Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
CHRONOLOGIE DES EVENEMENTS
CHRONOLOGIE DE EVENEMENTS DEPUIS 1959

1959

4-7 janvier: soulèvement de Léopoldville ; des centaines de Congolais sont tués pendant la répression de la révolte.
13 janvier: le roi Baudouin se prononce pour l'indépendance du Congo, « sans atermoiements funestes, mais sans précipitation inconsidérée ».
fin octobre, début novembre: des rassemblements de masse anticoloniaux débouchent sur des confrontations sanglantes avec les forces armées. Patrice Lumumba, dirigeant du Mouvement national congolais (MNC), est emprisonné.
fin 1959 : chaos prérévolutionnaire dans des grandes parties de la province de Léopoldville, dominées par Kasa Vubu (Abako) et Gizenga (PSA).

1960

27 janvier: table ronde à Bruxelles. Le gouvernement belge cède au mouvement anticolonial : l'indépendance sera octroyée au  Congo le 30 juin. Lumumba est libéré et transféré à Bruxelles.
11-25 mai: élections au Congo.
31 mai: Lumumba et le MNC revendiquent la victoire électorale et le droit de former le gouvernement.
15 juin: le parlement belge modifie unilatéralement la Loi fondamentale provisoire relative aux structures du Congo. De cette façon Tshombe, homme de paille du colonisateur, peut former un gouvernement homogène au Katanga.

23-24 juin la Chambre et le Sénat congolais votent la confiance au gouvernement Lumumba. Kasa Vubu est élu président. 30 juin. proclamation de l'indépendance du Congo.
5 juillet: soulèvements dans les camps de l'année à Léopoldville et Thysville, suite aux déclarations du général Janssens s'opposant à l'entrée de Congolais dans le corps d'officiers belges de l'année congolaise.

6-8juillet: le gouvernement congolais africanise l'année. Lundula devient commandant en chef;  Mobutu est nommé colonel et chef d'état-major. Des rumeurs sur des viols de femmes européennes par des soldats mutinés provoquent un exode massif d'Européens. Pendant ce temps, le calme revient à Léopoldville et à Thysville.

9juillet. des officiers belges au Katal1ga s'opposent à l'africanisation. Les soldats congolais du camp Massart (Élisabethville) se révoltent contre leurs officiers

10 juillet: intervention de troupes belges à Élisabethville, suivie d'interventions à Luluabourg (10 juillet), Matadi (11 juillet), Léopoldville (13 juillet), et d'autres points stratégiques du Congo.

11 juillet: soutenu par les troupes belges, Tshombe proclame la sécession du Katanga.
 
12 juillet: le président Kasa Vubu et le Premier ministre Lumumba appellent les Nations unies à agir « contre l'actuelle agression extérieure ».

14juillet. le Conseil de sécurité de l'ONU décide d'intervenir au
Congo et appelle le gouvernement belge à « retirer ses troupes du territoire de la République du Congo ». A peine 48 heures après cette décision, les premiers casques bleus arrivent au Congo.

22 juillet: le Conseil de sécurité appelle Bruxelles à exécuter « rapidement » la résolution du 14 juillet.

23 juillet. départ des derniers soldats belges de Léopoldville. Des contingents de troupes de l'ONU s'établissent partout dans le Congo, à l'exception du Katanga, où des troupes belges maintiennent Tshombe en selle.

5 août: suite aux protestations véhémentes de Tshombe, le secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjold renonce au départ, annoncé publiquement, des casques bleus pour le Katanga.

8-9 août. le Conseil de sécurité demande que Bruxelles retire
« immédiatement » ses troupes du Katanga. Le Conseil de sécurité déclare que l'ONU « ne sera partie » au conflit entre Léopoldville et Élisabethville. Réconforté par les développements, Kalonji proclame la sécession du Sud-Kasaï.

12-13 août: Hammarskjold négocie avec Tshombe à Élisabethville. Des troupes de l'ONU entreront au Katanga, mais le régime de Tshombe reçoit des garanties que l'on ne touchera pas à la sécession.
14-15 août: rupture entre Hammarskjold et Lumumba.
21-22 août: le Conseil de sécurité se range derrière le secrétaire général.

26 août: Allen Dulles, directeur de la CIA, envoie un télégramme
à la CIA de Léopoldville : « l'éloignement [de Lumumba] est notre objectif le plus important (...) il mérite grande priorité dans notre action secrète ».

27 août: les troupes gouvernementales congolaises prennent Bakwanga, « capitale » du Sud-Kasaï. Quelques jours plus tard, d'autres unités nationalistes progressent vers le nord du Katanga.

5 septembre: le président Kasa Vubu démet de leurs fonctions le
Premier ministre Lumumba et six autres ministres. Dans les coulisses, l'ONU, poussée et aidée par Washington, apporte un soutien décisif à Kasa Vubu.

7-8 septembre: la Chambre et le Sénat congolais rejettent le coup d'État de Kasa Vubu.
10 septembre: le ministre belge des Affaires étrangères, Pierre
Wigny, écrit à ses collaborateurs à Brazzaville .« Les autorités constituées ont le devoir de mettre Lumumba hors d'état de nuire ».

11-12 septembre: le colonel belge Louis Marlière commence les
préparatifs pour une action belge visant à éliminer Lumumba, appelé le plan Barracuda. Dans un message, Bruxelles fait savoir que le ministre des Affaires africaines jugera de l'opportunité de passer aux actes, sauf urgence. Dans ce cas le ministre couvrira l'assassinat.

13 septembre. les Chambres réunies accordent les pleins pouvoirs  au gouvernement de Lumumba.

14 septembre: Kasa Vubu renvoie le parlement congolais. Le soir, le colonel Mobutu proclame son premier coup d'État. Pendant ces jours-Ià, Kasa Vubu, Mobutu et les dirigeants de l'ONU remuent terre et ciel pour arrêter l'offensive du gouvernement Lumumba contre le Sud-Kasaï et le Katanga.

6 octobre: le ministre belge des Affaires africaines, d'Aspremont Lynden, exige « l'élimination définitive de Lumumba ».

10 octobre. Patrice Lumumba est mis, de fait, aux arrêts à domicile à Léopoldville. Peu après, l'opération Barracuda, visant à éliminer l'ex-Premier ministre, est annulée.

24 novembre: sous la pression massive de l'Occident, l'Assemblée générale de l'ONU reconnaît la délégation de Kasa Vubu comme représentante légale de la République du Congo.

27 novembre: Lumumba s'enfuit de sa résidence et essaie de rejoindre Stanleyville, où Antoine Gizenga regroupe les nationalistes.

2 décembre: la direction de l'ONU ordonne à ses troupes de ne protéger en aucun cas Lumumba, qui est recherché par les soldats de Mobutu. Des casques bleus ghanéens refusent de protéger Lumumba pourchassé. L'ex-Premier ministre est arrêté et enfermé à Thysville.

Fin décembre, début janvier: Offensive nationaliste à partir de Stanleyville: Bukavu (Kivu) tombe le 25 décembre; Manono  (Nord-Katanga) le 7 janvier.

1961

1er janvier: la tentative de Mobutu de reconquérir Bukavu s'achève en fiasco.
4 janvier: Bruxelles envoie un télégramme à Brazza, où « la toute spéciale attention » de Léo est attirée « sur les conséquences désastreuses de la libération de Lumumba ».

12-13 janvier: révolte dans le camp de l'armée à Thysville, où est détenu Lumumba.

13 janvier : la station de la CIA à Léo écrit à Washington « La CIA et l'ambassade pensent que le gouvernement actuel peut tomber dans quelques jours. Le résuItat presque certain serait le chaos et le retour de Lumumba au pouvoir. (...) Refuser des mesures drastiques aujourd'hui mènerait à une totale défaite de la politique [des États-Unis] au Congo ».

14 janvier : la mutinerie déborde vers le camp de l'armée dans la capitale. Le retour politique de Lumumba semble imminent.

14-17 janvier: Bruxelles entreprend des démarches acharnées afin de faire livrer Lumumba à Tshombe (Katanga) ou à Kalonji (Sud-Kasaï).

17 janvier: transfert à Élisabethville de Patrice Lumumba, Maurice M'Polo et Joseph Okito. Pendant que les ténors belges et les dirigeants onusiens au Katanga détournent les yeux, les prisonniers sont assassinés.
21 février : nouvelle résolution du Conseil de sécurité, qui autorise les Nations unies à utiliser si nécessaire la force pour « empêcher le déclenchement d'une guerre civile au Congo ». Le Conseil reconnaît « la nécessité impérieuse de restaurer les institutions parlementaires au Congo ».

2 août: Sous les auspices de l'ONU la Chambre et le Sénat congolais votent la confiance dans le gouvernement Adoula. Les nationalistes appuient le régime; Tshombe par contre maintient la sécession.

1963

17 janvier : les confrontations militaires entre casques bleus et Gendarmerie katangaise mènent à un accord entre Tshombe et l'ONU. La sécession katangaise est supprimée; Tshombe et ses partisans gardent les mandats politiques qu'ils occupaient avant la sécession.

29 septembre: Kasa Vubu renvoie le parlement.

1964

Janvier. Pierre Mulele, qui depuis juillet 1963 prépare un maquis au Kwilu, lance un soulèvement contre le régime de Kasa Vubu et Mobutu.

Mai: Soumialot, Gbenye et Olenga ouvrent un deuxième front dans l'est.

Juillet: offensive-éclair des rebelles: les unités de Mobutu capitulent à Albertville et à StanleyVille; Kindu tombe le 21 Juillet; Stanleyville le 4 août. Les positions avancées des nationalistes se trouvent à 100 kilomètres de Léopoldville. Mobutu repêche Tshombe: ensemble ils engagent des mercenaires en masse pour endiguer la marée.

24 novembre: intervention belgo-américaine, Des paracommandas belges sont lâchés sur Stanleyville et Paulis. Une brigade mécanisée, encadrée par des centaines de mercenaires,  entame une opération sanglante de reconquête.
1965

24 novembre: deuxième coup d'État de Mobutu. Le général proclame la Deuxième République, et concentre tous les pouvoirs dans sa personne. Mobutu restera au pouvoir jusqu'en 1998, date à laquelle Laurent-Désiré Kabila, actuel président de la République Démocratique du Congo, prendra le pouvoir.

Chronologie extraite du Livre de Ludo De Witte, "L'assassinat de Lumumba".


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier