année nous sommes chanceux d’avoir eu des récoltes exceptionnelles qui n'ont pas été expérimentées dans un passé récent.

La pêche est une autre zone où il y a des potentiels inexploités pour le développement. Les eaux côtières d’Erythrée contiennent les fonds de pêche les plus productifs en Mer rouge. Nous recherchons activement des investissements en participation avec les investisseurs étrangers pour développer la pêche moderne, la distribution et les équipements de vente.

Dans la fabrication et l’industrie, l’Erythrée a une longue histoire et tradition qui dans la grande partie est un legs de ses liensprécédents avec l'Italie. Tandis qu'une grande partie du secteur a besoin d'investissement substantiel pour la réadaptation et l'expansion, nous sommes convaincus qu'une base industrielle vibrant peut être rétablie. Des occasions prometteuses de fabrication peuvent être trouvées dans les textiles, les produits en cuir, le ciment et d'autres matériaux de construction, et un éventail de fabrication chimique et mécanique qui peuvent approvisionner les marchés intérieurs et régionaux.

La privatisation est un aspect important de l'engagement fort de notre gouvernement pour le développement du secteur privé et nous sommes en cours de privatiser toutes les entreprises d'Etat. Nous croyons que notre programme de privatisation offre des opportunités attractives pour les investisseur qui sont intéressé à fonder une entreprise qui, avec un investissement dans la modernisation et la capacité d’expansion, pourrait devenir un fournisseur concurrentiel dans le marché de l’exportation. Notre programme de privatisation est piloté par notre conviction forte que la production commerciale des marchandises et des services devrait être le domaine du secteur privé. Nous n'imposons pas des conditions spéciales aux acheteurs. Pour le gouvernement, la chose la plus importante est de remettre en état et développer le potentiel des entreprises privatisées. Les investisseurs locaux et étrangers sont bienvenus.

Le tourisme en Erythrée est dans sa petite enfance. L'énorme potentiel peut être exploité. Il y a d'excellentes perspectives pour les investisseurs privés et étrangers. Nos îles dans la mer Rouge et les parties du continent le long de la côte offrent la grande promesse pour le développement de tourisme. Par conséquent, nous encourageons les investisseurs locaux et étrangers à tirer profit de ces occasions.

Comme j'ai indiqué plus tôt, l'infrastructure a été améliorée sensiblement. Le plus critique pour nous :  il y a un besoin d'investissement substantiel dans la production, les télécommunications et le transport d'électricité, y compris le développement et la modernisation continus des ports d'Assab et de Massawa.

Le jeu du financement joue un rôle crucial dans la croissance économique et le développement du secteur privé. Il doit être fait beaucoup pour développer notre système bancaire de sorte qu'il puisse répondre aux besoins financiers du secteur privé.

Je reproduis ici la version anglaise pour ceux qui parlent couramment l’anglais..

Developments In The Eritrean Economy :
November 6, 1998
By Isaias Afwerki
Washington - The following document is the opening Remarks to the Meeting of Eritrea's Development Partners Asmara, Eritrea, November 2, 1998:
President Of The State Of Eritrea
Excellencies and Distinguished Guests,
Welcome to our development partners' meeting, which is being held for the first time in Asmara. Let me begin by expressing my gratitude to the World Bank, the International Monetary Fund, the International Finance Corporation, the European Union, the UN family, and all our bilateral partners for attending; a particularly warm welcome to all our friends and colleagues who came from outside Eritrea. I hope that this meeting will serve as an effective forum for all of us to share experiences, expand knowledge of each other, and agree on the steps that need to be taken to further strengthen our development partnership. I hardly need to emphasize the importance that we attach to this forum of periodic consultations with our development partners by which we can exchange ideas with openness and frankness.
Before outlining our development policies and priorities, let me address first the current crisis between Eritrea and Ethiopia, which must be foremost in your minds. I wish to express in this regard our appreciation for the concern and anguish felt by our partners, who have the continued welfare of our peoples at heart, regarding the looming cloud of war and conflict. Nobody could have contemplated a year ago that the exemplary alliance that we had managed to cultivate with Ethiopia - forgiving and forgetting the past history of conflict and animosity - would collapse so abruptly and bring the two countries to the brink of war.
Perhaps due to the utmost trust that we had and the efforts that we had expended to cultivate the best of relations with Ethiopia, we were the last to suspect any ingrained desire for foul play from those whom we considered to be our closest allies. This was the reason why we did not over-react or take the necessary diplomatic measures or other legitimate acts of self-defense when regular Ethiopian troops crossed our border to dismantle our administration in Adi Murug last July with concurrent incursions in the Badme area. We tried to keep the dispute in-house; doing all we could to resolve quietly and speedily through bilateral talks what we thought were minor differences essentially emanating from low-level officials. But, realizing the potential problems that such provocative excesses could entail, I wrote to the Ethiopian Prime Minister two letters at the time, requesting him to intervene personally to check these unwarranted acts and suggesting that we form a Joint Border Commission at a sufficiently high level of authority from both sides with full powers to resolve on the spot the problems that were cropping up from time to time.
Now in retrospect, it is clear that these were not isolated incidents, but part of a well thought out territorial design against Eritrea. The map that the Tigray Administrative Region issued - though not officially circulated - in October 1997 not only incorporated the areas that the Ethiopian authorities have been attempting to seize under various pretexts but also illustrated that this work had been underway since 1994 with the involvement of the central government. In the meantime, the Joint Border Commission was paralyzed, meeting only once before May 1998 and unable even to agree on the ground rules for performing its job.
It was against this backdrop that Ethiopian army contingents attacked our patrol unit in the Badme area on May 6 and provoked a chain reaction of spiraling clashes until May 12. Rather than attempting to contain the problem, the Ethiopian Parliament passed a declaration of war on Eritrea on May 13, propelling the two countries toward unnecessary confrontation while effectively obstructing the prospects of early peace.
In spite of these ultimatums and threats of war, we have not to-date spared any effort to resolve this crisis peacefully. We have suggested - from day one of the conflict - that we expedite the process of demarcation, as this is the only solution to the border dispute. In the meantime, we have called for a cease-fire and the cessation of all hostilities. We have stated, repeatedly, that we are ready for a mutual disengagement in as much as this is necessary to prevent the eruption of a conflict and to facilitate the technical work of demarcation. I can firmly say that there is overall consensus that these parameters constitute the fundamental ingredients of a peaceful solution. Still, peace is being kept hostage by Ethiopia's preconditions. And the lack of resolve by the international community is only encouraging Ethiopia's intransigence, and to that extent postponing early peace while increasing the likelihood of military confrontation. These are the real facts, and I believe that we must recognize them for what they are in our endeavors to enhance the peace process.
One grave issue that I wish to further underline is the deliberate acts of permanent animosity that the Ethiopian government is trying to foment between the two brotherly peoples. This border conflict will pass and be resolved one way or the other. But creating a permanent hatred among the peoples is morally reprehensible and unacceptable. The international community must not, accordingly, tolerate the witch-hunt that the Addis Abeba government is perpetrating on Eritreans.
Economic Policy, Performance and Prospects As you all know, Eritrea is a new nation that has emerged from the ruins of a long and costly struggle for independence. Upon liberation in mid - 1991, we found our infrastructure and productive capacity almost completely destroyed, the private sector decimated, and our people exiled and scattered all over the world. The challenges were immense, and our prospects seemed poor. Except for the Eritrean people themselves, very few others, if any, expected us to emerge so soon as a dynamic and enterprising nation in Sub-Saharan Africa.
In the short time that I have, I would first like to review for you briefly Eritrea's achievements during the last seven years and also share with you my own view of Eritrea's challenges and prospects. Secondly, I would like to highlight the areas of focus of our development program in the next three years, and invite you to continue to be partners in our efforts.
Economic Policy Our economic development policy is anchored upon the establishment of a dynamic private sector-led, outward-looking market economy. Our commitment is to make the private sector the lead actor in the economic life of our country. We are limiting the role of the government to creating a conducive environment for development by maintaining law and order, sound macroeconomic policies, and by providing the social overhead capital that is necessary to facilitate development. It will undertake critical investments in strategic sectors of the economy only when private investors are either unwilling or unable to make the needed investments. Even in such sectors as infrastructure, the government encourages private sector involvement. Our policy position is that the creation of production capacities in all contestable markets will be left to the private sector - both domestic and foreign. I would like to emphasize here that our policy is to treat foreign investors exactly in the same manner as we treat domestic investors. Furthermore, we are committed to maintain macroeconomic stability by limiting budgetary deficits to levels that could be managed without inflation, and to provide the necessary political, legal and institutional framework and safeguards to promote investment. Promotion of competition through greater reliance on market forces in all segments of the economy is the hallmark of our economic development strategy. We are committed to adhere to this strategy because we believe this is critical for successfully embarking our economy on a growth path consistent with our growth potential.
Our trade and investment policies are liberal and forward-looking. We encourage free trade internally and across borders within the region. Through active membership in regional organizations such as the Intergovernmental Agency on Development (IGAD) and the Common Market of Eastern and Southern Africa (COMESA) we remain committed to expand the market for our exporters and importers. In the area of investment, all sectors of the economy are open to both domestic and foreign investors. Under Eritrean law, private property or investments are protected against nationalization or confiscation. In the event that there would be a compelling public interest that requires expropriation, the law provides for a fair and full compensation by the government. Eritrea is a member of bilateral and multilateral investment protection or guarantee treaties such as MIGA that provide further protection of foreign investors.
Economic Performance (1992-1997) Since mid-1991, we have formulated and implemented policies and strategies that promote economic development. Steps have been taken to rehabilitate, upgrade and expand transport, communications, power, and water supply facilities. Significant progress has been made to improve the capacity of government and development institutions in such areas as health, finance, and education. We have restored the productive capacity of the economy, especially in agriculture and fisheries, tourism, construction, mining and manufacturing industries. We have adopted broad-based fiscal, monetary, and trade policy regimes aimed at maintaining macroeconomic stability, mobilizing government revenues, and facilitating efficient allocation and utilization of resources. Recognizing the crucial role that an efficient financial sector can play in our development, we have put in place appropriate laws that pave the way for the establishment of an independent central bank and the formulation of a sound monetary policy. Based on these, we successfully introduced our national currency.
Overall, in the last seven years, we have made real progress in all the areas pertaining to infrastructure development, production, employment, price stability, fiscal discipline, and accumulation of external reserves. During the period 1992-1997, real output growth averaged about seven percent, thus reflecting an improvement in per capita income. Along with this growth rate, significant employment opportunities were created. The annual average rate of inflation was maintained at less than five percent. In preparation for the introduction of our national currency, we made determined efforts to improve our fiscal position, and succeeded. We reduced expenditures and took concrete measures to enhance revenues. As a result, we reduced the deficit from over 16 percent in 1996 to 5.5 percent of GNP in 1997. To instill and maintain confidence in our currency, our commitment to maintain the deficit at sustainable levels remains firm. Since its introduction in November 1997, our currency has shown stability and acceptability that we are pleased with. Our gross reserves in months of import of goods and services increased to over six months in 1997.
In summary, in the period up to the unexpected encroachment on our territorial integrity by Ethiopia, we were able to gear our economy on to a sustainable growth path under a stable macroeconomic environment. Our economy was indeed poised to take-off, and we are determined to maintain that momentum. We strongly believe that the conflict with Ethiopia is only a temporary distraction. We want you to know that, because our development vision is clear and focussed and our commitment is firm, we are determined to pursue our development policies and achieve our targets in spite of the deliberate distractions imposed on us by Addis Abeba.
Growth Sectors Now let me say a few words about the sectors where the prospects for growth are evident. Agriculture, fisheries and fish processing, general manufacturing, communications, banking, transport and tourism hold great promise. There are good prospects also for discovering economic deposits of gold, silver and copper, and energy resources that can be exploited to generate growth. However, our people are our most important development asset and source of growth.
Agriculture is the mainstay of the Eritrean economy and employs the large majority of the workforce. However, the sector operates at very low levels of technology and productivity. While Eritrea has plenty of arable land and significant water resources, it needs capital and modern agricultural technologies to increase existing crop yields, develop new crops and increase overall factor productivity. We believe that large productivity gains can be obtained from relatively modest investments in new farming methods. To realize the agricultural potential, we have embarked on an integrated agricultural development program using both traditional and modern inputs. In this context, foreign investors are especially encouraged to participate in establishing modern agricultural estates. We believe that fruits, vegetables, flowers and greenhouse plants, industrial crops, and livestock (dairy and meat) for both the domestic and export markets are particularly attractive for local and foreign investors. Incidentally, I would like to mention that this year we are fortunate to have bumper crops that have not been experienced in the recent past.
Fisheries is another area where there are unexploited potentials for development. Eritrea's coastal waters contain the most productive fishing grounds in the Red Sea. We are actively seeking joint-venture investments with foreign investors to develop modern fish processing, distribution and marketing facilities.
In manufacturing and industry, Eritrea has a long history and tradition which in large part is a legacy of its previous ties with Italy. While much of the sector is in need of substantial investment for rehabilitation and expansion, we are convinced that a vibrant industrial base can be re-established. Promising manufacturing opportunities can be found in textiles, leather products, general agro-processing, cement and other construction materials, and a wide range of chemical and mechanical manufacturing that can supply the domestic and regional markets.
Privatization is an important aspect of our government's strong commitment to private sector development and we are in the process of privatizing all state-owned enterprises. We believe that our privatization program offers attractive opportunities for those investors who are interested in acquiring established enterprises which, with further investment in modernization and capacity expansion, could become competitive suppliers in the export market. Our privatization program is driven by our strong conviction that commercial production of goods and services should be the domain of the private sector. We do not impose special conditions on buyers. For the government, the most important thing is to rehabilitate and develop the potential of privatized enterprises. Both local and foreign investors are welcome.
Tourism in Eritrea is in its infancy. The enormous potential has yet to be exploited. There are excellent prospects for both private and foreign investors. Our offshore islands in the Red Sea and parts of the mainland along the coast offer great promise for tourism development. Therefore, we are encouraging domestic and foreign investors to take advantage of these opportunities.
As I have indicated earlier, the infrastructure has been improved substantially. Nevertheless, more investment is needed over the next few years if economic growth is not to be constrained; and we would like to see the private sector involved in this. Most critically, there is a need for substantial investment in power generation, telecommunications and transportation, including continuous development and modernization of the ports of Assab and Massawa.
Finance plays a pivotal role in economic growth and private sector development. In Eritrea we recognize that much needs to be done to develop our banking system so that it can meet the financial needs of the private sector. Accordingly, as part of our modernization strategy, we have enacted a comprehensive "Bank and Financial Institutions Act." This permits the licensing of private financial institutions, including the establishment of foreign banks.
In closing, I would like to emphasize that in order to achieve our development objectives your support and active participation in our development efforts is critical. I will, therefore, appeal to you to support our development program and to work with us. All our ministers and policy makers will be with you to further clarify our macro and sector policies and programs and to answer questions that you might have.

Le 6 Novembre 1998, l’Ethiopie a confirmé que son premier ministre Meles Zenawi, assistera à des pourparlers au Burkina Fasso visant à mettre fin au conflit avec l’Erythrée.
L’Ethiopie a accepté une initiative de paix parrainée par les USA et le Rwanda, et acceptée par l’OUA et les Nations Unies, qui prévoit le retrait de l’Erythrée des territoires près de la  ville frontière de Badme. Les troupes érythréennes doivent reprendre les positions qu’elles occupaient avant le début du conflit.
Djibouti rompait ses relations diplomatiques avec l’Erythrée le 18 Novembre après que ce dernier pays ait accusé Djibouti de soutenir l’Ethiopie (en leur laissant utiliser leur port) dans le conflit armée opposant les deux pays.
L’ambassadeur de Djibouti basé à Asmara a été rappelé. Djibouti a demandé que l’Erythrée retire aussi son ambassadeur de son pays.
Le président de Djibouti, Hassan Gouled Aptidon, fait parti des trois leaders politiques tentant de trouver une solution au conflit Erythrée-Ethiopie au sein de l’OUA.
La plupart des importations et exportations éthiopiennes ont transité par le port de Djibouti depuis le début du conflit.

Après la guerre (les femmes se sont beaucoup engagées dans le conflit), le statut des femmes a progressivement changé en Erythrée : Des lois ont été voté pour permettre aux femmes de voter, de divorcer, de posséder des terres et de choisir leur mari. Les mutilations génitales ont été interdites et l’éducation des jeunes filles « renforcée ».
L’Erythrée dispose de deux femmes ministres et des femmes entrepreneurs ne sont plus des cas exceptionnels.
Cependant, il ne faut pas oublier que 90% des femmes sont illetrées; l’éducation demeure une priorité en Erythrée. Le peuple érythréen a dû reconstruire son pays dévasté par la guerre : routes, ponts, immeubles....Plutôt que de faire appel à l’aide extérieure, l’Erythrée a voulu se débrouiller seule...Toute la société érythréenne a été mobilisé pour reconstruire le pays. Les habitudes héritées de la période de colonisation italienne n’ont pas disparu : on trouve beauoup de pizzerias à Asmara, la boisson favorite des érythréens demeure le capuccino et la bière italienne...

En Janvier 1999, le conflit qui oppose l’Erythrée à l’Ethiopie n’est toujours pas réglé : loin s’en faut..!!


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