Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
L'Ouganda en un clin d'oeil
L'OUGANDA EN UN CLIN D'OEIL

Ouganda, officiellement république de l'Ouganda, pays d'Afrique orientale, enclavé entre le Soudan, au nord, le Kenya, à l'est, la Tanzanie et le Rwanda, au sud et, la République démocratique du Congo, à l'ouest. L'Ouganda, dont la capitale est Kampala, couvre une superficie de 241038km2. Il est membre du Commonwealth. Pays prospère lors de son accession à l'indépendance, en 1962, épargné d'abord par les tensions ethniques et politiques, l'Ouganda a connu, à partir de 1967, de meurtriers conflits puis une longue dictature terroriste. Le retour à la stabilité politique et le redressement économique, amorcés depuis la seconde moitié des années 1980, demeurent fragiles.

Le pays et ses ressources

Relief et hydrographie
Situé à une altitude moyenne de 1200m, l'Ouganda est un pays de hauts plateaux, pris en tenaille entre les deux branches de la Rift Valley. Au sud-ouest, s'étend la chaîne du Ruwenzori, culminant à 5119m. La partie méridionale de l'Ouganda est occupée par des collines. À l'est, s'élève le mont Elgon (4321m).
Les lacs recouvrent 15p.100 du territoire ougandais. Draîné par les eaux du Nil, le pays comprend le lac Kyoga et le lac George, lequel alimente le lac Édouard, qui alimente à son tour le lac Mobutu. La moitié du lac Victoria se situe en Ouganda. Depuis ce lac, le Nil Albert traverse le pays jusqu'au Soudan.
Climat
Situé sur l'équateur, le pays présente un climat chaud et humide, tempéré par l'altitude. Les températures varient entre 15,6!°C et 29,4!°C. Les précipitations annuelles sont comprises entre 760mm dans le nord-ouest et 1520mm près du lac Victoria.

Flore et faune
La savane arborée domine dans le Sud, le Nord et le Centre étant occupés par une forêt claire. De nombreuses espèces animales vivent en Ouganda, et certaines sont protégées dans des parcs nationaux. Les chimpanzés vivent dans la forêt, alors qu'éléphants (en voie de disparition), rhinocéros, cervidés, lions et léopards peuplent la savane.
Population et société

Démographie
La population était estimée à 21,3millions en 1995, soit une densité moyenne de 87habitants au km2. La mortalité infantile est très élevée (115p.1000), l'espérance de vie étant de quarante-cinq ans. Le syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) a pris des proportions inquiétantes. Près d'1,5million d'Ougandais seraient séropositifs.
Les Ougandais appartiennent à deux groupes d'ethnies. Les Bantous, qui représentent trois quarts de la population, vivent dans la moitié sud du pays: ce sont les Bagandas, les Karamojongs, les Banyankole, les Banyoro et les Toros. Des populations nilotiques peuplent le Nord: les Acholis et les Langis. L'Ouganda abrite de nombreux réfugiés africains (rwandais, soudanais, zaïrois).
Découpage administratif et villes principales
Le pays est divisé en 10provinces, elles-mêmes divisées en 34circonscriptions et 152comtés.
La capitale Kampala est également la plus grande ville du pays. Située sur la rive septentrionale du lac Victoria, elle compte 850000habitants. Les autres grandes villes sont Jinja , Mbale, et Entebbe, capitale jusqu'à l'indépendance, où se trouve l'aéroport international.

Langue et religion
Les langues officielles sont l'anglais et le swahili. De nombreuses autres langues bantoues notamment le luganda) et nilotiques (acholi, luo) sont également parlées (voir Afrique, langues d').
Près de la moitié de la population est catholique (Jean-PaulII s'est rendu en Ouganda en 1993), un tiers étant protestant. Près de 15p.100 des Ougandais sont animistes, 10p.100 de la population est musulmane.

L'éducation
Le système éducatif britannique a largement influencé l'enseignement en Ouganda, et les écoles de missionnaires ont joué un rôle prépondérant. Près des deux tiers de la population sont alphabétisés. Moins de la moitié des enfants de douze à dix-sept ans sont scolarisés. L'enseignement supérieur est assuré à la Makerere University (1922) et à l'Uganda Technical College (1954), à Kampala.
L'Ouganda possède un musée national, l'Uganda Museum (ethnologie, musique et sciences) à Kampala, ainsi que des musées de géologie et de zoologie à Entebbe.

Gouvernement et vie politique
Soumis à la dictature d'Idi Amin Dada, de 1971 à 1979, puis à celle de Milton Obote jusqu'en 1985 (tous deux étant originaires du Nord), l'Ouganda fut gouverné, après 1986, par le Conseil national de la résistance (CNR), émanation du Mouvement de résistance nationale, mouvement de guérilla fondé par Yoweri Museveni, un Baganda contre le régime d'Obote.
En 1992, le multipartisme était enfin autorisé, et le CNR, qui faisait fonction de Parlement, a été remplacé en 1994 par une Assemblée constituante élue. Cependant, le scrutin n'était ouvert qu'aux candidats sans étiquette et il a confirmé le pouvoir de l'ancien parti unique, encore renforcé par la Constitution adoptée, en septembre 1995, pour cinq ans. De nouvelles élections, présidentielles et législatives, devaient avoir lieu en 1996.

Économie
Le pays ne dispose d'aucune façade maritime et les ressources minières sont rares. En outre, pour des raisons politiques, le pays a dû considérablement réduire sa coopération économique avec ses voisins de l'Afrique de l'Est, le Kenya et la Tanzanie. L'économie ougandaise a également souffert des conflits internes qui ont affaibli le pays entre 1970 et 1980.
Toutefois, la politique économique menée par Yoweri Museveni, favorisée par les bonnes conditions climatiques du début des années 1990, a permis d'améliorer la situation économique de l'Ouganda, désormais considéré comme un modèle par les pays occidentaux. Le taux de croissance économique s'est élevé à 10p.100, le taux d'inflation étant tombé à 3p.100. Malgré cette performance relative, l'Ouganda reste un pays pauvre: le produit national brut (PNB) était de 4,9milliards de dollars en 1994, soit un revenu par habitant de 240dollars.

Agriculture
L'agriculture domine très largement l'économie, occupant les quatre cinquièmes de la population active et contribuant pour 57p.100 au PNB. Les cultures vivrières (manioc, haricots secs) sont majoritaires.
Le coton et le café sont les principales cultures de rapport et représentent plus de 90p.100 des recettes annuelles de l'exportation. Le cheptel est important avec 19millions de volailles, 5,2millions de bovins, 3,3millions de caprins, 1,7million d'ovins.
La production annuelle de bois se chiffre à 15millions de m3, dont 85p.100 sont utilisés comme combustible. Le principal bois d'œuvre à l'exportation est l'acajou.

Mines et industries
L'industrie, concentrée dans la région formée par le triangle Jinja-Kampala-Tororo est essentiellement orientée vers l'agroalimentaire. Elle n'emploie que 5p.100 de la population active. L'Ouganda dispose d'un important potentiel d'énergie hydraulique (chutes d'Owen sur le Nil) assurant la production électrique.

Échanges
La balance commerciale est généralement déficitaire. Le premier produit d'exportation est le café, mais le coton et le thé comptent aussi pour une part considérable dans les exportations du pays. Les principaux produits d'importation sont ceux d'un pays en développement: pétrole, produits manufacturés (textiles, produits métallurgiques), équipements de transport. Les principaux partenaires commerciaux de l'Ouganda sont le Kenya et la Tanzanie, les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Allemagne.
Le pays est sillonné par 8000km de routes et 22100km de pistes. Le réseau ferroviaire, de 1300km, permet une liaison avec l'océan Indien, via le Kenya. Des navires traversent le lac Victoria et assurent des liaisons avec des ports kenyans et tanzaniens. Uganda Airlines est la compagnie aérienne nationale et dessert principalement Entebbe.
L'unité monétaire est le shilling ougandais, émis par la Bank of Uganda, fondée en 1966. Plusieurs banques étrangères sont établies dans le pays. Radio Uganda, radio d'État, émet en anglais, français, arabe, ainsi qu'en plusieurs langues africaines. La télévision et le téléphone restent très peu développés. New Vision, quotidien officiel, est édité à Kampala.

Histoire
Issu de quatre royaumes, l'Ouganda exacerba les rivalités européennes avant d'être cédé à la Grande-Bretagne, en 1890.

Avant la colonisation
À l'aube de notre ère, la région des Grands Lacs africains attira, par son climat tempéré et ses sols fertiles, les agriculteurs de langue bantoue, puis les pasteurs de langue nilotique. Les deux groupes de population, différents par leur langue, occupaient des espaces territoriaux séparés, mais des éléments de culture et de modes de vie furent transposés d'un groupe à l'autre. Le Bunyoro, premier grand royaume, fut fondé au XVesiècle. Au cours des deux siècles suivants, son armée conquit la majeure partie de l'Ouganda central.
A la fin du XVIIesiècle, le royaume du Bunyoro était agité par de nombreux conflits, et le gouverneur de la province du Bouganda proclama l'indépendance de son territoire. Ce nouveau royaume, défendu par une armée placée sous le contrôle direct du souverain, devint rapidement influent. Le roi appelé kabaka était assisté d'un conseil de grands nobles (lukiko). Toutefois, malgré sa puissance, le Bouganda ne parvint jamais à dominer entièrement les autres royaumes, tels que l'Ankole et le Toro, qui s'étaient également libérés du joug du Bunyoro.

Domination britannique
Les premiers Européens qui pénétrèrent en Ouganda furent les explorateurs britanniques, à la recherche des sources du Nil. Le kabaka MutesaI (qui régna de 1852 à 1884) reçut ainsi John Hanning Speke, puis Henry Morton Stanley, lequel se proposa d'évangéliser le royaume. Le premier missionnaire parvint au Bouganda en 1879.
Moins de dix ans plus tard, le pays sombra dans la guerre civile. La Grande-Bretagne, rivale de l'Allemagne en Afrique de l'Est, et soucieuse de préserver ce territoire voisin du Kenya de l'influence de l'Égypte (et de l'islam), intervint pour mettre fin au conflit et, en 1894, obtint de Mwanga, fils de MutesaI, la signature d'un accord de protectorat. Les Britanniques mobilisèrent l'armée du Bouganda pour conquérir les royaumes avoisinants: entre 1900 et 1902, le protectorat s'étendit aux royaumes de Toro et d'Ankolé. Si le Bouganda, de christianisation ancienne, conservait un statut particulier, et continuait à fonctionner selon son propre système politique et social, les autres royaumes étaient colonisés de manière plus directe.
L'actuel Ouganda, territoire où sévissaient la trypanosomiase et le paludisme, ne fut jamais une colonie de peuplement, les missionnaires, catholiques et protestants, étant, en revanche, très présents. Mais le développement de l'agriculture fut favorisé et une paysannerie aisée se forma. Le système dans lequel dominait le Bouganda fonctionna jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. Dès 1945, les revendications indépendantistes, apparus au Bouganda dans l'entre-deux-guerres, se firent plus insistantes. En 1953, le kabaka MutesaII ayant exprimé une volonté d'indépendance séparée, fut exilé à Londres pour trois ans.

Indépendance
Les négociations qui devaient aboutir, en 1962, à l'indépendance de l'Ouganda, furent longues. Elles virent se poser, de manière aiguë, le problème des structures politiques. La solution retenue, exprimée dans la première Constitution, était de type fédéral -elle associait les quatre anciens royaumes- mais le Bouganda maintenait sa prépondérance jusque dans le nom du nouvel État, l'Ouganda, pays des Baganda. Le kabaka MutesaII en devenait le président à vie. Cependant, Milton Obote, fondateur, en 1960, du Congrès du peuple ougandais, (UPC), l'Uganda People's Congress, devenait Premier ministre. L'UPC, à l'image de son dirigeant, était le parti des populations nilotiques du Nord, opposées à la domination économique et politique du Bouganda et, donc, favorable à la centralisation. Dès lors, les tensions entre le Nord nilotique et le Sud bantou s'exacerbèrent.
En mai 1966, Obote, afin d'imposer la centralisation, envoya l'armée au Bouganda et déposa le kabaka, avec l'appui de son chef d'état-major, Idi Amin Dada, appartenant à une ethnie musulmane minoritaire du nord-ouest. Obote fit promulguer, l'année suivante, une nouvelle Constitution abolissant les royaumes, et instituant un régime présidentiel à parti unique.

Les dictatures d'Idi Amin Dada et d'Obote
La résistance des Baganda, que la politique de nationalisation du commerce entreprise par Obote menaçait directement dans leurs intérêts, la dégradation économique et les accusations de corruption se conjuguèrent pour déstabiliser Obote. En janvier 1971, Idi Amin Dada prit le pouvoir par un coup d'État. Il augmenta les effectifs militaires, élimina ses opposants politiques et fit régner la terreur aussi bien parmi les Baganda que parmi les populations nilotiques. Le nombre de ses victimes peut être évalué à 200000. Il expulsa 60000Asiatiques, accusés de dominer l'économie. En 1978, l'Ouganda frôlait la faillite, et le gouvernement dépendait entièrement des prêts accordés par les États musulmans sympathisants d'Amin Dada.
Les prétentions affichées par Amin Dada sur un territoire frontalier tanzanien, l'entrée de l'armée ougandaise, en novembre 1978, en Tanzanie, déclencha l'intervention de ce pays contre le dictateur ougandais. Amin Dada fut contraint de s'exiler en Arabie Saoudite et le président tanzanien, Julius Nyerere favorisa le rétablissement d'un régime civil. Cependant, les troubles se prolongèrent et, après que trois présidents se furent succédés à la tête de l'Ouganda, Milton Obote, dont le parti, l'UPC, était sorti vainqueur des élections de décembre 1980, revint au pouvoir. L'économie du pays était dans une situation désastreuse, le taux d'inflation dépassait 200p.100, une famine décimait le Nord. En 1981, après le retrait des troupes tanzaniennes, l'opposition fut brutalement réprimée. Cent mille Ougandais trouvèrent la mort, tués ou affamés. L'opposition au régime était double!; d'une part, dans le Nord, les commandos armés des fidèles d'Amin Dada, d'autre part, dans le Sud baganda, l'Armée nationale de résistance (National Resistance Army, NRA), dirigée par Yoweri Museveni, un Banyankolé, formé en Tanzanie et au Mozambique. Au sein de l'armée nationale s'éleva une nouvelle contestation, après que Milton Obote eut confié les principaux postes politiques et militaires aux membres de son ethnie, les Langos.
En 1985, un coup d'État, mené par le général Tito Okello, nordiste, appartenant à l'ethnie nilotique des Acholis, renversa Obote qui se réfugia en Zambie. En janvier 1986, après quatre jours de combat à Kampala, la NRA porta son dirigeant, Yoweri Museveni, au pouvoir.

Réformes
Le nouveau gouvernement engagea de profondes réformes en Ouganda. Du point de vue économique, la situation s'est nettement améliorée: inflation contenue, croissance ininterrompue depuis le début des années 1990, liberté des changes. Sur le plan politique, Museveni a imposé une union nationale pluriethnique au sein du gouvernement. Après avoir, en 1992, levé l'interdiction qui pesait sur les partis politiques, et l'année suivante, permit la restauration de la royauté au Bouganda (intronisation de MutebiII), il s'est cependant montré plus réticent à accepter l'entrée dans les faits du multipartisme.
Malgré la réorganisation de l'armée, avec la fusion, dès 1986, des troupes régulières et de l'ANR, la situation demeure incertaine au nord, où la guérilla menée par l'Armée de la résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army), est soutenue par le Soudan, qui réplique ainsi à l'aide apportée par le régime ougandais à l'Armée de libération populaire, formée par les rebelles sudistes, animistes et chrétiens, en lutte contre le régime islamique de Khartoum. La question de la nature de l'État, fédéralisme ou unitarisme, demeure également en suspens et les pays occidentaux, notamment les États-Unis, tentent de faire pression sur le régime ougandais, largement aidé financièrement par les organismes internationaux, pour que soit instauré un réel multipartisme.
Aidé dans sa prise de pouvoir en 1986 par les réfugiés tutsi rwandais dont l'actuel homme fort de ce pays, Paul Kagamé, qui a été son chef des services de renseignement pendant une dizaine d'années, le président Museveni soutient fortement ces derniers dans leur reconquête du Rwanda en 1994, et, en 1997, favorise le renversement du président zaïrois Mobutu en appuyant Laurent-Désiré Kabila
En 1999, le président Museweni se démarque de ses alliés rwandais, avec lesquels il soutenait jusqu'alors la rébellion congolaise anti-Kabila, en signant un accord avec le président du Congo démocratique Laurent-Désiré Kabila, sous l'égide de la Libye, pour retirer ses troupes du pays. Ne pouvant venir à bout des rébellions du nord du pays, le pouvoir paraît s'être replié sur le Sud où les mouvements de guérilla sont néanmoins actifs et semblent s'être alliés avec les rebelles hutu rwandais.
Début juillet 2000, on apprenait que les Ougandais avaient massivement refusé le multipartisme lors des élections organisées par le gouvernment. La Commission Electorale a annoncé que 91% des votants se sont prononcé en faveur du maintien du parti unique (NRM). 50 % de la population aurait participé à ces votations. Le parti de l’opposition « DP » a annoncé qu’il ne respecterait pas le résultat des élections. Sur le plan extérieur, on sait que des combats violents ont opposé l’armée ougandaise et rwandaise sur le territoire de la République Démocratique du Congo depuis 1999 (en particulier dans la ville de Kisangani).

Source :
Microsoft Encarta


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