Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
LE PAYS EN UN CLIN D'OEIL

LE PAYS EN UN CLIN D'OEIL

Sierra Leone, officiellement république de Sierra Leone, pays d'Afrique occidentale, ouvert sur l'océan Atlantique, limité au nord et à l'est par la Guinée et au sud-est par le Liberia. La Sierra Leone est un petit État de 71 740 km².
Ancienne colonie anglaise fondée en 1787 pour y accueillir d'anciens esclaves venus des États-Unis et des Antilles, la Sierra Leone accède à l'indépendance en 1961 dans le cadre du Commonwealth. Le nom de la capitale, Freetown, symbolise d'ailleurs le rêve de liberté des esclaves libérés au siècle dernier. Touchée par les conflits qui déchirent le Liberia depuis de nombreuses années, la Sierra Leone est aujourd'hui ravagée par la guerre civile.

Relief et hydrographie
À partir de l'océan Atlantique, une basse plaine littorale, marécageuse aux embouchures des rivières, s'étend vers l'intérieur sur 80 km. La péninsule de la Sierra Leone autour de Freetown est dominée par des hauteurs de faible amplitude (120 m d'altitude). À l'est, le terrain s'élève de la plaine littorale jusqu'au plateau granitique du Nord et s'abaisse vers le Sud en une série de terrains vallonnés. Sur les massifs montagneux constituant le versant sud-ouest de la dorsale guinéenne, culminent les monts Loma ou Bintimani (1 945 m) et les monts Sula (1 850 m).
De nombreux cours d'eau, prenant leur source sur la dorsale guinéenne, irriguent l'ensemble du pays. La plupart d'entre eux ne sont navigables que pendant la saison des pluies.

Climat
La Sierra Leone est soumise à un climat tropical humide avec une température annuelle moyenne d'environ 26,7°C. Le niveau des précipitations annuel atteint 3 810 mm en bordure de mer et reste important dans la partie intérieure septentrionale du pays (de 2 500 m à 1 900 mm). La saison des pluies s'étend de mai à octobre.

Flore et faune
La savane couvre le nord-est du pays. Le sud-est, plus tropical, est une région de forêt, riche en palmiers, acajous et tecks. Le reste du pays est une forêt ininterrompue, hormis la présence de clairières aménagées pour les cultures sur brûlis. Singes, antilopes et porcs-épics sont représentatifs de la faune terrestre. Crocodiles et hippopotames peuplent les rivières.

Ressources naturelles
La Sierra Leone tire l'essentiel de ses richesses de ses ressources minérales. Il s'agit de l'un des plus importants producteurs au monde de diamants. Le sous-sol est également riche en chrome, bauxite, minerai de fer et rutile. Il recèle également de petites quantités d'or et de platine.

Démographie
Avec une population estimée à 5,08 millions d'habitants en 1998 pour une densité de 71 habitants au km2, la Sierra Leone est un pays densément peuplé à l'échelle du continent africain.
Les traits caractérisant la structure démographique de ce pays pauvre ont été renforcés par la guerre civile, qui n'a cessé de s'étendre depuis 1991. Le pays souffre, par ailleurs, d'un taux de mortalité infantile très élevé : 129 p. 1 000.

Découpage administratif
La Sierra Leone est découpée en quatre régions : les provinces du Nord, de l'Est, du Sud et la région occidentale. Chacune est divisée en 12 districts, placés sous l'autorité de ministres résidents. Les districts sont subdivisés en plus de 140 chefferies, contrôlées chacune par un chef et un Conseil des anciens, traditionnellement chargés de maintenir l'ordre et de faire appliquer la loi. La guerre civile a toutefois profondément perturbé le fonctionnement des administrations.
Freetown, la capitale, a été vidée de ses habitants par les combats; sa population est passée de 800 000 habitants à 80 000 en mai 1995, du fait de la guerre civile. Parmi les autres villes importantes figurent Bo (26 000 habitants) et Kenema (13 000 habitants) dans le sud du pays. La majorité de la population vit dans de petits villages. La population est urbanisée à 40 p. 100.

De nombreux groupes d'origines diverses peuplent ce petit pays, dont les Mende, au sud, et les Temnés, au nord, sont les plus importants (30 p. 100 chacun environ). Ils sont, comme les Soussous, d'origine mandingue. La Sierra Leone compte également une communauté de Peul. Les Krio (Créoles) sont les descendants des esclaves rapatriés d'Amérique et des Antilles; ils représentent 10 p. 100 environ de la population. Libanais, Indiens et Européens vivent également à Freetown.

Langues et religions
L'anglais est demeuré la langue officielle. Les différentes communautés parlent leur langue, le krio, créole dérivé de l'anglais, le mende et le temné.
60 p. 100 des habitants pratiquent l'islam, 10 p. 100 le christianisme et 30 p 100 sont animistes. Les pratiques religieuses présentent souvent de fortes tendances syncrétiques.

Éducation
En 1996, seuls 16,5 p. 100 des enfants sont scolarisés dans le secondaire et 1,5 p. 100 dans l'enseignement supérieur. La scolarisation ayant encore baissé depuis le début du conflit (1989/1990), en 1995, 31,4 p 100 de la population est alphabétisé. Le gâchis dû à la guerre est en la matière criant, dans la mesure où, parmi les nombreux atouts dont disposait le pays, l'existence d'une élite éduquée, mais essentiellement recrutée parmi les Krio, aurait pu permettre d'assurer son développement. C'est en effet dans ce pays que la première université du continent africain s'est créée, à Freetown en 1827.

Institutions et vie politique
La Constitution de 1978 a instauré un régime de parti unique. Le président de la République émanait du seul parti autorisé, le Congrès de tout le peuple (All People's Congress, APC). Le choix du parti a été, par la suite, ratifié par vote populaire. Le pouvoir législatif était détenu par la Chambre des députés, corps unicaméral constitué de 105 membres élus, issus du parti unique, de 12 chefs traditionnels (désignés par les conseils tribaux des districts) et de 10 délégués présidentiels. Une nouvelle Constitution, garantissant le respect des droits de l'Homme et instituant un système multipartiste, a été approuvée par référendum en 1991. Mais le conflit interne a fait voler en éclats l'ordre constitutionnel.

Le service militaire est volontaire en Sierra Leone. Le pays dispose d'une armée de terre d'environ 3 000 hommes et d'une marine nationale de 150 hommes. L'armée, soutenue par une force interafricaine, dominée par le Nigeria, s'oppose au Front révolutionnaire uni (RUF) et également à des bandes armées constituées par les déserteurs.

ÉCONOMIE
L'agriculture et l'industrie minière constituent les secteurs fondamentaux de l'économie de la Sierra Leone. Avec un produit intérieur brut (PIB) global de 823 millions de dollars en 1997, soit un PIB par habitant de 170 dollars, la Sierra Leone figure parmi les pays les plus pauvres de la planète.

Agriculture
62 p 100 de la population active est occupée dans le secteur primaire, qui est peu productif, puisqu'il ne contribue que pour 43 p 100 au PIB. Le riz (71 p. 100 des terres cultivées) constitue la principale culture vivrière. Dans les années soixante-dix, le pays a tenté d'assurer son autosubsistance alimentaire, sans y parvenir. La production de riz était d'environ 400 000 t en 1998. Les autres cultures, destinées à la consommation interne, sont celles du manioc, du millet et du sorgho. Le pays exporte les produits issus des plantations, huile et fibres de palme, café, cacao, gingembre et noix de kola.

Mines et industries
La Sierra Leone se classe au sixième rang des producteurs de pierres précieuses taillées et de diamants industriels. La production nationale annuelle s'élève à quelque 200 000 carats, mais atteindrait 500 000 carats en tenant compte de la contrebande à laquelle se livrent les mouvements armés qui, ainsi, financent leur guérilla. La Sierra Leone extrait et exporte des minerais, tels que la bauxite et le rutile.
L'industrie de transformation se limite en grande partie au traitement de produits de base alimentaires. Les industries légères, telles que l'ameublement, les textiles, les cigarettes et la fabrication du ciment, se sont développées. Le pays dispose d'une raffinerie pour traiter le pétrole importé.

Échanges
L'unité monétaire est le leone, divisible en 100 cents. À la fin des années quatre-vingt, les exportations annuelles étaient estimées à 138,9 millions de dollars et les importations représentaient environ 114,8 millions de dollars. Les diamants représentaient environ 20 p. 100 des recettes d'exportation du pays. Les 80 p. 100 restants provenaient des autres minerais et produits agricoles, tels que le café et le cacao. Parmi les principaux produits importés figurent les combustibles minéraux, les machines, les véhicules, et les produits alimentaires. La Grande-Bretagne et les Pays-Bas sont les principaux partenaires commerciaux, suivis des États-Unis, de l'Allemagne, de la France et du Japon.
Le système ferroviaire (84 km de voies étroites) de la Sierra Leone a été presque entièrement fermé pour favoriser l'expansion d'un réseau routier comprenant quelque 11 300 km de routes, dont 17 p. 100 sont asphaltées. Les cours d'eau, navigables pendant trois mois de l'année, constituent un réseau de 790 km, avec pour ports principaux Freetown, Pepel et Bonthe. Le pays dispose d'un réseau de transports aériens intérieur bien développé.

HISTOIRE

La Sierra Leone précoloniale
Le territoire de l'actuelle Sierra Leone a constitué le refuge de nombreux peuples, tels que les Kissi, les Sherbros et les Krims, touchés par les conflits politiques de la savane. Refoulant les premiers occupants, les peuples mandingues s'y établissent au XVe siècle, les Mende sur la côte orientale, les Temnés vers la frontière de l'actuel Liberia et les Soussous dans le Centre. En 1460, l'explorateur portugais Pedro da Cintra donne le nom de Sierra Leone (la «Montagne du lion») à la presqu'île où va s'édifier Freetown. Les Portugais nouent très tôt des relations commerciales avec les populations autochtones aux embouchures des rivières. Au XVIe siècle s'organise la traite négrière orchestrée par les marchands européens et à laquelle participent les populations côtières.

La Sierra Leone sous domination coloniale
En 1787, les Britanniques font l'acquisition auprès des chefs locaux du site de Freetown, où ils établissent une colonie destinée à accueillir des esclaves qu'ils ont recrutés dans leurs colonies américaines pour s'opposer aux colons révolutionnaires. Ayant fui les États-Unis et les Antilles, puis réfugiés en Angleterre, ceux-ci s'installent dans le territoire, où ils sont rejoints par des affranchis, rapatriés des Amériques avec l'aide de sociétés philanthropiques américaines, ou sauvés de la traite négrière après son interdiction.

La Sierra Leone Company, créée en 1791, administre la colonie jusqu'en 1808, date à laquelle le territoire devient une colonie de la Couronne. L'arrière-pays de Freetown devient un protectorat britannique en 1896. Les premières élections législatives sont organisées dans le cadre de la Constitution de 1924. Un système de cabinet est instauré en 1953 et sir Milton Margai, un Mende, ancien médecin et chef du parti du Peuple de Sierra Leone (Sierra Leone People's Party, SLPP), est nommé président, en 1954, et Premier ministre, en 1960.

La Sierra Leone indépendante
Devenue indépendante le 27 avril 1961, la Sierra Leone connaît une grande instabilité politique, marquée par les rivalités entre les différentes communautés. La fragilité du modèle occidental d'État, associée au poids des luttes tribales, explique pour une large part cette instabilité politique. Les événements de l'année 1967-1968 sont, à cet égard, révélateurs : en moins d'un an, la Sierra Leone a connu quatre coups d'État successifs. Demeuré Premier ministre en 1962, Milton Margai est remplacé, à sa mort, par son frère Albert Margai en 1964. Siaka Stevens, un Temné, fondateur, en 1960, du Congrès de tout le peuple (APC, All People's Congress) lui succède en 1967, après que son mouvement a remporté des élections contestées. L'armée organise alors un coup d'État. Après un nouveau putsch militaire en 1968, Stevens revient au pouvoir. Il tente alors une union avec la Guinée de Sékou Touré. La Sierra Leone est proclamée République le 19 avril 1971. Stevens instaure alors un régime de parti unique, institutionnalisé par la nouvelle Constitution de 1978. L'APC demeurant le seul parti légal, il élimine toute opposition. Cette période de parti unique est toutefois marquée par diverses tentatives destinées à assainir la vie politique (lutte contre la corruption et le népotisme). Le régime abandonne cette politique afin de profiter de la rente assurée par l'exploitation des ressources diamantifères. En novembre 1985, confronté à la récession des années quatre-vingt, Stevens se retire au profit du commandant Joseph Saidu Momoh en janvier 1986. Une nouvelle tentative de coup d'État échoue en mars 1987 et le nouveau président décrète «l'état d'urgence économique» en novembre. Des mesures draconiennes d'austérité sont prises.

La guerre civile
Début 1991, le pays, déjà profondément perturbé, voit la guerre civile libérienne voisine se propager sur son territoire. À maints égards, le conflit qui ravage la Sierra Leone apparaît comme le clone du conflit libérien. La situation, qui y règne depuis le début des années quatre-vingt-dix, a, dans les deux cas, des antécédents historiques présentant bien des similitudes qui aident à expliquer l'évolution récente.

La Sierra Leone sert de «sanctuaire» de refuge aux civils libériens qui fuient les combats, puis elle devient un «front» après que Charles Taylor, qui mène la rébellion au Liberia, a pénétré dans le pays. Il rallie alors une partie des opposants au régime de Momoh au sein du RUF (Revolutionary United Front) qui se lance dans la lutte armée, à partir de son sanctuaire établi dans les zones diamantifères proches de la frontière libérienne.

Ce mouvement rebelle profite d'une certaine sympathie, à l'heure où le régime en place est largement discrédité. Il est dirigé par Foday Sanko, un ancien caporal de l'armée britannique qui, comme Charles Taylor, a décidé, à l'instigation de ce dernier, de tenter l'aventure militaire à son retour des États-Unis. Dévoyant les rituels traditionnels d'intégration sociale, il constitue une armée en utilisant largement l'enlèvement d'enfants dans les villages de brousse pour en faire des combattants à sa dévotion. Sur le terrain, toutefois, c'est le statu quo : la rébellion est incapable de s'octroyer un avantage militaire, alors que les forces loyalistes ne peuvent déstabiliser leur adversaire.

En 1992, face à l'incurie qui règne au sein de l'armée, des militaires prennent, presque par accident, le pouvoir. Un jeune officier, Valentine Strasser, accède à la tête de l'État. L'armée, malgré un doublement de ses effectifs, ne parvient pas à mettre fin à la guerre civile, qui touche les régions agricoles et minières. Entre 1991 et 1995, les combats entraînent d'importants déplacements de population. Cinquante mille personnes vont trouver refuge en Guinée.
Instigateur d'un nouveau coup d'État en janvier 1996, le brigadier Julius Maada Bio écarte Strasser du pouvoir et, fort de l'aide de mercenaires sud-africains, entame de nouvelles négociations avec le RUF. En mars et avril 1996, des élections multipartites portent à la présidence de la République Ahmed Tejan Kabbah qui bénéficie de l'aide des «Kamajors», une milice constituée de chasseurs traditionnels d'origine mendé. En novembre 1996, un accord est signé à Abidjan entre Kabbah et le chef du RUF. Prenant acte de sa victoire, le général Bio conduit la phase de transition du pouvoir au profit du nouveau président élu. Il est toutefois renversé le 25 mai 1997 à la suite d'un putsch conduit par Johnny Paul Koroma, qui se proclame chef de l'État et promet de rendre public un nouveau calendrier électoral. L'opposition au putsch de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) se traduit par un mandat donné à l'Ecomog, sa force d'interposition dominée par le Nigeria, de rétablir le président Kabbah.

Le 2 juin, les combats reprennent entre l'armée et la Force ouest-africaine d'interposition, pendant que des troupes américaines évacuent les ressortissants européens vers les États voisins.En février 1998, la capitale est reprise par les forces de l'Ecomog, qui, poussant leur avantage, se rendent également maîtres de Daru et Kabala. La junte, après avoir perdu le contrôle de la ville de Bo, se replie sur Kailahun, ville située à la frontière avec la Guinée et le Liberia.
Cette offensive victorieuse de l'Ecomog permet à Ahmed Tejan Kabbah de rentrer d'exil. Cette victoire ne supprime pas pour autant une des causes essentielles du conflit : la volonté de l'homme fort du Liberia, Charles Taylor, d'étendre son influence sur le pays voisin et sur ses richesses minières, opposée à celle du président Abacha du Nigeria, de conserver son influence à travers celle du président Kabbah auquel il est lié personnellement. Il s'agit également de préserver l'influence du Nigeria dans la région où, sous couvert de l'Ecomog, il est déjà intervenu. Les combats ne tardent pas à reprendre dans les provinces où les rebelles du RUF commettent des atrocités contre la population civile et réclament la libération de leur chef Foday Sankoh capturé par les Nigérians à Abuja en 1997. Entré dans Freetown en janvier 1999, le RUF met la capitale à feu et à sang, au prix de 6 000 morts, tandis que la population s'enfuit et que des pourparlers de paix mettent en présence à Lomé, la capitale du Togo, Kabbah et le chef du RUF, toujours prisonnier, sous l'égide du président Eyadema et du pasteur noir américain Jesse Jackson. Ceux-ci aboutissent, en juillet, à un accord provisoire de cessez-le-feu, prévoyant la mise en liberté de Foday Sankoh, l'impunité pour ses combattants auteurs d'atrocités, et, cause essentielle du conflit, la création d'une Commission chargée des ressources minières et de la reconstruction, dont la présidence devait être tenue par le chef du RUF.

Une mission des Nations unies en Sierra Leone (Minusil) forte d'une dizaine de milliers d'hommes, est chargée de surveiller le désarmement des combattants et de prendre le contrôle des zones minières. Pour empêcher le redéploiement des forces de l'ONU près des mines de diamants, le RUF lance, en mai 2000, une offensive en direction de Freetown, tandis que quelque 500 Casques bleus sont pris en otage. Les Occidentaux qui avaient patronné l'accord de paix de Lomé, et estimé, contrairement à l'avis de la population, qu'il était préférable de «sacrifier la justice à la paix», se voient contraints par l'opinion internationale d'intervenir pour empêcher la prise de la capitale. Peu après, le débarquement d'un contingent britannique contribue à une reprise de l'initiative par l'armée gouvernementale, tandis que Foday Sankoh, en fuite, est arrêté. Des Casques bleus sont libérés après des interventions internationales auprès de Charles Taylor, qui, avec le diamant, reste la clé du conflit.

Source :
Microsoft Encarta 2001


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier