Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
LE PAYS EN UN CLIN D'OEIL
LE NIGER EN UN CLIN D'OEIL

Niger (État), officiellement république du Niger, pays enclavé d'Afrique occidentale, à 700km de la mer. Ses frontières, héritées de la colonisation, sont rectilignes et artificielles. Il est limité au nord par l'Algérie et la Libye, à l'est par le Tchad, au sud par le Nigeria et le Bénin, et à l'ouest par le Burkina Faso et le Mali. Sa superficie totale est de 1267000km2. Sa capitale est Niamey.

Le pays et ses ressources

Relief et hydrographie
Le Niger peut se diviser en trois zones. Le Nord, qui constitue près des deux tiers du territoire, se situe dans le Sahara. Ici habitent les Touareg, nomades éleveurs de chameaux et de chèvres, conducteurs de caravanes (aujourd'hui de camions), particulièrement touchés par l'évolution économique et climatique de la région. C'est une région de hauts plateaux et de montagnes, qui ont donné autrefois naissance à de grands fleuves, aujourd'hui fossiles. La végétation y est rare, hormis dans quelques oasis et autour des points d'eau. Le massif de l'Aïr (400km sur 250km environ) domine la région. Il est formé de montagnes entaillées de vallées, dominées par le mont Gréboun (2310m), les monts Tamgak (1800m), les monts Agalak (1700m), les monts Bagzane (2022m). Au nord-est, séparé de l'Aïr par le Ténéré et le grand erg (désert de sable) de Bilma, le massif du Djado (mont Toummo, 1022m) se prolonge par l'éperon tabulaire et peu élevé du Kawar. Plus au sud, isolé dans une grande pénéplaine de sable à la hauteur du 16eparallèle, le massif de Termit marque la limite entre le désert et le Sahel.
Le Centre-Sud fait partie du Sahel. C'est une zone semi-aride, à l'herbe rase parsemée d'arbustes et d'épineux. En saison des pluies, les dallols (Dallol Bosso, Dallol Maouri), larges vallées des anciens affluents sahariens du Niger, à sec le reste de l'année, se remplissent de mares et verdissent pour quelques semaines. C'est, pour les immenses troupeaux de bovins des Peuls et des Touareg, l'époque de la «!cure salée!» qui succède aux épreuves de la longue saison sèche. Événement économique autant que social, la «!cure salée!» est l'occasion de rencontres entre familles et clans (mariages, transactions, etc.).
Le Sud, situé en zone de savane, est la seule région fertile, avec des pluies généralement suffisantes pour les cultures vivrières sans irrigation. Elle comprend la vallée du fleuve Niger (550km dans la république du Niger) et sa rive droite jusqu'à la frontière du Burkina Faso, et une bande d'une centaine de kilomètres de profondeur le long de la frontière du Nigeria. Elle s'amincit au fur et à mesure que l'on s'approche du lac Tchad, une des plus grandes étendues d'eau du continent, bordée de papyrus, à la profondeur et à la superficie sujettes à de grandes variations.

Climat
Le climat du Niger est chaud et sec. Les pluies, parfois inexistantes ou ne dépassant guère 160mm annuels dans le Nord en un seul mois, atteignent 600mm sur les deux ou trois mois de la saison des pluies au nord de Niamey en zone sahélienne (de juillet à septembre). À la frontière du Bénin, dans le sud, où la saison humide dure de juin à octobre, elles peuvent dépasser les 800mm par an. À Niamey, la température moyenne annuelle est de 29,4°C.

Flore et faune
Le désert est totalement dépourvu de végétation dans les ergs et le Ténéré, mais des spécimens résiduels de flore méditerranéenne subsistent dans l'Aïr (olivier Laperrine, cyprès). La flore sahélienne (petites graminées, acacia) assure difficilement la subsistance des bovins et des chèvres dans le Centre-Sud, en particulier durant la saison sèche. Dans les savanes méridionales, les hautes herbes alternent avec des bosquets de forêts sèches dominées çà et là par de grands arbres comme le baobab, le tamarinier, le fromager et une espèce d'acajou. L'antilope addax, la gazelle et l'autruche étaient autrefois nombreuses dans les régions arides. Il y a des girafes dans la région de Niamey!; dans les parcs protégés au sud de la rive droite du Niger, on trouve des buffles, diverses sortes d'antilopes, des éléphants et des lions. On peut voir des hippopotames dans le fleuve près de Niamey et jusqu'à la frontière du Mali. Le bœuf kanouri, doté de grosses cornes qui lui servent de flotteurs, peuple les rives et les îles du lac Tchad.

Ressources naturelles
Le Niger recèle des ressources naturelles diverses, dont beaucoup demeurent inexploitées en raison du caractère enclavé du pays. De vastes gisements de minerai riche en uranium sont exploités dans le nord, à Arlit et à Akouta. Les phosphates sont extraits dans la vallée du Niger, ainsi que le charbon et l'étain. Le sel fait l'objet d'une exploitation traditionnelle près d'Agadez (Teggida N'tessem), à Bilma, sur les bords du lac Tchad. On trouve également du fer, du cuivre, et on a découvert des traces de pétrole à la frontière libyenne.

Population et société
Il existe au Niger six grandes communautés. Les Haoussas (54p.100) sont les plus nombreux. Ils vivent dans le Sud-Est près de la frontière nigériane, pratiquent l'agriculture vivrière et industrielle (coton et arachide) et le commerce à longue distance à travers le Sahara vers la Libye!; leur langue, le haoussa, est la langue véhiculaire parlée de Tripoli à Lagos. Les Djerma-Songhaï représentent le quart de la population et vivent dans la vallée du Niger de la culture du mil, du sorgho, de l'arachide et du coton. Dans le Sud-Ouest, les Peuls vivent en symbiose avec les agriculteurs et sont semi-sédentarisés!; les Peuls Bororo du sahel et de la région des dallols, peu islamisés et nomades, vivent essentiellement de leurs troupeaux. Les Béribéri-Manga vivent également dans le sud et les Kanouri au bord du lac Tchad. Les Touareg pratiquent un nomadisme plus ou moins ample selon les régions qu'ils occupent (les montagnes de l'Aïr ou la vallée fossile de l'Azawak). L'oasis de Bilma est habitée par les Toubous.

Démographie
La population du Niger (estimation 1993) est d'environ 8300000habitants. La densité moyenne est de 6habitants au km2 mais près de 90p.100 de la population habite le Sud agricole!; 21p.100 de la population est urbaine.
Découpage administratif et villes principales
Le Niger est divisé en huit départements, divisés à leur tour en districts et communes. Niamey, la ville la plus grande avec une population de 400000habitants au début des années 1990, est également la capitale. Si Niamey est le grand centre administratif et regroupe la plupart des services, Zinder est le grand pôle économique de l'est du pays, ouvert sur le Nigeria, et dépasse les 130000habitants. Maradi, dans le sud, dépasse 150000habitants et Tahoua, au centre, plus de 55000habitants!; Agadez, dans l'Aïr, est très étalée et tourne entre 10000 et 20000habitants. La population de toutes ces villes a tendance à augmenter dans les périodes de sécheresse, les paysans et les nomades affluant alors dans leurs périphéries.

Langue et religion
La langue officielle est le français, mais le haoussa est la langue véhiculaire pratiquée par les commerçants et comprise par la plupart des Nigériens. D'autres langues africaines comme le peul, le tamachek (langue des Touareg) et le djerma sont aussi très répandues et comprises par les voisins des locuteurs.
Les quatre cinquièmes des Nigériens sont des musulmans sunnites, parfois regroupés en confréries. Selon leur communauté, ils sont influencés par les croyances traditionnelles (rites agraires, etc.)!; la région de Zinder, proche des émirats musulmans du nord du Nigeria, est plus soumise au fondamentalisme religieux et à son influence dans le domaine politique. Il existe une petite minorité de chrétiens, constituée notamment d'émigrés des pays de la Côte (Bénin, Togo).

Éducation
Au Niger, l'école est gratuite et obligatoire entre sept et quinze ans. En raison du manque d'instituteurs et de la grande dispersion de la population, et du nomadisme, seuls 40p.100 des enfants en âge scolaire bénéficient de l'enseignement. Des expériences d'enseignement par la télévision ont été tentées avec succès autour de Niamey. À la fin des années 1980, 344900écoliers fréquentaient l'école primaire, et 63380étudiants environ étaient inscrits dans le secondaire. Les établissements techniques et de formation de maîtres accueillaient 2400étudiants. L'enseignement supérieur est dispensé à l'université de Niamey (fondée en 1971).

Culture
L'influence de l'islam, en provenance d'Afrique du Nord, pour l'ouest du pays, et de la Libye et du Nigeria pour l'est (région de Zinder), se fait fortement sentir!; elle est liée au développement de l'ancien réseau transsaharien. Plusieurs organismes privés gèrent leur propre bibliothèque. Sur une grande superficie, en plein centre de Niamey, le Musée national du Niger regroupe une bibliothèque, un musée, un zoo, un Institut des sciences humaines et un centre artisanal traditionnel.

Gouvernement et vie politique
Jusqu'au coup d'État militaire du 15avril 1974, le Niger a été gouverné selon la Constitution de 1960. Par la suite, le pouvoir fut détenu par un Conseil militaire supérieur, dirigé par un Président. Une nouvelle Constitution approuvée par référendum en septembre 1989 rendit officiellement le pays aux civils. En 1991, cette Constitution fut suspendue, et un gouvernement de transition mit au point une nouvelle Constitution qui fut approuvée par référendum en décembre 1992. Elle instaurait une démocratie pluraliste, avec un Président élu au suffrage direct avec un mandat de cinq ans renouvelable une fois. L'Assemblée nationale comptait quatre-vingt-trois membres élus au suffrage direct pour cinq ans. À l'issue du coup d'État de 1996, une nouvelle Constitution adoptée par référendum par 90p.100 des votants (avec 35p.100 de participants au scrutin) consacra l'adoption d'un pouvoir fort.
La Constitution de 1989 prévoyait un Président élu pour sept ans et une assemblée nationale directement élue elle aussi. Le Mouvement national pour une société de développement (MNSD) était le seul parti politique légal. Une Conférence nationale et constitutionnelle, réunie en 1991, priva le Président de ses pouvoirs et établit un corps législatif de transition, le Haut Conseil de la République. Aux termes de cette Constitution de 1992, le Président choisit le Premier ministre dans le parti majoritaire au Parlement. Le Premier ministre et le conseil des ministres détiennent le pouvoir exécutif.
Des tribunaux de districts et des juges de paix sont répartis dans tout le Niger!; il existe trois cours d'Assises (Niamey, Zinder, Maradi). La cour d'Appel siège à Niamey.
L'armée du Niger comptait environ 5200hommes au début des années 1990. Les forces paramilitaires comptaient 5400hommes. Le Niger a signé des accords de défense bilatéraux avec la France.

Économie
Au début des années 1990, le produit national brut était d'environ 2,36milliards de dollars, soit 283dollars par habitant (estimation de la Banque mondiale). La grande majorité des Nigériens vivent d'agriculture et d'élevage. L'agriculture vivrière porte surtout sur le mil (estimation, 1800000t), le sorgho, le maïs, la patate douce. L'élevage se pratique dans les parties arides et semi-arides. L'agriculture vivrière et industrielle, dite «!de rente!» (arachide, coton) est spécifique de la région méridionale, plus arrosée. Cette zone s'est bien remise des effets désastreux de la sécheresse qui a frappé le Sahel dans les années 1970 et qui a touché plus particulièrement les éleveurs (une sécheresse moins rigoureuse a également sévi durant les années 1980). Les entreprises industrielles sont pour la plupart très petites et sont implantées à Niamey et à Zinder.

Agriculture
L'élevage constitue la grande activité agricole. Au début des années 1990, le cheptel comptait plus de 2millions de bovins, 3,4millions de moutons, 5,4millions de chèvres, 363000chameaux, 450000ânes et 82000chevaux (le chiffre concernant les bovins peut varier considérablement d'une année à l'autre car le nombre pléthorique de bêtes entretenu par les éleveurs du Sahel est surtout destiné à compenser les pertes éventuelles en cas de sécheresse). Les arachides sont la principale culture d'exportation. Le mil, le sorgho, le manioc, les haricots et le riz, dans les zones de décrue du fleuve, sont destinés à la consommation locale. Sur les quelque 2,7millions d'hectares de terre arable, 40000 sont irrigués. La production annuelle au début des années 1990 atteignait 1,8!million de tonnes de mil, 62200tonnes de manioc, 27400tonnes d'arachides, 468000tonnes de sorgho, 942000tonnes de maïs et 31400tonnes de canne à sucre.
La pêche se pratique sur le lac Tchad et sur le Niger pour la consommation locale. À la fin des années 1980, elle représentait 2400tonnes de poisson. Il existe une pêche traditionnelle dans les mares au cours de la saison sèche.

Mines et industrie
Le sel, pour l'alimentation humaine, et le natron, pour l'alimentation animale, sont extraits depuis des siècles des dépressions saumâtres du désert et moulés sous forme de pains ou cônes (Teggida N'tessem, Bilma, Manga)!; dans le sud, en cas de nécessité, on extrait parfois par filtration le sel des terres salées. Cette région recèle aussi du minerai d'étain. De vastes gisements d'uranium sont exploités dans le nord, à Arlit et à Akouta. Les réserves sont estimées à plus de 100000tonnes, et au début des années 1990, 3000tonnes d'uranium concentré étaient produites chaque année et exportées par le chemin de fer de Parakou au Bénin. La production de charbon dans des mines à ciel ouvert atteignait 60000tonnes à la fin des années 1980. On trouve de l'étain dans l'Aïr et du fer près de Say, au sud de Niamey. L'industrie ne touche que les produits alimentaires et la construction. Le secteur artisanal est très développé dans le traitement des cuirs.

Échanges

Banques et monnaie
Le Niger appartient à la Zone franc et son unité monétaire est le franc CFA (100francs CFA!=!1franc français en 1995). Il est émis par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), basée à Dakar, au Sénégal. En janvier 1994, le franc CFA a été dévalué de 50p.100 par rapport à son taux de change avec le franc français. Plusieurs banques pour le commerce et le développement sont installées dans le pays.
Au début des années 1990, le Niger exportait pour environ 320millions de dollars de marchandises par an, dont l'uranium représentait la plus grosse partie. Les importations totalisaient à peu près 439millions de dollars. Plus de 65p.100 de l'ensemble des exportations étaient destinés à la France. Les autres grands partenaires commerciaux du Niger sont le Nigeria, le Japon, les États-Unis et la Côte-d'Ivoire. Il existe un important commerce régional en direction des pays forestiers, portant essentiellement sur le bétail. Selon les cours pratiqués dans les pays frontaliers, la fraude sur le bétail, l'arachide et le coton est plus ou moins importante, notamment vers le Nigeria.

Transports et communications
Le Niger possède quelque 39970km de routes, dont environ un tiers sont bitumées. Des aéroports internationaux desservent Niamey, Zinder, Maradi et, dans une moindre mesure, Agadez. Les transporteurs fluviaux traditionnels assurent les échanges entre le delta intérieur du Niger et la capitale dans leurs grands bateaux à fond plat. Contrôlés par le gouvernement, les services de radio et de télévision diffusent des émissions en langues locales vers un demi-million de récepteurs radio et 25000téléviseurs (estimations 1991). Le quotidien du Niger est le Sahel (diffusion 3000exemplaires), publié à Niamey, où une dizaine d'hebdomadaires animent la vie politique.

Histoire
De nombreux fossiles de dinosaures (iguanodons) du Crétacé inférieur ont été trouvé à Tazolé, au sud-est de l'Aïr. On a mis au jour dans le massif de l'Aïr des vestiges de céramiques du VIIIemillénaire avant notre ère, contemporains de l'invention de la poterie dans d'autres régions du monde. La désertification du Sahara commencée à cette époque repoussa ensuite vers le sud les populations d'agriculteurs et les céramistes, laissant la place à des communautés d'éleveurs de bovins qui gravèrent sur les rochers de nombreuses représentations de leurs troupeaux (entre 2000 et 3000av.J.-C.). Des gravures de cette époque témoignent également de la présence à cette latitude d'éléphants, d'hippopotames et d'une faune de savane abondante et variée. Le désert du Ténéré est riche en témoignages de la présence humaine au Néolithique par un abondant matériel de pierre (pointes de flèches, meules, etc.), jusqu'à la désertification de la région au Iermillénaire avant notre ère.

Le Niger: lieu d'échanges
Les territoires constituant le Niger actuel entrèrent ensuite dans l'histoire avec l'établissement de relations transsahariennes au Moyen Âge, vers le Maroc, par la vallée du Niger et Tombouctou (empires du Mali et du Songhaï), vers la Tunisie (Ifriqiya) à travers le Sahara central, et vers la Libye et l'Égypte par le Fezzan et le Tchad (États haoussas). Cette diversité explique la permanence des deux grands pôles de développement culturel et économique du pays: la vallée du Niger (Niamey), et le bassin du Tchad (Zinder).
Le commerce régional portait sur l'échange sel!/!mil entre le Sahara central riche en gisements de sel et la savane, productrice de mil, et sur la noix de cola produite dans les zones forestières. Ses voies de communication furent très tôt pénétrées par les missionnaires musulmans, puis contrôlées par les nomades islamisés (Touareg, Toubous). Les États haoussas islamisés dominèrent le Niger méridional du Xesiècle au début du XIXesiècle, époque à laquelle ils furent soumis par la guerre sainte des Peuls menés par Ousman dan Fodio. Les Songhaïs exercèrent une forte influence sur la vallée du fleuve durant la dernière partie du Moyen Âge, tandis que l'empire de Kanem-Bornou dominait la frontière orientale. Les Touareg arrivèrent par vagues dans l'Aïr à partir du XIesiècle environ, se répandirent dans l'Azawak et commencèrent à lancer des raids sur les sédentaires du Sud!; au XVesiècle, ils établirent un sultanat à Agadez.

La colonisation
Les premiers Européens à entrer dans cette région furent le chirurgien et explorateur écossais Mungo Park et les explorateurs allemands Heinrich Barth, en route pour Tombouctou, et Eduard Vogel. Les Français entrèrent dans la région vers 1890, atteignirent le lac Tchad et luttèrent contre Rabah dont l'influence s'étendait sur le Bornou!; ils mirent longtemps à réduire la résistance des Touareg de l'Aïr. En 1900, ils firent du Niger un territoire militaire administré à partir de l'ancien sultanat de Zinder. Le Niger devint une colonie en 1921, administrée à partir de Niamey pour rééquilibrer les pouvoirs économiques et politiques locaux, diminuer le poids de la communauté haoussa de Zinder ainsi que l'influence du nord du Nigeria, une région riche et peuplée. Territoire d'outre-mer en 1946, puis république autonome au sein de la Communauté en 1958, malgré une campagne pour le «!non!» au référendum de Djibo Bakary, opposé au chef du gouvernement Hamani Diori.

Le Niger indépendant
Le Niger accéda à l'indépendance le 3août 1960 et Hamani Diori fut élu Président par l'Assemblée nationale. L'opposition avec Bakary devint de plus en plus forte!; en avril 1965, le Président échappa à une tentative d'assassinat!; il fut réélu la même année, soutenu par le Parti progressiste nigérien (PPN) qu'il avait fondé à partir de la section nigérienne du Rassemblement démocratique africain (RDA). En 1973, le Niger fut l'un des six pays sahéliens à souffrir d'une sécheresse qui affecta particulièrement les nomades. Accusé de corruption et d'incapacité, le Président Diori fut renversé par un coup d'État militaire en avril 1974 et exilé dans l'est du pays. Le Niger fut ensuite gouverné par un Conseil supérieur militaire, dirigé par le lieutenant-colonel Seyni Kountché. Son programme portait sur le redressement économique consécutif à la sécheresse et la poursuite de la coopération avec la France notamment en matière d'exploitation de l'uranium (signature d'un nouvel accord économique en 1977).
Complots et tentatives de coup d'État se succédèrent durant les cinq premières années de pouvoir de Seyni Kountché. En novembre 1987, celui-ci mourut d'une tumeur au cerveau et fut remplacé à la présidence par Ali Seybou, son chef d'état-major. Il libéra Hamani Diori et fut élu Président en 1989 après le vote d'une nouvelle Constitution qui ramenait les civils au pouvoir, mais dans le cadre d'un parti unique. En 1990, une vague de grèves et de manifestations le conduisirent à légaliser les partis d'opposition. Une conférence nationale, réunie en juillet 1991, mit en place un gouvernement de transition dirigé par André Salifou. En 1992, une nouvelle Constitution fut approuvée par référendum, et des élections générales, en février 1993, virent la victoire de l'Alliance des forces du changement (AFC). Lors de l'élection présidentielle du mois suivant, Mahamane Ousmane, chef d'un parti membre de l'AFC, fut élu Président. Les vingt et un premiers mois du nouveau gouvernement furent animés. Le Premier ministre, issu de l'AFC et imposé par le Président malgré l'opposition de la majorité, fut renversé en février 1995. L'Assemblée fut dissoute par le Président mais les nouvelles élections confirmèrent la victoire de l'opposition. Le Mouvement national pour une société de développement (MNSD, ex-parti unique) arriva en tête avec vingt-neuf sièges, et s'allia avec plusieurs partis d'opposition pour former un gouvernement. Le nouveau Premier ministre, Hama Amadou, entra rapidement en conflit avec le Président alors que le pays se trouvait au seuil de la banqueroute. Au printemps 1996, l'armée reprenait de nouveau le pouvoir!; l'auteur du putsch, le colonel Ibrahim Baré Maïnassara, organisait le vote d'une nouvelle Constitution de type présidentiel, adoptée par 90p.100 des votants (35p.100 du corps électoral).

Depuis la fin des années quatre-vingt, les Touareg réclament un meilleur partage des richesses, et une guérilla sporadique ensanglante l'Aïr, malgré des accords de paix toujours remis en question. En 1997-1998, la crise économique causée par la chute des cours de l'uranium a entraîné un profond malaise politique (dissolution du gouvernement), des grèves de fonctionnaires et d'étudiants, et des mutineries dans l'armée réclamant le paiement des soldes. En avril 1999, le président Maïnassara est assassiné par des militaires sur l'aérodrome de Niamey. Son successeur, le commandant Daouda Mallam Wanké, chef de la Garde présidentielle, qui a qualifié cette mort de «malencontreux accident», est nommé chef de l'État par un Conseil de réconciliation nationale composé uniquement de militaires. L'armée, qui a promis de rendre le pouvoir aux civils, interdit les partis politiques et confirme la tenue d'un référendum constitutionnel en juin et une élection présidentielle au suffrage universel à la fin de l'année.
Le commandant Daouda Mallam Wanke, a annoncé des élections démocratiques pour la fin de l'année 99. Celles-ci auront lieu en Novembre 1999 et verront la victoire de Mamadou Tandja.

Source :
Microsoft Encarta


Afrique : histoire, economie, politique

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier