
MA VISION DE LA POSITIVITE :
- Le Mozambique :
Le gouvernement mozambicain (parti
du Frelimo) a su, avec les Nations Unies, redonné goût à
la vie civile aux quelques 95 000 soldats impliqués dans la lutte
entre le Frelimo et le Renamo. Ces hommes, ainsi que 5 millions de réfugiés,
ont été réintégrés dans la société
: on leur a distribué en 1994 (20 millions de dollars ont été
utilisé par le gouvernement et des pays donateurs) un salaire minimum
afin qu’ils regagnent leurs villages et qu’ils reconstruisent leurs maisons
et ceci pendant deux ans ; cela s’est opéré en moins de 5
ans.
De plus, le pays a entrepris une
véritable guerre contre les mines (2 millions dans tout le pays
!) : des machines anti-déminage ont été acheté
par le gouvernement, pourtant très pauvre. Les paysans (ex-soldats)
nouvellement installés peuvent donc commencer à cultiver
afin de se nourrir et espérer bientôt faire du profit.
Le gouvernement en place a lancé
les bases de la démocratie en décrétant qu’après
la guerre il n’y aurait « ni victorieux ni vaincus ». Il y
a 4 ans, des députés du Renamo ont été élu
à l’assemblée nationale : les hostilités ne sont plus
développé sur le terrain mais lors de débat au parlement.
Le Frelimo a abandonné sa
politique économique socialiste et a décidé d’adopter
une économie de marché capitaliste.
Afin de reconstruire les routes,
le gouvernement n’a pas fait appel à une aide étrangère
trop coûteuse : on utilise un système inspiré
des Italiens. Les routes sont construites à l’aide de petites pierres
ou de pavés en béton qui sont déposé directement
sur le sol sableux et remplacé individuellement quand la pluie les
emporte ! !
Il y a beaucoup de raisons d’être
optimiste au Mozambique mais l’espoir doit venir avant tout du peuple et
des initiatives de celui-ci.
- L’Erythrée :
Une nation qui tient du miracle !
! Abandonné à son triste sort (occupation par l’Ethiopie
et combat pendant 30 ans) par les puissances occidentales, ce pays a su
s’en sortir tout seul, à force de caractère et de volonté.
Seul en Afrique, l’Erythrée
n’a que peu de dettes et n’accepte que très peu d’aide de l’extérieur.
« L’aide extérieur corrompt le gouvernement et bloque les
solutions innovatrices aux problèmes », déclarait le
président Afwerki.
Les progrès accomplis sont
impressionnants :
tous les détritus métalliques
issus de la guerre ont été empilés afin de servir
à la construction de rails de chemin de fer. Les hommes et femmes
du pays travaillent à la reconstruction de la route qui relie Asmara
au port de Massawa.
La « ville » de Nakfa
est en pleine reconstruction : elle symbolise la résistance des
érythréens face aux éthiopiens (la monnaie courante
s’appelle le nakfa, en mémoire à ce passé). Il faut
10 heures de voiture de la capitale pour rejoindre cet endroit. Les quelques
10 000 habitants se sont déplacés pour la première
fois cette année dans des bâtiments en béton.
Ceux qui aident à reconstruire
la ville sont des jeunes gens accomplissant leur service national : les
hommes érythréens doivent passer 6 mois dans l’armée
; puis ils aident pendant 12 mois à des travaux de réhabilitation
: ce sont eux qui aident à la reconstruction de Nakfa.
Les érythréens se
dédient beaucoup au bien-être du peuple : des médecins
vivant à l’étranger venaient pendant la guerre afin de servir
comme volontaire dans des unités hospitalières.
Dans ce pays, il n’existe pas de
tribalisme ou de divisions sectaires : pourtant, on compte 9 groupes ethniques
principaux, l’islam et la chrétienté et au moins 10 langues
! ! Tout ces gens coexistent pacifiquement en partie car les rebelles ont
mélangé tout le monde dans leurs unités sans discrimination
et ceci se retrouve maintenant dans le service national.
Il n’y a quasiment pas de corruption
et virtuellement pas de crimes. Le peuple qui peut manger partage avec
ceux qui n’ont rien.
Le président insiste pour
que le progrès vienne de son peuple et non de l’extérieur
; cette phrase résume bien sa pensée : « Si vous apprenez
à quelqu’un comment pêcher, plutôt que lui donner un
poisson, alors cette personne a un futur devant elle ».
- Le Mali :
Alors que ce pays brillait de par
sa splendeur au 14ème siècle (empire du Mali), il faut bien
reconnaître que la République du Mali a été
dans les années 90 le quatrième pays le plus pauvre au monde,
qu’il a été détruit par des guerres tribales, des
guerres religieuses et par le colonialisme : le président dictateur
Moussa Traore a dirigé de façon désastreuse ce pays
pendant 23 ans.
Le 26 Avril 1992, un président
civil était élu : Alpha Oumar Konare (le colonel Amadou Toumani
Toure, après avoir renversé Traore, a accepté d’organiser
des élections libres : il les a perdu mais s’est retiré).
L’un des piliers de la prise de
décision au Mali est basé sur le système de «
l’arbre à palabres » : les décisions se prennent au
niveau du village. Les aînés se réunissent sous un
arbre et discutent jusqu’à ce qu’un consensus soit trouvé.
Cette pratique est institutionnalisée. Depuis sa création
en 1993, la Mission chargée de la Décentralisation au Mali
a éduqué la population à propos d’une version moderne
d’un tel contrôle local. Le pays est divisé en 8 régions,
49 cercles, 701 communes, 1 district et des milliers de villages. Les chefs
de districts sont élus localement et non à Bamako.
Bien que la Compagnie Malienne pour
le Développement du Textile soit une propriété d’état
(elle monopolise la production de coton dans le pays et son chiffre d'affaire
est impressionnant, elle se trouve décentralisée : elle représente
donc un outil pour le développement local.
En mettant des plantations de coton
en rotation avec des récoltes de céréales, cette entreprise
n’améliore pas seulement la qualité du coton mais permet
aussi aux fermiers de produire moins cher du riz, du maïs…
Les profits ont permis de transformer
le village de N’Tjinina : il n’y avait pas d’électricité,
de routes, d’eau courante… ; grâce aux apports financiers de la Compagnie
Malienne pour le Développement du textile, les choses changent progressivement.
L’Union productrice du Mali, une
rareté en Afrique, négocie avec la Compagnie Malienne afin
de fixer les prix pour les paysans, et les associations villageoises reçoivent
des bénéfices prédéfinis.
Les profits supplémentaires
sont mis en commun : ainsi, le village de N’Tjinina possède actuellement
deux pompes à eau et on a construit trois écoles primaires.
Bel exemple de redistribution des
profits.
Les femmes ont toujours travaillé
deux fois plus que les hommes en Afrique : elles s’occupent des enfants,
construisent des maisons, labourent le champ de leur mari…Dans le village
de Tenemakana, il existe une coopérative « lucrative »
pour les femmes du village. Les femmes mettent en commun les profits et
prêtent cet argent à 9% d’interêt : quand elles auront
gagné suffisamment, elles pensent construire une clinique. Ce schéma
permet aux femmes d’avoir une source de revenus.
Depuis 1992, les villageois ont
construit 128 écoles primaires ; avec l’aide des USA, 447 locaux
d’études ont été crée. De nos jours, 47% des
enfants maliens se rendent dans des écoles primaires et le niveau
de lettrisme, qui était à 19% il y a 7 ans, est de nos jours
de 32%.
Une femme malienne : « si
vous êtes éduqué, vous pouvez résoudre bien
des problèmes ».
On pourrait aussi étudier le Ghana, qui avec Sam Jonah, a réussi à gérer ses ressources naturelles de façon effective.
Cette étude montre que les
pays qui ont avancé vers le progrès sont ceux qui ont adopté
les principes et les pratiques de la démocratie capitaliste. Ceci
veut dire adoption d’une économie de libre marché incluant
la privatisation et « l’esprit d’entreprendre ». Il faut aussi
adopter la décentralisation en amenant le développement en
dehors de la capitale afin de faire profiter celui-ci au monde rural.
Il faut aussi donner du pouvoir
aux femmes.
Bien entendu, tout cela nécessite
un bon gouvernement qui dirige dans le sens du bien-être de son peuple.
Il faut aussi des nouveaux dirigeants, pragmatique et progressiste, honnête
et efficace dans leur travail.
Parmi eux, citons Afewerki (Erythrée),
Mandela (Afrique du Sud), Museveni (Ouganda), Masire (Botswana)..
On peut reprocher à ces pays
de ne pas avoir de démocratie stable : le Mali se bat toujours pour
institutionnalisé ses pratiques démocratiques et le président
du Ghana sort de deux élections contestées. Ces pays, ainsi
que l’Erythrée et le Mozambique, n’ont en réalité
qu’un parti unique. Mais beaucoup de dirigeants africains pensent que le
temps du multipartisme n’est pas encore venu : il faut plus d’éducation,
l’existence d’une classe moyenne et une économie plus solide.
Ne perdons pas l’idée qu’en
l’Afrique les intérêts de la communauté passent avant
ceux de l’individu ; celui-ci doit partager ce qu’il a avec cette communauté.
Les progrès futurs doivent
se faire en bonne intelligence avec la façon de vivre africaine
; la modernité « brute » occidentale ne fonctionnera
pas en Afrique, à l’image de ces cabines téléphoniques
modernes à Dakar que l’on n’utilise pas ou que l’on a détruite
car elles ne reflètent que l’individualisme occidentale.

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier