
QUELQUES PISTES POUR SORTIR DE LA CRISE A L'AUBE DE L'AN 2000
PROGRES ET MANQUE EN MATIERE DE DEVELOPPEMENT HUMAIN
Partant du principe claire qu'il
ne peut y avoir de développement compte tenu du montant énorme
de la dette africaine, force est de constater que CETTE DETTE DOIT ETRE
ANNULEE. L'autre solution consisterait à ne pas payer la dette
étant donné qu'aucun pays ne peut être "mis en prison"...il
faudrait pour cela que tout le continent suive la même voie.
Dans tous les cas, l'Afrique doit
impérativement opérer une rupture avec les instituitons internationales
telles que le FMI et la Banque Mondiale : les modèles prévus
pour l'Afrique n'ont pas produits les effets escomptés; pire, ils
n'ont fait qu'empirer la situation des peuples africains. On ne peut cependant
pas imputer toutes les responsabilités aux institutions internationales,
mais celles-ci ont contribué de façon très claire
à la paupérisation de la société africaine.
Quelques solutions de sortie de crise pour le XXIème siècle :
- annulation de la dette et continuation de l'aide publique au développement ; l'argent disponible devra être ensuite investi dans l'éducation et la santé
- augmentation des taux d'investissement étrangers en Afrique (celui-ci n'est que de 17% actuellement contre 26% en 1970 et 33% en Asie)
- augmentation des flux financiers privés vers l'Afrique
- contrôle des fuites de capitaux de l'Afrique vers l'étranger
- augmentation des marchés financiers
- développement des échanges inter-africains et lutte pour l'unité africaine
- repérage préliminaire des leviers de l'économiqe avant d'entamer une privatisation
- lutte contre la corruption et contrôle des capitaux
- augmentation des économies de service
- responsabilisation du "leadership africain" (n'est-il pas révoltant de voir tous ces dirigeants amasser des fortunes colossales alors que la population meurt de faim..!!??)
- réhabilitation du savoir : 3 millions de scientifiques africains ont préféré s'expatrier à l'étranger
- le modèle démocratique à l'occidentale ayant montré ses limites en Afrique, il faudrait repenser un système politique qui puise ses fondements dans les modèles démocratiques historiques (constitution mossi, du Cayor, empire du Ghana, du Mali ou du Songhaï).
Ayant soumis ce travail à un ami africain, voici ces réponses :
1) La dette extérieure du continent a une triple composante:
-multilatérale (Institutions
de Breton WOODS (FMI ,Banque Mondiale....)
-bilatérale publique , géré
par le club de Paris.
-bilatérale privée,
(de loin la plus importante) géré par le club de Londres.
Si les deux premiéres sont
annulables, il sera difficile d'annuler la dernière car elle gérée
par les multinationales privées occidentales.
D'ailleurs concernant cette dette,
l'ancien sécretaire d'Etat au trésor James BAKER avait préconisé
qu'elle soit transformée en capital-actions dans les entreprises
africaines. Il ya eu même des tentatives dans ce sens dans certains
pays Africains.
2) Quant au refus de payer cette dette, même les deux premières composantes, Juluis Nyere te rétorquera que "payer est une question d'honneur".
3) ton invite à investir en Afrique risque d'être lettre morte, tant que notre capital technique (infrastructure) et humain (main-d'oeuvre) ne répond pas à la logique économique.
4) A la place de rompre avec les institutions de Breton Woods, je préfére réclamer encore un nouvel ordre économique internationnal où l'Afrique ne sera pas seulement partie prise, mais aussi et surtout partie prenante.
PROGRES et MANQUES EN MATIERE
DE DEVELOPPEMENT HUMAIN (résumé)
AFRIQUE SUBSAHARIENNE
- SANTE : entre 1960 et 1992, l'espérance de vie à la naissance est passée de 40 à 51 ans. Depuis 10 ans, la part de la population ayant accès à l'eau a presque doublée, passant de 25 à 45%. Mais cette région compte SEULEMENT un médecin pour 18000 habitants, contre un pour 7000 dans les pays en développement et un pour 390 dans les pays industrialisés. Plus de 10 millions de personnes sont infectées par le HIV.
- EDUCATION : Depuis 20 ans, le taux d'alphabétisation des adultes a doublé, passant de 27 à 54%. Entre 1960 et 1991, le taux net de scolarisation a doublé dans l'enseignement primaire et presque triplé dans le secondaire, passant de 25 à 50% et 13% à 38% respectivement. Mais seulement la moitié des enfants entrant en première année d'école atteignent la cinquième année de scolarisation. Plus de 80 millions de filles et de garçons d'âge scolaire n'ont toujours pas accès à l'enseignement primaire ou secondaire.
- REVENU ET PAUVRETE : Entre 1980 et 1992, la croissance du PIB a été supérieure à 5% par an dans cinq pays : Botswana, Cap-Vert,Lesotho, Maurice et Swaziland. Environ 170 millions de personnes (près d'1/3 de la population de cette région) souffrent de la faim. Entre 1980 et 1992, le taux moyen de croissance du PIB a été de -0.8% par an. Les dépenses militaires sont passées de 0.7% du PIB en 1960 à 3.0% en 1991.
- FEMMES : Le taux de scolarisation des filles dans le secondaire a quadruplé au cours des 30 dernières années, passant de 8% en 1960 à 32% en 1991. Mais la mortalité maternelle reste impressionnante : 600 décès pour 100 000 naissances vivantes (contre 10 dans les pays industrialisés). 6 femmes sont infectées par le HIV contre 4 hommes.
- ENFANTS : Le taux de mortalité infantile est passé de 165 à 95 décès pour mille naissances vivantes au cours des 30 dernières années. Mais 6 millions d'enfants souffrent de malnutrition et près de 15% des bébés présentent une insuffisance pondérale.
- POPULATION ET ENVIRONNEMENT : Les émissions de dioxyde de carbone sont les plus faibles au monde; la consommation de pesticides par habitant est environ la moitié de la moyenne générale des pays en développement. Mais au cours des 50 dernières années, 1.3 millions d'hectares de terres agricoles se sont transformées en désert chaque année. Entre 1992 et 2000, la croissance de la population a été estimée à 3% par an. C'est le rythme le plus rapide au monde.
- ASPECTS POLITIQUES : Depuis 1990, 27 élections pésidentielles pluralistes ont eu lieu. Dans 21 cas, il s'agissait d'une première dans l'histoire des pays concernés...des partis d'opposition ont une existence légale dans 31 pays de la région. En 1994, 16 pays de cette région étaient gouvernés par un parti unique ou par des militaires. Fin 1993, cette région comptait plus de 6 millions de réfugiés, soit plus d'1% de sa population.

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier