Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001


STATISTIQUE, GEOPOLITIQUE ET ECONOMIE DES PAYS D'AFRIQUE NOIRE
SUBSAHARIENNE

INTRODUCTION :

Quelques définitions de termes utilisés dans la statistique des pays :

Le PIB (PPA, «parités du pouvoir d'achat») : Les PIB le plus souvent cités dans la presse sont calculés en utilisant les taux de change courant par la méthode dite de la Banque Mondiale; avec cette méthode, la production d'un pays est d'abord évaluée en utilisant les prix intérieurs du pays concerné; les valeurs ainsi obtenus sont ensuite convertis en dollars en utilisant une moyenne pondérée des taux de change des trois dernières années. Les PIB-PPA, en revanche, sont obtenus en utilisant un taux de change fictif qui rend équivalent le prix d'un papier de marchandise. La méthode des PPA permet ainsi une comparaison plus rigoureuse du pouvoir d'achat dans les différents pays.

L'IDH (Indicateur du développement humain) : le PIB, calculé au taux de change du marché, est dans de très nombreux cas, une très mauvaise mesure du bien-être atteint. L'IDH tient en compte ces différents facteurs : l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'instruction, représenté par le taux d'alphabétisation des adultes et le taux brut de scolarisation tous niveaux confondus; et enfin le revenu représenté par le PIB par habitant après une double transformation tenant compte de la différence des prix relatifs d'un pays à l'autre et du fait que le revenu n'augmente pas le développement humain d'une manière linéaire. Des valeurs minimales et maximales sont fixées pour chacun de ces éléments : espérance de vie à la naissance : 25ans à 85 ans; alphabétisation des adultes : 0% à 100%; taux de scolarisation : 0% à 100%; PIB réel par habitant : 100 dollars PPA à 40000 dollars PPA. Chacun de ces éléments est d'abord exprimé sur l'échelle de 0 à 1. Ainsi, à l'espérance de vie à la naissance en Espagne (78ans) est attaché la valeur : 0,883 (78-25) divisé par (85-25)... puis on effectue une moyenne des trois chiffres obtenus (espérance de vie, indicateur de niveau d'instruction, indicateur de niveau de revenu) : on obtient ainsi l'indice composite du développement humain.

Sources des documents cités :

AFRIQUE SAHELIENNE (Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad)

- BURKINA FASO

Population : 11 305 000

Langues : français, moré, dioula, goumantché, foulfouldé

Mortalité infantile : 99 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 44,4 ans (95-2000)

Population urbaine : 17,5%

Indice de développement humain : 0,304 (1997)

Analphabétisme hommes : 69,5% (1997)

Analphabétisme femmes : 88,9% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 12,7%

Croissance 1998 (économie) : 6,3%

Croissance annuelle (économie) : 3,4% (87-97)

Croissance annuelle (démographie): 2,7% (95-2000)

PIB total (PPA): 10 543 000 dollars (1997)

PIB par habitant : 1010 dollars (1997)

Taux d'inflation : 2,5%

Importations : 629 millions dollars

Exportations : 311 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 46,98%

15-64 ans : 50,26%

65 et plus : 2,85%

Dette extérieure brute : 2,2 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

Malgré la création d'une Commission électorale nationale indépendante le 7 mai 1998, les élections présidentielles du 15 Novembre, remportées avec 87,5% des voix par Blaise Compaoré, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP au pouvoir), ont été contestées par une opposition qui les a boycottées. Le président qui s'est succédé à lui-même, a prêté serment en Décembre, sur fond de manifestations de milliers de personnes et du deuil populaire du journaliste Norbert Zongo, directeur du journal L'Indépendant, mort le 14 Décembre dans des conditions mystérieuses, après une investigation mettant en cause le frère du président. Un large front s'est réuni pour réclamer une enquête; il réunissait le Parti pour la Démocratie et le Progrès (PDP) de Joseph Ki Zerbo, membre de l'Internationale Socialiste, l'Alliance pour la Démocratie et la Fédération - Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA) de Hermann Yaméogo, les milieux étudiants et universitaires en grève, le Mouvement burkinabé des Droits de l'homme et du peuple. Le 11 Janvier 1999, le premier ministre Kabré Désiré Ouédraogo n'en a pas moins été reconduit dans ses fonctions.

Le Burkina Faso a été l'hôte des 29 chefs d'Etat africain en juin 98 pour le 34ème sommet de l'OUA, dont Compaoré a pris le présidence.

Le pays a pu en 1998 se prévaloir d'une amélioration des recouvrements, d'une inflation limitée et d'une croissance économique de 6,3% (5,5% en 1997) due avant tout au boom de la production cotonnière qui a doublé en 2 ans. Plaçant le Burkina au 2ème rang des pays producteurs africains, elle représentait 55% des recettes en devises et 35% du PIB. Mais les critiques portant sur le tout-coton ont mis en évidence le déficit céréalier et alimentaire (160 000 tonnes) et l'importante proportion de Burkinabés vivant en dessous des seuils de pauvreté (28%), malgré un secteur informel dynamique pesant à hauteur de 25% environ dans le PIB réel.

1999
Douze ans après être arrivé au pouvoir à l'occasion d'un coup d'Etat qui a coûté la vie à son frère d'armes, le capitaine Thomas Sankara, le président burkinabé, Biaise Compaoré, a vu pour la première fois en 1999 son régime ouvertement contesté. A peine un mois après sa réélection à la présidence, lors d'un scrutin boycotté par les principaux partis d'opposition, l'assassinat, le 13 décembre 1998, du journaliste Norbert Zongo a déclenché une vague de manifestations sans précédent La mise en place d'une commission d'enquête internationale sur les circonstances de la mort de Norbert Zongo a été suivie de la constitution d'un « comité des sages », qui a surpris l'opinion publique en ne ménageant pas le régime et recommandant, entre autres, un gouvernement d'union nationale et de nouvelles élections législatives. Les ministres considérés comme les plus durs du régime ont quitté le gouvernement, mais seuls quelques petits partis ont accepté de participer à la gestion du pays. A la fin de l'année 1999, deux commissions ont été mises en place, l'une chargée de préparer des élections législatives avec des règles du jeu qui fassent enfin l'unanimité et l'autre d'aider à la « réconciliation nationale ».
Ce travail, auquel doit participer toute la classe politique, devrait permettre de dissoudre l'assemblée au printemps 2000 et d'organiser de nouvelles élections avec un mode de scrutin plus favorable à l'opposition. L'apaisement des tensions politiques se déroule dans un climat économique plutôt favorable. Depuis plusieurs années, la production céréalière bénéficie de bonnes pluviométries assurant une sécurité alimentaire minimale dans ce pays qui a déjà connu disettes et famines. L'inflation, estimée en 1998 à 5% devrait être inférieure à 4% en 1999. La croissance, qui a atteint en 1998 quelque 6,2 %, devrait se stabiliser autour de 5,7% pour 1999 et 2000. Globalement satisfait de l'application de son précédent programme, le FMI a signé avec le gouvernement en septembre dernier un nouvel accord accompagné d'un prêt de 53,8 millions de dollars (323 millions de francs) sur trois ans pour la période 1999-2002. Le Burkina s'est engagé à faire entrer en vigueur le principe de l'avancement au mérite dans la fonction publique, une réforme plusieurs fois rejetée par les syndicats. II doit accélérer la privatisation de l'Office national des télécommunications (Sonatel) et de la compagnie aérienne Air Burkina et ouvrir à des privés le capital de la Société des fibres et textiles (Sofitex). Ces nouvelles réformes ne seront pas faciles à faire accepter par les travailleurs, qui ont l'impression de payer un lourd tribut aux programmes d'ajustement structurels qui se succèdent

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 35,4%; Industrie : 20,3%; Mines : 6,5%; Services : 37,8%.

AGRICULTURE :

Autrefois champion du haricot vert fin, très prisé en Europe (le pays était le premier exportateur dans les années 1980, mais n'occupe plus de nos jours que la 4ème place), le Burkina Faso tente de redynamiser un secteur fruits et légumes qui bat de l'aile, souffrant de coûts de fret élevés. Le haricot vert n'est plus que le 3ème produit d'exportation du pays. Le premier, le coton, connaît une hausse importante des productions depuis 2 ans. Les autorités ont dû déployer de gros moyen pour protéger les cultures de la mouche blanche, un nouveau parasite du coton apparu fin août 1998. Face à une sécheresse importante, le Burkina a dû mettre en place en 1998 l'opération pluies provoquées, qui consistait à bombarder les nuages de particules d'argent pour les faire éclater. Avant l'opération, la ville de Ouagadougou connaissait un déficit de 239 mm (par rapport à une normale de 778mm) et le remplissage des retenues d'eau n'était qu'à 45% de son niveau normal.

MINES ET INDUSTRIE :

Le secteur minier attire les investisseurs. L'or est le 2ème produit d'exportation du pays après le coton. La production annuelle connaît une augmentation depuis la réouverture de la mine de Poura, fin 1998. Les réserves d'or du Burkina s'élève à 150 tonnes. Le pays dispose également d'autres ressources (manganèse, cuivre, phosphate, marbre, bauxite et diamant). L'exploitation minière attire d'importants investisseurs étrangers dans le pays 35 milliards de francs CFA, ce qui place le pays en 3ème position pour l'Afrique noire). L'industrie manufacturière s'organise autour de la filiale du coton et de l'agro-alimentaire.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Un secteur informel dynamique. Ce pays a entamé d'importantes réformes commerciales en 1991 qui, combinées avec la dévaluation du franc CFA en 1994 et la maîtrise de l'inflation, ont contribué à améliorer la compétitivité internationale de certains produits du pays. Mais le taux de couverture des importations par les exportations n'est que de 50%. La balance des services est aussi dans le rouge, notamment à cause du coût du fret (pays enclavé) et du service de la dette, aggravé par la dévaluation. Un nouveau code des investissements, entré en vigueur en 1995, soumet aux mêmes droits et obligations les entreprises étrangères et locales et accorde des avantages aux entreprises exportatrices. Le secteur informel représente environ 25% du PIB réel et génère 80% des emplois non agricoles, tandis que le secteur manufacturier, plus protégé, ne compte qu'une soixantaine d'entreprises.

- MALI

Population : 10 694 000

Langues : français, bambara, sarakolé, dogon, peul, arabe, tamachaq (touareg)

Mortalité infantile : 118 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 53,3 (95-2000)

Population urbaine : 28,7%

Indice de développement humain : 0,375 (1997)

Analphabétisme hommes : 56,9 (1997)

Analphabétisme femmes : 71,8% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 12,8%

Croissance 1998 (économie) : 4,6%

Croissance annuelle (économie) : 3,6% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2,4% (95-2000)

PIB total (PPA) : 7637 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 740 dollars (1997)

Taux d'inflation : 4,2%

Importations : 818 millions dollars

Exportations : 558 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 47,06%

15-64 ans : 49,64%

65 et plus : 3,32%

Dette extérieure brute : 3,1 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

Les élections communales partielles du 21 juin 1998, destinées à pourvoir dans un premier temps 19 des 701 communes nées de la décentralisation, ont été remporté par le parti au pouvoir, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema, 16 communes). Elles se sont déroulées dans le calme mais sur fond de contestation politique d'une opposition radicale rassemblée dans le collectifs des partis politiques d'opposition (Coppo). Malgré une tentative de médiation en avril 1998, de Carter, l'opposition a boycotté en bloc l'ensemble du processus électoral, refusé d'en connaître les résultats et appelé à la désobéissance civile.

Un Forum national sur les problèmes politiques et institutionnelles au Mali, tenu en Janvier 1999, a limité les attributions de la Commission électorale indépendante (CENI), dont l'efficacité était contestée, à la supervision et aux contrôles des opérations électorales (organisation confiée au ministère de l'Administration territoriale). Il s'est également prononcé sur le financement des partis politiques ainsi que sur le statut de l'opposition. L'effritement du Coppo, avec lequel certains partis membres ont pris des distances en reconnaissant la légitimité du président Alpha Oumar Konaré, et l'annonce par plusieurs formations de leur participation aux élections communales des 2 Mai (régions du sud) et 6 Juin 1999 (celles du nord) ont crée les conditions d'une sortie de crise politique. Ces élections se sont déroulées dans le calme et ont vu la victoire de l'Adema.

L'ancien président du Mali renversé en mars 1991, le général Moussa Traoré, et son épouse ont été condamné à mort par la Cour d'assises de Bamako pour crises économiques à l'issue d'un procès de plusieurs mois.

Le Mali n'a pas connu en 1998 une croissance aussi forte qu'en 1997 (4,6% au lieu de 6,7%), et son inflation s'élevait à 4,2%. Il a toutefois réussit à réduire son déficit extérieur d'un point (8,75%) ainsi que son déficit budgétaire. La volonté de rééquilibrer les différentes régions du pays a été soutenue par les partenaires extérieurs : l'Union européenne a débloqué 56 milliards FCFA pour désenclaver les régions de Kayes, Mopti et Tombouctou, tandis que les relations étroites entretenues avec l'Algérie débouchaient sur la décision de construire ensemble une route transsaharienne. Bamako a envoyé en 1999 des contingents rejoindre en Sierra-Leone la force ouest-africaine d'interposition (ECOMOG). Le préseident Konaré a visité de nombreux pays sur tous les continents, souhaitant améliorer la coopération sud-sud.

1999
Le vibrant hommage rendu à la démocratie malienne par le chef de la diplomatie américaine, Madeleine Albright, le 19 octobre 1999, fait partie des exercices obligés pour tout dirigeant occidental de passage à Bamako. Mais cette figure imposée ne suscite plus aucun écho au sein de la société malienne, qui fait les frais depuis deux années des querelles interminables de sa classe politique.
L'annonce du président Alpha Oumar Konaré de son départ à l'issue de son actuel mandat en 2002, en application de ]a Constitution, n'a provoqué de débat que parmi les états majors des partis. Même la décision présidentielle, fin septembre, de commuer la condamnation à mort de l'ancien dictateur Moussa Traoré en détention à perpétuité a été accueillie dans l'indifférence.
Les inquiétudes se situent ailleurs. Des localités à l'extrême-ouest du pays et au nord de la capitale ont été le théâtre d'affrontements meurtriers entre communautés à la suite de litiges portant sur le partage de l'eau, des terres ou des responsabilités communales. L'armée a dû mettre en place un dispositif serré afin de ramener le calme dans ces zones. Les coupures continuelles de courant ont frappé indifféremment Bamako, Kayes ou Mopti et, en juin, de nombreux habitants de la capitale ont dressé des barricades pour exprimer leur exaspération. A leurs yeux, la mauvaise gestion de la société Energie du Mali (EDM) a dépassé les limites du supportable. Il faudra vraisemblablement patienter jusqu'au milieu de 2001 pour voir rétablie, de façon convenable, l'électricité à Bamako, c'est-à-dire après l'achèvement de ]a centrale électrique de Manantali, dans la province de Kayes.
Pour ne rien arranger, l'Etat malien est confronté à des pertes financières considérables dans la filière coton, qui constitue la première ressource d'exportation. La chute des cours mondiaux de cette matière première a entraîné un manque à gagner pour le pays, en 1999, de 600 millions de francs. On apprend, de surcroît, que des malversations ont été constatées au sein de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), chargée de la filière. L'année aura, au moins, été riche en révélations sur le système de corruption devenu tentaculaire. Un rapport d'experts du Fonds européen de développement (FED) a ainsi dénoncé le détournement de ses concours au Mali. Le chef de l'Etat a choisi de reprendre l'initiative en faisant passer au peigne fin l'ensemble des comptes publics depuis 1992.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 49,2%; Industrie : 7%; Mines : 10,3%; Services : 33,5%

AGRICULTURE :

Un important producteur de coton : les terres arables ne couvrent que 2% du territoire, et l'utilisation des engrais chimiques est très importante. Le Mali est le premier producteur de coton de la zone franc; la production de coton-graine l'emporte sur celle du coton fibre. Le coton assure 58% des recettes extérieures. Mais le niveau de production record atteint au cours de la campagne 97-98 serait menacé par un parasite, le papillon héliotis, un redoutable ravageur du cotonnier. Le cheptel (caprin, bovin, ovin) représente de nos jours la troisième source de devises étrangères du Mali derrière le coton et l'or. Les principales cultures vivrières sont le millet, l'arachide et le riz.

MINES ET INDUSTRIE :

L'industrialisation passe par le secteur minier; le Mali est devenu un important producteur d'or; le métal jaune assure de nos jours le quart des exportations du pays. En revanche, les programmes d'exploitation diamantifère battent de l'aile. Le Mali possède aussi d'autres ressources naturelles (phosphate, uranium, bauxite, fer, manganèse, étain et cuivre). Le secteur minier pourrait ainsi devenir le moteur de l'industrialisation. L'industrie manufacturière se concentre pour l'instant sur l'agro-alimentaire et la production de biens de consommation courante destinés au marché local.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Nécessité de diversifier l'économie grâce aux investisseurs étrangers. Le Mali est l'un des pays les plus pauvres du monde : 65% de son territoire est désertique. L'activité économique se limite à la région irriguée par le Niger. Les nomades constituent environ 10% de la population, et quelque 80% de la population active travaille dans l'agriculture. Le Mali est fortement dépendant de l'aide internationale, et demeure vulnérable vis à vis des cours mondiaux du coton et de l'or. Bamako poursuit cependant un programme d'ajustement structurel avec le FMI qui devrait permettre à l'économie de se diversifier en attirant des investissements internationaux, grâce notamment à des privatisations et des réductions d'impôts. Le Mali a déja aboli les droits et taxes de sortie sur un grand nombre de produits et crée des zones franches défiscalisées. Mais les exportations restent handicapées par les taxes et autres autorisations spéciales touchant certains produits. Le taux de couverture moyen des importations par les exportations ne dépasse ainsi pas 50%. La balance des services est également dans le rouge en raison des coûts de fret (pays enclavé) et du service de la dette extérieure, aggravé par la dévaluation du franc CFA. Le FMI est cependant satisfait et évoque la possibilité d'un allégement de la dette d'ici à fin 1999.

- NIGER

Population : 10 078 000

Langues : français, haoussa, peul, zarma, kanuri, tamachaq (touareg)

Mortalité infantile : 115 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 48,5 ans (95-2000)

Population urbaine : 19,7%

Indice de développement humain : 0,298 (1997)

Analphabétisme hommes : 78,3% (1997)

Analphabétisme femmes : 92,7% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 13,2%

Croissance 1998 (économie) : 8,4%

Croissance annuelle (économie) : 1,7% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 3,2% (95-2000)

PIB total (PPA) : 8292 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 850 dollars (1997)

Taux d'inflation : 4,5%

Importations : 324 millions dollars

Exportations : 269 millions dollars

Nature de l'Etat : en attente (coup d'état)

Nature du régime : présidentiel militaire

0-14 ans : 48,60%

15-64 ans : 48,94%

65 et plus : 2,43%

Dette extérieure brute : 1,7 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

Le pays a traversé une période d'importantes difficultés, tant politiques (contestation du pouvoir du général Ibrahim Baré Maïnassara, issu du coup d'état de Janvier 1996, par une opposition qui s'est regroupée dès septembre suivant au sein du Front pour la restauration et la défense de la démocratie - FRDD - rébellions touarègue et toubou), qu'économiques (déficits céréaliers, baisse du prix de l'uranium) et sociales (grèves récurrentes des fonctionnaires contestant le programme de privatisation et réclamant jusqu'à 7 mois d'arriérés de salaire, colère des étudiants en attente de paiement de plus d'un an de bourses d'études, mutineries de soldats). A partir de l'été 98, leur avait succédé une série d'embellies. Les rebelles touaregs et toubous de l'Union des forces de la résistance armée (UFRA) ont achevé leur désarmement en juin et le Front démocratique révolutionnaire (FDR, à composante essentiellement toubou) a signé le 23 août, un cessez-le-feu qui avait permis le retour à la sécurité. En conséquence, plusieurs milliers de Touaregs nigériens réfugiés en Algérie sont rentrés au pays. Un accord, signé en Juillet 98 avait fourni une issue à la crise politique. En septembre, les partis de l'opposition ont accepté de siéger au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ils ont ensuite participé aux élections municipales, départementales et régionales rendues nécessaires par la décentralisation administrative du pays (7 février 99), où ils ont obtenu la victoire.

Cette évolution avait été bien accueillie par les bailleurs de fonds, le Niger ayant obtenu un satisfecit pour le bilan positif des deux ans de la Facilité d'ajustement structurel renforcé (FASR) qui lui avait été accordée par le FMI et renouvelée pour une 3ème année à partir de Juin 1998. Les pluies catastrophiques de l'été 98 ont fait plusieurs morts et des milliers de réfugiés, mais ont amené une récolte exceptionnelle. Les résultats des premières prospections ont autorisé des espoirs d'exploitation industrielle de l'or et du pétrole nigériens.

Ces débuts de retour à l'optimisme ont été cependant remis en cause par l'assassinat, le 9 avril 99, du président Baré et la prise du pouvoir du chef de la garde présidentielle, Daouda Mallam Wanké, nommé chef de l'état par un Conseil de Réconciliation Nationale (CRN). Le nouvel homme fort du régime a reconduit dans ses fonctions le premier Ministre Ibrahim Hassane Mayaki et a annoncé qu'il rendrait le pouvoir aux civils dans neuf mois. le coup d'état a néanmoins suscité la désapprobation générale à l'étranger et la suspension de la coopération de nombreux pays.

1999
Avec un nouveau président, Mamadou Tandja, élu le 24 novembre, le Niger retrouve un pouvoir civil après quatre ans de direction militaire et deux coups d'Etat, l'un perpétré en janvier 1996 par Ibrahim Baré Maïnassara, qui se fit élire un an plus tard, l'autre, mené par sa propre garde et qui lui a coûté la vie en avril 1999. Mais le pays n'en est pas pour autant tiré d'affaire. Classé parmi les Etats les plus pauvres du monde, le Niger a perdu, au cours des dix dernières années, ses deux plus importantes sources de revenu: l'uranium dont les cours mondiaux se sont effondrés et le tourisme qui apportait notamment des devises aux régions désertiques et qui ne se relève
des quatre années de rébellion armée touarègue entre 1990 et 1994.
Vivant quasiment exclusivement de l'aide internationale, notamment française et européenne, le pays s'est vu à deux reprises priver de ses soutiens, lors de la prise de pouvoir du général Maïnassara, puis lors du dernier coup d'Etat. Depuis avril, pas un sou n'est entré dans les caisses l'Etat, déjà quasiment vides. La paie des fonctionnaires accuse d'énormes retards et les infrastructures, en particulier sociales et sanitaires, se sont considérablement dégradées.
Les syndicats et les étudiants ont mené ces derniers mois grève sur grève.
Le nouveau président hérite d'un pays en pleine banqueroute et d'un personnel administratif impécunieux et démotivé. L'Union européenne et la France, qui faisaient dépendre la reprise de leur aide du retour à la démocratie, vont sans doute venir à sa rescousse, tout comme le Fonds  monétaire international et la Banque mondiale. A condition que la classe. politique, dont les divisions ont déja mis en péril le pays et abouti au coup d'Etat de 1993, joue elle aussi l'apaisement.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 38%; Industrie : 6,6%; Mines : 11,4%; Services : 44%

AGRICULTURE :

Un secteur tiré par l'élevage. Le secteur agricole est centré sur l'élevage, qui génère 20% des recettes à l'exportation du pays. Les terres arables ne sont pas étendues : leur superficie varie, tout comme les rendements, en fonction de la pluviométrie. Les principales cultures sont le coton, l'arachide, le millet, le sorgho, le tapioca et le riz.

MINES ET INDUSTRIE :

Une industrie pauvre. L'uranium représente 67% des exportations. L'industrie est très peu développée, et se concentre sur l'agro-alimentaire, la chimie et le ciment.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

La lutte contre la pauvreté. Après avoir présenté en mars 98 un plan de lutte contre la pauvreté sur 4 ans, le Niger a reçu des promesses d'aide d'un montant de 200 millions de dollars. Le Niger est l'un des 10 états les plus pauvres du monde . Les deux tiers de sa population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Depuis 96, le pays applique un programme d'ajustement structurel pour bénéficier régulièrement de crédits octroyés par les institutions financières internationales. Mais la coopération de plusieurs bailleurs de fonds a été interrompue après l'assassinat en avril 99 du président par des éléments de la garde présidentielle. Avant cet assassinat, les institutions de Bretton Woods avaient délivré un satisfecit au Niger pour la bonne exécution du programme d'ajustement.

- TCHAD

Population : 7 270 000

Langues : français, arabe, sara, boulala, baguimi....

Mortalité infantile : 112 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 47,2 ans (95-2000)

Population urbaine : 23,2%

Indice de développement humain : 0,393 (1997)

Analphabétisme hommes : 37,9% (1997)

Analphabétisme femmes : 65,3% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 26,4%

Croissance 1998 (économie) : 7,0%

Croissance annuelle (économie) : 3,8% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2,6% (95-2000)

PIB total (PPA) : 6918 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 970 dollars (1997)

Taux d'inflation : 4,5%

Importations : 327 millions dollars

Exportations : 247 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 50,43%

15-64 ans : 45,18%

65 et plus : 3,07%

Dette extérieure brute : 1,1 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

En 98-99, le pouvoir du général Idriss Déby n'avait toujours pas su créer la réalité d'un état de droit ni empêcher la prolifération des mouvements politico-militaires rebelles. Ceux-ci ont renoué avec la pratique des enlèvements : 4 français pris en otage en février 98 par le Dr Naho de l'Union des forces démocratiques (UFD), et 8 européens ont été enlevé en mars 99 dans le Tibesti par un groupe armé du Front national du Tchad rénové (FNTR). Un nouvel accord de paix a été signé en mai 98 par les Forces armées pour la république fédérale (FARF) de Bardé, puis ce mouvement a fusionné en novembre avec le Mouvement patriotique du Salut (MPS, au pouvoir), mais un nouveau front s'est ouvert en décembre 98 dans le Tibesti avec les affrontements de l'armée et du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), de l'ancien ministre de la Défense Youssouf Togoïmi.

Cette nouvelle rébellion, à composante essentiellement toubou, a enregistré en février et mars 99, des succès militaires salués par le FNTR et le Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD). Certains opposants en exil ont cependant été arrêté, notamment en Lybie et au Nigeria, par le fait d'une intense politique de rapprochement avec certains états voisins. Ainsi le réchauffement des relations avec la Lybie a t-il abouti, en avril 98, à une réconciliation définitive et en novembre, à l'ouverture officielle des frontières terrestres entre les deux pays. Le Tchad s'est largement engagé aux côtés de Kabila dans le conflit au Congo-Kinshasa en envoyant un contingent de plusieurs centaines d'hommes combattre, avec des pertes importantes, la rébellion soutenue par l'Ouganda et le Rwanda.

Le FMI a versé en mai 98 la 3ème tranche annuelle de la Facilité d'ajustement structurel renforcé (FASR), qui s'est montée à 22 millions de dollars, en attendant que le Tchad atteigne les objectifs d'un déficit budgétaire inférieur à 9% et de la privatisation de certains secteurs importants, notamment celui du coton (celui d'une croissance d'au moins 6% était déjà atteint en 98 avec un taux de 7%). Les revenus issus de l'extraction pétrolière tardaient toutefois à arriver, les travaux de l'oléoduc Tchad-Cameroun, prévus depuis 93, ne parvenant pas à démarrer devant les oppositions écologistes et les exigences sécuritaires des bailleurs de fonds. Le principal partenaire du Tchad reste la France, avec un encaissement de plus de 100 millions de FF pour 98 par l'Agence française de développement (AFD) et le maintien d'un important dispositif militaire.

1999
L'histoire se répète au Tchad. De nouveau, le pouvoir se joue sur les pentes du massif du Tibesti, dans le nord du pays. Youssouf Togoïmi, un magistrat respecté d'origine toubou, ancien ministre de la défense du président Idriss Déby, s'est juré de faire mordre la poussière au clan présidentiel. Son Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), créé en octobre 1998, avec quelques centaines de guerriers, semble infliger de lourdes pertes au camp gouvernemental.
Début novembre 1999, les rebelles du MDJT ont publié une liste d'une cinquantaine de noms d'officiers supérieurs et de sous-officiers de la garde présidentielle tués au cours d'une bataille à proximité de l'oasis d'Omou. A N'Djamena, les défections au sein de l'armée ont même été assez significatives pour plonger les premiers cercles du pouvoir dans une réelle inquiétude. Cela étant, le régime d'Idriss Déby ne se départ aucunement d'une stratégie de communication consistant à traiter cet énième mouvement de rébellion par le mépris.
Il lui importe surtout de pérenniser la confiance acquise auprès des bailleurs de fonds internationaux. La détermination de l'Etat tchadien à honorer coûte que coûte son programme d'ajustement structurel a fini par forcer le respect des institutions de Bretton Woods. Les déséquilibres intérieurs et extérieurs ont été réduits de façon appréciable.

Mais l'économie réelle s'asphyxie. Un organisme privé de développement des PME chiffre à 70 % le pourcentage des entreprises ayant cessé leur activités ou glissé vers le secteur informel.
Les grandes sociétés publiques ne se portent guère mieux. La première d'entre elles, la Société nationale sucrière du Tchad (Sonasut), en cours de privatisation, frôle la cessation de paiements, sa médiocre compétitivité l'empêchant de rivaliser avec les importations brésiliennes. Quant à l'entreprise publique Coton Tchad, qui engrange le plus de recettes à l'export, son déficit au cours de l'exercice 1998-1999 s'élèverait à près de 600 millions de francs, en raison d'un déficit de la pluviométrie. Enfin, les compagnies Shell et Elf se sont retirées du projet d'exploitation de trois gisements pétroliers dans Je sud et de construction d'un oléoduc vers la côte Atlantique, au Cameroun.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 38,8%; Industrie : 12,2%; Mines : 2,6%; Services : 46,4%

AGRICULTURE :

Coton et gomme arabique. Les cultures sont relativement importantes pour un pays qui souffre d'un manque d'eau chronique. Le coton est la première source de devises du pays. La filière a été privatisée lors de la campagne 97-98. La gomme arabique est la deuxième culture du pays. L'élevage est très important (les pâturages couvrent 36% du pays) et concerne les bovins, les ovins, les caprins et les chameaux. Les cultures vivrières sont le sorgho, le millet, l'arachide, le riz, la pomme de terre et le manioc. Le lac Tchad permet l'existence d'une filière pêche.

MINES ET INDUSTRIE :

L'avenir du projet pétrolier reste incertain. Ce pays possède des réserves de kaolin et d'uranium, mais sa véritable richesse est un gisement d'un milliard de tonnes de pétrole à Doba, dont on annonce régulièrement depuis plusieurs années l'exploitation. Ce projet comporte le forage de 300 puits avec 3000 création d'emplois, et la construction d'un oléoduc de 1050 Km qui traversera des forêts. La construction de ce pipeline reste incertaine, les écologistes étant engagés contre ce projet. En cas d'abandon du projet, tout développement pétrolier de la région (Tchad, Niger et Soudan) deviendrait incertain. Les champs du Niger et du Soudan ne sont économiquement viables que s'ils sont reliés à ce pipeline. En attendant la manne pétrolière, l'industrie se cantonne aux secteur traditionnels du textile (coton), de l'agro-alimentaire (viande, bière) et des biens de consommation courante (savon, cigarettes).

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

En attendant le pétrole. L'exploitation de ses réserves de pétrole constitue le projet du siècle pour ce pays, l'un des pays les plus pauvres de la planète, où l'espérance de vie est de 48 ans seulement et où 2% des habitants disposent de l'électricité. Les royalties du pétrole permettraient au Tchad de doubler son maigre budget, mais sous surveillance : la Banque mondiale a obtenu du gouvernement tchadien la perte de sa souveraineté sur l'utilisation des pétrodollars. Ndjamena a accepté de bloquer les 100 millions de dollars de recettes annuelles du pétrole sur un compte séquestre offshore. L'argent devrait ainsi être affecté aux secteur sociaux (éducation et santé) et au développement rural ainsi qu'aux infrastructures, et 10% des recettes aller aux générations futures grâce à un compte d'épargne ouvert dans une institution internationale et bloquée pendant 25 ans. Le FMI, quant à lui, s'inquiète du ralentissement de la croissance prévu en 99. Le déficit sous-jacent du budget constitue une autre source d'inquiétude, et le FMI invite les autorités tchadiennes à surveiller de près l'exécution de leur budget.

AFRIQUE EXTREME-OCCIDENTALE (Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Sénégal, Sierra Leone).

- GAMBIE

Population : 1 229 000

Langues : anglais, ouolof, malinké, peul...

Mortalité infantile : 122 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 47 ans (95-2000)

Population urbaine : 31,1%

Indice de développement humain : 0,391 (1997)

Analphabétisme hommes : 59,9% (1997)

Analphabétisme femmes : 73,6% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 40,9% (91)

Croissance 1998 (économie) : 7,8%

Croissance annuelle (économie) : 1,9% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 3,2% (95-2000)

PIB total (PPA) : 1731 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1470 dollars (1997)

Taux d'inflation : 3,8%

Importations : 251 millions dollars

Exportations : 19 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire (République islamique)

Nature du régime : parlementaire

0-14 ans : 41,72%

15-64 ans : 54,90%

65 et plus : 2,93%

Dette extérieure brute : 0,466 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

La valse des ministres a continué. Jaloux de son pouvoir, l'ex-lieutenant Yaya Jammey, parvenu au pouvoir après avoir renversé Dawda Jawara en juillet 94, a continué de gouverner de manière autoritaire. Hawa Sissay Sabally, ministre de la Justice, a été remplacé le 31 juillet 98 par Fatou Bensouda, sans explication. Le chef de l'état a également limogé, le 22 janvier 99, 4 secrétaires d'état. Au ministère de l'Intérieur, Ousman Badji a remplacé Ousman Bodjang. Badji avait été arrêté en 95 en même temps que Sana Sabally, compagnon de putsch de Y.Jammeh suspecté d'avoir voulu le renverser. Egalement dans le collimateur du président, le Parti démocratique uni (UDP, opposition), qui lui a reproché sa mauvaise gestion de l'économie. Privé d'assistance financière, le pays vit grâce à des prêts accordés par Taïwan et la Lybie. Des journalistes du Daily Observer ont été arrêtés, en septembre 98, pour avoir évoqué l'effondrement d'un mur de la Présidence, qui aurait révélé la présence de matériel militaire dans le bâtiment.

1999
La célébration du cinquième  anniversaire du coup d'Etat de juillet 1994 a, de nouveau, illustré la difficulté qu'éprouve le régime gambien à s'assagir. Fustigeant « certains pays occidentaux » qui veulent imposer « leur conception de la démocratie », le président Yahya Jammeh a exigé le remboursement de l'or accumulé par l'Europe durant la période coloniale. Le discours doit plaire à Tripoli, où le chef de l'Etat gambien se rend avec régularité. En retour, les lots de médicaments, les machines agricoles, les équipements scolaires et les financements divers récompensent cette fidélité.
Mais Banjul sait ne point trop sacrifier à l'idéologie révolutionnaire, comme le prouve l'appréciation favorable, décernée, en juin 1999, par le FMI. L'inflation reste maîtrisée, dans le contexte d'une activité soutenue (dans le secteur des travaux publics notamment) et d'une progression des réserves de change. La restructuration bancaire avance convenablement. Un « écotourisme » rémunérateur est en cours de développement.
Malgré ce palmarès, le régime a encore fort à faire avant de démontrer son adhésion aux principes de la « bonne gouvernance ». La réforme fiscale et administrative s'avère insuffisante. Les scandales politico-financiers se multiplient. La puissante société arachidière d'Etat GDC a fait l'objet d'accusations de malversations. Des responsables de la présidence ont été limogés à la suite de détournements de fonds publics. Pire, l'opposition a mis en cause le chef de l'Etat dans les variations anormales du prix du riz, l'aliment de base des Gambiens.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 29,9%; Industrie : 6%; Mines : 8,7%; Services : 55,4%

AGRICULTURE :

Une baisse inquiétante des pluies. Les terres arables couvrent le cinquième de la superficie du pays, mais l'agriculture gambienne, première source du pays, souffre de la chute de 30% de la pluviométrie enregistrée au cours des 30 dernières années. Première production du pays jusqu'aux années 80, l'arachide connaît depuis une forte baisse des récoltes. Elles sont tombées de 120 000 tonnes en 87 à 45 000 tonnes en 97. Le riz bénéficie d'un projet d'aménagement des bas-fonds, financée par la Banque africaine du développement, qui devrait assurer l'autosuffisance en riz. Le développement de l'élevage est aussi envisagée. Pour l'instant, le cheptel n'est pas très important. La pêche est un autre secteur privilégié, mais qui est loin de réaliser son potentiel.

MINES ET INDUSTRIE :

Industrie légère et tourisme. La Gambie est sans ressources minières, et l'industrie légère, centrée sur l'agro-alimentaire (huile d'arachide et conserveries de poisson) est très peu développée. L'activité touristique est florissante : le secteur représente 12% du PIB et assure 18% des rentrées de devises du pays.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

La Gambie ne possède aucune ressource naturelle, et sa base agricole est limitée. Le développement économique reste dépendant de l'aide financière internationale et de la bonne gestion de l'état. Le gouvernement a justement lancé sous le nom de Vision 2020 un très ambitieux programme de développement. Il s'agit de transformer le pays en un centre financier, un paradis touristique et une plate-forme commerciale. On en est loin : la croissance économique reste inférieure à la croissance démographique et le service de la dette accapare 40% des revenus de l'état.

- GUINEE

Population : 7 337 000

Langues : français, malinké, peuls, ....

Mortalité infantile : 124 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 46.5 ans (95-2000)

Population urbaine : 31.4 %

Indice de développement humain : 0.398 (1997)

Analphabétisme hommes : 50.1% (1995)

Analphabétisme femmes : 78.1% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 18.8% (91)

Croissance 1998 (économie) : 4.6%

Croissance annuelle (économie) : 4,3%

Croissance annuelle (démographie) : 0.8% (95-2000)

PIB total (PPA) : 13 016 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1880 dollars (1997)

Taux d'inflation : 5.1%

Importations : 616 millions dollars

Exportations : 695 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 45.64%

15-64 ans : 51.57%

65 et plus : 2.61%

Dette extérieure brute : 2.7 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

L'élection présidentielle du 14 décembre 1998 ne s 'est guère déroulée dans la transparence. Réclamée par l'opposition, l'instauration d'un Haut Conseil électoral indépendant n'a été d'aucun secours, car il a été privé de tout moyen matériel de contrôle. Le Parti de l'unité et du progrès (PUP, au pouvoir) était tellement assuré de l'emporter que rien n'avait été organisé en vue d'un éventuel second tour. Marquée par de nombreuses échauffourées, la carnpagne électorale avait laissé présager le pire, mais le vote s'est déroulé dans le calme. Dès le 15 décembre, cependant, Alpha Condé, leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), a été arrêté et détenu dans un camp militaire. Il avait annoncé son intention de manifester en cas de nouvelles fraudes. Toujours emprisonné à la mi-1999, il a entamé une grève de la faim. Le président sortant l'a emporté avec 56 % des voix, un score meilleur qu'en 1993 (51,7 %),lors du premier scrutin multipartite du pays. Au pouvoir depuis la mort de Sékou Touré, en 1984, le général LansanaConté (64 ans) a été réélu avec l'aval d'observateurs étrangers, qui ont estimé que !es irrégularités constatées n'empêchaient pas la validité des résultats. Mamadou Bâ, leader du Parti pour le renouveau et le progrès (PRP) , est arrié en deuxième position (24,6 %) devant A Condé (16,5 %) Une fois de plus ,ce scrutin a mis en évidence les cliages ethniques du pays, les Soussous (au sud, 15% de la population) était acquis à L.Conté ; les Peuls (au nord, 35 % ) à M. Bâ ; et les Malinkés (au centre, 30 % ) à A. Condé. La détérioration du climat politique, dans ce pays voisin de Sierra Léone et du Libéria, a entravé l'activité économique. Pourtant, l'assainissement financier prévu dans le cadre d'une Facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR) , signée le 13 janvier 1997 avec le FMI, a été rigoureusement respecté. Nouveau code de l'assurance, remplacement de la plupart des magistrats : l'environnement juridique guinéen, dont la réputation était plus que mauvaise, a lui aussi bénéficié d'un grand. coup de balai ..le limogeage de Sydia Touré n'a pas contribué à restaurer la confiance. Premier ministre populaire et efficace (avec l'amorce d'une réforme de l'administration et une remise au travail générale) , il a été remplacé, le 8 mars 1 999, par Lamine Sidimé, ancien président de la Cour suprême, qui a conservé pour l'essentiel l'équipe gouvernementale en place. Bien qu'intéressés par le potentiel du pays, les investisseurs étrangers faisaient, plus que jamais, défaut à la Guinée.

1999
Une lettre bouleversante sur le cadavre d'un adolescent aura fait découvrir au monde entier la désespérance d'un peuple. Le 2 août 1999, Yaguine Koïta, quatorze ans, et son compagnon d'infortune, Fodé Kountara, quinze ans, sont retrouvés morts dans le train d'atterrissage d'un avion reliant Conakry et Bruxelles. Une dizaine de jours avant d'entreprendre ce voyage insensé, Yaguine écrivait: « Si vous voyez que nous sacrifions et exposons notre vie, c'est parce qu'on souffre trop en Afrique. » L'émotion est si forte qu'à l'ouverture de la réunion du FMI en septembre, son directeur général, Michel Camdessus, décide de citer, dans son allocution, les dernières lignes de ce jeune Guinéen devenu un symbole.
Etant peu ou prou parvenu, hors de ses frontières, à redorer le blason de sa gestion économique, le président Lansana Conté se serait volontiers passé de cette célébrité funèbre. Même sa réélection hautement contestée à la tête de l'Etat, en décembre 1998, avait très vite été entérinée. Ne restait plus qu'à renouveler le premier ministre, en faisant passer le relais d'un technicien à un autre, en l'occurrence à Lamine Sidimé, un ancien avocat, président de la Cour suprême. Celui-ci a eu à préparer deux visites officielles de la plus haute importance pour le général Conté: en juillet, celle du président français, Jacques Chirac, qui a inauguré un barrage hydroélectrique financé par l'Agence française de développement (AFD), puis en octobre, celle du secrétaire d'Etat américain, Madeleine Albright.
Dans son environnement régional immédiat (Guinée-Bissau, Sierra Leone et Liberia), la Guinée entend, en effet, s'imposer comme un acteur essentiel, mais d'une curieuse façon. A peine oubliée sa piteuse aventure bissau-guinéenne de 1998, elle a failli ouvrir, en 1999, un conflit armé avec Monrovia. Le chef de l'Etat libérien, Charles Taylor, qui accuse Conakry de soutenir des factions rebelles, s'est alors fait menaçant.
Outre ces velléités guerrières, les bailleurs de fonds pourraient ne pas apprécier les conclusions de l'enquête ouverte dans l'affaire du détournement présumé de fonds massifs au sein de la société Friguia, qui exploite la principale richesse du pays, la bauxite. L'avant-projet de budget 2000, pétri d'austérité, pourrait ne pas suffire à les convaincre si le scandale venait à éclabousser le gouvernement.

AGRICULTURE :

Importateur net d'aliments. La Guinée est un pays extraordinairement bien loti par la nature: tout y est encore vert à la fin de la saison sèche. Pourtant, les terres ne sont pas correctement exploitées et le pays n'assure pas la sécurité alimentaire de ses habitants. Les principales cultures sont le riz, le café (l'un des seuls produits d'exportation), l'ananas, le manioc, la banane et la patate douce. Les surfaces consacrées à l'élevage (bovins essentiellement) sont plus importantes, mais la production de bois est médiocre. La pêche est une importante source de devises.

MINES ET INDUSTRIE :

Le sous-sol riche mais un tissu industriel peu développé : le sous-sol regorge de richesses : or, diamant, bauxite ( dont le pays est l'un des premiers producteurs au monde), ainsi que des réserves de fer, de titane, de cuivre, d'uranium et de nickel encore inexploitées. La production d'alumine, première transformation de la bauxite pour l'aluminium, se développe. Cette industrie attire de nos jours la majeure partie des investissements étrangers dans le pays. Par ailleurs, le Sud Africain De Beers s'est lancé dans un vaste programme d'exploration diamantifère. S'il existe en Guinée des fonderies d'aluminium, l'industrie est généralement plus légère, dominée par l'agroalimentaire.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Le satisfecit du FMI. La Guinée est arrivée en 1999 au terme d'un premier programme triennal d'ajustement structurel avec le , FMI, qui jugeait alors " globalement satisfaisantes » les performances économiques guinéennes, leur reconnaissant d'autant , plus de" valeur » qu'elles furent réalisées dans un environnement régional instable (référence à la situation dans certains pays voisins -Sierra Leone, Liberia et Guinée-Bissau). La Guinée a pris au cours des dernières années des mesures de libéralisation, réalisé quelques privatisations et remis de l'ordre dans ses principaux indicateurs macroéconomiques. Mais, malgré ses ressources abondantes (le secteur minier représente les trois quarts des exportations du pays), le développement reste encore handicapé par un manque d'infrastructures, ce qui rend difficile l'essor du potentiel touristique souhaité par les autorités, et surtout par la faiblesse des investissements, notamment étrangers. Le redressement reste donc fragile. En 1998, l'afflux de réfugiés des pays voisins a pesé lourdement sur le budget du pays. A long terme il faudra, pour qu'un décollage économique puise avoir lieu, mettre de l'ordre dans la fiscalité du pays, améliorer .la formation et mettre en place un cadre Juridique clair pour les investisseurs.

- GUINEEE-BISSAU

Population : 1 161 000

Langues : portugais, créole, mandé...

Mortalité infantile : 130 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 45 ans (95-2000)

Population urbaine : 22.9 %

Indice de développement humain : 0.343 (1997)

Analphabétisme hommes : 50.3% (1995)

Analphabétisme femmes : 81.8% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 25.5% (90)

Croissance 1998 (économie) : -21%

Croissance annuelle (économie) : 3,5% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.2% (95-2000)

PIB total (PPA) : 1066 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 918 dollars (1997)

Taux d'inflation : 3.1%

Importations : 75 millions dollars

Exportations : 54 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : transitoire. A la suite des accords d'Abuja (1.11.98)

entre la rébellion militaire et le cabinet en place, un gouvernement d'union nationale

a été investi le 2.2.99, en vue de l'organisation d'élections législatives et présidentielles

avant la fin 99.

0-14 ans : 42.56%

15-64 ans : 52.91%

65 et plus : 4.03%

Dette extérieure brute : 0.809 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Le conflit déclenché par la mutinerie militaire du 7 juin 98 s'est enlisé. Rallié par la majeure partie de l'armée, le général Ansumane Mané, chef d'État-Major limogé dans e cadre d'une affaire de trafic d'armes, a pris la direction d'une rébellion. Le président Joao Bemardo .Nino .VIeira (au pouvoir depuis 1975) avait organisé la riposte avec une frange loyaliste de l'armée et des contingents (3000 hommes au total) envoyés par le Sénégal et la Guinée. Un accord de cessez-Ie-feu avait été signé le 25 août 1998, mais les combats avaient repris le 9 octobre, après l'échec de pourparlers organisés à Abidjan Un accord de paix avait ensuite été signé, le 1er novembre 1998, à Abuja (Nigéria) et un gouvemement d'union nationale investi le 20 février 1999 Les troupes sénégalaises et guinéennes avaient été remplacées par un contingent léger de la force d'interposition ouest-africaine Ecomog. Coup de théâtre : la junte militaire de A. Mané a renversé, le 7 mai, le président Nino Vieira. Impopulaire, de plus en plus isolé et confronté aux preuves de sa propre implication dans le trafic d'armes qui a déclenché le conflit, l'ancien chef de l'État a trouvé refuge au Portugal. Son honneur lavé, A. Mané a confirmé son intention de ne pas se présenter à l'élection présidentielle, maintenue pour le 28 novembre 1999.

1999
Depuis les accords de paix conclus à Abuja en novembre 1998 et censés mettre fin à cinq mois de guerre civile, la destitution du président Joao Bernardo Vieira par son ancien chef d'état-major Ansumane Mané n'était qu'une question de temps. Le 8 mai 1999, il aura suffi de quelques heures à ses troupes pour mettre en déroute le dernier carré de soldats restés loyaux au chef de l'Etat, pour la plupart issus de son ethnie. Selon la thèse de la junte rebelle -contredite par la force africaine de maintien de la paix (Ecomog) présente à Bissau -les militaires loyalistes se préparaient à violer le cessez-le-feu.
Soucieuse de préserver un semblant de légalité, la junte a laissé le vaincu s'exiler à Lisbonne, en mettant à sa place et à titre intérimaire le président de l'Assemblée nationale, Malam Bacaï Sanha. Mais, dès le mois d'août, un détournement de fonds publics de 15 millions de dollars (90 millions de francs) a été invoqué par le gouvernement bissau-guinéen pour demander au Portugal l'extradition du général Vieira.
Les 250 000 citoyens déplacés, les 11500 mines antipersonnel dispersées et les cultures de riz délaissées sont là pour rappeler Bissau à plus de raison. Soucieux de tourner cette page sanglante de près d'une année, les bailleurs de fonds ont commencé à apporter leurs concours. Le 14 septembre, le FMI a approuvé un crédit « post-conflit » de 3 millions de dollars (18 millions de francs). Moins d'un mois plus tard, l'Union européenne a versé la première tranche d'une aide de 11 millions de dollars (66 millions de francs). Fin octobre, en visite à Lisbonne, le général Mané a obtenu des assurances sur un programme de coopération bilatéral de 40 millions d'euros (262,4 millions de francs). Tout dépend du deuxième tour de l'élection présidentielle, le 16 janvier 2000, le premier ayant été largement dominé par le candidat de l'opposition Kumba Yalla.

Répartition par secteurs d'activité:

Agriculture : 53.8%; Industrie : 7.0%; Mines : 4.0%; Services : 35.2%

AGRICULTURE :

Un gros producteur de noix de cajou. L'agriculture est le secteur le plus irnportant de l'économie de la Guinée-Bissau, représentant plus de la moitié du PIB et tous les produits d'exportation du pays. Le premier d'entre eux est la noix de cajou (95% des exportations), suivi de l'arachide. La pêche et le bois sont également des sources de recettes extérieures. Les principales productions vivrières sont le riz, le maïs et les haricots.

MINES ET INDUSTRIE :

Une industrie inexistante. Le pays possède quelques ressources minières (phosphates, bauxite, réserves de pétrole ), encore inexploitées en raison du manque d'infrastructures. Le peu d'industries manufacturières qui existe tourne autour du conditionnement des produits agricoles.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Des progrès réduits à néant. Onze mois de rébellion auront suffi pour réduire à néant les progrès dus aux réformes économiques et financières qui avait permis l'adhésion en mai 1997 à la zone franc CFA. Au premier semestre 1998, juste avant la rébellion, le taux de croissance était de 5% et l'inflation avait baissé de 59% à 13,4%. Mais le conflit armé a stoppé l'expansion: la croissance sera sans doute négative en 1999. Sans activité économique, les recettes fiscales baissent, et le pays a pris du retard dans la mise en place des programmes de réformes nécessaires et urgents: la dette équivaut à trois fois et demie le PIE et à seize fois les exportations. II faut trouver le moyen de faire revenir les cadres et les opérateurs économiques, et de réhabiliter les infrastructures dans les secteurs de la santé, de l'énergie, de l'eau, des transports et des télécommunications. La situation alimentaire apparaît cependant moins catastrophique que prévu dans la mesure où les récoltes de l'automne dernier ont été satisfaisantes.

- LIBERIA

Population : 2 666 000

Langues : anglais, bassa, kpellé, kru.....

Mortalité infantile : 116 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 47.3 ans (95-2000)

Population urbaine : 46.7 %

Indice de développement humain : non connu

Analphabétisme hommes : 35.1% (1995)

Analphabétisme femmes : 68.3% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 27.6% (86)

Croissance 1998 (économie) : non connue

Croissance annuelle (économie) : non connue

Croissance annuelle (démographie) : 8.2% (95-2000)

PIB total (PPA) : 2911 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1092 dollars (1997)

Taux d'inflation : non connu

Importations : 4015 millions dollars

Exportations : 1080 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 45.10%

15-64 ans : 52.55%

65 et plus : 2.66%

Dette extérieure brute : 1.150 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

AGRICULTURE :

Des bois tropicaux. La forêt couvre près de 20% de la superficie de ce petit pays, mais recèle des essences tropicales qui pourraient constituer la première richesse du pays si elles étaient correctement exploitées. La production agricole est variée -caoutchouc, café, cacao, riz, manioc, huile de palme, canne à sucre, banane -mais connaît une baisse continue depuis une dizaine d'années.

MINES ET INDUSTRIE :

L'industrie détruite. Le sous-sol libérien recèle de richesses notamment des diamants, de l'or et du fer. La contrebande de damants a été chronique pendant la guerre. L'exploitation des mines est en train de reprendre, mais il sera plus long de rétablir le tissu industriel, en lambeaux après sept années de guerre. Seules subsistent quelques usines agroalimentaires.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Un pays à reconstruire. Entamée fin 1989, la guerre civile aurait fait plus de 150 000 morts et contraint la moitié de population à l'exode (2,5 millions d'habitants au total a guerre), y compris de nombreux hommes d'affaires dont le départ a privé le pays à la fois de leur argent et de leur expertise. Le pays sort ruiné de cet épisode: toutes les infrastructures ont été dévalisées -jusqu'aux câbles et structures métalliques de la compagnie d'électricité bradés à l'étranger. Les besoins en. investissement sont immenses, mais les bailleurs de fonds ne se bousculent pas. Le nouveau gouvernement a hérité des dettes du précédent et dépend pour ses revenus des registres maritimes : le pays tire la majeure partie de ses rentrées en devises de l'immatriculation de navires marchands sous pavillon libérien, grâce à ces conditions, notamment fiscales, très favorables. La reconstruction des infrastructures dépend de l'affermissement de la paix et de la mise en place d'une politique macroéconomique saine.

- SENEGAL

Population : 9 003 000

Langues : français, ouolof, peul, sérère, dioula...

Mortalité infantile : 63 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 52.3 ans (95-2000)

Population urbaine : 45.7 %

Indice de développement humain : 0.426

Analphabétisme hommes : 55.5% (1995)

Analphabétisme femmes : 75.2% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 30% (90)

Croissance 1998 (économie) : 5.7%

Croissance annuelle (économie) : 2,5% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.6% (95-2000)

PIB total (PPA) : 15 230 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1730 dollars (1997)

Taux d'inflation : 1.5%

Importations : 1386 millions dollars

Exportations : 976 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel, multipartisme

0-14 ans : 45.11%

15-64 ans : 52.28%

65 et plus : 2.60%

Dette extérieure brute : 3.767 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Après les législatives du 24 mai 1998, qui ont conféré une majorité absolue au Parti socialiste (PS, au pouvoir), le chef de l'État Abdou Diouf a formé un nouveau gouvernement. Le principal changement a été le départ de Habib Thiam, remplacé au poste de Premier ministre par l'ancien ministre de l'Économie et des Finances Mamadou Lamine Loum. L'opposition, qui a protesté contre la victoire électorale du PS, accusé de fraude, s'est cherché une stratégie.Il a fallu une révision de la Constitution, votée le 27 août 1998 par la majorité socialiste, pour remobiliser ses ténors, regroupés en deux alliances. La disposition qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs (adoptée en 1992 sur un mode consensuel, après consultation de toute la classe politique) a été unilatéralement abolie. Ce retour en arrière donnait toute latitude à A. Diouf (65 ans), dauphin de Léopold Sédar Senghor en 1981, élu en 1988 et réélu en 1993, de briguer un troisième mandat, lors de la présidentielle de 2000. Les luttes de positionnement des uns et des autres ,s'en sont trouvées aussitôt anéanties. Tous les partis d'opposition ont manifesté, à Pa ris, le 21 octobre 1998, alors que A. Diouf était invité à s'exprimer devant l'Assemblée nationale française, avertissant des risques ; d'une explosion de violence au Sénégal. Un conflit social, en août 1998, entre le Syndicat unique des travailleurs de l'électricité (Sutulec) et la Société nationale d'électricité (Sénélec) a vu les autorités intervenir pour ordonner l'arrestation et l'incarcération des meneurs de grève. Début mars 1999, des étudiants de l'université de Dakar manifestant contre le manque de débouchés se sont confrontés à la police antiémeutes, à deux reprises.

Répartition par secteurs d'activités :

Agriculture : 18.5%; Industrie : 14.8%; Mines : 7.4%; Services : 59.3%

AGRICULTURE :

Une puissance halieutique avec un seul port de pêche, Le Sénégal met en place un Programme de revitalisation des vallées fossiles (PRVF) pour permettre l'irrigation et le repeuplement d'une région le long de 3 000 kilomètres d'anciennes rivières aujourd'hui à sec. Le Nord et le Centre du pays constituaient jusqu'au XIXe siècle une immense zone humide alimentée par le fleuve Sénégal. Mais ce réseau de rivières est à sec depuis la sécheresse de 1956. Le Sénégal produit de l'arachide. du millet, du maïs, du sorgho, du riz, du coton, des fruits et légumes. L'élevage concerne essentiellement les bovins, les volailles et les porcins. Le secteur de la pêche est très important, l'un des principaux pourvoyeurs de devises du pays. Mais le Sénégal ne dispose que d'une seul port de pêche sur les 700 kilomètres de côtes de son littoral. Les deux tiers des débarquements de poissons proviennent de la pêche artisanale. Des pêcheries industrielles ont dû fermer leurs portes en 1998 face à la concurrence thaïlandaise.

MINES ET INDUSTRIE :

D'importants investissements dans le tourisme. Le président Diouf estime que le secteur minier est « un puissant levier de développement ». La principale production minière du pays est le phosphate, dont la demande mondiale est en hausse. Industries chimiques du Sénégal (ICS) vient de lancer des travaux d'extension de ses installations à Darou Khoudoss, à 130 kilomètres à l'est de Dakar, pour permettre de doubler sa capacité de production d'acide phosphorique, de 330000 à 660000 tonnes par an. Le Sénégal possède également des chantiers navals, dont l'exploitation a été cédée en 1999 à un groupe maritime portugais, Lisnave International. Les autres secteurs industriels sont l'agroalimentaire et le raffinage de pétrole. Le tourisme enregistre de bons résultats, avec une hausse de 10% de la fréquentation pour la saison octobre 1998 à mai 1999. Le ministère du Tourisme envisage d'investir en 1999 un milliard de francs CFA dans ce secteur pour renforcer la sécurité et les conditions d'accueil (porter la capacité hôtelière du pays à 50000 lits contre 16500 actuellement, et d'attirer un million de touristes en 2010 contre 500000 aujourd'hui). Le tourisme est la troisième source de devises après la pêche et l'arachide.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Une enquête pour montrer la vraie étendue du chômage Dans ce pays qui engrange les bons résultats depuis 1994 (croissance régulière, inflation maîtrisée, hausse des investissements) le chômage reste un véritable fléau. Mais son taux, jugé très élevé, n'a jamais fait l'objet d'une enquête approfondie, rendant aléatoires et approximatifs la plupart des chiffres avancés dans ce domaine. Une enquête pour le mesurer va donc être menée en 1999. Le secteur privé représente aujourd'hui 8.2% du PIB. Mais l'Etat continue à investir, notamment dans les infrastructures. Le' gouvermement entend améliorer les transports aériens, maritimes, fluviaux, terrestres et ferroviaires ainsi que les transports urbains afin de permettre l'amélioration de la compétitivité, la lutte contre la pauvreté, le développement du secteur privé, la protection de l'environnement et l'intégration régionale. Le montant de l'investissement est de 337 milliards de francs CFA sur cinq ans (513 millions d'euros). La privatisation de la gestion des aéroports est envisagée, ainsi que la cession au secteur privé d'une grande partie de l'exploitation du trafic international de la Société nationale des chemins de fer ou encore l'introduction du péage dans la gestion des infrastructures de transports terrestres. Le Sénégal considère qu'il a un rôle de plaque tournante à jouer dans le développement des échanges en Afrique de l'Ouest. Le Sénégal va également investir 114 milliards de francs CFA (175 millions d'euros) au cours des cinq prochaines années dans la province rebelle de Casamance afin de promouvoir l'essor économique de cette région. Mais l'investissement doit d'abord être affecté au déminage. La principale mesure concrète sera la réhabilitation du port de Ziguinchor, qui deviendra un « port franc " devant servir de plaque tournante pour le commerce dans la région. .

- SIERRA LEONE

Population : 4 568 000

Langues : anglais, krio, mende, temne....

Mortalité infantile : 170 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 37,2 ans (95-2000)

Population urbaine : 35.3 %

Indice de développement humain : 0.254

Analphabétisme hommes : 56.4% (1995)

Analphabétisme femmes : 81.8% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 26.6% (90)

Croissance 1998 (économie) : 0.7%

Croissance annuelle (économie) : -3,4% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 6.1% (95-2000)

PIB total (PPA) : 1954 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 410 dollars (1997)

Taux d'inflation : 37,4%

Importations : 95 millions dollars

Exportations : 41 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel, multipartite

0-14 ans : 45.85%

15-64 ans : 51.34%

65 et plus : 2.81%

Dette extérieure brute : 1.004 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

La restauration, le 15 mars 98, de Ahmad Tejan Kabbah, président élu en 96 puis renversé par un coup d'état militaire en 97, n'a rien résolu. L'intervention des 15 000 hommes de l'ECOMOG, la force d'interposition de la Communauté économique des états d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a rompu un relatif équilibre. Le régime militaire et la rébellion du Front révolutionnaire unifié (RUF) avaient en effet pactisé pour se livrer à leur principale activité, le pillage du pays. Avec la défaite des premiers, la guerre a été intensifié par les seconds. Foday Sankoh, leader de la rébellion, a été arrêté en 97 au Nigeria, puis extradé et condamné à mort, le 23 octobre 98, en Sierra Leone. Pour empêcher son exécution, les RUF a amplifié ses exactions, menées depuis 91 à l'encontre de la population civile.

Afin de libérer leur leader, les rebelles sont entrés dans Freetown le 6 janvier 99. Repoussées par l'ECOMOG, ils ont incendié et mutilé avant de battre en retraite. La CEDEAO a alors tenté de promouvoir une solution négociée, mais A.T Kabbah a refusé d'accéder à la demande de Sankoh, ce dernier ayant fait de sa libération un préalable à tout accord de cessez-le-feu. Kabbah a aussi fait état de documents prouvant l'implication aux cotés du RUF de plusieurs pays membres de la CEDEAO (Libéria, Burkina et Côte d'Ivoire).

L'enjeu de cette guerre, tout autant que détenir le pouvoir, est de faire main basse sur les richesses du pays (diamants). Le conflit se perpétuerait grâce à un système de troc. Des diamants seraient échangés au Liberia voisin, notamment, contre du riz et des armes. L'épuisement des mines à ciel ouvert aurait pu signifier la fin de la guerre. Mais les autorités ont délivré en Mars 99 une licence à la compagnie britannique Branch Energy, pour une exploitation souterraine à Kono et Tongofield, deux des sites diamantifères les plus riches du monde, situés en plein fief des rebelles. Un premier contrat de prospection, signé en 95, avait permis à Branch Energy d'engager les mercenaires sud-africains d'Executive Outcomes, pour assurer la sécurité de ses opérations et aider le gouvernement d'alors à lutter contre le RUF.

L'avenir est apparu en partie suspendu à la politique extérieure du nouveau chef de l'état nigérian, Obasanjo. Elu en février 99, cet ancien général a fait du retrait de l'ECOMOG, force composée à 90% de soldats nigérians, l'un des thèmes de sa campagne électorale. La nouvelle armée sierra-léonaise, réformée et entrainée par l'ECOMOG, compte un peu moins de 3000 hommes, alors que la rébellion, qui en revendique 30 000, disposerait réellement de 8000 combattants.

1999
La Sierra Leone est un pays traumatisé par plus de huit ans d'une guerre dont les populations civiles ont été les principales victimes. Enfants soldats embrigadés par la rébellion et réduits en esclavage, viols généralisés, amputations publiques entourées de mises en scène macabres: les Sierra-Léonais sortent à peine d'un long cauchemar. L'accord de paix et de partage du pouvoir signé en juillet 1999 entre le gouvernement et la rébellion est encore bien fragile. Il est toujours menacé par les dissensions entre le Front révolutionnaire uni (RUF), qui a lancé la rébellion en 1991, et le Conseil révolutionnaire des forces armées (AFRC), la junte au pouvoir entre mai 1997 et février 1998.
Le désarmement des combattants n'a débuté que timidement, fin 1999, au moment où les soldats de la force ouest-africaine (Ecomog) étaient remplacés par une force onusienne de quelque 6 000 hommes. Cette présence dissuasive ne garantit pas pour autant une paix durable. Malgré les appels répétés à la réconciliation, la haine, la rancoeur et les frustrations peuvent à tout moment mettre Je feu aux poudres dans un pays où des milliers d'armes sont toujours en circulation.
Relativement peu endettée, la Sierra Leone peut cependant se relever assez rapidement de cette guerre civile qui n'a que peu touché les infrastructures du pays. Riche de son or et de ses diamants, de sa production agricole et pastorale, le pays a besoin d'un coup de pouce de la communauté internationale. Tout dépendra de la capacité de la classe politique, qui comprend désormais l'ancienne rébellion, à rassurer les bailleurs de fonds et les investisseurs en se conformant à l'accord de paix. Pour cela, elle devra d'abord donner aux militaires qui avaient servi la junte -soit près des deux tiers de l'armée -, qui multiplient les revendications, une véritable possibilité de réintégration.

Répartition par secteur d'activités :

Agriculture : 25%; Mines : 35%; Industrie : 12%; Services : 52%

AGRICULTURE :

Les problèmes écologiques s'accumulent dans ce pays où l'agriculture a été fortement détruite. L'exploitation incontrôlée du bois a entraîné une déforestation, et les mauvaises pratiques agricoles ont épuisé les sols. Les terres cultivées ne couvrent plus que 1% du territoire. Les principales productions sont le riz, le café, le cacao, l'huile de palme, l'arachide. L'élevage concerne les volailles, les bovins, les ovins et les porcins. Les prises de pêche sont relativement importantes.

MINES ET INDUSTRIE :

Pillage de diamants, exportation de rutile. La Sierra-Leone possède une ressource de grande importance : le diamant. Celui-ci est l'un des plus purs au monde, très recherché pour sa couleur et sa qualité. Mais le diamant, qui assurait 70% des recettes d'exportation du pays dans les années 80, a souffert des années de guerre : des centaines de trafiquants (rebelles, militaires...) ont pillé les ressources diamantifères du pays. La Banque mondiale aide actuellement le pays à mettre en place un plan pour le développement du secteur minier. Le pays possède également des réserves de titane, de bauxite, de fer et d'or. Les exportations de rutile (oxyde de titane), deuxième produit d'exportation du pays après le diamant, ont repris en juin 99. Avant l'interruption de ces activités par la guerre civile, le rutile contribuait pour 6% au PNB. Le secteur manufacturier est de taille très modeste, centré sur les biens de consommation (boisson, textile, chaussures...).

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

La Sierra Leone possède des ressources minières, agricoles et halieutiques. Mais les infrastructures ne sont pas développées et la guerre civile a porté un coup fatal à l'économie. Les sanctions économiques décrétées par l'ONU en 97 lors de la prise de pouvoir par le Conseil des forces armées révolutionnaires a provoqué une nette baisse du PIB. La guerre a également été l'occasion d'un pillage en règle des ressources du pays.

GOLFE DE GUINEE ( Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Nigeria, Togo)

- BENIN

Population : 5 781 000

Langues : français, adja-fon, yorouba, pila-pila, goun, dendi, sonika..

Mortalité infantile : 88 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 53,4 ans (95-2000)

Population urbaine : 40,8 %

Indice de développement humain : 0,421

Analphabétisme hommes : 52,3% (1997)

Analphabétisme femmes : 79,1% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 21,9% (91)

Croissance 1998 (économie) : 4,4%

Croissance annuelle (économie) : 3,2% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2,7% (95-2000)

PIB total (PPA) : 7377 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1270 dollars (1997)

Taux d'inflation : 5,8%

Importations : 585 millions dollars

Exportations : 424 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 46,88%

15-64 ans : 49,98%

65 et plus : 2,94%

Dette extérieure brute : 1,748 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

La cour constitutionnelle a adopté le 13 janvier 99 le code électoral et le 22 janvier la Commission électorale nationale autonome a été mise en place pour surveiller les législatives fixées au 28 mars 99 pour le renouvellement de l'Assemblée nationale. A partir du 11 février, des petits partis se sont regroupés pour former diverses alliances : l'Alliance pour le progrès, l'Alliance Suru et le Mouvement pour l'engagement et le réveil du citoyen.

Dans le même temps, le Parti communiste du Dahomey a été l'objet d'une scission, donnant naissance le 21 février au Parti communiste marxiste-léniniste du Bénin. Sur 83 sièges à pourvoir, l'opposition en a remporté 42 contre 40 à la mouvance présidentielle.

La Renaissance du Bénin de l'ancien président Nicéphore Soglo, avec ses 27 députés a été le plus grand vainqueur de ces législatives, prélude à la présidentielle de 2001. Pour soutenir sa politique, le président Mathieur Kérékou, l'un des perdants des législatives, a dû, dès lors, composer avec une majorité à géométrie variable comme précédemment.

Sur le plan économique, en 1998, le taux de croissance n'a atteint que 4,4% (contre 5,8% en 97), tandis que l'inflation s'élevait à 5,8% (contre 4,8% l'année précédente). Le budget 99, adopté par l'Assemblée le 8 janvier, s'est élevé à 235 milliards de FCFA en recettes et 335,1 milliards en dépenses. Le pouvoir comptait sur les aides extérieures pour combler le déficit budgétaire et pour assurer 76% du programme d'investissement. Le chef de l'état s'est déplacé à Bruxelles en janvier 99 et à Washington en février pour solliciter des fonds complémentaire. La fraude et l'évasion fiscale avait fait perdre au Trésor public 60 milliards de FCFA, soit 25% des ressources internes.

La campagne lancée par Kérékou en juillet 98 contre la corruption tardait à porter ses fruits dans un pays ou elle est devenu courante. En outre, à peine sorti de la crise énergétique qui avait sévi de février à juin 98, le pays devait faire face à une grave pénurie d'essence. Les condamnations à de lourdes peines de journaux et de journalistes de la presse privée (Le Progrès et les Echos du jour en décembre 98) et le lancement le 2 mars 99 d'un 3ème quotidien, La Cloche ont été révélateurs de la fragilité sociale.

1999
Le Bénin, qui doit négocier en l'an 2000 un nouveau programme avec le FMI et la Banque mondiale, affiche des performances macroéconomiques satisfaisantes. L