
LE SENEGAL EN UN CLIN D'OEIL
Sénégal (État),
officiellement république du Sénégal, pays de l'Afrique
de l'Ouest, ouvert sur l'océan Atlantique, limité au nord
par la Mauritanie, à l'est par le Mali, au sud par la Guinée
et la Guinée-Bissau. La Gambie, constitue une enclave tout en longueur
dans le sud du Sénégal, à l'intérieur duquel
elle pénètre profondément. Le Sénégal,
dont la capitale est Dakar, couvre une superficie de 196200km2. Ancienne
colonie française, devenu indépendant le 20juin 1960, le
pays joue depuis cette date un important rôle dans la région
et plus globalement sur le continent africain.
Le pays et ses ressources
Relief et hydrographie
Le Sénégal est couvert
de plaines ondoyantes ne dépassant guère quelques dizaines
de mètres au-dessus du niveau de la mer. Les contreforts du Fouta-Djalon,
au sud-est du pays, culminent à 494m dans la région de Kédougou!;
les collines du Fouta-Toro, dans l'Est, bordent la vallée du fleuve
Sénégal. Sur la côte, dans la presqu'île du Cap-Vert,
les collines volcaniques des Mamelles atteignent 104m!; dans le reste du
pays, quelques grandes dunes donnent l'illusion d'un relief. Les côtes,
d'une longueur totale de 500km, présentent une large diversité.
Elles sont sableuses, rectilignes et basses de l'embouchure du Sénégal
à la presqu'île du Cap-Vert. Celle-ci, qui forme l'extrémité
occidentale de l'Afrique à la pointe des Almadies, est rocheuse,
découpée et accompagnée d'îles (Gorée,
Ngor) et d'îlots (les Madeleine, Yoff)!; elle est dominée
par une corniche d'une dizaine de mètres de hauteur. La baie de
Dakar est l'une des plus amples et des mieux protégées du
continent. Au sud, le rivage est bas, parfois marécageux et bordé
de mangroves à l'embouchure des cours d'eau.
Le fleuve Sénégal,
qui a donné son nom au pays, forme la frontière avec la Mauritanie!;
son principal affluent, la Falémé, marque les limites avec
le Mali dans sa presque totalité. Au centre, le Saloum reçoit
son affluent le Siné peu avant son embouchure et se jette dans la
mer par un long estuaire encombré de mangroves et d'une végétation
inextricable (forêt des îles du Saloum). Le cours supérieur
du fleuve Gambie, dont la source se trouve en Guinée, traverse la
région forestière et accidentée du Niokolo Koba. Au
sud, la Casamance arrose la province du même nom. Ces fleuves sont
sujets aux variations saisonnières, en particulier le Saloum, né
au centre du pays dans une région affectée par la sécheresse.
Ils ne sont navigables qu'en pirogue pendant les basses eaux, sauf le bras
principal du Sénégal qui a été aménagé
pour permettre l'irrigation de son delta (barrage de Diama à 25km
en amont de Saint-Louis).
Climat
Le climat est tropical. Il se caractérise par une longue saison sèche de novembre à juin et une saison humide de juillet à octobre, plus longue en Casamance. Cependant, la côte (de Saint-Louis à la presqu'île du Cap-vert) est soumise à l'alizé durant la saison sèche. La température diurne moyenne est de 23,3!°C en janvier, et de 28,3!°C en juillet. Les précipitations annuelles sont plus importantes dans le Sud, avec une moyenne de 1400mm, et chutent considérablement dans le nord, avec moins de 381mm. Au centre des régions non soumises à l'influence marine, le Ferlo est une vaste plaine en voie de désertification que la sécheresse de ces dernières décennies, accentuée par l'harmattan soufflant du désert, a transformé en une plaine de poussière.
La faune et la flore
Le nord du pays fait partie du Sahel,
une zone transitoire entre le Sahara et les savanes plus humides. Dans
cette région, la savane arborée qui dominait autrefois, laisse
de plus en plus place à une savane arbustive, voire à une
steppe à épineux, sous l'effet de la désertification.
Ne subsistent que quelques îlots de forêt résiduelle
et des baobabs. La forêt-galerie borde le fleuve Sénégal
et ses différents bras aux cours erratiques. Plus au sud, dans la
région du fleuve Gambie, les arbres sont plus nombreux et les forêts-galeries
plus denses aux embouchures. La mangrove borde les rives des fleuves qui
subissent des remontées de sel marin. L'extrême-sud du pays,
en bordure de la Guinée-Bissau, est occupé par une forêt
tropicale dense et humide, où poussent différentes essences
telles le palmier à huile, l'acajou et le teck, importé d'Asie
pour le bois d'œuvre. La faune est assez diversifiée!; les grands
mammifères sont rares et les éléphants, les lions,
les guépards et les antilopes sont principalement retranchés
dans le sud-est du pays, peu peuplé (parc du Niokolo Koba). Hippopotames
et crocodiles vivent dans les cours d'eau du Sud. Le pays compte de nombreuses
espèces de serpents, parmi lesquelles le cobra et le boa. Le delta
du Sénégal est le paradis des oiseaux, en particulier des
migrateurs européens. Des lamantins remontent parfois le cours du
fleuve.
Ressources minières
La vallée du Sénégal
fut au centre d'une importante activité métallurgique au
Moyen Âge. Aujourd'hui, les phosphates de chaux et d'alumine calcite
hydratée, extraits dans la région de Thiès, constituent
la principale ressource minière du pays. Il existe un gisement de
calcaire argileux près de Rufisque (cimenterie) et du marbre dans
les environs de Kédougou au Sénégal oriental. Des
gisements de pétrole et de gaz naturel ont été découverts
en mer à la fin des années 1970 mais demeurent inexploités.
Le pays dispose également d'importants gisements de minerai de fer,
dont l'extraction est cependant impossible actuellement, du fait de leur
profondeur.
Population et société
Démographie
En 1995, la population du Sénégal
était estimée à 8,31millions d'habitants, soit une
densité moyenne de 43habitants au km2. Cependant, la plus grande
partie de la population est concentrée sur la côte et les
zones de culture de l'arachide au centre. Au début des années
1990, le taux de croissance annuelle de la population était de 3,3p.100.
L'espérance de vie s'élevait à quarante-huit ans pour
les hommes et à cinquante ans pour les femmes.
Plusieurs communautés habitent
le pays. Les Wolof (33p.100 de la population) cultivent principalement
l'arachide dans le centre. Les Sérères (20p.100) sont plutôt
regroupés sur la côte et dans la région de Thiès.
Les Peuls (15p.100), des pasteurs souvent sédentarisés et
vivant parfois en complémentarité avec les agriculteurs,
sont présents dans toutes les zones sahéliennes et les montagnes
du Sud. Leurs proches parents, les Toucouleurs> (10p.100), vivent dans
la vallée du Sénégal. Les Diolas (8p.100) constituent
la communauté la plus importante de Casamance. Les Bambara, les
Malinkés (6p.100 chacun) et les Sarakolés (2p.100) constituent
de petites communautés dans les régions périphériques
proches du Mali ou de la Guinée. Les Bassari habitent les contreforts
du Fouta-Djalon. À Dakar, et dans les agglomérations au nord
de la Gambie, les Maures tiennent généralement le commerce
de détail.
Découpage administratif et villes principales
Pour une meilleure administration locale, le pays est divisé en dix régions. Chacune d'entre elles est administrée par un gouverneur et dispose d'une assemblée régionale, dont les membres sont élus. Dakar, la capitale, qui compte plus d'un million d'habitants, est le principal port du pays ainsi que le premier pôle économique. Il sert également de port maritime au Mali!; un quai spécialement dédié à ce pays enclavé en reçoit les matières premières par le chemin de fer Dakar-Niger. Les autres grands centres urbains sont Thiès, Kaolack, Saint-Louis, tous situés dans l'ouest du pays. Tambacounda est la principale ville du Sénégal oriental. Le long du fleuve Sénégal, Podor, Dagana, Matam et Bakel, comptoirs de traite ou postes militaires français édifiés au XIXesiècle à l'époque de la pénétration française, sont devenus des agglomérations avec la sédentarisation des nomades et l'essor des échanges avec la Mauritanie et le Mali. À Rosso, de part et d'autre du bac qui traverse le fleuve et complète la route Dakar-Saint-Louis-Nouakchott, une population de plus en plus nombreuse s'est établie de part et d'autre du fleuve, lequel fait ici office de frontière avec la Mauritanie.
Langues et religions
Le français est la langue officielle. Le wolof, le sérère et le peul (poulaar) sont les langues africaines les plus parlées Voir Afrique, langues d'. Le wolof est cependant la langue prééminente et des efforts ont été faits dans le domaine de l'éducation pour la promouvoir comme langue écrite. De nombreux Sérères sont catholiques et la religion traditionnelle est encore pratiquée par une partie de la population de Casamance. Près de neuf habitants sur dix sont des musulmans sunnites regroupés en confréries. La plus importante, celle des mourides, se trouve essentiellement chez les Wolof!; elle a fait du travail manuel (notamment la culture de l'arachide) et de l'attachement à son initiateur, Amadou Bamba M'Backé, la base de sa foi. Le «!Calife général!» des mourides se trouve à Touba, centre de pèlerinage. Le poids politique et économique du mouridisme est incontournable. La confrérie tidjane, moins importante, professe un islam plus classique et plus mystique.
Éducation et institutions culturelles
Au début des années
1990, environ 40p.100 des adultes étaient alphabétisés.
L'école est obligatoire pour tous les enfants âgés
de 6 à 12ans. Cependant, à la fin des années 1980,
seulement 60p.100 des enfants dans la tranche d'âge concernée
étaient scolarisés à l'école primaire, et 15p.100
dans l'enseignement secondaire. Plus de 15000étudiants poursuivaient
des études supérieures dans des institutions locales. Environ
3000élèves étudiaient à l'étranger,
principalement en France.
Jusqu'à l'indépendance
en 1960, l'université de Dakar, fondée en 1949, a reçu
les étudiants des autres pays francophones de l'Afrique sahélienne
en attendant la création de pôles universitaires dans leur
pays respectif. Elle a été à l'origine des premières
recherches en histoire et en ethnologie africaines dans la région.
Dakar, où s'est tenu le premier festival mondial des Arts nègres
en 1966, abrite un musée des Beaux-Arts, un musée d'Ethnologie
et, à Gorée, un musée d'Histoire de la Mer.
Gouvernement et vie politique
L'établissement d'institutions démocratiques et du multipartisme, dès 1970, a longtemps été cité en exemple sur un continent où dominaient les régimes autoritaires. Aux termes de la Constitution de 1963, plusieurs fois amendée, un président élu au suffrage universel pour cinq ans détient le pouvoir exécutif. Il nomme le Conseil des ministres qui fait office de gouvernement. Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée nationale dont les cent vingt membres sont élus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. La vie politique fut dominée, depuis l'indépendance, par l'Union progressiste sénégalaise (UPS) alors dirigée par Léopold Sedar Senghor. L'UPS s'est transformée en Parti socialiste (PS), affilié à l'Internationale socialiste, lorsqu'en 1970, furent autorisés le Parti démocratique sénégalais (PDS), dirigé par Abdoulaye Wade, le Parti africain pour la démocratie et le socialisme (PADS) et le Mouvement pour le socialisme et l'unité (MSU), qui formèrent une coalition en septembre 1994. En 1981, Abdou Diouf a succédé à Senghor à la présidence de la République.
Économie
En 1994, le Produit national brut (PNB) s'élevait à 3,8milliards de dollars, soit un revenu moyen par habitant de 470dollars. Malgré la prédominance de l'agriculture industrielle et vivrière, l'industrie sénégalaise a connu un essor sensible, parmi les plus importants d'Afrique, à la fin des années 1980 et au début de la décennie suivante. Cependant, l'économie reste très dépendante de la production d'arachide et l'inflation, supérieure à 30p.100 en 1994, s'est conjuguée aux troubles en Casamance qui pèsent sur le tourisme pour entraver la progression économique. La dévaluation de moitié du franc CFA n'a pas donné les résultats escomptés. L'aide technique et économique provient principalement de la France, de l'Union européenne et de la Banque mondiale.
Agriculture
Les deux tiers de la population pratiquent
l'agriculture ou l'élevage. Les terres arables représentent
27p.100 de la superficie. Elles pâtissent de la monoculture de l'arachide
et s'épuisent, quand elles ne sont pas victimes de la désertification
due aux sécheresses qui affectent le Sahel depuis les années
1970. Les vents chargés de sable en provenance de la Mauritanie
transforment progressivement le Ferlo, au centre du pays, en une zone aride.
Le Sénégal est l'un des premiers pays producteurs d'arachide,
cultivée notamment dans les sols sableux du centre. Pour trouver
de nouveaux sols plus riches, des cultivateurs wolof ont émigré
vers les terres grasses de Casamance, bouleversant le rythme des cultures
traditionnelles de la région et causant de graves problèmes
politiques et communautaires. Des efforts de diversification, axés
surtout sur la culture maraîchère d'exportation et la mise
en valeur du delta du Sénégal ont entraîné l'expansion
des cultures de la tomate, du riz et de la canne à sucre. Au début
des années 1990, la production annuelle se chiffrait à 578000tonnes
d'arachides, 446000tonnes de mil, 117000tonnes de sorgho et 177000tonnes
de riz non décortiqué. Le bétail comprenait près
de 3millions de bovins, 3,6millions de moutons, 2,3millions de chèvres.
La déforestation en zone
sahélienne pour le bois de chauffe destiné aux centres urbains
a accentué la désertification. Dans le Sud, la production
annuelle de bois se chiffrait à 4,2millions de m3 à la fin
des années 1980. Le poisson abonde le long des côtes!; le
pays a accordé des droits de pêche à des armements
étrangers et a lancé une campagne pour la motorisation des
barques locales. Au début des années 1990, la prise annuelle
était de 258900tonnes de poissons d'eau de mer (principalement la
sardine), 18500tonnes de poissons d'eau douce et 22300tonnes de crustacés!;
l'épuisement des bancs, causé par la pêche industrielle,
affecte directement la pêche traditionnelle.
Mines et industries
Les phosphates constituent la principale
ressource minière du pays. La production annuelle se chiffrait à
2millions de tonnes à la fin des années 1980. Une raffinerie
de pétrole d'une capacité annuelle de 900000tonnes fonctionne
avec du pétrole importé. Les autres activités industrielles
concernent l'agroalimentaire (huile d'arachide, sucre raffiné, conserveries
de poisson et farine), le ciment, les chaussures et les textiles, les engrais
artificiels, les produits chimiques et le tabac.
Au début des années
1990, les centrales électriques avaient une capacité effective
de 231000kWh, avec une production annuelle de 868millions de kWh. L'ensemble
de la production en électricité est d'origine thermique.
Échanges
Le Sénégal est membre
de la zone franc . Sa monnaie est le franc CFA, divisible en 100centimes.
La BCEAO, basée à Dakar, assure les fonctions de banque centrale
pour tous les États de l'Afrique de l'Ouest membres de la zone franc.
La balance du commerce extérieur
est régulièrement déficitaire. Au début des
années 1990, les exportations annuelles se chiffraient à
883millions de dollars, et les importations à 1,3milliard. L'arachide
et ses dérivés (huile, tourteaux), les phosphates, le pétrole
raffiné, le poisson et les textiles sont les produits les plus exportés.
Le pétrole brut, les denrées agroalimentaires de base et
les céréales représentent la majeure partie des importations.
La France, le Nigéria, l'Italie, l'Inde et les États-Unis
sont les partenaires commerciaux privilégiés du Sénégal.
Le Sénégal importe du bétail sur pied de Mauritanie.
La fraude avec la Gambie constitue un problème important pour le
pays.
Le gouvernement a fortement encouragé
le tourisme et les entrées ont connu un essor considérable
au cours des années 1970. Les plages, la diversité des côtes
et les parcs nationaux (Niokolo Koba au Sénégal oriental,
Djoudj dans le delta du Sénégal), constituent les principales
attractions du pays. Toutefois, depuis 1990, les événements
politiques en Casamance et les troubles sociaux dus à une mauvaise
situation économique ont sérieusement affecté ce qui
constitue pour le pays une source importante de devises.
Le pays est doté d'un important
réseau routier de 4500km de routes bitumées. Une voie ferrée
assure la liaison entre Dakar et Saint-Louis en desservant Thiès
et la zone d'extraction des phosphates de Taïba!; une autre, le Dakar-Niger,
sert au désenclavement du Sénégal oriental et surtout
du Mali.
La télévision et la
radio dépendent de l'État. Au début des années
1990, le pays comptait quelque 850000postes de radio et 61000postes de
télévision. Le Soleil, principal quotidien édité
à Dakar, tire à près de 30000exemplaires et une presse
diversifiée et satirique anime la vie politique.
Histoire
Le Sénégal préhistorique
Les premières recherches sur la préhistoire du continent africain commençèrent à l'initiative de Théodore Monod, fondateur de l'Institut français d'Afrique noire (IFAN) à Dakar, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le Sénégal fut donc l'un des premiers pays d'Afrique de l'Ouest à faire l'objet de recherches sur cette période. Des bifaces en amande caractéristiques du paléolithique inférieur ont été découverts dans la presqu'île du Cap-Vert, ainsi que d'autres objets lithiques plus élaborés (hachereaux, racloirs) dans la région de Rufisque et au bord des rivières du Sénégal oriental. Le néolithique, avec des industries très diversifiées et de belles céramiques, est présent sur presque tout le territoire, en particulier sur les côtes basses libérées des eaux par les transgressions marines et les dépôts alluvionnaires. De nombreuses buttes de coquillages contenant des «!débris de cuisine!» (par exemple, des poteries cassées) témoignent d'une importante population de pêcheurs et commerçants (marigot de Khant dans le delta, embouchure du Saloum). L'époque protohistorique (mille ans environ avant notre ère) marqua l'apparition de l'âge des métaux dans la vallée du Sénégal avec des buttes contenant d'anciens fours pour la fonte du minerai et leurs tuyères, des tombeaux en forme de tumulus. Dans le centre du pays, débordant sur la Gambie, on trouve un ensemble de cercles de mégalithes (cylindres et pierres lyres) unique en Afrique de l'Ouest, couvrant un secteur de 100km sur 250km.
Les royaumes sénégalais
De nombreuses tombes contenant de beaux objets en fer ou en or sont contemporaines de l'arrivée de l'islam au sud du Sahara et sont attribués aux Sérères. Du VIIesiècle de notre ère date aussi la formation des premiers royaumes connus, en particulier le Djolof qui présentait de lointaines parentés avec l'empire du Ghana, son voisin oriental. Au XVesiècle, les provinces du royaume devinrent autonomes et fondèrent les royaumes du Cayor, du Walo, du Baol et du Siné-Saloum. La traite des Noirs, liée au commerce avec les Maures et, bientôt, avec les Européens, attisa les conflits. Au IXesiècle, les Toucouleurs s'installèrent dans le Fouta Toro et la vallée du Sénégal!; le puissant royaume de Tekrour domina l'est du pays du XIe au XIVesiècle. Jusqu'à la fin du XVIIIesiècle, ce qui restait du Djolof exerçait encore une prééminence formelle sur ses voisins.
Les rivalités européennes
Les premiers échanges commerciaux
avec l'Europe eurent lieu lorsque les Portugais atteignirent l'embouchure
du Sénégal et le Cap-Vert en 1444. Le troc fut la première
forme de commerce: les Portugais échangeaient des étoffes
et des métaux contre de la poudre d'or, de la gomme arabique et
de l'ivoire.
Après 1600, les Hollandais
et les Français chassèrent les Portugais et, en 1700, la
France dominait le commerce de la région côtière. Malgré
la rivalité franco-britannique et de nombreux conflits à
la fin du XVIIesiècle et durant tout le XVIIIesiècle, l'influence
française s'étendit (l'île de Gorée changea
plusieurs fois de mains jusqu'en 1815 lorsque le congrès de Vienne
l'attribua à la France). Établie à Saint-Louis, la
France entreprit la remontée méthodique du fleuve Sénégal
pour parvenir aux pays du Niger, malgré la résistance des
Toucouleurs d'El-Hadj Omar et des Peuls du Fouta Toro.
La colonisation française
Sous le commandement de Louis Faidherbe
et de ses successeurs, la France étendit et renforça son
contrôle sur les populations. En 1895, le Sénégal devint
officiellement une colonie française, administrée depuis
Saint-Louis. En 1902, le gouvernement s'installa à Dakar, qui devint
la capitale de l'Afrique-Occidentale française. La France développa
l'économie sénégalaise autour de la culture de l'arachide
destinée à l'exportation.
Les Africains de Saint-Louis et
de l'île de Gorée devinrent citoyens français et envoyèrent
un député pour les représenter à l'Assemblée
nationale en 1848-1852. Après 1871, les habitants de Dakar et de
Rufisque bénéficièrent également de la citoyenneté
et purent élire un représentant (pour des raisons religieuses,
les musulmans refusèrent de s'y associer). En 1914, Blaise Diagne
fut le premier Noir siégeant au parlement français!; il conserva
son poste de député jusqu'en 1934. Après la Seconde
Guerre mondiale, une assemblée territoriale fut créée
au Sénégal, et tous les habitants majeurs de la colonie obtinrent
le droit de vote. Lamine Guèye et Léopold Sédar Senghor,
députés au parlement français, dominaient alors la
vie politique locale.
Indépendance
En 1958, le Sénégal
obtint le statut de république autonome, puis l'indépendance
en juin 1960, et forma la Fédération du Mali avec le Soudan
français (actuel Mali). Le 20août 1960, le Sénégal
quitta la Fédération. En 1962, à la suite d'une épreuve
de force avec son Premier ministre, Mamadou Dia, le président Senghor
orienta le pouvoir vers un régime présidentiel dans le cadre
d'une nouvelle Constitution, qui prit effet en 1963. Il remporta les premières
élections présidentielles et fut réélu régulièrement
jusqu'en 1978. L'économie se diversifia, mais l'exportation de l'arachide
demeurait essentielle pour le commerce extérieur et subissait, comme
les phosphates, les variations des cours mondiaux. Les étudiants
manifestèrent plusieurs fois contre le régime, notamment
en 1968 et en 1973. En 1970, un amendement à la Constitution autorisa
le multipartisme (limité à trois partis). À la fin
de 1980, Senghor démissionna et Abdou Diouf, son Premier ministre
depuis 1970, assura la présidence. En 1982, le Sénégal
et la Gambie s'allièrent pour former la confédération
de Sénégambie, dirigée par Diouf, et le Sénégal
intervint pour mater un coup d'État contre le président gambien
Daouda Jawara. Cette confédération, vieux rêve d'un
Sénégal coupé de sa province méridionale de
Casamance et victime d'une fraude douanière importante au profit
de la Gambie, fut dissoute en 1989. En 1991, les deux nations signèrent
un nouveau traité de coopération.
Lorsque Diouf et le Parti socialiste
remportèrent les élections de 1988 avec une large majorité,
les mouvements d'opposition manifestèrent violemment dans les rues
de Dakar et le gouvernement proclama l'état d'urgence. La fin des
années 1980 fut également marquée par des tensions
avec la Mauritanie en raison, notamment, d'une mauvaise délimitation
de la frontière sujette aux variations du lit du fleuve. L'hostilité
latente entre les Sénégalais et les Maures entraîna
des émeutes dans les deux pays marquées par des violences
entre les deux communautés. Plus de 400personnes furent tuées!;
les deux pays opérèrent des expulsions croisées et
la guerre fut évitée de justesse. Diouf fut réélu
en 1993, mais l'opposition contesta à nouveau les résultats.
L'agitation continua de façon spasmodique au cours de l'année
1994. En mars 1995, le Premier ministre, Habib Thiam, annonçait
à la demande de Diouf, et dans l'espoir de pallier l'instabilité
politique, la création d'un nouveau gouvernement au sein duquel
l'opposition était représentée par le Parti démocratique
sénégalais.
Depuis 1982, le Sénégal
doit faire face, en Casamance, à un mouvement indépendantiste
apparu parmi les Diolas (80p.100 des 800000habitants de la province), qui
protestent notamment contre l'installation de Sénégalais
venus du nord du pays, principalement des Wolofs cultivateurs d'arachide.
Une guérilla active et meurtrière s'est installée
dans cette région forestière depuis le début des années
1990, provoquant la fuite des populations en Guinée-Bissau. En 1996,
des pourparlers de paix prometteurs se sont engagés entre le gouvernement
et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) dirigés
par l'abbé Diamacoune Senghor, le leader indépendantiste,
mais la tension persiste toujours. Celle-ci se manifeste notamment à
l'occasion des élections législatives de mai 1998, remportées
par le Parti socialiste qui, avec 50,12 p. 100 des voix, obtient 93 sièges
sur 140. Elle se traduit aussi par une intervention armée du Sénégal
en Guinée-Bissau aux côtés de la Guinée-Conakry
pour y appuyer les forces gouvernementales dans leur lutte contre une mutinerie
de militaires. À la suite d'un accord entre les belligérants,
le Sénégal et la Guinée se retirent. Les combats reprennent
ensuite en Casamance dans un contexte élargi lié à
cette intervention armée et aux alliances passées par la
guérilla.
Les récentes lois françaises
sur l'immigration ont poussé les marchands ambulants wolof, et même
des étudiants, à tenter leur chance aux États-Unis
où ils ont trouvé un bon accueil dans la communauté
noire américaine. Plus de 25 000 Sénégalais vivaient
ainsi à New York en 1998. De son côté, l'île
de Gorée et sa «Maison des esclaves» au large de Dakar,
est devenue un haut lieu de pèlerinage pour les Américains
d'origine africaine (Afro-Americans) en quête de leurs racines. Il
en résulte une démultiplication des échanges culturels,
politiques et commerciaux avec les États-Unis.
C'est lors de l'élection présidentielle de Mars 2000 qu'Abdoulaye Wade est devenu le nouveau président du Sénégal. Il a battu son rival de toujours, Abdou Diouf.
Source :
Microsoft Encarta

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier