
CHRONOLOGIE DE EVENEMENTS DEPUIS 1959
1959
4-7 janvier: soulèvement de
Léopoldville ; des centaines de Congolais sont tués pendant
la répression de la révolte.
13 janvier: le roi Baudouin se prononce
pour l'indépendance du Congo, « sans atermoiements funestes,
mais sans précipitation inconsidérée ».
fin octobre, début novembre:
des rassemblements de masse anticoloniaux débouchent sur des confrontations
sanglantes avec les forces armées. Patrice Lumumba, dirigeant du
Mouvement national congolais (MNC), est emprisonné.
fin 1959 : chaos prérévolutionnaire
dans des grandes parties de la province de Léopoldville, dominées
par Kasa Vubu (Abako) et Gizenga (PSA).
1960
27 janvier: table ronde à
Bruxelles. Le gouvernement belge cède au mouvement anticolonial
: l'indépendance sera octroyée au Congo le 30 juin.
Lumumba est libéré et transféré à Bruxelles.
11-25 mai: élections au Congo.
31 mai: Lumumba et le MNC revendiquent
la victoire électorale et le droit de former le gouvernement.
15 juin: le parlement belge modifie
unilatéralement la Loi fondamentale provisoire relative aux structures
du Congo. De cette façon Tshombe, homme de paille du colonisateur,
peut former un gouvernement homogène au Katanga.
23-24 juin la Chambre et le Sénat
congolais votent la confiance au gouvernement Lumumba. Kasa Vubu est élu
président. 30 juin. proclamation de l'indépendance du Congo.
5 juillet: soulèvements dans
les camps de l'année à Léopoldville et Thysville,
suite aux déclarations du général Janssens s'opposant
à l'entrée de Congolais dans le corps d'officiers belges
de l'année congolaise.
6-8juillet: le gouvernement congolais africanise l'année. Lundula devient commandant en chef; Mobutu est nommé colonel et chef d'état-major. Des rumeurs sur des viols de femmes européennes par des soldats mutinés provoquent un exode massif d'Européens. Pendant ce temps, le calme revient à Léopoldville et à Thysville.
9juillet. des officiers belges au Katal1ga s'opposent à l'africanisation. Les soldats congolais du camp Massart (Élisabethville) se révoltent contre leurs officiers
10 juillet: intervention de troupes belges à Élisabethville, suivie d'interventions à Luluabourg (10 juillet), Matadi (11 juillet), Léopoldville (13 juillet), et d'autres points stratégiques du Congo.
11 juillet: soutenu par les troupes
belges, Tshombe proclame la sécession du Katanga.
12 juillet: le président
Kasa Vubu et le Premier ministre Lumumba appellent les Nations unies à
agir « contre l'actuelle agression extérieure ».
14juillet. le Conseil de sécurité
de l'ONU décide d'intervenir au
Congo et appelle le gouvernement
belge à « retirer ses troupes du territoire de la République
du Congo ». A peine 48 heures après cette décision,
les premiers casques bleus arrivent au Congo.
22 juillet: le Conseil de sécurité appelle Bruxelles à exécuter « rapidement » la résolution du 14 juillet.
23 juillet. départ des derniers soldats belges de Léopoldville. Des contingents de troupes de l'ONU s'établissent partout dans le Congo, à l'exception du Katanga, où des troupes belges maintiennent Tshombe en selle.
5 août: suite aux protestations véhémentes de Tshombe, le secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjold renonce au départ, annoncé publiquement, des casques bleus pour le Katanga.
8-9 août. le Conseil de sécurité
demande que Bruxelles retire
« immédiatement »
ses troupes du Katanga. Le Conseil de sécurité déclare
que l'ONU « ne sera partie » au conflit entre Léopoldville
et Élisabethville. Réconforté par les développements,
Kalonji proclame la sécession du Sud-Kasaï.
12-13 août: Hammarskjold négocie
avec Tshombe à Élisabethville. Des troupes de l'ONU entreront
au Katanga, mais le régime de Tshombe reçoit des garanties
que l'on ne touchera pas à la sécession.
14-15 août: rupture entre
Hammarskjold et Lumumba.
21-22 août: le Conseil de
sécurité se range derrière le secrétaire général.
26 août: Allen Dulles, directeur
de la CIA, envoie un télégramme
à la CIA de Léopoldville
: « l'éloignement [de Lumumba] est notre objectif le plus
important (...) il mérite grande priorité dans notre action
secrète ».
27 août: les troupes gouvernementales congolaises prennent Bakwanga, « capitale » du Sud-Kasaï. Quelques jours plus tard, d'autres unités nationalistes progressent vers le nord du Katanga.
5 septembre: le président
Kasa Vubu démet de leurs fonctions le
Premier ministre Lumumba et six
autres ministres. Dans les coulisses, l'ONU, poussée et aidée
par Washington, apporte un soutien décisif à Kasa Vubu.
7-8 septembre: la Chambre et le Sénat
congolais rejettent le coup d'État de Kasa Vubu.
10 septembre: le ministre belge
des Affaires étrangères, Pierre
Wigny, écrit à ses
collaborateurs à Brazzaville .« Les autorités constituées
ont le devoir de mettre Lumumba hors d'état de nuire ».
11-12 septembre: le colonel belge
Louis Marlière commence les
préparatifs pour une action
belge visant à éliminer Lumumba, appelé le plan Barracuda.
Dans un message, Bruxelles fait savoir que le ministre des Affaires africaines
jugera de l'opportunité de passer aux actes, sauf urgence. Dans
ce cas le ministre couvrira l'assassinat.
13 septembre. les Chambres réunies accordent les pleins pouvoirs au gouvernement de Lumumba.
14 septembre: Kasa Vubu renvoie le parlement congolais. Le soir, le colonel Mobutu proclame son premier coup d'État. Pendant ces jours-Ià, Kasa Vubu, Mobutu et les dirigeants de l'ONU remuent terre et ciel pour arrêter l'offensive du gouvernement Lumumba contre le Sud-Kasaï et le Katanga.
6 octobre: le ministre belge des Affaires africaines, d'Aspremont Lynden, exige « l'élimination définitive de Lumumba ».
10 octobre. Patrice Lumumba est mis, de fait, aux arrêts à domicile à Léopoldville. Peu après, l'opération Barracuda, visant à éliminer l'ex-Premier ministre, est annulée.
24 novembre: sous la pression massive de l'Occident, l'Assemblée générale de l'ONU reconnaît la délégation de Kasa Vubu comme représentante légale de la République du Congo.
27 novembre: Lumumba s'enfuit de sa résidence et essaie de rejoindre Stanleyville, où Antoine Gizenga regroupe les nationalistes.
2 décembre: la direction de l'ONU ordonne à ses troupes de ne protéger en aucun cas Lumumba, qui est recherché par les soldats de Mobutu. Des casques bleus ghanéens refusent de protéger Lumumba pourchassé. L'ex-Premier ministre est arrêté et enfermé à Thysville.
Fin décembre, début janvier: Offensive nationaliste à partir de Stanleyville: Bukavu (Kivu) tombe le 25 décembre; Manono (Nord-Katanga) le 7 janvier.
1961
1er janvier: la tentative de Mobutu
de reconquérir Bukavu s'achève en fiasco.
4 janvier: Bruxelles envoie un télégramme
à Brazza, où « la toute spéciale attention »
de Léo est attirée « sur les conséquences désastreuses
de la libération de Lumumba ».
12-13 janvier: révolte dans le camp de l'armée à Thysville, où est détenu Lumumba.
13 janvier : la station de la CIA à Léo écrit à Washington « La CIA et l'ambassade pensent que le gouvernement actuel peut tomber dans quelques jours. Le résuItat presque certain serait le chaos et le retour de Lumumba au pouvoir. (...) Refuser des mesures drastiques aujourd'hui mènerait à une totale défaite de la politique [des États-Unis] au Congo ».
14 janvier : la mutinerie déborde vers le camp de l'armée dans la capitale. Le retour politique de Lumumba semble imminent.
14-17 janvier: Bruxelles entreprend des démarches acharnées afin de faire livrer Lumumba à Tshombe (Katanga) ou à Kalonji (Sud-Kasaï).
17 janvier: transfert à Élisabethville
de Patrice Lumumba, Maurice M'Polo et Joseph Okito. Pendant que les ténors
belges et les dirigeants onusiens au Katanga détournent les yeux,
les prisonniers sont assassinés.
21 février : nouvelle résolution
du Conseil de sécurité, qui autorise les Nations unies à
utiliser si nécessaire la force pour « empêcher le déclenchement
d'une guerre civile au Congo ». Le Conseil reconnaît «
la nécessité impérieuse de restaurer les institutions
parlementaires au Congo ».
2 août: Sous les auspices de l'ONU la Chambre et le Sénat congolais votent la confiance dans le gouvernement Adoula. Les nationalistes appuient le régime; Tshombe par contre maintient la sécession.
1963
17 janvier : les confrontations militaires entre casques bleus et Gendarmerie katangaise mènent à un accord entre Tshombe et l'ONU. La sécession katangaise est supprimée; Tshombe et ses partisans gardent les mandats politiques qu'ils occupaient avant la sécession.
29 septembre: Kasa Vubu renvoie le parlement.
1964
Janvier. Pierre Mulele, qui depuis juillet 1963 prépare un maquis au Kwilu, lance un soulèvement contre le régime de Kasa Vubu et Mobutu.
Mai: Soumialot, Gbenye et Olenga ouvrent un deuxième front dans l'est.
Juillet: offensive-éclair des rebelles: les unités de Mobutu capitulent à Albertville et à StanleyVille; Kindu tombe le 21 Juillet; Stanleyville le 4 août. Les positions avancées des nationalistes se trouvent à 100 kilomètres de Léopoldville. Mobutu repêche Tshombe: ensemble ils engagent des mercenaires en masse pour endiguer la marée.
24 novembre: intervention belgo-américaine,
Des paracommandas belges sont lâchés sur Stanleyville et Paulis.
Une brigade mécanisée, encadrée par des centaines
de mercenaires, entame une opération sanglante de reconquête.
1965
24 novembre: deuxième coup d'État de Mobutu. Le général proclame la Deuxième République, et concentre tous les pouvoirs dans sa personne. Mobutu restera au pouvoir jusqu'en 1998, date à laquelle Laurent-Désiré Kabila, actuel président de la République Démocratique du Congo, prendra le pouvoir.
Chronologie extraite du Livre de Ludo De Witte, "L'assassinat de Lumumba".

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier