Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001


STATISTIQUE, GEOPOLITIQUE ET ECONOMIE DES PAYS D'AFRIQUE NOIRE
SUBSAHARIENNE

INTRODUCTION :

Quelques définitions de termes utilisés dans la statistique des pays :

Le PIB (PPA, «parités du pouvoir d'achat») : Les PIB le plus souvent cités dans la presse sont calculés en utilisant les taux de change courant par la méthode dite de la Banque Mondiale; avec cette méthode, la production d'un pays est d'abord évaluée en utilisant les prix intérieurs du pays concerné; les valeurs ainsi obtenus sont ensuite convertis en dollars en utilisant une moyenne pondérée des taux de change des trois dernières années. Les PIB-PPA, en revanche, sont obtenus en utilisant un taux de change fictif qui rend équivalent le prix d'un papier de marchandise. La méthode des PPA permet ainsi une comparaison plus rigoureuse du pouvoir d'achat dans les différents pays.

L'IDH (Indicateur du développement humain) : le PIB, calculé au taux de change du marché, est dans de très nombreux cas, une très mauvaise mesure du bien-être atteint. L'IDH tient en compte ces différents facteurs : l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'instruction, représenté par le taux d'alphabétisation des adultes et le taux brut de scolarisation tous niveaux confondus; et enfin le revenu représenté par le PIB par habitant après une double transformation tenant compte de la différence des prix relatifs d'un pays à l'autre et du fait que le revenu n'augmente pas le développement humain d'une manière linéaire. Des valeurs minimales et maximales sont fixées pour chacun de ces éléments : espérance de vie à la naissance : 25ans à 85 ans; alphabétisation des adultes : 0% à 100%; taux de scolarisation : 0% à 100%; PIB réel par habitant : 100 dollars PPA à 40000 dollars PPA. Chacun de ces éléments est d'abord exprimé sur l'échelle de 0 à 1. Ainsi, à l'espérance de vie à la naissance en Espagne (78ans) est attaché la valeur : 0,883 (78-25) divisé par (85-25)... puis on effectue une moyenne des trois chiffres obtenus (espérance de vie, indicateur de niveau d'instruction, indicateur de niveau de revenu) : on obtient ainsi l'indice composite du développement humain.

Sources des documents cités :

AFRIQUE SAHELIENNE (Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad)

- BURKINA FASO

Population : 11 305 000

Langues : français, moré, dioula, goumantché, foulfouldé

Mortalité infantile : 99 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 44,4 ans (95-2000)

Population urbaine : 17,5%

Indice de développement humain : 0,304 (1997)

Analphabétisme hommes : 69,5% (1997)

Analphabétisme femmes : 88,9% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 12,7%

Croissance 1998 (économie) : 6,3%

Croissance annuelle (économie) : 3,4% (87-97)

Croissance annuelle (démographie): 2,7% (95-2000)

PIB total (PPA): 10 543 000 dollars (1997)

PIB par habitant : 1010 dollars (1997)

Taux d'inflation : 2,5%

Importations : 629 millions dollars

Exportations : 311 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 46,98%

15-64 ans : 50,26%

65 et plus : 2,85%

Dette extérieure brute : 2,2 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

Malgré la création d'une Commission électorale nationale indépendante le 7 mai 1998, les élections présidentielles du 15 Novembre, remportées avec 87,5% des voix par Blaise Compaoré, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP au pouvoir), ont été contestées par une opposition qui les a boycottées. Le président qui s'est succédé à lui-même, a prêté serment en Décembre, sur fond de manifestations de milliers de personnes et du deuil populaire du journaliste Norbert Zongo, directeur du journal L'Indépendant, mort le 14 Décembre dans des conditions mystérieuses, après une investigation mettant en cause le frère du président. Un large front s'est réuni pour réclamer une enquête; il réunissait le Parti pour la Démocratie et le Progrès (PDP) de Joseph Ki Zerbo, membre de l'Internationale Socialiste, l'Alliance pour la Démocratie et la Fédération - Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA) de Hermann Yaméogo, les milieux étudiants et universitaires en grève, le Mouvement burkinabé des Droits de l'homme et du peuple. Le 11 Janvier 1999, le premier ministre Kabré Désiré Ouédraogo n'en a pas moins été reconduit dans ses fonctions.

Le Burkina Faso a été l'hôte des 29 chefs d'Etat africain en juin 98 pour le 34ème sommet de l'OUA, dont Compaoré a pris le présidence.

Le pays a pu en 1998 se prévaloir d'une amélioration des recouvrements, d'une inflation limitée et d'une croissance économique de 6,3% (5,5% en 1997) due avant tout au boom de la production cotonnière qui a doublé en 2 ans. Plaçant le Burkina au 2ème rang des pays producteurs africains, elle représentait 55% des recettes en devises et 35% du PIB. Mais les critiques portant sur le tout-coton ont mis en évidence le déficit céréalier et alimentaire (160 000 tonnes) et l'importante proportion de Burkinabés vivant en dessous des seuils de pauvreté (28%), malgré un secteur informel dynamique pesant à hauteur de 25% environ dans le PIB réel.

1999
Douze ans après être arrivé au pouvoir à l'occasion d'un coup d'Etat qui a coûté la vie à son frère d'armes, le capitaine Thomas Sankara, le président burkinabé, Biaise Compaoré, a vu pour la première fois en 1999 son régime ouvertement contesté. A peine un mois après sa réélection à la présidence, lors d'un scrutin boycotté par les principaux partis d'opposition, l'assassinat, le 13 décembre 1998, du journaliste Norbert Zongo a déclenché une vague de manifestations sans précédent La mise en place d'une commission d'enquête internationale sur les circonstances de la mort de Norbert Zongo a été suivie de la constitution d'un « comité des sages », qui a surpris l'opinion publique en ne ménageant pas le régime et recommandant, entre autres, un gouvernement d'union nationale et de nouvelles élections législatives. Les ministres considérés comme les plus durs du régime ont quitté le gouvernement, mais seuls quelques petits partis ont accepté de participer à la gestion du pays. A la fin de l'année 1999, deux commissions ont été mises en place, l'une chargée de préparer des élections législatives avec des règles du jeu qui fassent enfin l'unanimité et l'autre d'aider à la « réconciliation nationale ».
Ce travail, auquel doit participer toute la classe politique, devrait permettre de dissoudre l'assemblée au printemps 2000 et d'organiser de nouvelles élections avec un mode de scrutin plus favorable à l'opposition. L'apaisement des tensions politiques se déroule dans un climat économique plutôt favorable. Depuis plusieurs années, la production céréalière bénéficie de bonnes pluviométries assurant une sécurité alimentaire minimale dans ce pays qui a déjà connu disettes et famines. L'inflation, estimée en 1998 à 5% devrait être inférieure à 4% en 1999. La croissance, qui a atteint en 1998 quelque 6,2 %, devrait se stabiliser autour de 5,7% pour 1999 et 2000. Globalement satisfait de l'application de son précédent programme, le FMI a signé avec le gouvernement en septembre dernier un nouvel accord accompagné d'un prêt de 53,8 millions de dollars (323 millions de francs) sur trois ans pour la période 1999-2002. Le Burkina s'est engagé à faire entrer en vigueur le principe de l'avancement au mérite dans la fonction publique, une réforme plusieurs fois rejetée par les syndicats. II doit accélérer la privatisation de l'Office national des télécommunications (Sonatel) et de la compagnie aérienne Air Burkina et ouvrir à des privés le capital de la Société des fibres et textiles (Sofitex). Ces nouvelles réformes ne seront pas faciles à faire accepter par les travailleurs, qui ont l'impression de payer un lourd tribut aux programmes d'ajustement structurels qui se succèdent

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 35,4%; Industrie : 20,3%; Mines : 6,5%; Services : 37,8%.

AGRICULTURE :

Autrefois champion du haricot vert fin, très prisé en Europe (le pays était le premier exportateur dans les années 1980, mais n'occupe plus de nos jours que la 4ème place), le Burkina Faso tente de redynamiser un secteur fruits et légumes qui bat de l'aile, souffrant de coûts de fret élevés. Le haricot vert n'est plus que le 3ème produit d'exportation du pays. Le premier, le coton, connaît une hausse importante des productions depuis 2 ans. Les autorités ont dû déployer de gros moyen pour protéger les cultures de la mouche blanche, un nouveau parasite du coton apparu fin août 1998. Face à une sécheresse importante, le Burkina a dû mettre en place en 1998 l'opération pluies provoquées, qui consistait à bombarder les nuages de particules d'argent pour les faire éclater. Avant l'opération, la ville de Ouagadougou connaissait un déficit de 239 mm (par rapport à une normale de 778mm) et le remplissage des retenues d'eau n'était qu'à 45% de son niveau normal.

MINES ET INDUSTRIE :

Le secteur minier attire les investisseurs. L'or est le 2ème produit d'exportation du pays après le coton. La production annuelle connaît une augmentation depuis la réouverture de la mine de Poura, fin 1998. Les réserves d'or du Burkina s'élève à 150 tonnes. Le pays dispose également d'autres ressources (manganèse, cuivre, phosphate, marbre, bauxite et diamant). L'exploitation minière attire d'importants investisseurs étrangers dans le pays 35 milliards de francs CFA, ce qui place le pays en 3ème position pour l'Afrique noire). L'industrie manufacturière s'organise autour de la filiale du coton et de l'agro-alimentaire.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Un secteur informel dynamique. Ce pays a entamé d'importantes réformes commerciales en 1991 qui, combinées avec la dévaluation du franc CFA en 1994 et la maîtrise de l'inflation, ont contribué à améliorer la compétitivité internationale de certains produits du pays. Mais le taux de couverture des importations par les exportations n'est que de 50%. La balance des services est aussi dans le rouge, notamment à cause du coût du fret (pays enclavé) et du service de la dette, aggravé par la dévaluation. Un nouveau code des investissements, entré en vigueur en 1995, soumet aux mêmes droits et obligations les entreprises étrangères et locales et accorde des avantages aux entreprises exportatrices. Le secteur informel représente environ 25% du PIB réel et génère 80% des emplois non agricoles, tandis que le secteur manufacturier, plus protégé, ne compte qu'une soixantaine d'entreprises.

- MALI

Population : 10 694 000

Langues : français, bambara, sarakolé, dogon, peul, arabe, tamachaq (touareg)

Mortalité infantile : 118 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 53,3 (95-2000)

Population urbaine : 28,7%

Indice de développement humain : 0,375 (1997)

Analphabétisme hommes : 56,9 (1997)

Analphabétisme femmes : 71,8% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 12,8%

Croissance 1998 (économie) : 4,6%

Croissance annuelle (économie) : 3,6% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2,4% (95-2000)

PIB total (PPA) : 7637 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 740 dollars (1997)

Taux d'inflation : 4,2%

Importations : 818 millions dollars

Exportations : 558 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 47,06%

15-64 ans : 49,64%

65 et plus : 3,32%

Dette extérieure brute : 3,1 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

Les élections communales partielles du 21 juin 1998, destinées à pourvoir dans un premier temps 19 des 701 communes nées de la décentralisation, ont été remporté par le parti au pouvoir, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema, 16 communes). Elles se sont déroulées dans le calme mais sur fond de contestation politique d'une opposition radicale rassemblée dans le collectifs des partis politiques d'opposition (Coppo). Malgré une tentative de médiation en avril 1998, de Carter, l'opposition a boycotté en bloc l'ensemble du processus électoral, refusé d'en connaître les résultats et appelé à la désobéissance civile.

Un Forum national sur les problèmes politiques et institutionnelles au Mali, tenu en Janvier 1999, a limité les attributions de la Commission électorale indépendante (CENI), dont l'efficacité était contestée, à la supervision et aux contrôles des opérations électorales (organisation confiée au ministère de l'Administration territoriale). Il s'est également prononcé sur le financement des partis politiques ainsi que sur le statut de l'opposition. L'effritement du Coppo, avec lequel certains partis membres ont pris des distances en reconnaissant la légitimité du président Alpha Oumar Konaré, et l'annonce par plusieurs formations de leur participation aux élections communales des 2 Mai (régions du sud) et 6 Juin 1999 (celles du nord) ont crée les conditions d'une sortie de crise politique. Ces élections se sont déroulées dans le calme et ont vu la victoire de l'Adema.

L'ancien président du Mali renversé en mars 1991, le général Moussa Traoré, et son épouse ont été condamné à mort par la Cour d'assises de Bamako pour crises économiques à l'issue d'un procès de plusieurs mois.

Le Mali n'a pas connu en 1998 une croissance aussi forte qu'en 1997 (4,6% au lieu de 6,7%), et son inflation s'élevait à 4,2%. Il a toutefois réussit à réduire son déficit extérieur d'un point (8,75%) ainsi que son déficit budgétaire. La volonté de rééquilibrer les différentes régions du pays a été soutenue par les partenaires extérieurs : l'Union européenne a débloqué 56 milliards FCFA pour désenclaver les régions de Kayes, Mopti et Tombouctou, tandis que les relations étroites entretenues avec l'Algérie débouchaient sur la décision de construire ensemble une route transsaharienne. Bamako a envoyé en 1999 des contingents rejoindre en Sierra-Leone la force ouest-africaine d'interposition (ECOMOG). Le préseident Konaré a visité de nombreux pays sur tous les continents, souhaitant améliorer la coopération sud-sud.

1999
Le vibrant hommage rendu à la démocratie malienne par le chef de la diplomatie américaine, Madeleine Albright, le 19 octobre 1999, fait partie des exercices obligés pour tout dirigeant occidental de passage à Bamako. Mais cette figure imposée ne suscite plus aucun écho au sein de la société malienne, qui fait les frais depuis deux années des querelles interminables de sa classe politique.
L'annonce du président Alpha Oumar Konaré de son départ à l'issue de son actuel mandat en 2002, en application de ]a Constitution, n'a provoqué de débat que parmi les états majors des partis. Même la décision présidentielle, fin septembre, de commuer la condamnation à mort de l'ancien dictateur Moussa Traoré en détention à perpétuité a été accueillie dans l'indifférence.
Les inquiétudes se situent ailleurs. Des localités à l'extrême-ouest du pays et au nord de la capitale ont été le théâtre d'affrontements meurtriers entre communautés à la suite de litiges portant sur le partage de l'eau, des terres ou des responsabilités communales. L'armée a dû mettre en place un dispositif serré afin de ramener le calme dans ces zones. Les coupures continuelles de courant ont frappé indifféremment Bamako, Kayes ou Mopti et, en juin, de nombreux habitants de la capitale ont dressé des barricades pour exprimer leur exaspération. A leurs yeux, la mauvaise gestion de la société Energie du Mali (EDM) a dépassé les limites du supportable. Il faudra vraisemblablement patienter jusqu'au milieu de 2001 pour voir rétablie, de façon convenable, l'électricité à Bamako, c'est-à-dire après l'achèvement de ]a centrale électrique de Manantali, dans la province de Kayes.
Pour ne rien arranger, l'Etat malien est confronté à des pertes financières considérables dans la filière coton, qui constitue la première ressource d'exportation. La chute des cours mondiaux de cette matière première a entraîné un manque à gagner pour le pays, en 1999, de 600 millions de francs. On apprend, de surcroît, que des malversations ont été constatées au sein de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), chargée de la filière. L'année aura, au moins, été riche en révélations sur le système de corruption devenu tentaculaire. Un rapport d'experts du Fonds européen de développement (FED) a ainsi dénoncé le détournement de ses concours au Mali. Le chef de l'Etat a choisi de reprendre l'initiative en faisant passer au peigne fin l'ensemble des comptes publics depuis 1992.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 49,2%; Industrie : 7%; Mines : 10,3%; Services : 33,5%

AGRICULTURE :

Un important producteur de coton : les terres arables ne couvrent que 2% du territoire, et l'utilisation des engrais chimiques est très importante. Le Mali est le premier producteur de coton de la zone franc; la production de coton-graine l'emporte sur celle du coton fibre. Le coton assure 58% des recettes extérieures. Mais le niveau de production record atteint au cours de la campagne 97-98 serait menacé par un parasite, le papillon héliotis, un redoutable ravageur du cotonnier. Le cheptel (caprin, bovin, ovin) représente de nos jours la troisième source de devises étrangères du Mali derrière le coton et l'or. Les principales cultures vivrières sont le millet, l'arachide et le riz.

MINES ET INDUSTRIE :

L'industrialisation passe par le secteur minier; le Mali est devenu un important producteur d'or; le métal jaune assure de nos jours le quart des exportations du pays. En revanche, les programmes d'exploitation diamantifère battent de l'aile. Le Mali possède aussi d'autres ressources naturelles (phosphate, uranium, bauxite, fer, manganèse, étain et cuivre). Le secteur minier pourrait ainsi devenir le moteur de l'industrialisation. L'industrie manufacturière se concentre pour l'instant sur l'agro-alimentaire et la production de biens de consommation courante destinés au marché local.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Nécessité de diversifier l'économie grâce aux investisseurs étrangers. Le Mali est l'un des pays les plus pauvres du monde : 65% de son territoire est désertique. L'activité économique se limite à la région irriguée par le Niger. Les nomades constituent environ 10% de la population, et quelque 80% de la population active travaille dans l'agriculture. Le Mali est fortement dépendant de l'aide internationale, et demeure vulnérable vis à vis des cours mondiaux du coton et de l'or. Bamako poursuit cependant un programme d'ajustement structurel avec le FMI qui devrait permettre à l'économie de se diversifier en attirant des investissements internationaux, grâce notamment à des privatisations et des réductions d'impôts. Le Mali a déja aboli les droits et taxes de sortie sur un grand nombre de produits et crée des zones franches défiscalisées. Mais les exportations restent handicapées par les taxes et autres autorisations spéciales touchant certains produits. Le taux de couverture moyen des importations par les exportations ne dépasse ainsi pas 50%. La balance des services est également dans le rouge en raison des coûts de fret (pays enclavé) et du service de la dette extérieure, aggravé par la dévaluation du franc CFA. Le FMI est cependant satisfait et évoque la possibilité d'un allégement de la dette d'ici à fin 1999.

- NIGER

Population : 10 078 000

Langues : français, haoussa, peul, zarma, kanuri, tamachaq (touareg)

Mortalité infantile : 115 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 48,5 ans (95-2000)

Population urbaine : 19,7%

Indice de développement humain : 0,298 (1997)

Analphabétisme hommes : 78,3% (1997)

Analphabétisme femmes : 92,7% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 13,2%

Croissance 1998 (économie) : 8,4%

Croissance annuelle (économie) : 1,7% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 3,2% (95-2000)

PIB total (PPA) : 8292 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 850 dollars (1997)

Taux d'inflation : 4,5%

Importations : 324 millions dollars

Exportations : 269 millions dollars

Nature de l'Etat : en attente (coup d'état)

Nature du régime : présidentiel militaire

0-14 ans : 48,60%

15-64 ans : 48,94%

65 et plus : 2,43%

Dette extérieure brute : 1,7 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

Le pays a traversé une période d'importantes difficultés, tant politiques (contestation du pouvoir du général Ibrahim Baré Maïnassara, issu du coup d'état de Janvier 1996, par une opposition qui s'est regroupée dès septembre suivant au sein du Front pour la restauration et la défense de la démocratie - FRDD - rébellions touarègue et toubou), qu'économiques (déficits céréaliers, baisse du prix de l'uranium) et sociales (grèves récurrentes des fonctionnaires contestant le programme de privatisation et réclamant jusqu'à 7 mois d'arriérés de salaire, colère des étudiants en attente de paiement de plus d'un an de bourses d'études, mutineries de soldats). A partir de l'été 98, leur avait succédé une série d'embellies. Les rebelles touaregs et toubous de l'Union des forces de la résistance armée (UFRA) ont achevé leur désarmement en juin et le Front démocratique révolutionnaire (FDR, à composante essentiellement toubou) a signé le 23 août, un cessez-le-feu qui avait permis le retour à la sécurité. En conséquence, plusieurs milliers de Touaregs nigériens réfugiés en Algérie sont rentrés au pays. Un accord, signé en Juillet 98 avait fourni une issue à la crise politique. En septembre, les partis de l'opposition ont accepté de siéger au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ils ont ensuite participé aux élections municipales, départementales et régionales rendues nécessaires par la décentralisation administrative du pays (7 février 99), où ils ont obtenu la victoire.

Cette évolution avait été bien accueillie par les bailleurs de fonds, le Niger ayant obtenu un satisfecit pour le bilan positif des deux ans de la Facilité d'ajustement structurel renforcé (FASR) qui lui avait été accordée par le FMI et renouvelée pour une 3ème année à partir de Juin 1998. Les pluies catastrophiques de l'été 98 ont fait plusieurs morts et des milliers de réfugiés, mais ont amené une récolte exceptionnelle. Les résultats des premières prospections ont autorisé des espoirs d'exploitation industrielle de l'or et du pétrole nigériens.

Ces débuts de retour à l'optimisme ont été cependant remis en cause par l'assassinat, le 9 avril 99, du président Baré et la prise du pouvoir du chef de la garde présidentielle, Daouda Mallam Wanké, nommé chef de l'état par un Conseil de Réconciliation Nationale (CRN). Le nouvel homme fort du régime a reconduit dans ses fonctions le premier Ministre Ibrahim Hassane Mayaki et a annoncé qu'il rendrait le pouvoir aux civils dans neuf mois. le coup d'état a néanmoins suscité la désapprobation générale à l'étranger et la suspension de la coopération de nombreux pays.

1999
Avec un nouveau président, Mamadou Tandja, élu le 24 novembre, le Niger retrouve un pouvoir civil après quatre ans de direction militaire et deux coups d'Etat, l'un perpétré en janvier 1996 par Ibrahim Baré Maïnassara, qui se fit élire un an plus tard, l'autre, mené par sa propre garde et qui lui a coûté la vie en avril 1999. Mais le pays n'en est pas pour autant tiré d'affaire. Classé parmi les Etats les plus pauvres du monde, le Niger a perdu, au cours des dix dernières années, ses deux plus importantes sources de revenu: l'uranium dont les cours mondiaux se sont effondrés et le tourisme qui apportait notamment des devises aux régions désertiques et qui ne se relève
des quatre années de rébellion armée touarègue entre 1990 et 1994.
Vivant quasiment exclusivement de l'aide internationale, notamment française et européenne, le pays s'est vu à deux reprises priver de ses soutiens, lors de la prise de pouvoir du général Maïnassara, puis lors du dernier coup d'Etat. Depuis avril, pas un sou n'est entré dans les caisses l'Etat, déjà quasiment vides. La paie des fonctionnaires accuse d'énormes retards et les infrastructures, en particulier sociales et sanitaires, se sont considérablement dégradées.
Les syndicats et les étudiants ont mené ces derniers mois grève sur grève.
Le nouveau président hérite d'un pays en pleine banqueroute et d'un personnel administratif impécunieux et démotivé. L'Union européenne et la France, qui faisaient dépendre la reprise de leur aide du retour à la démocratie, vont sans doute venir à sa rescousse, tout comme le Fonds  monétaire international et la Banque mondiale. A condition que la classe. politique, dont les divisions ont déja mis en péril le pays et abouti au coup d'Etat de 1993, joue elle aussi l'apaisement.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 38%; Industrie : 6,6%; Mines : 11,4%; Services : 44%

AGRICULTURE :

Un secteur tiré par l'élevage. Le secteur agricole est centré sur l'élevage, qui génère 20% des recettes à l'exportation du pays. Les terres arables ne sont pas étendues : leur superficie varie, tout comme les rendements, en fonction de la pluviométrie. Les principales cultures sont le coton, l'arachide, le millet, le sorgho, le tapioca et le riz.

MINES ET INDUSTRIE :

Une industrie pauvre. L'uranium représente 67% des exportations. L'industrie est très peu développée, et se concentre sur l'agro-alimentaire, la chimie et le ciment.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

La lutte contre la pauvreté. Après avoir présenté en mars 98 un plan de lutte contre la pauvreté sur 4 ans, le Niger a reçu des promesses d'aide d'un montant de 200 millions de dollars. Le Niger est l'un des 10 états les plus pauvres du monde . Les deux tiers de sa population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Depuis 96, le pays applique un programme d'ajustement structurel pour bénéficier régulièrement de crédits octroyés par les institutions financières internationales. Mais la coopération de plusieurs bailleurs de fonds a été interrompue après l'assassinat en avril 99 du président par des éléments de la garde présidentielle. Avant cet assassinat, les institutions de Bretton Woods avaient délivré un satisfecit au Niger pour la bonne exécution du programme d'ajustement.

- TCHAD

Population : 7 270 000

Langues : français, arabe, sara, boulala, baguimi....

Mortalité infantile : 112 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 47,2 ans (95-2000)

Population urbaine : 23,2%

Indice de développement humain : 0,393 (1997)

Analphabétisme hommes : 37,9% (1997)

Analphabétisme femmes : 65,3% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 26,4%

Croissance 1998 (économie) : 7,0%

Croissance annuelle (économie) : 3,8% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2,6% (95-2000)

PIB total (PPA) : 6918 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 970 dollars (1997)

Taux d'inflation : 4,5%

Importations : 327 millions dollars

Exportations : 247 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 50,43%

15-64 ans : 45,18%

65 et plus : 3,07%

Dette extérieure brute : 1,1 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

En 98-99, le pouvoir du général Idriss Déby n'avait toujours pas su créer la réalité d'un état de droit ni empêcher la prolifération des mouvements politico-militaires rebelles. Ceux-ci ont renoué avec la pratique des enlèvements : 4 français pris en otage en février 98 par le Dr Naho de l'Union des forces démocratiques (UFD), et 8 européens ont été enlevé en mars 99 dans le Tibesti par un groupe armé du Front national du Tchad rénové (FNTR). Un nouvel accord de paix a été signé en mai 98 par les Forces armées pour la république fédérale (FARF) de Bardé, puis ce mouvement a fusionné en novembre avec le Mouvement patriotique du Salut (MPS, au pouvoir), mais un nouveau front s'est ouvert en décembre 98 dans le Tibesti avec les affrontements de l'armée et du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), de l'ancien ministre de la Défense Youssouf Togoïmi.

Cette nouvelle rébellion, à composante essentiellement toubou, a enregistré en février et mars 99, des succès militaires salués par le FNTR et le Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD). Certains opposants en exil ont cependant été arrêté, notamment en Lybie et au Nigeria, par le fait d'une intense politique de rapprochement avec certains états voisins. Ainsi le réchauffement des relations avec la Lybie a t-il abouti, en avril 98, à une réconciliation définitive et en novembre, à l'ouverture officielle des frontières terrestres entre les deux pays. Le Tchad s'est largement engagé aux côtés de Kabila dans le conflit au Congo-Kinshasa en envoyant un contingent de plusieurs centaines d'hommes combattre, avec des pertes importantes, la rébellion soutenue par l'Ouganda et le Rwanda.

Le FMI a versé en mai 98 la 3ème tranche annuelle de la Facilité d'ajustement structurel renforcé (FASR), qui s'est montée à 22 millions de dollars, en attendant que le Tchad atteigne les objectifs d'un déficit budgétaire inférieur à 9% et de la privatisation de certains secteurs importants, notamment celui du coton (celui d'une croissance d'au moins 6% était déjà atteint en 98 avec un taux de 7%). Les revenus issus de l'extraction pétrolière tardaient toutefois à arriver, les travaux de l'oléoduc Tchad-Cameroun, prévus depuis 93, ne parvenant pas à démarrer devant les oppositions écologistes et les exigences sécuritaires des bailleurs de fonds. Le principal partenaire du Tchad reste la France, avec un encaissement de plus de 100 millions de FF pour 98 par l'Agence française de développement (AFD) et le maintien d'un important dispositif militaire.

1999
L'histoire se répète au Tchad. De nouveau, le pouvoir se joue sur les pentes du massif du Tibesti, dans le nord du pays. Youssouf Togoïmi, un magistrat respecté d'origine toubou, ancien ministre de la défense du président Idriss Déby, s'est juré de faire mordre la poussière au clan présidentiel. Son Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), créé en octobre 1998, avec quelques centaines de guerriers, semble infliger de lourdes pertes au camp gouvernemental.
Début novembre 1999, les rebelles du MDJT ont publié une liste d'une cinquantaine de noms d'officiers supérieurs et de sous-officiers de la garde présidentielle tués au cours d'une bataille à proximité de l'oasis d'Omou. A N'Djamena, les défections au sein de l'armée ont même été assez significatives pour plonger les premiers cercles du pouvoir dans une réelle inquiétude. Cela étant, le régime d'Idriss Déby ne se départ aucunement d'une stratégie de communication consistant à traiter cet énième mouvement de rébellion par le mépris.
Il lui importe surtout de pérenniser la confiance acquise auprès des bailleurs de fonds internationaux. La détermination de l'Etat tchadien à honorer coûte que coûte son programme d'ajustement structurel a fini par forcer le respect des institutions de Bretton Woods. Les déséquilibres intérieurs et extérieurs ont été réduits de façon appréciable.

Mais l'économie réelle s'asphyxie. Un organisme privé de développement des PME chiffre à 70 % le pourcentage des entreprises ayant cessé leur activités ou glissé vers le secteur informel.
Les grandes sociétés publiques ne se portent guère mieux. La première d'entre elles, la Société nationale sucrière du Tchad (Sonasut), en cours de privatisation, frôle la cessation de paiements, sa médiocre compétitivité l'empêchant de rivaliser avec les importations brésiliennes. Quant à l'entreprise publique Coton Tchad, qui engrange le plus de recettes à l'export, son déficit au cours de l'exercice 1998-1999 s'élèverait à près de 600 millions de francs, en raison d'un déficit de la pluviométrie. Enfin, les compagnies Shell et Elf se sont retirées du projet d'exploitation de trois gisements pétroliers dans Je sud et de construction d'un oléoduc vers la côte Atlantique, au Cameroun.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 38,8%; Industrie : 12,2%; Mines : 2,6%; Services : 46,4%

AGRICULTURE :

Coton et gomme arabique. Les cultures sont relativement importantes pour un pays qui souffre d'un manque d'eau chronique. Le coton est la première source de devises du pays. La filière a été privatisée lors de la campagne 97-98. La gomme arabique est la deuxième culture du pays. L'élevage est très important (les pâturages couvrent 36% du pays) et concerne les bovins, les ovins, les caprins et les chameaux. Les cultures vivrières sont le sorgho, le millet, l'arachide, le riz, la pomme de terre et le manioc. Le lac Tchad permet l'existence d'une filière pêche.

MINES ET INDUSTRIE :

L'avenir du projet pétrolier reste incertain. Ce pays possède des réserves de kaolin et d'uranium, mais sa véritable richesse est un gisement d'un milliard de tonnes de pétrole à Doba, dont on annonce régulièrement depuis plusieurs années l'exploitation. Ce projet comporte le forage de 300 puits avec 3000 création d'emplois, et la construction d'un oléoduc de 1050 Km qui traversera des forêts. La construction de ce pipeline reste incertaine, les écologistes étant engagés contre ce projet. En cas d'abandon du projet, tout développement pétrolier de la région (Tchad, Niger et Soudan) deviendrait incertain. Les champs du Niger et du Soudan ne sont économiquement viables que s'ils sont reliés à ce pipeline. En attendant la manne pétrolière, l'industrie se cantonne aux secteur traditionnels du textile (coton), de l'agro-alimentaire (viande, bière) et des biens de consommation courante (savon, cigarettes).

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

En attendant le pétrole. L'exploitation de ses réserves de pétrole constitue le projet du siècle pour ce pays, l'un des pays les plus pauvres de la planète, où l'espérance de vie est de 48 ans seulement et où 2% des habitants disposent de l'électricité. Les royalties du pétrole permettraient au Tchad de doubler son maigre budget, mais sous surveillance : la Banque mondiale a obtenu du gouvernement tchadien la perte de sa souveraineté sur l'utilisation des pétrodollars. Ndjamena a accepté de bloquer les 100 millions de dollars de recettes annuelles du pétrole sur un compte séquestre offshore. L'argent devrait ainsi être affecté aux secteur sociaux (éducation et santé) et au développement rural ainsi qu'aux infrastructures, et 10% des recettes aller aux générations futures grâce à un compte d'épargne ouvert dans une institution internationale et bloquée pendant 25 ans. Le FMI, quant à lui, s'inquiète du ralentissement de la croissance prévu en 99. Le déficit sous-jacent du budget constitue une autre source d'inquiétude, et le FMI invite les autorités tchadiennes à surveiller de près l'exécution de leur budget.

AFRIQUE EXTREME-OCCIDENTALE (Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Sénégal, Sierra Leone).

- GAMBIE

Population : 1 229 000

Langues : anglais, ouolof, malinké, peul...

Mortalité infantile : 122 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 47 ans (95-2000)

Population urbaine : 31,1%

Indice de développement humain : 0,391 (1997)

Analphabétisme hommes : 59,9% (1997)

Analphabétisme femmes : 73,6% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 40,9% (91)

Croissance 1998 (économie) : 7,8%

Croissance annuelle (économie) : 1,9% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 3,2% (95-2000)

PIB total (PPA) : 1731 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1470 dollars (1997)

Taux d'inflation : 3,8%

Importations : 251 millions dollars

Exportations : 19 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire (République islamique)

Nature du régime : parlementaire

0-14 ans : 41,72%

15-64 ans : 54,90%

65 et plus : 2,93%

Dette extérieure brute : 0,466 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

La valse des ministres a continué. Jaloux de son pouvoir, l'ex-lieutenant Yaya Jammey, parvenu au pouvoir après avoir renversé Dawda Jawara en juillet 94, a continué de gouverner de manière autoritaire. Hawa Sissay Sabally, ministre de la Justice, a été remplacé le 31 juillet 98 par Fatou Bensouda, sans explication. Le chef de l'état a également limogé, le 22 janvier 99, 4 secrétaires d'état. Au ministère de l'Intérieur, Ousman Badji a remplacé Ousman Bodjang. Badji avait été arrêté en 95 en même temps que Sana Sabally, compagnon de putsch de Y.Jammeh suspecté d'avoir voulu le renverser. Egalement dans le collimateur du président, le Parti démocratique uni (UDP, opposition), qui lui a reproché sa mauvaise gestion de l'économie. Privé d'assistance financière, le pays vit grâce à des prêts accordés par Taïwan et la Lybie. Des journalistes du Daily Observer ont été arrêtés, en septembre 98, pour avoir évoqué l'effondrement d'un mur de la Présidence, qui aurait révélé la présence de matériel militaire dans le bâtiment.

1999
La célébration du cinquième  anniversaire du coup d'Etat de juillet 1994 a, de nouveau, illustré la difficulté qu'éprouve le régime gambien à s'assagir. Fustigeant « certains pays occidentaux » qui veulent imposer « leur conception de la démocratie », le président Yahya Jammeh a exigé le remboursement de l'or accumulé par l'Europe durant la période coloniale. Le discours doit plaire à Tripoli, où le chef de l'Etat gambien se rend avec régularité. En retour, les lots de médicaments, les machines agricoles, les équipements scolaires et les financements divers récompensent cette fidélité.
Mais Banjul sait ne point trop sacrifier à l'idéologie révolutionnaire, comme le prouve l'appréciation favorable, décernée, en juin 1999, par le FMI. L'inflation reste maîtrisée, dans le contexte d'une activité soutenue (dans le secteur des travaux publics notamment) et d'une progression des réserves de change. La restructuration bancaire avance convenablement. Un « écotourisme » rémunérateur est en cours de développement.
Malgré ce palmarès, le régime a encore fort à faire avant de démontrer son adhésion aux principes de la « bonne gouvernance ». La réforme fiscale et administrative s'avère insuffisante. Les scandales politico-financiers se multiplient. La puissante société arachidière d'Etat GDC a fait l'objet d'accusations de malversations. Des responsables de la présidence ont été limogés à la suite de détournements de fonds publics. Pire, l'opposition a mis en cause le chef de l'Etat dans les variations anormales du prix du riz, l'aliment de base des Gambiens.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 29,9%; Industrie : 6%; Mines : 8,7%; Services : 55,4%

AGRICULTURE :

Une baisse inquiétante des pluies. Les terres arables couvrent le cinquième de la superficie du pays, mais l'agriculture gambienne, première source du pays, souffre de la chute de 30% de la pluviométrie enregistrée au cours des 30 dernières années. Première production du pays jusqu'aux années 80, l'arachide connaît depuis une forte baisse des récoltes. Elles sont tombées de 120 000 tonnes en 87 à 45 000 tonnes en 97. Le riz bénéficie d'un projet d'aménagement des bas-fonds, financée par la Banque africaine du développement, qui devrait assurer l'autosuffisance en riz. Le développement de l'élevage est aussi envisagée. Pour l'instant, le cheptel n'est pas très important. La pêche est un autre secteur privilégié, mais qui est loin de réaliser son potentiel.

MINES ET INDUSTRIE :

Industrie légère et tourisme. La Gambie est sans ressources minières, et l'industrie légère, centrée sur l'agro-alimentaire (huile d'arachide et conserveries de poisson) est très peu développée. L'activité touristique est florissante : le secteur représente 12% du PIB et assure 18% des rentrées de devises du pays.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

La Gambie ne possède aucune ressource naturelle, et sa base agricole est limitée. Le développement économique reste dépendant de l'aide financière internationale et de la bonne gestion de l'état. Le gouvernement a justement lancé sous le nom de Vision 2020 un très ambitieux programme de développement. Il s'agit de transformer le pays en un centre financier, un paradis touristique et une plate-forme commerciale. On en est loin : la croissance économique reste inférieure à la croissance démographique et le service de la dette accapare 40% des revenus de l'état.

- GUINEE

Population : 7 337 000

Langues : français, malinké, peuls, ....

Mortalité infantile : 124 pour mille (95-2000)

Espérance de vie : 46.5 ans (95-2000)

Population urbaine : 31.4 %

Indice de développement humain : 0.398 (1997)

Analphabétisme hommes : 50.1% (1995)

Analphabétisme femmes : 78.1% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 18.8% (91)

Croissance 1998 (économie) : 4.6%

Croissance annuelle (économie) : 4,3%

Croissance annuelle (démographie) : 0.8% (95-2000)

PIB total (PPA) : 13 016 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1880 dollars (1997)

Taux d'inflation : 5.1%

Importations : 616 millions dollars

Exportations : 695 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 45.64%

15-64 ans : 51.57%

65 et plus : 2.61%

Dette extérieure brute : 2.7 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

L'élection présidentielle du 14 décembre 1998 ne s 'est guère déroulée dans la transparence. Réclamée par l'opposition, l'instauration d'un Haut Conseil électoral indépendant n'a été d'aucun secours, car il a été privé de tout moyen matériel de contrôle. Le Parti de l'unité et du progrès (PUP, au pouvoir) était tellement assuré de l'emporter que rien n'avait été organisé en vue d'un éventuel second tour. Marquée par de nombreuses échauffourées, la carnpagne électorale avait laissé présager le pire, mais le vote s'est déroulé dans le calme. Dès le 15 décembre, cependant, Alpha Condé, leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), a été arrêté et détenu dans un camp militaire. Il avait annoncé son intention de manifester en cas de nouvelles fraudes. Toujours emprisonné à la mi-1999, il a entamé une grève de la faim. Le président sortant l'a emporté avec 56 % des voix, un score meilleur qu'en 1993 (51,7 %),lors du premier scrutin multipartite du pays. Au pouvoir depuis la mort de Sékou Touré, en 1984, le général LansanaConté (64 ans) a été réélu avec l'aval d'observateurs étrangers, qui ont estimé que !es irrégularités constatées n'empêchaient pas la validité des résultats. Mamadou Bâ, leader du Parti pour le renouveau et le progrès (PRP) , est arrié en deuxième position (24,6 %) devant A Condé (16,5 %) Une fois de plus ,ce scrutin a mis en évidence les cliages ethniques du pays, les Soussous (au sud, 15% de la population) était acquis à L.Conté ; les Peuls (au nord, 35 % ) à M. Bâ ; et les Malinkés (au centre, 30 % ) à A. Condé. La détérioration du climat politique, dans ce pays voisin de Sierra Léone et du Libéria, a entravé l'activité économique. Pourtant, l'assainissement financier prévu dans le cadre d'une Facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR) , signée le 13 janvier 1997 avec le FMI, a été rigoureusement respecté. Nouveau code de l'assurance, remplacement de la plupart des magistrats : l'environnement juridique guinéen, dont la réputation était plus que mauvaise, a lui aussi bénéficié d'un grand. coup de balai ..le limogeage de Sydia Touré n'a pas contribué à restaurer la confiance. Premier ministre populaire et efficace (avec l'amorce d'une réforme de l'administration et une remise au travail générale) , il a été remplacé, le 8 mars 1 999, par Lamine Sidimé, ancien président de la Cour suprême, qui a conservé pour l'essentiel l'équipe gouvernementale en place. Bien qu'intéressés par le potentiel du pays, les investisseurs étrangers faisaient, plus que jamais, défaut à la Guinée.

1999
Une lettre bouleversante sur le cadavre d'un adolescent aura fait découvrir au monde entier la désespérance d'un peuple. Le 2 août 1999, Yaguine Koïta, quatorze ans, et son compagnon d'infortune, Fodé Kountara, quinze ans, sont retrouvés morts dans le train d'atterrissage d'un avion reliant Conakry et Bruxelles. Une dizaine de jours avant d'entreprendre ce voyage insensé, Yaguine écrivait: « Si vous voyez que nous sacrifions et exposons notre vie, c'est parce qu'on souffre trop en Afrique. » L'émotion est si forte qu'à l'ouverture de la réunion du FMI en septembre, son directeur général, Michel Camdessus, décide de citer, dans son allocution, les dernières lignes de ce jeune Guinéen devenu un symbole.
Etant peu ou prou parvenu, hors de ses frontières, à redorer le blason de sa gestion économique, le président Lansana Conté se serait volontiers passé de cette célébrité funèbre. Même sa réélection hautement contestée à la tête de l'Etat, en décembre 1998, avait très vite été entérinée. Ne restait plus qu'à renouveler le premier ministre, en faisant passer le relais d'un technicien à un autre, en l'occurrence à Lamine Sidimé, un ancien avocat, président de la Cour suprême. Celui-ci a eu à préparer deux visites officielles de la plus haute importance pour le général Conté: en juillet, celle du président français, Jacques Chirac, qui a inauguré un barrage hydroélectrique financé par l'Agence française de développement (AFD), puis en octobre, celle du secrétaire d'Etat américain, Madeleine Albright.
Dans son environnement régional immédiat (Guinée-Bissau, Sierra Leone et Liberia), la Guinée entend, en effet, s'imposer comme un acteur essentiel, mais d'une curieuse façon. A peine oubliée sa piteuse aventure bissau-guinéenne de 1998, elle a failli ouvrir, en 1999, un conflit armé avec Monrovia. Le chef de l'Etat libérien, Charles Taylor, qui accuse Conakry de soutenir des factions rebelles, s'est alors fait menaçant.
Outre ces velléités guerrières, les bailleurs de fonds pourraient ne pas apprécier les conclusions de l'enquête ouverte dans l'affaire du détournement présumé de fonds massifs au sein de la société Friguia, qui exploite la principale richesse du pays, la bauxite. L'avant-projet de budget 2000, pétri d'austérité, pourrait ne pas suffire à les convaincre si le scandale venait à éclabousser le gouvernement.

AGRICULTURE :

Importateur net d'aliments. La Guinée est un pays extraordinairement bien loti par la nature: tout y est encore vert à la fin de la saison sèche. Pourtant, les terres ne sont pas correctement exploitées et le pays n'assure pas la sécurité alimentaire de ses habitants. Les principales cultures sont le riz, le café (l'un des seuls produits d'exportation), l'ananas, le manioc, la banane et la patate douce. Les surfaces consacrées à l'élevage (bovins essentiellement) sont plus importantes, mais la production de bois est médiocre. La pêche est une importante source de devises.

MINES ET INDUSTRIE :

Le sous-sol riche mais un tissu industriel peu développé : le sous-sol regorge de richesses : or, diamant, bauxite ( dont le pays est l'un des premiers producteurs au monde), ainsi que des réserves de fer, de titane, de cuivre, d'uranium et de nickel encore inexploitées. La production d'alumine, première transformation de la bauxite pour l'aluminium, se développe. Cette industrie attire de nos jours la majeure partie des investissements étrangers dans le pays. Par ailleurs, le Sud Africain De Beers s'est lancé dans un vaste programme d'exploration diamantifère. S'il existe en Guinée des fonderies d'aluminium, l'industrie est généralement plus légère, dominée par l'agroalimentaire.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Le satisfecit du FMI. La Guinée est arrivée en 1999 au terme d'un premier programme triennal d'ajustement structurel avec le , FMI, qui jugeait alors " globalement satisfaisantes » les performances économiques guinéennes, leur reconnaissant d'autant , plus de" valeur » qu'elles furent réalisées dans un environnement régional instable (référence à la situation dans certains pays voisins -Sierra Leone, Liberia et Guinée-Bissau). La Guinée a pris au cours des dernières années des mesures de libéralisation, réalisé quelques privatisations et remis de l'ordre dans ses principaux indicateurs macroéconomiques. Mais, malgré ses ressources abondantes (le secteur minier représente les trois quarts des exportations du pays), le développement reste encore handicapé par un manque d'infrastructures, ce qui rend difficile l'essor du potentiel touristique souhaité par les autorités, et surtout par la faiblesse des investissements, notamment étrangers. Le redressement reste donc fragile. En 1998, l'afflux de réfugiés des pays voisins a pesé lourdement sur le budget du pays. A long terme il faudra, pour qu'un décollage économique puise avoir lieu, mettre de l'ordre dans la fiscalité du pays, améliorer .la formation et mettre en place un cadre Juridique clair pour les investisseurs.

- GUINEEE-BISSAU

Population : 1 161 000

Langues : portugais, créole, mandé...

Mortalité infantile : 130 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 45 ans (95-2000)

Population urbaine : 22.9 %

Indice de développement humain : 0.343 (1997)

Analphabétisme hommes : 50.3% (1995)

Analphabétisme femmes : 81.8% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 25.5% (90)

Croissance 1998 (économie) : -21%

Croissance annuelle (économie) : 3,5% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.2% (95-2000)

PIB total (PPA) : 1066 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 918 dollars (1997)

Taux d'inflation : 3.1%

Importations : 75 millions dollars

Exportations : 54 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : transitoire. A la suite des accords d'Abuja (1.11.98)

entre la rébellion militaire et le cabinet en place, un gouvernement d'union nationale

a été investi le 2.2.99, en vue de l'organisation d'élections législatives et présidentielles

avant la fin 99.

0-14 ans : 42.56%

15-64 ans : 52.91%

65 et plus : 4.03%

Dette extérieure brute : 0.809 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Le conflit déclenché par la mutinerie militaire du 7 juin 98 s'est enlisé. Rallié par la majeure partie de l'armée, le général Ansumane Mané, chef d'État-Major limogé dans e cadre d'une affaire de trafic d'armes, a pris la direction d'une rébellion. Le président Joao Bemardo .Nino .VIeira (au pouvoir depuis 1975) avait organisé la riposte avec une frange loyaliste de l'armée et des contingents (3000 hommes au total) envoyés par le Sénégal et la Guinée. Un accord de cessez-Ie-feu avait été signé le 25 août 1998, mais les combats avaient repris le 9 octobre, après l'échec de pourparlers organisés à Abidjan Un accord de paix avait ensuite été signé, le 1er novembre 1998, à Abuja (Nigéria) et un gouvemement d'union nationale investi le 20 février 1999 Les troupes sénégalaises et guinéennes avaient été remplacées par un contingent léger de la force d'interposition ouest-africaine Ecomog. Coup de théâtre : la junte militaire de A. Mané a renversé, le 7 mai, le président Nino Vieira. Impopulaire, de plus en plus isolé et confronté aux preuves de sa propre implication dans le trafic d'armes qui a déclenché le conflit, l'ancien chef de l'État a trouvé refuge au Portugal. Son honneur lavé, A. Mané a confirmé son intention de ne pas se présenter à l'élection présidentielle, maintenue pour le 28 novembre 1999.

1999
Depuis les accords de paix conclus à Abuja en novembre 1998 et censés mettre fin à cinq mois de guerre civile, la destitution du président Joao Bernardo Vieira par son ancien chef d'état-major Ansumane Mané n'était qu'une question de temps. Le 8 mai 1999, il aura suffi de quelques heures à ses troupes pour mettre en déroute le dernier carré de soldats restés loyaux au chef de l'Etat, pour la plupart issus de son ethnie. Selon la thèse de la junte rebelle -contredite par la force africaine de maintien de la paix (Ecomog) présente à Bissau -les militaires loyalistes se préparaient à violer le cessez-le-feu.
Soucieuse de préserver un semblant de légalité, la junte a laissé le vaincu s'exiler à Lisbonne, en mettant à sa place et à titre intérimaire le président de l'Assemblée nationale, Malam Bacaï Sanha. Mais, dès le mois d'août, un détournement de fonds publics de 15 millions de dollars (90 millions de francs) a été invoqué par le gouvernement bissau-guinéen pour demander au Portugal l'extradition du général Vieira.
Les 250 000 citoyens déplacés, les 11500 mines antipersonnel dispersées et les cultures de riz délaissées sont là pour rappeler Bissau à plus de raison. Soucieux de tourner cette page sanglante de près d'une année, les bailleurs de fonds ont commencé à apporter leurs concours. Le 14 septembre, le FMI a approuvé un crédit « post-conflit » de 3 millions de dollars (18 millions de francs). Moins d'un mois plus tard, l'Union européenne a versé la première tranche d'une aide de 11 millions de dollars (66 millions de francs). Fin octobre, en visite à Lisbonne, le général Mané a obtenu des assurances sur un programme de coopération bilatéral de 40 millions d'euros (262,4 millions de francs). Tout dépend du deuxième tour de l'élection présidentielle, le 16 janvier 2000, le premier ayant été largement dominé par le candidat de l'opposition Kumba Yalla.

Répartition par secteurs d'activité:

Agriculture : 53.8%; Industrie : 7.0%; Mines : 4.0%; Services : 35.2%

AGRICULTURE :

Un gros producteur de noix de cajou. L'agriculture est le secteur le plus irnportant de l'économie de la Guinée-Bissau, représentant plus de la moitié du PIB et tous les produits d'exportation du pays. Le premier d'entre eux est la noix de cajou (95% des exportations), suivi de l'arachide. La pêche et le bois sont également des sources de recettes extérieures. Les principales productions vivrières sont le riz, le maïs et les haricots.

MINES ET INDUSTRIE :

Une industrie inexistante. Le pays possède quelques ressources minières (phosphates, bauxite, réserves de pétrole ), encore inexploitées en raison du manque d'infrastructures. Le peu d'industries manufacturières qui existe tourne autour du conditionnement des produits agricoles.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Des progrès réduits à néant. Onze mois de rébellion auront suffi pour réduire à néant les progrès dus aux réformes économiques et financières qui avait permis l'adhésion en mai 1997 à la zone franc CFA. Au premier semestre 1998, juste avant la rébellion, le taux de croissance était de 5% et l'inflation avait baissé de 59% à 13,4%. Mais le conflit armé a stoppé l'expansion: la croissance sera sans doute négative en 1999. Sans activité économique, les recettes fiscales baissent, et le pays a pris du retard dans la mise en place des programmes de réformes nécessaires et urgents: la dette équivaut à trois fois et demie le PIE et à seize fois les exportations. II faut trouver le moyen de faire revenir les cadres et les opérateurs économiques, et de réhabiliter les infrastructures dans les secteurs de la santé, de l'énergie, de l'eau, des transports et des télécommunications. La situation alimentaire apparaît cependant moins catastrophique que prévu dans la mesure où les récoltes de l'automne dernier ont été satisfaisantes.

- LIBERIA

Population : 2 666 000

Langues : anglais, bassa, kpellé, kru.....

Mortalité infantile : 116 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 47.3 ans (95-2000)

Population urbaine : 46.7 %

Indice de développement humain : non connu

Analphabétisme hommes : 35.1% (1995)

Analphabétisme femmes : 68.3% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 27.6% (86)

Croissance 1998 (économie) : non connue

Croissance annuelle (économie) : non connue

Croissance annuelle (démographie) : 8.2% (95-2000)

PIB total (PPA) : 2911 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1092 dollars (1997)

Taux d'inflation : non connu

Importations : 4015 millions dollars

Exportations : 1080 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 45.10%

15-64 ans : 52.55%

65 et plus : 2.66%

Dette extérieure brute : 1.150 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

AGRICULTURE :

Des bois tropicaux. La forêt couvre près de 20% de la superficie de ce petit pays, mais recèle des essences tropicales qui pourraient constituer la première richesse du pays si elles étaient correctement exploitées. La production agricole est variée -caoutchouc, café, cacao, riz, manioc, huile de palme, canne à sucre, banane -mais connaît une baisse continue depuis une dizaine d'années.

MINES ET INDUSTRIE :

L'industrie détruite. Le sous-sol libérien recèle de richesses notamment des diamants, de l'or et du fer. La contrebande de damants a été chronique pendant la guerre. L'exploitation des mines est en train de reprendre, mais il sera plus long de rétablir le tissu industriel, en lambeaux après sept années de guerre. Seules subsistent quelques usines agroalimentaires.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Un pays à reconstruire. Entamée fin 1989, la guerre civile aurait fait plus de 150 000 morts et contraint la moitié de population à l'exode (2,5 millions d'habitants au total a guerre), y compris de nombreux hommes d'affaires dont le départ a privé le pays à la fois de leur argent et de leur expertise. Le pays sort ruiné de cet épisode: toutes les infrastructures ont été dévalisées -jusqu'aux câbles et structures métalliques de la compagnie d'électricité bradés à l'étranger. Les besoins en. investissement sont immenses, mais les bailleurs de fonds ne se bousculent pas. Le nouveau gouvernement a hérité des dettes du précédent et dépend pour ses revenus des registres maritimes : le pays tire la majeure partie de ses rentrées en devises de l'immatriculation de navires marchands sous pavillon libérien, grâce à ces conditions, notamment fiscales, très favorables. La reconstruction des infrastructures dépend de l'affermissement de la paix et de la mise en place d'une politique macroéconomique saine.

- SENEGAL

Population : 9 003 000

Langues : français, ouolof, peul, sérère, dioula...

Mortalité infantile : 63 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 52.3 ans (95-2000)

Population urbaine : 45.7 %

Indice de développement humain : 0.426

Analphabétisme hommes : 55.5% (1995)

Analphabétisme femmes : 75.2% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 30% (90)

Croissance 1998 (économie) : 5.7%

Croissance annuelle (économie) : 2,5% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.6% (95-2000)

PIB total (PPA) : 15 230 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1730 dollars (1997)

Taux d'inflation : 1.5%

Importations : 1386 millions dollars

Exportations : 976 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel, multipartisme

0-14 ans : 45.11%

15-64 ans : 52.28%

65 et plus : 2.60%

Dette extérieure brute : 3.767 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Après les législatives du 24 mai 1998, qui ont conféré une majorité absolue au Parti socialiste (PS, au pouvoir), le chef de l'État Abdou Diouf a formé un nouveau gouvernement. Le principal changement a été le départ de Habib Thiam, remplacé au poste de Premier ministre par l'ancien ministre de l'Économie et des Finances Mamadou Lamine Loum. L'opposition, qui a protesté contre la victoire électorale du PS, accusé de fraude, s'est cherché une stratégie.Il a fallu une révision de la Constitution, votée le 27 août 1998 par la majorité socialiste, pour remobiliser ses ténors, regroupés en deux alliances. La disposition qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs (adoptée en 1992 sur un mode consensuel, après consultation de toute la classe politique) a été unilatéralement abolie. Ce retour en arrière donnait toute latitude à A. Diouf (65 ans), dauphin de Léopold Sédar Senghor en 1981, élu en 1988 et réélu en 1993, de briguer un troisième mandat, lors de la présidentielle de 2000. Les luttes de positionnement des uns et des autres ,s'en sont trouvées aussitôt anéanties. Tous les partis d'opposition ont manifesté, à Pa ris, le 21 octobre 1998, alors que A. Diouf était invité à s'exprimer devant l'Assemblée nationale française, avertissant des risques ; d'une explosion de violence au Sénégal. Un conflit social, en août 1998, entre le Syndicat unique des travailleurs de l'électricité (Sutulec) et la Société nationale d'électricité (Sénélec) a vu les autorités intervenir pour ordonner l'arrestation et l'incarcération des meneurs de grève. Début mars 1999, des étudiants de l'université de Dakar manifestant contre le manque de débouchés se sont confrontés à la police antiémeutes, à deux reprises.

Répartition par secteurs d'activités :

Agriculture : 18.5%; Industrie : 14.8%; Mines : 7.4%; Services : 59.3%

AGRICULTURE :

Une puissance halieutique avec un seul port de pêche, Le Sénégal met en place un Programme de revitalisation des vallées fossiles (PRVF) pour permettre l'irrigation et le repeuplement d'une région le long de 3 000 kilomètres d'anciennes rivières aujourd'hui à sec. Le Nord et le Centre du pays constituaient jusqu'au XIXe siècle une immense zone humide alimentée par le fleuve Sénégal. Mais ce réseau de rivières est à sec depuis la sécheresse de 1956. Le Sénégal produit de l'arachide. du millet, du maïs, du sorgho, du riz, du coton, des fruits et légumes. L'élevage concerne essentiellement les bovins, les volailles et les porcins. Le secteur de la pêche est très important, l'un des principaux pourvoyeurs de devises du pays. Mais le Sénégal ne dispose que d'une seul port de pêche sur les 700 kilomètres de côtes de son littoral. Les deux tiers des débarquements de poissons proviennent de la pêche artisanale. Des pêcheries industrielles ont dû fermer leurs portes en 1998 face à la concurrence thaïlandaise.

MINES ET INDUSTRIE :

D'importants investissements dans le tourisme. Le président Diouf estime que le secteur minier est « un puissant levier de développement ». La principale production minière du pays est le phosphate, dont la demande mondiale est en hausse. Industries chimiques du Sénégal (ICS) vient de lancer des travaux d'extension de ses installations à Darou Khoudoss, à 130 kilomètres à l'est de Dakar, pour permettre de doubler sa capacité de production d'acide phosphorique, de 330000 à 660000 tonnes par an. Le Sénégal possède également des chantiers navals, dont l'exploitation a été cédée en 1999 à un groupe maritime portugais, Lisnave International. Les autres secteurs industriels sont l'agroalimentaire et le raffinage de pétrole. Le tourisme enregistre de bons résultats, avec une hausse de 10% de la fréquentation pour la saison octobre 1998 à mai 1999. Le ministère du Tourisme envisage d'investir en 1999 un milliard de francs CFA dans ce secteur pour renforcer la sécurité et les conditions d'accueil (porter la capacité hôtelière du pays à 50000 lits contre 16500 actuellement, et d'attirer un million de touristes en 2010 contre 500000 aujourd'hui). Le tourisme est la troisième source de devises après la pêche et l'arachide.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Une enquête pour montrer la vraie étendue du chômage Dans ce pays qui engrange les bons résultats depuis 1994 (croissance régulière, inflation maîtrisée, hausse des investissements) le chômage reste un véritable fléau. Mais son taux, jugé très élevé, n'a jamais fait l'objet d'une enquête approfondie, rendant aléatoires et approximatifs la plupart des chiffres avancés dans ce domaine. Une enquête pour le mesurer va donc être menée en 1999. Le secteur privé représente aujourd'hui 8.2% du PIB. Mais l'Etat continue à investir, notamment dans les infrastructures. Le' gouvermement entend améliorer les transports aériens, maritimes, fluviaux, terrestres et ferroviaires ainsi que les transports urbains afin de permettre l'amélioration de la compétitivité, la lutte contre la pauvreté, le développement du secteur privé, la protection de l'environnement et l'intégration régionale. Le montant de l'investissement est de 337 milliards de francs CFA sur cinq ans (513 millions d'euros). La privatisation de la gestion des aéroports est envisagée, ainsi que la cession au secteur privé d'une grande partie de l'exploitation du trafic international de la Société nationale des chemins de fer ou encore l'introduction du péage dans la gestion des infrastructures de transports terrestres. Le Sénégal considère qu'il a un rôle de plaque tournante à jouer dans le développement des échanges en Afrique de l'Ouest. Le Sénégal va également investir 114 milliards de francs CFA (175 millions d'euros) au cours des cinq prochaines années dans la province rebelle de Casamance afin de promouvoir l'essor économique de cette région. Mais l'investissement doit d'abord être affecté au déminage. La principale mesure concrète sera la réhabilitation du port de Ziguinchor, qui deviendra un « port franc " devant servir de plaque tournante pour le commerce dans la région. .

- SIERRA LEONE

Population : 4 568 000

Langues : anglais, krio, mende, temne....

Mortalité infantile : 170 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 37,2 ans (95-2000)

Population urbaine : 35.3 %

Indice de développement humain : 0.254

Analphabétisme hommes : 56.4% (1995)

Analphabétisme femmes : 81.8% (1995)

Scolarisation 12-17 ans : 26.6% (90)

Croissance 1998 (économie) : 0.7%

Croissance annuelle (économie) : -3,4% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 6.1% (95-2000)

PIB total (PPA) : 1954 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 410 dollars (1997)

Taux d'inflation : 37,4%

Importations : 95 millions dollars

Exportations : 41 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel, multipartite

0-14 ans : 45.85%

15-64 ans : 51.34%

65 et plus : 2.81%

Dette extérieure brute : 1.004 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

La restauration, le 15 mars 98, de Ahmad Tejan Kabbah, président élu en 96 puis renversé par un coup d'état militaire en 97, n'a rien résolu. L'intervention des 15 000 hommes de l'ECOMOG, la force d'interposition de la Communauté économique des états d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a rompu un relatif équilibre. Le régime militaire et la rébellion du Front révolutionnaire unifié (RUF) avaient en effet pactisé pour se livrer à leur principale activité, le pillage du pays. Avec la défaite des premiers, la guerre a été intensifié par les seconds. Foday Sankoh, leader de la rébellion, a été arrêté en 97 au Nigeria, puis extradé et condamné à mort, le 23 octobre 98, en Sierra Leone. Pour empêcher son exécution, les RUF a amplifié ses exactions, menées depuis 91 à l'encontre de la population civile.

Afin de libérer leur leader, les rebelles sont entrés dans Freetown le 6 janvier 99. Repoussées par l'ECOMOG, ils ont incendié et mutilé avant de battre en retraite. La CEDEAO a alors tenté de promouvoir une solution négociée, mais A.T Kabbah a refusé d'accéder à la demande de Sankoh, ce dernier ayant fait de sa libération un préalable à tout accord de cessez-le-feu. Kabbah a aussi fait état de documents prouvant l'implication aux cotés du RUF de plusieurs pays membres de la CEDEAO (Libéria, Burkina et Côte d'Ivoire).

L'enjeu de cette guerre, tout autant que détenir le pouvoir, est de faire main basse sur les richesses du pays (diamants). Le conflit se perpétuerait grâce à un système de troc. Des diamants seraient échangés au Liberia voisin, notamment, contre du riz et des armes. L'épuisement des mines à ciel ouvert aurait pu signifier la fin de la guerre. Mais les autorités ont délivré en Mars 99 une licence à la compagnie britannique Branch Energy, pour une exploitation souterraine à Kono et Tongofield, deux des sites diamantifères les plus riches du monde, situés en plein fief des rebelles. Un premier contrat de prospection, signé en 95, avait permis à Branch Energy d'engager les mercenaires sud-africains d'Executive Outcomes, pour assurer la sécurité de ses opérations et aider le gouvernement d'alors à lutter contre le RUF.

L'avenir est apparu en partie suspendu à la politique extérieure du nouveau chef de l'état nigérian, Obasanjo. Elu en février 99, cet ancien général a fait du retrait de l'ECOMOG, force composée à 90% de soldats nigérians, l'un des thèmes de sa campagne électorale. La nouvelle armée sierra-léonaise, réformée et entrainée par l'ECOMOG, compte un peu moins de 3000 hommes, alors que la rébellion, qui en revendique 30 000, disposerait réellement de 8000 combattants.

1999
La Sierra Leone est un pays traumatisé par plus de huit ans d'une guerre dont les populations civiles ont été les principales victimes. Enfants soldats embrigadés par la rébellion et réduits en esclavage, viols généralisés, amputations publiques entourées de mises en scène macabres: les Sierra-Léonais sortent à peine d'un long cauchemar. L'accord de paix et de partage du pouvoir signé en juillet 1999 entre le gouvernement et la rébellion est encore bien fragile. Il est toujours menacé par les dissensions entre le Front révolutionnaire uni (RUF), qui a lancé la rébellion en 1991, et le Conseil révolutionnaire des forces armées (AFRC), la junte au pouvoir entre mai 1997 et février 1998.
Le désarmement des combattants n'a débuté que timidement, fin 1999, au moment où les soldats de la force ouest-africaine (Ecomog) étaient remplacés par une force onusienne de quelque 6 000 hommes. Cette présence dissuasive ne garantit pas pour autant une paix durable. Malgré les appels répétés à la réconciliation, la haine, la rancoeur et les frustrations peuvent à tout moment mettre Je feu aux poudres dans un pays où des milliers d'armes sont toujours en circulation.
Relativement peu endettée, la Sierra Leone peut cependant se relever assez rapidement de cette guerre civile qui n'a que peu touché les infrastructures du pays. Riche de son or et de ses diamants, de sa production agricole et pastorale, le pays a besoin d'un coup de pouce de la communauté internationale. Tout dépendra de la capacité de la classe politique, qui comprend désormais l'ancienne rébellion, à rassurer les bailleurs de fonds et les investisseurs en se conformant à l'accord de paix. Pour cela, elle devra d'abord donner aux militaires qui avaient servi la junte -soit près des deux tiers de l'armée -, qui multiplient les revendications, une véritable possibilité de réintégration.

Répartition par secteur d'activités :

Agriculture : 25%; Mines : 35%; Industrie : 12%; Services : 52%

AGRICULTURE :

Les problèmes écologiques s'accumulent dans ce pays où l'agriculture a été fortement détruite. L'exploitation incontrôlée du bois a entraîné une déforestation, et les mauvaises pratiques agricoles ont épuisé les sols. Les terres cultivées ne couvrent plus que 1% du territoire. Les principales productions sont le riz, le café, le cacao, l'huile de palme, l'arachide. L'élevage concerne les volailles, les bovins, les ovins et les porcins. Les prises de pêche sont relativement importantes.

MINES ET INDUSTRIE :

Pillage de diamants, exportation de rutile. La Sierra-Leone possède une ressource de grande importance : le diamant. Celui-ci est l'un des plus purs au monde, très recherché pour sa couleur et sa qualité. Mais le diamant, qui assurait 70% des recettes d'exportation du pays dans les années 80, a souffert des années de guerre : des centaines de trafiquants (rebelles, militaires...) ont pillé les ressources diamantifères du pays. La Banque mondiale aide actuellement le pays à mettre en place un plan pour le développement du secteur minier. Le pays possède également des réserves de titane, de bauxite, de fer et d'or. Les exportations de rutile (oxyde de titane), deuxième produit d'exportation du pays après le diamant, ont repris en juin 99. Avant l'interruption de ces activités par la guerre civile, le rutile contribuait pour 6% au PNB. Le secteur manufacturier est de taille très modeste, centré sur les biens de consommation (boisson, textile, chaussures...).

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

La Sierra Leone possède des ressources minières, agricoles et halieutiques. Mais les infrastructures ne sont pas développées et la guerre civile a porté un coup fatal à l'économie. Les sanctions économiques décrétées par l'ONU en 97 lors de la prise de pouvoir par le Conseil des forces armées révolutionnaires a provoqué une nette baisse du PIB. La guerre a également été l'occasion d'un pillage en règle des ressources du pays.

GOLFE DE GUINEE ( Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Nigeria, Togo)

- BENIN

Population : 5 781 000

Langues : français, adja-fon, yorouba, pila-pila, goun, dendi, sonika..

Mortalité infantile : 88 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 53,4 ans (95-2000)

Population urbaine : 40,8 %

Indice de développement humain : 0,421

Analphabétisme hommes : 52,3% (1997)

Analphabétisme femmes : 79,1% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 21,9% (91)

Croissance 1998 (économie) : 4,4%

Croissance annuelle (économie) : 3,2% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2,7% (95-2000)

PIB total (PPA) : 7377 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1270 dollars (1997)

Taux d'inflation : 5,8%

Importations : 585 millions dollars

Exportations : 424 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 46,88%

15-64 ans : 49,98%

65 et plus : 2,94%

Dette extérieure brute : 1,748 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

La cour constitutionnelle a adopté le 13 janvier 99 le code électoral et le 22 janvier la Commission électorale nationale autonome a été mise en place pour surveiller les législatives fixées au 28 mars 99 pour le renouvellement de l'Assemblée nationale. A partir du 11 février, des petits partis se sont regroupés pour former diverses alliances : l'Alliance pour le progrès, l'Alliance Suru et le Mouvement pour l'engagement et le réveil du citoyen.

Dans le même temps, le Parti communiste du Dahomey a été l'objet d'une scission, donnant naissance le 21 février au Parti communiste marxiste-léniniste du Bénin. Sur 83 sièges à pourvoir, l'opposition en a remporté 42 contre 40 à la mouvance présidentielle.

La Renaissance du Bénin de l'ancien président Nicéphore Soglo, avec ses 27 députés a été le plus grand vainqueur de ces législatives, prélude à la présidentielle de 2001. Pour soutenir sa politique, le président Mathieur Kérékou, l'un des perdants des législatives, a dû, dès lors, composer avec une majorité à géométrie variable comme précédemment.

Sur le plan économique, en 1998, le taux de croissance n'a atteint que 4,4% (contre 5,8% en 97), tandis que l'inflation s'élevait à 5,8% (contre 4,8% l'année précédente). Le budget 99, adopté par l'Assemblée le 8 janvier, s'est élevé à 235 milliards de FCFA en recettes et 335,1 milliards en dépenses. Le pouvoir comptait sur les aides extérieures pour combler le déficit budgétaire et pour assurer 76% du programme d'investissement. Le chef de l'état s'est déplacé à Bruxelles en janvier 99 et à Washington en février pour solliciter des fonds complémentaire. La fraude et l'évasion fiscale avait fait perdre au Trésor public 60 milliards de FCFA, soit 25% des ressources internes.

La campagne lancée par Kérékou en juillet 98 contre la corruption tardait à porter ses fruits dans un pays ou elle est devenu courante. En outre, à peine sorti de la crise énergétique qui avait sévi de février à juin 98, le pays devait faire face à une grave pénurie d'essence. Les condamnations à de lourdes peines de journaux et de journalistes de la presse privée (Le Progrès et les Echos du jour en décembre 98) et le lancement le 2 mars 99 d'un 3ème quotidien, La Cloche ont été révélateurs de la fragilité sociale.

1999
Le Bénin, qui doit négocier en l'an 2000 un nouveau programme avec le FMI et la Banque mondiale, affiche des performances macroéconomiques satisfaisantes. La croissance du PIB de 4,4 %, en 1998, devrait atteindre 5% fin 1999 et 5,5% durant les deux années suivantes. L'inflation est contenue aux alentours de 30;0, tandis que les recettes fiscale croissent régulièrement. Mais ces indicateurs cachent mal les faiblesses de l'économie béninoise, toujours dépendante de son agriculture, en particulier du coton.
La production béninoise des surfaces cultivées est estimée pour 1999 à 355000 tonnes, au lieu des 370000 prévues. Cette contre-performance a été amplifiée par les difficultés financières de la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) qui gère la commercialisation du coton. Un audit, réalisé sur ordre du gouvernement, en 1998, a révélé des fraudes massives et une gestion hasardeuse de cette société, dont la Banque mondiale demande la privatisation. La filière coton reste, malgré tout, prometteuse.
L'affaire de la Sonapra est révélatrice de la corruption qui ronge le Bénin. En juillet 1999, une enquête sur l'utilisation des fonds publics a mis à jour quelque 237 cas de malversations portant sur 70 milliards de francs CFA (700 millions de francs français) au cours des trois années précédentes. Un contrôle de la fonction publique a révélé l'existence de près de 570 fonctionnaires fantômes et 242 agents contractuels fictifs. Le gouvernement a chiffré à plus d'un milliard de francs CFA (100 millions de francs français) le coût de cette fraude.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 38,4%; Industrie : 8,4%; Mines : 5,5%; Services : 47,7%

AGRICULTURE :

Le Bénin est le deuxième producteur de coton de la zone franc, produisant à la fois du coton-graine (utilisé pour l'huile) et de la fibre de coton (utilisé dans le textile). Mais le niveau élevé de production enregistré ces dernières années serait menacé par un parasite, le papillon héliotis, redoutable ravageur du cotonnier, dont la présence a été constaté en Afrique au cours des deux dernières campagnes. Le bois, la forêt recouvre 31% de la superficie du pays, est une autre ressource importante, bien que mal exploité. Les autres cultures, maïs, sorgho, patates douces, haricots, huile de palme et arachide, sont essentiellement vivrières, et les rendements sont faibles.

MINES ET INDUSTRIE :

Le Bénin possède de faibles réserves de pétrole off-shore, de pierre à chaux et de marbre. L'industrie, faiblement développée, est centrée sur le textile et l'agroalimentaire.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

L'économie béninoise, sous-développée et dépendante de l'agriculture vivrière, de la production cotonnière et du commerce régional, est dans une position fragile. La croissance démographique a rattrapé la très forte croissance économique enregistrée ces dernières années, laissant la production de richesse par habitant inchangée. L'expansion a d'ailleurs été moins forte que prévue en 98 du fait de la sécheresse qui avait réduit la production hydroélectrique du Ghana dont dépend le Bénin. Cette crise a provoqué un regain d'inflation en réduisant la croissance. Les dépenses du pays doivent se porter en priorité sur l'éducation, la santé et les infrastructures. Il faut égelement intensifier les efforts pour ouvrir l'ensemble des secteurs, et en particulier celui du coton, aux investissements privés.

- CÔTE D'IVOIRE

Population : 14 292 000

Langues : français, baoulé, dioula, bété, sénoufou.

Mortalité infantile : 87 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 46,7 ans (95-2000)

Population urbaine : 45,3 %

Indice de développement humain : 0,422

Analphabétisme hommes : 48,9% (1997)

Analphabétisme femmes : 66,3% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 45,7% (91)

Croissance 1998 (économie) : 5,7%

Croissance annuelle (économie) : 2,4% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 1,8% (95-2000)

PIB total (PPA) : 26 134 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1840 dollars (1997)

Taux d'inflation : 4,5%

Importations : 2911 millions dollars

Exportations : 4244 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 44,14%

15-64 ans : 52,85%

65 et plus : 2,98%

Dette extérieure brute : 16,021 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Les grandes manoeuvres en vue de l'élection présidentielle de l'an 2000 ont pris force et rigueur. Les députés de l'ancien parti unique, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, majoritaire à l'Assemblée nationale), ont adopté le 30 juin 98 un projet de révision constitutionnelle, qui a aboutit à un véritable changement de Constitution. Il confère au président Henri Konan Bédié des pouvoirs considérables. Son mandat est passé de 5 à 7 ans, renouvelable indéfiniment jusqu'à l'âge de 75 ans révolus. Le Premier ministre n'est plus le chef du gouvernement, mais un simple coordinateur qui a perdu nombre de ses attributs au profit du chef de l'état. L'Assemblée nationale partage désormais ses compétences avec le Sénat dont un tiers est nommé par le président. L'article 10, contesté par l'opposition, lui a donné le pouvoir de décider de l'opportunité d'organiser ou non l'élection présidentielle et d'en proclamer les résultats.

De son côté, l'opposition s'est recomposée en opérant des regroupements. Après le remplacement par Henriette Diabaté de Djéni Kobina, son secrétaire générale décédé en octobre 98, le Rassemblement des Républicains, avec son candidat déclaré, l'ancien Premier Ministre Alassane Ouattara, s'est allié au Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo pour créer le Front républicain. Par ailleurs, des petits partis sans représentation au Parlement comme l'Union des sociaux-démocrates de Bernard Zaourou, le Parti ivoirien des travailleurs de Francis Wodié, présents dans le gouvernement de large ouverture prôné par Bédié, ainsi que la Renaissance de Ahoua Don Mello, ont posé le 24 janvier 99 les premiers jalons d'une future fusion.

Sur fond d'ethnicisation exacerbée de la vie politique, le pouvoir et les différentes sensibilités d'opposition ont engagé, en février 99, une série de pourparlers en vue de définir le cadre général de ces élections.
On apprenait mi-99 qu'Alassane Ouattara ne pouvait se présenter aux élections présidentielles de l'an 2000 car ses deux parents n'étaient pas nés en Côte d'ivoire, ce qui a provoqué un scandale politique dans le pays. Ouattara a même été accusé d'usage de faux et condamné..!!
Le 24 Décembre 99, on apprenait que des soldats étaient descendus dans les rues; des coups de feu ont été entendu dans la capitale Abidjan et des vols dans les magasins de la ville ont été perpétré. Aucun mort n'est à déplorer.
Le porte parole de ce coup d'état militaire se nomme Robert Guei, général dans les forces armées du pays et ex-ministre de la Défense. Robert Guei a annoncé que le président Bédié avait été renversé et qu'il pouvait quitter le pays (ce qu'il a fait en se rendant au Togo).
Le 30 Décembre 99, Ouattara quittait la France après que le nouvel homme fort du pays ait annoncé vouloir rencontrer les chefs de partis politiques afin de former un nouveau gouvernement composé de civils. Le calme est revenu à Abidjan en cette fin d'année 99.
Le général Guei a promis de restaurer la démocratie après une période transitoire dont la durée n'est pas encore connue.

Sur le front économique, l'année 99 a été marquée par la libéralisation des filières du café et du cacao, les deux principales ressources du pays. Le 21 janvier 99 a été signé le décret de la dissolution de la Caisse de stabilisation et de soutien des prix agricoles, remplacée par une nouvelle Caisse dont l'état détient le quart du capital. Quant aux finances publiques, elles sont restées fragiles : 5,7% de taux de croissance, inflation contenue autour de 4,5% et déficit public se situant à moins de 2% du PIB. Le pays a continué à vivre au dessus de ses moyens avec un endettement croissant, lié notamment à la chute des cours mondiaux de café et de cacao, à la baisse des recettes fiscales de plus de 75 milliards de FCFA, en 1998, et aussi à la corruption devenue monnaie courante. Le budget 99, jugé irréaliste par la Banque Mondiale, a dû être amputé de 89,6 millairds de FCFA par ordonnance du chef de l'état, qui était menacé de suspension de leurs décaissements par les institutions de Bretton Woods. De son côté, le rapport critique du FMI rendu début 99 a suscité une vive polémique avec le pouvoir en place. Mais le président Bédié a maintenu sa promesse d'augmenter des salaires grâce aux aides de la France, dont le ministre de la Coopération, C. Josselin, est venu (décembre 98) rassurer les autorités ivoiriennes inquiètes des conséquences du déploiement de la présence militaire française en Afrique, engagé à partir de 96.

1999
Une prime non versée aux militaires, et la mutinerie qui s'est ensuivie, le 23 décembre 1999, a valu à la Côte d'Ivoire le premier coup d'Etat de son histoire. La destitution surprise du président Konan Bédié s'explique par l'impasse politique et économique où il s'était enfermé.
De plus en plus contesté, le pouvoir s'est crispé, lors du retour en Côte d'Ivoire, en août, de l'ancien premier ministre et ancien directeur général adjoint du FMI Alassane Ouattara, candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2000. II a engagé contre cet opposant une bataille politico-juridique pour prouver qu'il n'est pas ivoirien (ivoirité) et ne peut donc briguer la magistrature suprême.
Manifestations et marches se sont succédé, ponctuées d'affrontements violents avec les forces de l'ordre. Les principaux leaders du parti de M. Ouattara ont été mis en prison. A la veille du coup d'Etat, toute contestation semblait impossible par la voie démocratique.
La Côte d'Ivoire connaît également une crise économique sévère. L'embellie qui avait suivi la dévaluation du franc CFA, en janvier 1994, a vécu. Le taux de croissance, qui avait atteint jusqu'à 7% en 1997, ne cesse de chuter depuis et ne devrait pas dépasser 3% pour l'année 2000. Trois facteurs se sont conjugués pour dégrader les performances du pays: la chute des cours des matières premières, en particulier du cacao, du café et du coton ; la suspension des aides du FMI, de la Banque mondiale et de l'Union européenne après de sérieux dérapages budgétaires et des détournements de fonds; enfin, le climat politique et social de plus en plus tendu.
Auteur d'un budget 1999 trop ambitieux, le gouvernement de Daniel Kablan Duncan a dû par deux fois procéder à des coupes, l'une de 90 milliards de francs CFA (900 millions de francs français) dès décembre 1998 et l'autre de 20 milliards (200 millions) en fin d'exercice. Les arriérés s'accumulent et atteignaient fin 1999, selon un audit exigé par le FMI, au moins 1,1 milliard de francs français. C'est dans ce contexte difficile qu'a éclaté, en juin, le « scandale des 18 milliards de francs CFA de l'Union européenne ». A la suite d'un audit de sa coopération en matière de santé et de décentralisation, l'Union a découvert des factures douteuses et exprimé ses fortes présomptions à propos de possibles détournements de fonds. Depuis décembre 1998, dans l'attente du résultat de cet audit, les versements de l'Union européenne ont été suspendus.
En 1999, la Côte d'Ivoire n'a donc reçu que 10 % des apports extérieurs qu'elle escomptait. Pour boucler ses fins de mois, le gouvernement a dû lancer un emprunt de quelque 60 milliards de francs CFA (600 millions de francs français) sur le marché obligataire régional et a atteint le plafond de ces crédits auprès de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
A cette « mal-gouvernance » s'est ajoutée la baisse continue des cours mondiaux du café, du coton, mais surtout du cacao, qui a perdu en un an la moitié de sa valeur. Très dépendante de son agriculture, qui représente quelque 35 % de son PIB et 65 % de ses recettes extérieures, la Côte d'Ivoire n'a pas été en mesure de compenser cet effondrement. La baisse du pouvoir d'achat qui en est résultée dans les campagnes comme en ville, où la hausse des prix du carburant a relancé l'inflation, a touché les populations les plus pauvres et provoqué des manifestations contre la cherté de la vie qui ont préparé le coup d'Etat du général Robert Gueï.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 14,7%; Industrie : 17,2%; Mines : 6,1%; Services : 62,0%

AGRICULTURE :

7ème producteur de café, la Côte d'Ivoire est le premier exportateur de cacao. Le pays produit 40% de l'offre mondiale et la filière représente 20% du PIB et entre 25 et 30% des recettes totales du pays. La libéralisation de ces deux filières est inscrite dans le programme d'ajustement structurel signé avec le FMI en 1998. La filière café a été entièrement libéralisée (à la demande des bailleurs de fonds) pour la campagne 98-99. Celle du cacao sera réalisée lors de la campagne 99-2000. Une Fédération ivoirienne des producteurs ivoiriens de café et de cacao a été crée en 98 pour éviter le désordre dans la gestion de ces deux matières premières après la libéralisation des deux secteurs. La dévaluation du franc CFA en 94, réduisant les revenus des planteurs, a poussé une expansion incontrôlée des surfaces plantées. Même avec l'augmentation des cours, dans un contexte de baisse générale des cours des matières premières, le cacao s'en sort plutôt bien, les revenus des agriculteurs accusent un retard de près de 30% par rapport à leurs revenus d'avant 94. Le coton graine est la troisième production commerciale. L'agriculture vivrière est dominée par le maïs, le riz, le manioc et la patate douce. La filière bois perd de son importance : la surexploitation de cette ressource a provoqué une déforestation.

MINES ET INDUSTRIE :

Devenir une nation industrialisée. Alors que les programmes d'exploration diamantifère battent de l'aile et que les autres ressources du pays (pétrole, manganèse, fer, cobalt, bauxite, cuivre) ne lui permettent pas d'augmenter son niveau de vie, la Côte d'Ivoire affiche l'ambition de devenir « une nation industrialisée en l'espace d'une génération ». La part de l'industrie dans le PIB est passé de 13% en 1993 à près de 20% actuellement (le secteur secondaire se limite pour l'instant à l'agroalimentaire et au textile), et l'objectif est de porter ce taux à 30%. Le pays espère aussi attirer 500000 touristes en l'an 2000 contre 247000 en 1997 et rêve du million de visiteurs pour 2005. Le premier Salon international du tourisme et des loisirs d'Abidjan (SITLA) a eu lieu en novembre 1998. Le tourisme en Côte d'Ivoire avait décollé dans les années 1970 avant de stagner puis de connaître un nouveau décollage en 1994. C'est un secteur qui peut rendre l'économie moins vulnérable aux fluctuations conjoncturelles.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Le développement entravé par la dette. Le service de la dette absorbera plus de la moitié des dépenses de fonctionnement de la Côte d'Ivoire en 1999, malgré les accords intervenus en 1998 avec les institutions multilatérales et les créanciers bilatéraux et portant sur une réduction de 345 millions de dollars de la dette, dont l'impact néanmoins ne se fera pas vraiment sentir avant 2001. Le stock de la dette -avec 9000 milliards de francs CF A, elle constitue" une forte entrave» au développement du pays, selon le ministre ivoirien de l'Economie -représente 306% des recettes d'exportation, 588% des revenus de l'Etat et 130% du PIB. Mais la Côte d'Ivoire veut être au premier rang des pays africains" en mouvement vers l'avant ». La croissance se situait aux alentours de 6% en 1998, mais la sécheresse a fait exploser les prix des produits vivriers, provoquant une reprise de l'inflation. Le taux d'investissement est en hausse à 18% du PIB, mais reste encore trop faible, et l'essentiel des investissements étrangers s'opère dans le cadre des privatisations. Les relations avec le FMI, qui critique régulièrement le retard dans les réformes structurelles (secteurs du café et du cacao) et le manque de mesures concrètes pour lutter contre la fraude et la pauvreté, sont loin d'être au beau fixe. .

- LE GHANA

Population : 19 162 000

Langues : anglais, akan, ewe, mossi, mamprusi, dagomba, gonja.

Mortalité infantile : 66 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 60 ans (95-2000)

Population urbaine : 37.4 %

Indice de développement humain : 0.544

Analphabétisme hommes : 23.5% (1997)

Analphabétisme femmes : 43.5% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 53% (90)

Croissance 1998 (économie) : 4.5%

Croissance annuelle (économie) : 4,5% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.7% (95-2000)

PIB total (PPA) : 29 494 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1640 dollars (1997)

Taux d'inflation : 17.7%

Importations : 2564 millions dollars

Exportations : 1885 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel

0-14 ans : 44.09%

15-64 ans : 52.85%

65 et plus : 3.06%

Dette extérieure brute : 6.5 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

Forte augmentation des dépenses publiques.

Le budget 1999, présenté par le gouvernement le 5 février, a plus que doublé par rapport à celui de l'année précédente, passant de 1,8 milliard de dollars à 2,8 milliards. Cette augmentation provient des recettes tirées des exportations (notamment or et cacao) en hausse de 9,7 % par rapport à 1997. Trois ministères qui avaient souffert des plans d'ajustement structurel de l'économie en ont été les grands bénéficiaires : l'éducation (+ 11 %), les routes et les transports {+ 9 %) et la santé {+ 4 %). Selon les chiffres officiels, le taux de croissance a été de 5,5 % et le taux d'inflation de 9,5 % en 1998, des résultats contestés par l'opposition et les économistes indépendants. Les effets néfastes de la crise énergétique de 1998 ont continué à se faire sentir (fermetures d'usines, licenciements, relèvement du prix du kWh), révélant la grande dépendance du pays par rapport au barrage d'Akosombo. Pour diversifier ses sources d'énergie, l'État a lancé en octobre 1998 la construction de deux centrales thermiques près de Tema (financées par 12 millions FF prêtés par l'Agence française de développement-AFD), et en décembre 1998 la construction d'un barrage à Bui, près d'Accra.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 35.8%; Industrie : 9.1%; Mines : 16.6%; Services : 38.5%;

AGRICULTURE :

Des produits tropicaux. L'agriculture ghanéenne est dominée par la cacao. Le pays, qui fut le premier producteur mondial de cacao dans les années 1950 et 1960, en est le deuxième producteur africain derrière la Côte d'Ivoire, et les exportations assurent 40% des rentrées en devises du Ghana. Le bois est une autre ressource importante (la forêt couvre 35% du territoire), en troisième place dans la liste des exportations. Pays où le développement rural est une priorité, le Ghana cherche à orienter son agriculture vers l'exportation, surtout avec des productions tropicales comme l'ananas, la mangue et le fruit de la passion. Le Ghana produit également du riz, du café, de l'arachide, du maïs et des bananes. Une sécheresse en 1998 a considérablement réduit l'activité agricole.

MINES ET INDUSTRIE :

La fin de l'électricité à bon marché. Le Ghana possède de l'or. Neuf nouvelles mines d'or y ont été ouvertes depuis 1996, et les exportations d'or représentent 38% des exportations du pays. Mais le secteur minier traverse des difficultés en raison de la chute des cours du métal jaune, au plus bas depuis 20 ans. Le secteur minier dans son ensemble (le pays produit des diamants industriels, de la bauxite et du manganèse) est la première source de devises du pays. L'industrie (traitement du bois, manufacture légère, fonderies d'aluminium et agroalimentaire) a beaucoup souffert de la grave pénurie d'énergie provoquée en 1998 par une sécheresse qui avait affecté le niveau des eaux du barrage d'Akossombo, principale source d'énergie hydraulique du pays. Les tarifs de l'électricité ont doublé au 1er septembre 1998, mettant fin à une politique d'énergie bon marché, subventionnée par le gouvernement.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Un nouveau plan triennal avec le FMI. Dans une Afrique désespérément pauvre, le Ghana fait figure de bon élève. Sa monnaie est stable (le Ghana montre un intérêt pour le franc CFA et mène actuellement une étude sur les avantages éventuels d'une adhésion à cette zone), l'inflation est relativement basse et la croissance régulière. Le FMI soutient un programme de réfonnes économiques sur trois ans (1999-2001) qui a pour objectifs une croissance du PIB de 6%, une inflation de 5%, la libéralisation de certains secteurs clefs de l'économie comme l'énergie et le cacao, la privatisation d'entreprises publiques et le renforcement du système bancaire. Le Ghana a ainsi instauré fin 1998 une taxe à la valeur ajoutée de 10% qui remplace l'ancienne taxe de 15% sur les marchandises et les services. Les résultats du précédent programme d'ajustement entrepris sous l'égide du FMI entre 1995 et 1997 ont été mitigés. Les mesures d'austérité prises à ce moment là ont notamment eu leur part dans le mécontentement social. .

- LE NIGERIA

Population : 106 409 000

Langues : anglais, 200 langues dont le haoussa, l'ibo, le yorouba

Mortalité infantile : 81 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 50.1 ans (95-2000)

Population urbaine : 42.2 %

Indice de développement humain : 0.456

Analphabétisme hommes : 31.4% (1997)

Analphabétisme femmes : 49.1% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 32% (91)

Croissance 1998 (économie) : 2,3%

Croissance annuelle (économie) : 4,8% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.4% (95-2000)

PIB total (PPA) : 107 959 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 920 dollars (1997)

Taux d'inflation : 17.7%

Importations : 43 798 millions dollars

Exportations : 37 029 millions dollars

Nature de l'Etat : République fédérale (36 états)

Nature du régime : en transition vers la démocratie

0-14 ans : 44.66%

15-64 ans : 52.68%

65 et plus : 2.49%

Dette extérieure brute : 23 615 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Remise en marche.

La mort, en juin 1998, du général Sani Abacha, qui s'était emparé du pouvoir lors d'une « révolution de palais. en 1993, a amorcé un changement radical dans les for tunes politiques du Nigéria. Le nouveau chef de l'État, le général Abdulsalami Abubakar , a achevé le très discrédité programme de transition de son prédécesseur, dissout les partis politiques existants et publié un échéancier accéléré pour transférer le pouvoir à des autorités civiles élues. Tous les prisonniers politiques ont été libérés, même ceux impliqués dans des tentatives de renversement du régime; les chefs de l'opposition en exil ont été encouragés à rentrer au pays, et, sur le plan économique, des initiatives ont été prises pour mettre en oouvre des politiques s'inscrivant dans la ligne recommandée par le FMI et la Banque mondiale. Le 27 février 1999, le Nigéria avait fait l'avant-demier pas vers la restauration d'un gouvernement démocratique, lorsque le général Olusegun Obasanjo a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle avec 63 % des suffrages.

Des douzaines de formations s'étaient précipitées pour participer à la nouvelle transition vers la démocratie, recrutant massivement dans la classe des vétérans politiques. Nombre d'entre eux avaient été associés à la Seconde République (régime civil sous la présidence de Shehu Shagari, 1979-1983) et avaient appartenu aux deux formations créées par les militaires lors du processus de transition avorté lancé par le général Ibrahim Babangida ( 1989-1993) .

Neuf partis avaient été enregistrés en vue des élections locales de décembre 1998. Le Parti démocratique du peuple (PDP), coalition d'hommes politiques modérés largement hostiles au programme de transition du général Abacha, a émergé comme la force politique dominante, en remportant 46 % des voix et 60 % des conseils des collecti. vités locales. Le Parti de tous les peuples (APP), plus conservateur, a recueilli 35 % dessufflages (26 % des conseils). L'Alliance pour la démocratie (AD) est arrivée en troisième position avec 11 % des voix (14 % des conseils), obtenus majoritairement dans le sud-ouest du pays, où les Yoruba sont majoritaires. Les six autres partis se sont partagé 7 % des suffrages, sans obtenir de gouvernement local et n'ont pu, en conséquence, participer aux scrutins qui ont suivi. Les élections destinées à choisir les gouverneurs et les représentants aux assemblées des 36 États de la Fédération se sont tenues début janvier 1999. Les résultats sont apparus dans la continuation de ceux des précédents scrutins, esquissant une carte électorale régionale et ethnique. Le PDP s'est assuré 21 sièges de gouverneurs, dans le Sud-Est (à dominante ibo) ainsi que dans le Nord (9 États, peuplés majoritairement d'Haoussa-Fulani) qu'il s'est partagé avec l'APP. L'AD a emporté les 6 États du Yorubaland (dont celui de Lagos) , mais n'a fait que de médiocres scores ailleurs. Dans chaque État, les partis des gouverneurs élus ont également obtenu la majorité aux assemblées. Les élections au Parlement fédéral se sont tenues fin février, marquées elles aussi par la victoire écrasante du POP, qui aobtenu la majorité absolue (64 des 109 siéges du Sénat et 213 des 360 sièges de la Chambre des représentants). L'APP a obtenu 25 siéges au Sénat et 71 à l'Assemblée, et l'AD les sièges restants, soit respectivement 20 et 76. Le taux de participation a été légèrement plus élevé que lors des élections locales, mais est demeuré bas (50 % ) .

Face à la puissance du PDP et au terme de nombreuses discussions internes, l' APP et l'AD ont décidé de s'associer pour la course à la Présidence (27 février 1999). Le candidat choisi par l' Alliance a été le chef Olu Falae, ancien ministre des Finances sous la présidence d'I. Babangida, le candidat du PDP étant le général Obasango qui avait dirigéle pays de 1976 à 1979. Voulant ignorer l'importante marge d'avance obtenue par ce dernier, le chef Falaea contesté les résultats du scrutin, invoquant de nombreuses irrégularités. Sa demande a été rejetée, mais des observateurs étrangers ont confirmé des épisodes de fraudes et de violences.

Troubles sociaux dans les réglons pétrolifères

En dépit de l'accalmie intervenue dans les tensions politiques nationales, les troubles persistants dans les zones pétrolifères de la côte et du delta du Niger ont continué à perturber l'activité des compagnies exploitant cette ressource. Des habitants frustrés ont saccagé des installations, pris en otage des employés et interrompu la production pour faire entendre leurs revendications d'une autonomie accrue et d'un partage plus équitable du revenu des richesses nationales. Dans l'État de Bayelsa, des jeunes Ijaws en colère sont descendus dans la rue après qu'a été connue l'ampleur du pillage des finances publiques perpétré sous le régime du président Abacha (entre 3 et 5 milliards de dollars, selon les sources), contraignant à retarder le calendrier électoral. Un incident tragique, survenu en octobre 1998, est venu illustrer la situation trés difficile de certaines communautés. Plus de 700 villageois, qui tentaient de récupérer le fuel échappé d'un pipeline endommagé, près de Warri, sont morts dans l'explosion déclenchée par une étincelle. Les contrats qui prévoyaient la maintenance et l'entretien des quatre raffineries de pétrole nigérianes n'avaient guère été suivis d'effet début 1999. Jusqu'à l'achèvement, en avril 1999, des travaux de réfection de la raffinerie de Kaduna, le pays dépendait des importations pour satisfaire la majorité de ses besoins; ce site a cependant rencontré de nouveaux problèmes dans les mois qui ont suivi. De chroniques pénuries de fuel, essence, kérosène... ont engendré de longues files d'attente aux stations-service et, indirectement, permis au gouvernement d'augmenter les prix, lesquels avaient presque doublé fin décembre 1998. Le mécontentement de la population s'est ajouté aux protestations des fonctionnaires, dont la prime de 2 400 nairas décidée en septembre avait finalement été réduitede moitié à la fin de l'année, au nom de problèmes budgétaires. Les fonctionnaires d'État et fédéraux ont cessé le travail dans le cadre d'une série de manifestations, mais les menaces d'entrave du programme de transition n'ont pas été mises à exécution. La production pétrolière a chuté à partir de la mi-1998, en partie à cause de perturbations dans la production, mais aussi en réponse aux appels de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à contrer l' effondrement des prix sur le marché mondial (moins de 10 dollars le baril fin 1998). Cela a entrainé un manque à gagner significatif dans les recettes publiques. Le budget 1998, qui reposait sur un prix de 17 dollars le baril, prévoyait un revenu de 9,8 milliards de dollars, qui n'a été que de 6,8, selon les estimations.II s'en est suivi une réduction des sommes allouées aux opérations de joint-venture pétrolières, et les spéculations selon lesquelles le Nigéria déciderait d'élargir la participation des sociétés étrangères dans le secteur sont allées bon train. Parallèlement, le plus important projet industriel engagé en Afrique ( 1995) et reposant sur un partenariat entre le gouvernement du Nigéria, Shell, Elf et Agip, à savoir celui du gaz naturel liquéfié (GNL),s'élevant à 4 milliards de dollars, était près d'aboutir; la production devait commencer fin 1999. Le taux de croissance a atteint 2,3 % en 1998, soit moins qu'en 1997 (5, 1 %) et légèrement moins que le taux de croissance de la population. De nombreux observateurs l'estimaient encore moindre, au vu de la chute des prix du brut, des perturbations dans la production dues aux troubles sociaux et du faible taux d'activité dans la production manufacturière (utilisation de seulement 27 % des capacités en 1998). Ces faibles performances économiques, auxquelles il faut ajouter l'absence d'investissements étrangers dans les secteurs autres que pétrolier, ont été accompagnées d'un regain d'inflation (15% fin 1998) et d'une dépréciation de la monnaie. Après avoir été de 80 nairas pour 1 dollar tout au long de 1998, le rapport de change est passé à 95 nairas pour 1 dollar début avril 1999, trois mois après l'abandon par le gouvernement du système de change dual tant contesté. Cette mesure, inscrite dans l'adoption du budget 1999, a fait disparaître une importante source de difficultés en permettant de trouver un accord avec la communauté financière internationale sur un programme économique de moyen terme. Le Nigéria recherchait toujours désespérément l'approbation du FMI et de la Banque mondiale pour engager des discussions de réduction de sa dette extérieure, estimée à 34 milliards de dollars.

Réhabilitation sur la scène internationale

Les relations diplomatiques du pays se sont considérablement améliorées à partir de la mi-1998. La libération des prisonniers politiques et la mise en oeuvre progressive du programme de transition démocratique, conformément au calendrier fixé, ont encouragé les partenaires commerciaux du Nigéria à alléger la majeure partie des sanctions qui lui avaient été infligées pour violations répétées des droits de l'homme. Les visites officielles du général Abubakar et d'autres autorités au Royaume-Uni, en France et aux États-Unisont illustré lafin de l'isolement international du pays.

Le Nigéria est par ailleurs demeuré actif dans la recherche de solutions aux crises régionales, fournissant notamment le plus grand nombre de soldats aux troupes envoyées par l'Ecomog (Force ouest-africaine d'interposition) pour réprimer les rébellions en Sierra Léone (mars 1998) et en GuinéeBissau (été 1998). L'implication dans ce dernier conflit n'a pas emporté l'approbation des Nigérians, de nombreuses voix s'élevant pour demander s'il était opportun de se battre à l'étranger alors même que le pays traversait une passe délicate. Les généraux Abubakar et Obasanjo ont décidé clairement qu'ils rapatrieraient l'ensemble des troupes se trouvant hors frontières à la première occasion.

1999
En 1999, le Nigeria a pris un nouveau départ avec l'élection en mai à la présidence du général en retraite Olusegun Obasanjo. Après quinze ans de régimes militaires laxistes et corrompus, le pays tente de reprendre sa place de nation phare en Afrique. Non sans mal.
A leur arrivée au pouvoir, les civils ont trouvé des caisses vides. Les réserves en devises avaient fondu, passant de 7,1 à, à peine, 3,1 milliards de dollars (42,6 milliards de francs à 18,6) pendant que le déficit des entreprises du secteur public se creusait. Gangrenée par la corruption, noyautée par des militaires et leurs hommes d'affaires sans scrupules, l'activité économique a laissé développement en panne. Les infrastructures industrielles, en particulier pétrolières, se sont considéra ment dégradées, entraînant de permanentes pénuries de carburant dans un pays qui occupe le septième rang des producteurs de pétrole de, l'OPEP, avec environ 2 millions barils/jours et tire 95% de ses réserves en devises de cette exploitation. Malgré un potentiel économique énorme, le Nigeria s'est enfoncé dans une pauvreté absolue.

Pour s'en sortir, le Nigeria compte sur le retour des bailleurs de fonds qui l'avaient mis au ban des nations pendant la période Abacha. L'Union européenne devrait, en 2000, débloquer une aide de 428 millions de dollars (2,6 milliards francs). Le FMI et la Banque mondiale, qui ont effectué plusieurs missions d'observation fin 1999 et mis en place un « programme de surveillance », devraient soutenir le programme de réformes promis par le président Obasanjo. Celui-ci prévoit une restriction de la masse monétaire, une réduction de l'inflation et une allocation plus importante des ressources de l'Etat vers les secteurs sociaux, la privatisation des grandes entreprises publiques et surtout la lutte sans merci contre la corruption.

Une des premières préoccupations du nouveau pouvoir a été de récupérer les fonds détournés par le général Sani Abacha, au pouvoir jusqu'à sa mort en juin 1998 et par son prédécesseur, le général Ibrahim  Babangida.
Déjà, la famille Abacha a dû rétrocéder à l'Etat 750 millions de dollars (4,5 milliards de francs) de fonds publics qu'elle avait accaparés, et une mission nigériane est sur la trace avec l'aide du gouvernement américain, de plus de 2 milliards de dollars (12 milliards de francs) illégalement transférés des caisses de la banque centrale vers des comptes aux Etats Unis.

Conscients du rôle moteur qu'un Nigeria réhabilité pourrait jouer en Afrique, les Etats-Unis soutiennent sans réserve le pouvoir civil. Le général Obasanjo a été reçu, en octobre par Bill Clinton pour la seconde fois depuis son élection. Ce dernier, a plaidé pour un rééchelonnement de la dette nigériane, a qualifié le Nigeria de « point pivot autour duquel l'avenir de toute l'Afrique tournera».
Mais le président Obasanjo sait qu'il est assis sur une poudrière et que les Nigérians lui demanderont rapidement les dividendes de la démocratie retrouvée. Le pouvoir espère .qu'il aura suffisamment de temps pour attendre que les effets de l'aide internationale, les bénéfices des futures privatisations et les efforts de bonne gouvernance soient enfin perceptibles par des électeurs exigeants et des militaires toujours prêts à reprendre les commandes.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 32,7%; Industrie : 4,8%; Mines : 42,1%; Services : 20,4%

AGRICULTURE :

Une agriculture à l'ombre du secteur des hydrocarbures. Le Nigeria est la premier producteur d'arachides d'Afrique. Le pays produit aussi du cacao, de l'huile de palme, du maïs, du riz, du sorgho, du millet, de la patate douce et du caoutchouc. L'élevage se pratique dans le nord du pays, mais il n'est pas très développé. Les ressources halieutiques et le bois sont en revanche bien exploitées.

MINES ET INDUSTRIE :

Pénuries de carburant. Le Nigeria est un grand producteur d'hydrocarbures (pétrole et gaz naturel). Pour le pétrole, il s'agit du plus grand producteur d'Afrique noire, du 6ème exportateur mondial et du 5ème pays producteur de l'OPEP. Pendant plusieurs années, les recettes pétrolières représentaient 90% des entrées en devises du Nigeria, mais le pays a récemment commençé à développer ses ressources de gaz. Paradoxalement, ce pays souffre d'un manque chronique de carburant. La pénurie aurait entrainé la fermeture de 860 entreprises au cours des 7 premiers mois de l'année 98 selon un journal de Lagos. Et elle n'est sans doute pas étrangère aux pillages à l'origine de l'explosion de l'oléoduc dans le sud-est du pays en octobre 98. L'une des 4 raffineries du pays a été récemment réhabilitée, mais les 3 autres tournent à faible régime en raison de sérieux problèmes de gestion et de maintenance. L'industrie manufacturière ne pèse pas lourd par rapport au secteur des hydrocarbures. Elle est centrée sur l'agroalimentaire et le textile.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Une économie à reconstruire. Après 15 ans de régime militaire, le Nigeria a célébré le retour des civils au pouvoir en suspendant le 29 mai 99 les contrats signés par la junte militaire le début de l'année pour en étudier la validité. Un symbole pour ce pays qui vient de rompre avec 15 ans de corruption. Le Nigeria a subit de plein fouet la chute des prix pétroliers en 98; le pétrole représente 95% des exportations et 50% des recettes budgétaires. Infrastructures délabrées, pénurie de carburant, chute de l'activité industrielle, tels sont les défits qui se présente au nouveau pouvoir. Pour reconstruire son pays, Obasanjo devra renouer avec les bailleurs de fonds. Un mémorandum économique a été signé avec le FMI en février 99. Celui-ci a entrainé la disparition des subventions des produits pétroliers et la suspension du double taux de change. Autant de gages à donner dans l'espoir d'obtenir le versement de nouvelles aides et un possible allègement de la dette auprès du Club de Paris.

- LE TOGO

Population : 4 397 000

Langues : français, éwe, kotokoli, kabiyé, moba

Mortalité infantile : 84 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 48,8 ans (95-2000)

Population urbaine : 32,3 %

Indice de développement humain : 0.469

Analphabétisme hommes : 31,3% (1997)

Analphabétisme femmes : 61,7% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 59,7% (90)

Croissance 1998 (économie) : -1,0%

Croissance annuelle (économie) : 2,7% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2,6% (95-2000)

PIB total (PPA) : 6463 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1490 dollars (1997)

Taux d'inflation : 1,0%

Importations : 492 millions dollars

Exportations : 415 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentielle

0-14 ans : 45,66%

15-64 ans : 50,80%

65 et plus : 3,03%

Dette extérieure brute : 1,350 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

L'image extérieure du régime.

Les résultats économiques du pays se sont affichés à la baisse en 1998. La croissance a été négative ( 1,0 %), alors que le FMI escomptait 5,2 % , et le taux d'inflation a été de 1 %.Le budget 1999 voté e 31 décembre 1998 atteignait 155,06 milliards FCFA avec un déficit prévisionnel de 11 milliards. Sur 140,95 milliards FCFA de recettes prévues, seulement 91,02 ont été réalisées, alors que les dépenses publiques s'élevaient à la fin septembre 1998 à près de 117 milliards; la dette extérieure et interne (respectivement 808 milliards au 30 septembre 1998 et 174,7 au 30 mai 1998) a obéré lourdement les finances de l'État qui avait toujours des difficultés à verser les salaires de ses agents. Le Togo est resté dans le collimateur de l'Union européenne; celle-ci n'a pas relancé ses aides suspendues après la proclamation de la victoire contestée du général Étienne Gnassingbé Éyadéma à l'élection présidentielle du 21 juin 1998. Les différents dons et prêts, ou encore l'adhésion du Togo à la Banque islamique de développement en novembre 1998, n'ont pas compensé cette perte, malgré la mobilisation des chefs d'État d'Afrique-Caraïbes-Pacffique (ACP) et de l'Union économique et monétaire ouest -africaine (UEMOA) , réunis en janvier 1999 à Lomé. Le Premier ministre Kwassi Klutsé a été reconduit à la tête d'un nouveau gouvernement formé le 1"' septembre 1998. Mais le régime du général Éyadéma apparaissait au pied du mur à la veille des législatives du 21 mars 1999. Celles-ci, boycottées par l'opposition, ont été remportées par le Rassemblement du peuple togolais (au pouvoir), avec 77 sièges sur les 79 à pourvoir. Le général Éyadéma a désigné le 21 mai un nouveau Premier ministre en la personne d'Eugène Adoboli. Les discussions engagées à partir du 20 novembre 1998 entre l'opposition et le courant présidentiel pour sortir de la crise politique ont fait l'objet d'une rencontre à Paris du 9 au 11 juin 1999 pour débattre de la question de la sécurité des participants à la réunion de Lomé en juillet suivant. A partir d'octobre 1998, le général Éyadéma, président de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a fait de la résolution du conflit bissau-guinéen une affaire personnelle, sans parvenir à éviter qu'il y ait un coup d'État. Alors que l'année 1999 avait été proclamée. année des droits de l'homme, le rapport d'Amnesty International Togo, état de terreur, publié le 5 mai 1999, a dénoncé les pratiques du pouvoir au cours des quatre dernières années, l'accusant de centaines d'exécutions extrajudiciaires et suscitant de très vives réactions de la part des autorités togolaises.

1999
Jamais le Togo ne s'était retrouvé dans une situation économique aussi grave. Depuis un an ce pays, qualifié jusqu'à la fin des années 80 de « petite Suisse de l'Afrique », ne boucle plus ses fins de mois. En 1998, la paie des fonctionnaires accusait entre deux et quatre mois de retard. Fin 1999, le gouvernement n'avait même plus de quoi assurer la solde des militaires et avait cessé de payer ses dettes intérieures.
Le Togo ne s'est jamais vraiment remis de la crise sociopolitique du début des années 90. Il a raté l'occasion en juin 1998, lors de l'élection présidentielle, de se réconcilier avec ses principaux bailleurs de fonds, au premier rang duquel l'Union européenne. L'UE qui a suspendu sa coopération avec le Togo depuis 1992, a refusé d'avaliser la réélection du général Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis 1967, lors d'un scrutin contesté par l'opposition.
Le FMI a interrompu une nouvelle fois son soutien au Togo, en juin 1998, et ne semble pas prêt à renouer avec Lomé. Les privatisations, dont celles de l'Office togolais des phosphates (OTP) ou de la Compagnie l'électricité togolaise (CET), piétinent et le système bancaire national, dont la plupart des partenaires français se sont retirés, est en totale déliquescence. Outre ce contexte défavorable, le Togo, qui a souffert d'une grave crise énergétique en 1998, a connu en 1999 une campagne agricole médiocre, notamment pour le coton, dont les cours mondiaux se sont effondrés. Pour 1999, le Togo devrait être un des rares pays de la zone à enregistrer une croissance négative (-1,3 %). L'annonce par le président Eyadéma qu'il ne briguerait pas un autre mandat a contribué à détendre l'atmosphère. L'intervention récente de médiateurs européens et l'acceptation par une grande partie de l'opposition de rouvrir le dialogue avec le pouvoir constituent un premier signe positif. Mais rien ne se décidera vraisemblablement avant les élections législatives anticipées prévues au printemps 2000.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 11.2%; Industrie :28.8%; Mines : 11%; Services : 49%

AGRICULTURE :

La déforestation clandestine redoutée. L'égrenage de coton est la première source de recettes en devises du Togo. Le café et le cacao sont respectivement les troisième et quatrième produits d'exportation. (Le coton, le café et le cacao représentent à eux seuls environ le tiers des recettes à l'exportation du pays.) Les terres arables couvrent 38% du territoire; les principales cultures vivrières sont la patate douce, le tapioca, le maïs, les haricots, le riz, le millet et le sorgho. La production animale est négligeable. La production de bois n'est pas développée, mais on redoute une déforestation clandestine (le forêt couvre environ 15% du territoire) et l'utilisation incontrôlée du bois comme source d'énergie. Les prises de pêche n'ont qu'une importance relative.

MINES ET INDUSTRIE :

Phosphates et agro-alimentaire. Le phosphate est le deuxième produit d'exportation du pays après le coton. La production est en hausse, et le secteur devrait bientôt être privatisé (on a fêté le 25e anniversaire de la nationalisation de l'Office togolais de phosphates le 2 février 1999 : cette date est une sorte de fête nationale dans le pays). Le Togo possède également des réserves de pierre à chaux et de marbre. En dehors de quelques cimenteries, l'industrie reste cantonnée à l'artisanat, au textile et à l'agroalimentaire.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Les réformes ont calé. Le Togo dépend fortement de l'agriculture vivrière, qui occupe plus de 60% de la population active. Le Togo se nourrit quand les récoltes sont bonnes ce qui n'est pas toujours le cas. Le Togo est aussi une plaque tournante du commerce dans la région, grâce au port autonome de Lomé. Mais les efforts du gouvernement pour mettre en place des réformes économiques avec le soutien du FMI et de la Banque mondiale ont fait long feu. L'investissement étranger ne vient pas, les troubles politiques et sociaux se multiplient et l'épreuve de la démocratisation lors de l'élection présidentielle de 98 a été un échec, mettant un terme pour l'instant aux espoirs de voir une reprise de la coopération avec l'Union européenne.

AFRIQUE CENTRALE (Cameroun, Centrafrique, Congo, RDC, Gabon, Guinée équatoriale)

- CAMEROUN :

Population : 14 305 000

Langues : français, anglais, bassa, douala, ewondo, boulou, feefé, medumba, ghomalu, mungaka, foulbé et arabe.

Mortalité infantile : 74 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 54.7 ans (95-2000)

Population urbaine : 47.2 %

Indice de développement humain : 0.536

Analphabétisme hommes : 21% (1997)

Analphabétisme femmes : 35.4% (1997)

Scolarisation 12-17 ans : 53% (90)

Croissance 1998 (économie) : 5.0%

Croissance annuelle (économie) : -1,6% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.7% (95-2000)

PIB total (PPA) : 26 406 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1890 dollars (1997)

Taux d'inflation : 2.8%

Importations : 1511 millions dollars

Exportations : 1867 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire décentralisée

Nature du régime : semi-présidentielle, multipartisme

0-14 ans : 44.12%

15-64 ans : 52.38%

65 et plus : 3.54%

Dette extérieure brute : 7.683 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

La corruption en accusation.

L'économie camerounaise a poursuivi la dynamique de croissance engagée depuis 1 994-1995 et consécutive à la dévaluation du franc CFA. La croissance serait néanmoins passée de 5,2 % à 4,9 % courant 1998-1999, selon le Comité monétaire national. Les pouvoirs publics ont continué les réformes d'ajustement soutenues par le FMI et la Banque mondiale. En septembre 1998, un prêt de 42 milliards de francs CFA a d'ailleurs été accordé dans le cadre de la Facilité d'ajustement structurel renforcé (F ASR) conclue en août 1997. La crise asiatique aurait provoqué, selon le ministre d'État chargé de l'Économie et des Finances, Édouard Akame Mfoumou, un manque à gagner de 47 milliards de francs CFA. La trésorerie de l'État a souffert d'une conjoncture internationale difficile, notamment dans le secteur pétrolier (chute du prix du baril de 20à 10 dollars). L'objectif de 140 milliards de francs CFA de recettes pétrolières, inscrit au budget 1998-1999, semblait difficile à atteindre. Le gouvernement a engagé de nouvelles privatisations d'entreprises publiques ou parapubliques (sucre, huile). Il est également tenu de réaliser d'autres critères d'ajustement (plein recouvrement de la TVA, assainissement budgétaire, accélération du recouvrement des recettes non pétrolières, plan de restructuration de la Sécurité sociale, lutte contre la pauvreté, révision de la loi relative à l'exportation des grumes). La conduite de ces réformes était déterminante dans l'évolution des relations avec le FMI et la Banque mondiale. Sur le plan de la politique intérieure, le président Paul Biya a fait de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) , la pièce maîtresse de sa stratégie de « démocratie apaisée» ..En position de force, le président pouvait définir les conditions du dialogue politique avec les principales formations d'opposition, minées par des luttes de leadership. Le Front social-démocrate (SDF) de John Fru Ndi a été confronté à la dissidence de son vice président Souleymane Mahamat en octobre 1998. L'Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) a été, pour sa part, secouée par des critiques portant sur l'accord de gouvernement conclu avec le RDPC entre le président, Bello Bouba, et le vice-président, Célestin Bedzigui. La situation politique a été perturbée par des conflits de factions et des luttes de cabinet au sein du régime, alimentés par I'« affaire des tracts» d'Akame Mfoumou (campagne clandestine d'affichage annonçant sa candidature à une éventuelle succession du président Biya en 1999) et par la crise entre le Premier ministre, Peter Mafany Musonge, et le ministre de la Jeunesse et des Sports, Joseph Owona (en désaccord sur la solution du conflit entre la Fédération internationale du football association [FIFA], la Fédération camerounaise de football [Fecafoot] et les pouvoirs publics à propos de la gestion du football camerounais). Sur le plan international, le Cameroun et son régime ont reçu un véritable coup de semonce avec la publication d'un rapport de l'organisation non gouvernementale Transparency Intemational qualifiant le Cameroun de pays réputé le plus corrompu du monde . En revanche, l'organisation de deux importants sommets sous-régionaux, relatifs aux questions de sécurité et de gestion ou de conservation durables des forêts en Afrique centrale, a contribué au rayonnement diplomatique du pays. Le président P. Biya en a tiré parti, comme lorsqu'il a accédé à la vice-présidence du sommet des non-alignés organisé à Durban (Afrique du Sud) , en septembre 1998, ou quand il a reçu le prix intenational du Centre d'études politiques de société de Paris (CEPS), en février 1999. Les tensions géostratégiques liées au contentieux avec le Nigeria concernant la péninsule de Bakassi ont persisté. même si le gouvernement de Yaoundé misait toujours sur une issue favorable de la procédure juridictionnelle de règlement du conflit auprès de la Cour internationale de Justice.

1999
« La petite équipe de gestion économique en place depuis 1997 possède une conscience aiguë du désastre. Son programme de réforme s'est révélé très ambitieux. » Cet éloge, recueilli fin septembre 1999, provient de l'un des responsables du département Afrique de la Banque mondiale. Pourtant, moins d'un mois plus tard, l'organisation non gouvernementale Transparency International clouait le Cameroun au pilori, une deuxième année de suite, en le plaçant en tête du palmarès des pays les plus corrompus au monde. Le premier ministre Peter Mafany Musonge, qui avait échafaudé un plan de lutte anticorruption peu de temps auparavant, a adjuré l'ONG de venir constater les progrès réalisés.
Le directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Pierre-Désiré Engo, membre du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), proche du président Paul Biya, a été arrêté, le 3 septembre, pour «détournement de deniers publics». Trois jours après, c'était au tour du ministre des postes et télécommunications d'être placé sous mandat de dépôt pour le même chef d'inculpation. La presse nationale s'est lancée dans une dénonciation tous azimuts des « prévaricateurs d'Etat ».
En reprenant l'exploitation du chemin de fer camerounais, fin janvier 1999, le consortium franco-sud-africain Saga-Comazar n'a trouvé que 12 locomotives sur 42 en état de circuler. Au troisième trimestre, la majorité des habitants de la capitale ont vécu sans eau courante en raison de l'incurie de la Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC), ce qui a précipité sa privatisation. En fait, cette rage purificatrice n'en est qu'à ses débuts tant ont été institutionnalisés pillage et négligence. La paupérisation des agents de l'Etat ne bénéficiant pas des largesses du régime est devenue telle que leur seul moyen de survie réside souvent dans la négociation de maigres « enveloppes ». En sacrifiant certaines personnalités de premier rang, le président Biya a montré qu'il avait compris la nécessité de ne pas donner des arguments à son opposition, même handicapée par ses divisions.
Pour l'instant, les partenaires extérieurs de Yaoundé ne veulent pas casser cette dynamique en montrant un trop grand empressement. Mais le FMI a félicité les autorités camerounaises pour les « performances » réalisées dans l'application des deux premières années du programme d'ajustement structurel 1997-2000 et pour leurs « progrès » dans la mise en oeuvre des réformes. Depuis septembre 1999, le Cameroun peut tirer sur le FMI 74 millions de dollars (444 millions de francs) supplémentaires. La croissance du PIB devrait dépasser 5% en 2000 et 2001 et la hausse des prix ne devrait pas dépasser 2 %. De nombreux secteurs de l'économie semblent d'ailleurs sortis d'une longue débâcle; les productions vivrières, notamment, ont progressé de 15 % durant la campagne 1998-1999.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 40.9%; Industrie : 10.3%; Mines :11.2%; Services : 37.6%

AGRICULTURE :

Un secteur en berne. Le Cameroun a longtemps vécu grâce à l'agriculture, les exportations de café et de cacao représentant plus de la moitié des exportations à la fin des années 1970. Depuis, ces productions et leur part dans les recettes extérieures ne cessent de baisser; baisse aussi pour les bananes, troisième production agricole du pays. Seul le coton (fibre et graine) tire son épingle du jeu. Le pays produit également du caoutchouc et du bois. Les cultures sont actuellement menacées par des chenilles défoliatrices (spodoptera exempat, de la famille des lépidoptères), qui envahissent et dévorent les champs de l'Ouest du pays, phénomène cyclique qui revient tous les dix ans environ et provoque des pertes considérables.

MINES ET INDUSTRIE :

Profiter du potentiel touristique. La manne pétrolière a permis au Cameroun de se croire riche jusqu'en 1985, année où les cours ont chuté et où la production a commencé à baisser. Le pays possède également des réserves de bauxite, de fer et un potentiel important dans l'hydroélectricité. L'industrie manufacturière est centrée sur les raffineries de pétrole et l'agroalimentaire. Le gouvernement veut également relancer grâce à une politique agressive de promotion un secteur du tourisme florissant dans les années 70 mais moribond aujourd'hui: 0,5% du marché africain seulement. Le Cameroun n'est cependant pas dépourvu d'attractions touristiques: parcs naturels de Waza ou de Boubadjida, plages de Kribi et de Limbé, réserves forestières de Dja, dans le Sud.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Critiqué pour sa corruption, le Cameroun retrouve un certain dynamisme. Le Cameroun a remplacé en 1998 le Nigeria à la tête du classement Transparency International des pays où la corruption est la plus répandue, au grand dam des autorités qui ne peuvent cependant que condamner aussi une corruption devenue indéniable. Outre la corruption, on déplore le le délabrement des infrastructures (télécommunications, enseignement) et la lourdeur des formalités administratives. Les atouts du Cameroun : encadrement bien formé, position clef au coeur du continent, richesses naturelles variées et tissu d'entreprises locales sans équivalent dans le reste de l'Afrique francophone. Depuis peu, un coup d'accélérateur a été donné aux privatisations, les autorités faisant appel aux investisseurs étrangers. Imputable à l'essor des exportations, la reprise de l'activité s'appuie désormais sur un redémarrage de la demande intérieure et régionale et sur le retour des investisseurs. Les ravages provoquées par 8 ans de récession (jusqu'en 94) commencent donc à s'estomper.

Le pays a moins souffert que d'autres de la baisse des cours du pétrole, car l'exportation du brut ne cesse de décliner depuis une dizaine d'années : le bois, le cacao, l'huile de palme et des produits manufacturés représentent désormais près de 28% des exportations. Par ailleurs, le redressement des finances publiques se confirme. Le budget 99-2000 devrait être en équilibre.

- CENTRAFRIQUE

Population : 3 485 0000

Langues : français, sango

Mortalité infantile : 98 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 44.9 ans (95-2000)

Population urbaine : 40.4 %

Indice de développement humain : 0.378

Analphabétisme hommes : 44%1997)

Analphabétisme femmes : 69.9%(97)

Scolarisation 12-17 ans : 25% (90)

Croissance 1998 (économie) : 3.0%

Croissance annuelle (économie) : 0,7% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 1.9% (95-2000)

PIB total (PPA) : 4546 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1330 dollars (1997)

Taux d'inflation : 1.8%

Importations : 170 millions dollars

Exportations : 182 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentielle, multipartisme autorisée depuis 91

0-14 ans : 42.76%

15-64 ans : 53.24%

65 et plus : 3.73%

Dette extérieure brute : 0.915 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Blocage politique.

Après deux ans d'instabilité politique et sociale, et renouant avec une paix encore précaire, le pays a opéré un redressement de ses finances publiques au cours du premier semestre 1998. Le gouvernement a ainsi pu signer avec le FMI, le 21 juillet 1998, une Facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR), première aide financière depuis 1996. Dans ce cadre, il s'est engagé à réactiver le processus de privatisation des entreprises publiques, notamment en adoptant, le 18 septembre 1998, le projet de loi sur la libéralisation du secteur pétrolier. La dette extérieure, principal fardeau financier de l'État centrafricain, a été rééchelonnée avec l'annulation des échéances à hauteur de 67 % envers les créanciers publics bilatéraux membres du Club de Paris. Cette embellie est toutefois tempérée par la persistance des arriérés de salaires (dix mois pour les fonctionnaires et trois mois pour les militaires à la fin de l'année 1998) et par l'accroissement de l'insécurité et du banditisme tant à Bangui que dans le reste du pays. Le problème de la dissémination incontrôlée des armes, à la suite des mutineries de 1996-1997, trouve un écho préoccupant avec la proximité des conflits qui ont prévalu en 1998-1999 en République démocratique du Congo (ROC, ex-Zaire) et au Congo-Brazzaville. Sur le plan économique, ces deux conflits ont fortement perturbé deux axes majeurs des échanges extérieurs centrafricains, les fleuves Congo et Oubangui, et la ligne de chemin de fer entre Brazzaville et Pointe-Noire. Malgré ce contexte déstabilisant, le pays a connu une échéance politique importante avec la tenue des élections législatives en novembre et décembre 1998. Alors que la sécurité et le bon déroulement du scrutin étaient assurés par la Minurca (Mission des Nations unies en République centrafricaine), ces élections ont conduit à un nouveau blocage politique. En effet, le président Ange-Félix Patassé n'a conservé la majorité au Parlement que grâce au ralliement de trois députés issus de l'opposition. En signe de protestation, l'opposition a boycotté l'élection du président de l'Assemblée nationale, et les membres de l'opposition présents dans le gouvernement ont démissionné Face à ce durcissement politique ,et dans l'attente de l'élection présidentielle prévue en août. septembre 1999, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de , prolonger jusqu'au 15 novembre 1999 le mandat de la Minurca. Patassé a été réélu en tant que chef de l'Etat lors des élections présidentielles.

1999
La réélection du 19 septembre 1999 d'Ange-Félix Patassé pour un second mandat de six ans, avec 51,6% des suffrages, a certes provoqué la contestation de la plupart des concurrents malheureux, mais sans qu'aucun franchisse le pas de la violence.
Tout dépendait de l'attitude de l'ancien président André Kolingba, arrivé deuxième avec près de 20 % des voix. Ce général dispose de solides appuis au sein de l'armée. Conscient de sa fragilité, le président Patassé a accueilli avec soulagement la prorogation du mandat de la mission des Nations unies jusqu'au 15 février 2000. Ce délai supplémentaire devrait permettre au chef de l'Etat d'achever la « restructuration » des forces armées, ce qui en clair signifie la rééquilibrer ethniquement.
En reconduisant Anicet-Georges Dologuélé, l'interlocuteur préféré des institutions de Bretton Woods, à la tête du gouvernement, le chef de l'Etat a cédé aux amicales pressions des bailleurs de fonds. Depuis fin octobre, son gouvernement dispose d'un prêt d'ajustement structurel de la Banque mondiale d'un montant de 20 rnillions de dollars (120 millions de francs). A la mi-novembre, ce sont des performances pJutôt honorables qui ont été présentées à une mission d'évaluation du FMI. Pour 1999, la progression du PIB atteindrait 5 %, tandis que l'inflation ne devrait guère dépasser 2 %. En outre, un plan national de lutte contre la pauvreté a été validé par le gouvernement en avril 1999, l'indice de développement humain établi par les Nations unies de la Centrafrique restant l'un des dix plus médiocres au monde. Mais à court terme, l'Etat est avant tout attendu sur la réforme d'une filière coton en pleine déconfiture. Il en va du gagne-pain d'un tiers des Centrafricains.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 54.1%; Industrie :8.6%; Mines : 9.5%; Services : 27.8%

AGRICULTURE :

La production de bois est primordiale. L'agriculture représente 50% du PIE et occupe deux personnes actives sur trois, mais les terres arables ne couvrent que 3% de la superficie du pays. La véritable richesse de la République centrafricaine est le bois. La forêt couvre 75% du territoire, et la production de bois assure 15% des exportations centrafricaines. Les autres productions sont le coton -le pays fait d'importants efforts pour augmenter sa production -, le café, le tabac, le manioc, la patate douce, le millet, le maïs et la banane.

MINES ET INDUSTRIE :

Le diamant: une richesse détournée. La République centrafricaine possède des diamants, de l'uranium, de l'or et du pétrole. Le diamant est la principale richesse du pays, assurant plus de 60% des recettes à l'exportation. Mais comme c'est souvent le cas en Afrique, la population ne bénéficie pas vraiment de cette source de revenu, souvent détournée et vendue en contrebande. La production détournée équivaudrait ainsi à 15% du PNB. L'industrie manufacturière est centrée sur le bois (scieries), l'agroalimentaire, le textile et l'assemblage de bicyclettes et de motocycles.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Le retour du FMI. Parmi les handicaps au développement économique de la République centrafricaine, on relève sa position enclavée, la pauvreté de l'infrastructure des transports et le manque de main-d'oeuvre qualifiée. La dévaluation du franc CFA en 1994 a permis une augmentation des exportations, mais la rébellion militaire de 1996 -les soldats réclamaient le paiement de leurs salaires en retard -a provoqué une chute du PIB. La violence continue de façon sporadique, détruisant le tissu économique ( en forme de cercle vicieux: avec la chute des revenus fiscaux, l'incapacité du gouvernement à satisfaire les demandes des militaires s'accroît) et compliquant les relations avec le FMI. Un nouveau programme de réformes économiques et financières sur trois ans a cependant été décidé dans le cadre de négociations avec le FMI en juillet 1998. Une deuxième tranche d'aide a été débloquée en juillet 1999. Le gouvernement prévoit notamment de privatiser trois services publics majeurs (distribution pétrolière, télécommunications, électricité) ainsi que deux grandes banques commerciales. Mais dans son dernier Rapport annuel, le FMI qualifie malgré tout la situation économique de « très fragile »).

- CONGO (BRAZZAVILLE)

Population : 2 785 0000

Langues : français, lingala et kikongo, langues du groupe bantoue

Mortalité infantile : 90 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 48.6 ans (95-2000)

Population urbaine : 60.9

Indice de développement humain : 0.533

Analphabétisme hommes : 15.4% (97)

Analphabétisme femmes : 30.3% (97)

Scolarisation 12-17 ans ... (90)

Croissance 1998 (économie) : 4.1%

Croissance annuelle (économie) : 1,2% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.8% (95-2000)

PIB total (PPA) : 4397 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 1620 dollars (1997)

Taux d'inflation : 4.8%

Importations : 883 millions dollars

Exportations : 1744 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentielle, multipartisme

0-14 ans : 46.02%

15-64 ans : 50.71%

65 et plus : 3.15%

Dette extérieure brute : 4.857 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Retour de la guerre civile.

Alors qu'un accord avait été conclu, le 17 juillet 1998, entre le FMI et le gouvernement pour l'obtention d'une assistance d'urgence post-conflit, visant à soutenir le programme de reconstruction du pays, le Congo-Brazzaville a été une nouvelle fois confronté au spectre de la guerre civile. Des affrontements meurtriers ont repris dès octobre 1998 dans la région du Pool, limitrophe de la capitale. Ces accrochages entre, d'une part, l'armée congolaise, assistée par l' armée angolaise et les miliciens Cobras proches du président Denis Sassou Nguesso, et, d'autre part, les miliciens Ninjas, proches de Bernard Kolélas, dernier Premier ministre de l'ancien président Pascal Lissouba, se sont intensifiés jusqu'aux combats à l'arme lourde dans Brazzaville en décembre 1998. l'armée congolaise a alors procédé à trois jours de bombardements puis à une « opération de nettoyage «contre les Ninjas « infiltrés « dans les quartiers sud. les combats se sont poursuivis ensuite dans les autres régions du Sud. Dans un contexte d'insécurité endémique et de pillage massif, en particulier dans les quartiers sud de Bacongo et Makélékélé à Brazzaville, les populations ont essayé de trouver refuge soit dans les quartiers épargnés de la capitale, soit dans les forêts environnantes, ou bien encore à Pointe-Noire, au Gabon ou en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaire), occasionnant le déplacement de plusieurs centaines de milliers de personnes. Le Congo et la RDC ont alors signé le 29 décembre 1998 un « pacte de non agression» pour mettre fin aux accusations mutuelles de soutien aux « bandes années. . Ce pacte est venu renforcer, pour le gouvernement congolais, l'accord de coopération militaire signé préalablement avec l' Angola en août 1998. Nouvelle illustration des conséquences de la prolifération des milices partisanes depuis le début des années quatre-vingt-dix au Congo, les affrontements, qui auraient fait au moins 1 000 morts depuis décembre 1998, ont encore davantage fragilisé une économie durement éprouvée par les séquelles de la guerre civile de 1997, dont le coût global a été évalué par le gouvernement à 500 milliards FCF A. A cela est venue s'ajouter, jusqu'en avriI 1999, l'importante chute du prix du pétrole, première source de revenus de l'État, entraînant de nouveaux arriérés de salaires pour les fonctionnaires.

1999
Le 15 août, jour de la fête nationale, il a pour la première fois été question, lors d'un discours du président Denis Sassou Nguesso, de rupture avec « la logique de sang». Toutefois, la proposition d'amnistie faite aux groupes armés a été entourée de maintes précautions oratoire car les caciques du régime, et à leur tête Ambroise Noumazalaye, omnipotent secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT) au pouvoir n'envisagent d'autre dialogue avec leurs ennemis qu'en les soumettant la justice du vainqueur, pour «génocide » et « crime. économique.».
Une semaine après cette offre présidentielle, les troupes gouvernementales ont achevé leur reconquête de la ligne ferroviaire stratégique reliant la capitale au poumon pétrolier de Pointe-Noire. Sur cet axe de 500 kilomètres, des combats acharnés opposaient, depuis décembre 1998, les troupes régulières alliées à la milice personnelle du général Sassou Nguesso aux divers partisans de l'ancien chef de l'Etat élu Pascal Lissouba et de son premier ministre Bernard Kolélas, chassés du pouvoir en octobre 1997. La reprise du Chemin de fer CongoOcéan (CFCO) ne suffit pas à démontrer que les autorités en ont fini avec les rebelles.
Brazzaville, protégée par plusieurs centaines de soldats angolais des incursions extérieures, a pu passer, à la mi-octobre, de la « phase 4 » à la « phase 3 » sur l'échelle de la classification des risques des Nations unies. Les fonctionnaires des institutions financières internationales sont autorisés à s'y rendre en mission. La première, informelle, s'est rendue dans la capitale congolaise le 25 octobre, avec pour enjeu la reprise du programme « post-conjlit » conclu, en juillet 1998, avec le FMI et suspendu six mois plus tard, dès la reprise du conflit armé.
Comme en 1998, l'évaluation congolaise de la reconstruction tourne toujours autour de 5 milliards de francs. La simple remise en état, par exemple, des infrastructures du CFCO par une équipe d'experts de la SNCF française pourrait coûter une soixantaine de millions de francs. Du côté du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (BAD), rien ne paraît envisageable avant l'élaboration d'un échéancier de remboursement des arriérés accumulés par le Congo à leur endroit, évalués à une centaine de millions de dollars (600 millions de francs).
Cette année, les investissements dans le secteur pétrolier auraient reculé de près d'un quart. Dans le secteur non pétrolier, cette chute atteindrait 50 %. La demande intérieure s'est également effondrée. La production sylvicole nationale -la deuxième source de devises -a été amputée d'au moins un tiers. Le chiffre d'affaires du port de Pointe-Noire pourrait avoir diminué de plus de 100 millions de francs. Fort logiquement, la loi de finances 2000 proposée par l'exécutif fait état d'une impasse budgétaire de plus de 2 milliards de francs, pour un peu plus de 6,5 milliards de francs de dépenses. Seule la combinaison d'un bond de la production pétrolière, d'une révision radicale des contrats d'exploitation et du maintien d'un baril cher serait en mesure d'enrayer la descente aux enfers prévisible.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 25%; Mines :35%: Industrie : 12%; Services : 52%

AGRICULTURE :

Un secteur tiré par le bois. La principale culture est le manioc, qui couvre 60% des terres cultivées et représente 90% de la production alimentaire. Les autres cultures vivrières sont la canne à sucre, le riz, le maïs et l'arachide. Toutefois, dans ce pays où les terres arables couvrent moins de 1% du territoire et qui importe plus de 80% de ses besoins alimentaires, c'est la filière bois qui tire le secteur primaire. La forêt couvre 620/0 de la superficie du pays mais l'état de guerre civile larvée entrave l'exploitation du bois, deuxième produit d'exportation après le pétrole. L'arrêt de la circulation des trains entre la capitale et le port a eu des conséquences désastreuses pour les forestiers établis dans le Nord du pays, une région cependant épargnée par les combats.

MINES ET INDUSTRIE :

Un secteur secondaire embryonnaire. Les ressources pétrolières assurent 80% des recettes extérieures du pays. Le Congo possède également des réserves de gaz naturel, de plomb, de zinc d'uranium et de cuivre. Mais c'est la filière bois qui permettra la création d'un secteur secondaire viable au Congo à travers des projets comme le centre de développement industriel de Pokola, à 900 kilomètres au nord de Brazzaville, près de la frontière camerounaise. Cette installation industrielle, construite grâce aux investissements de la Congolaise industrielle du bois (CIB), comporte une scierie et d'autres installations industrielles, des logements, un hôpital et des terrains de sport.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

La reconstruction de Brazzaville lancée. L'économie du Congo est centrée sur l'agriculture et l'artisanat. Son industrie est exclusivement axée sur le pétrole. Le bois a cédé la place de premier produit d'exportation au pétrole au début des années 1970. Pendant les années 1980, la manne pétrolière a permis au Congo de financer des projets de développement de grande envergure. Mais la chute des cours a amputé la croissance de moitié. De plus, le gouvernement a hypothéqué une part importante de ses revenus à venir. La guerre civile, dont on a annoncé deux fois la fin, n'a fait qu'aggraver les choses. Le Programme alimentaire mondiale (PAM) qualifie la situation des Congolais d' « épouvantable ». La faim frappe en particulier des milliers de personnes ayant fui les quartiers sud de Brazzaville en décembre 1998 pour échapper aux nouveaux combats reprenant après une accalmie de quelques mois. Mais la reconstruction de Brazzaville a été lancée en juin 1999, à l'occasion des cérémonies marquant le second anniversaire du déclenchement de la guerre civile. La plupart des édifices publics et des immeubles du centre de Brazzaville ont été touchés par les combats à l'arme lourde de 1997 opposant les milices du président déchu Pascal Lissouba et de son dernier Premier ministre Bernard Kolélas aux forces du nouveau président, le général Denis Sassou-Nguesso. Après plus de cinq mois d'affrontements meurtriers dans la capitale, le nouveau président, qui avait déjà présidé le Congo de 1979 à 1992, avait défait les milices du régime déchu. Le nouveau gouvernement a estimé à 500 milliards FCFA ( environ 800 millions d'euros) les dégâts occasionnés en 1997.

- REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (KINSHASA)

Population : 49 139 000

Langues : français, lingala, swahili, langues locales

Mortalité infantile : 90 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 50.8 ans (95-2000)

Population urbaine : 29.7%

Indice de développement humain : 0.479

Analphabétisme hommes : 13.4% (95)

Analphabétisme femmes : 32.3% (95)

Scolarisation 12-17 ans : 37.9% (90)

Croissance 1998 (économie) : -5.7%

Croissance annuelle (économie) : -4,9% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.6% (95-2000)

PIB total (PPA) : 40 882 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 880 dollars (1997)

Taux d'inflation : 25%

Importations : 1031 millions dollars

Exportations : 1241 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : Kabila s'est arrogé les pleins pouvoirs (97) jusqu'à l'adoption d'une Constitution; des élections sont prévues pour juillet 99

0-14 ans : 47.35%

15-64 ans : 49.91%

65 et plus : 2.76%

Dette extérieure brute : 8.938 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Une « guerre» qui dure.

L'évolution politique en République démocratique du Congo {ROC) continue d'être marquée par une situation de. guerre », même si, au premier semestre 1999, le front s'est stabilisé autour d'une ligne partant de l'agglomération de Zongo, à l'extrême nordouest du pays, et aboutissant près de Kalemie au Nord-Katanga, en passant par la partie septentrionale du Kasai-Oriental. Selon des experts militaires, cette stabilisation serait attribuable à la saison des pluies gênant les déplacements de troupes. Mais il semble qu'il faille tenir également compte de la faible qualité opérationnelle des armées et/ou des bandes qui opèrent de part et d'autre des lignes de front. Le conflit évoluerait ainsi vers une sorte de guerre des tranchées ou un statu quo militaire, créant une division de fart entre l'est et l'ouest du pays. Ni l'Angola ni le Zimbabwé ni la Namibie, alliés du pouvoir en place en ROC, ne paraissaient se donner les moyens de regagner le terrain perdu au profit du RCO {Rassemblement pour le Congo démocratique) et de ses alliés, le Rwanda et l'Ouganda.

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 58.9%; Industrie : 5.0%; Mines : 10.9%; Services : 25.2%

AGRICULTURE :

Un secteur dévasté. Les effets de la guerre son évidents dans le nord-Kivu, dans l'Est du pays, aujourd'hui contrôlé par la rébellion mais naguère grande région agricole (notamment en rail son de ses pâturages de haute altitude). Avant 1994, le cheptel bovin comptait 500000 têtes dans cette région, le cheptel ovin plus I de 2 millions de têtes. Mais on estime qu'il faudra plus de douze .ans pour revenir à ce niveau, même en comptant sur l'aide extérieure. La République démocratique du Congo possède un réel atout avec le bois: les deux tiers de la forêt tropicale africaine se trouvent sur son territoire. Mais la production de grumes, estimée à 15% du potentiel avant la guerre, est de nouveau en baisse. La principale culture commerciale reste le café.

MINES ET INDUSTRIE :

Un potentiel minier énorme. Le diamant est la première ressource de la République démocratique du Congo. Les autorités ont créé en septembre 1998 un monopole (le Service d'achat des substances minérales précieuses ou SASMIP, établissement public à caractère commercial), qui devait acheter toute la production artisanale en francs congolais puis la vendre en devises à Kinshasa auprès des comptoirs agréés par le ministère des Mines, majoritaire ment tenus par des commerçants d'origine libanaise, qui étaient tenus à quitter les zones minières d'exploitation artisanale. Mais la désorganisation provoquée par la guerre a vu cette initiative abandonnée dès le mois suivant. L'ancien Zaïre possède un potentiel minier énorme (cuivre, diamant, cobalt, zinc, or, argent, cadmium, manganèse, uranium, radium, bauxite, fer, charbon) mais la production s'est effondrée au début des années 1990 à la suite de la récession économique et des pillages qui ont marqué les dernières années de l'ère Mobutu. L'industrie manufacturière est centrée sur le traitement des produits miniers, sur le textile et l'agroalimentaire.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Un effort de guerre trop coûteux. Pays doté d'une richesse potentielle énorme, la République démocratique du Congo connaît une véritable hémorragie depuis le milieu des années 1980. Le nouveau gouvernement avait mis en place une politique fiscale serrée qui avait réduit l'inflation, puis avait lancé une nouvelle monnaie. Mais la guerre civile et le désordre général qui s'en est suivi a eu raison des tentatives de Kinshasa. La nouvelle monnaie avait perdu les quatre cinquièmes de sa valeur de lancement contre le dollar au premier semestre 1999 et le troc réapparaît partout, sauf dans les grandes villes. Les recettes budgétaires restent faibles, et le budget de l'Etat croule sous une question lancinante: comment financer la guerre ? Les statistiques concernant la défense nationale sont tenues secrètes. Mais il ne fait pas de doute que l'effort de guerre engloutit une trop grande partie des revenus de l'Etat. .

- GABON :

Population : 1 167 000

Langues : français, langues du groupe bantoue

Mortalité infantile : 87 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 52.4 ans (95-2000)

Population urbaine : 53.2%

Indice de développement humain : 0.607

Analphabétisme hommes : 26.3% (95)

Analphabétisme femmes : 46.7% (95)

Scolarisation 12-17 ans : ....% (90)

Croissance 1998 (économie) : 2.0%

Croissance annuelle (économie) : 4,7% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.6% (95-2000)

PIB total (PPA) : 8704 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 7550 dollars (1997)

Taux d'inflation : 2.0%

Importations : 890 millions dollars

Exportations : 2300 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel, multipartisme

0-14 ans : 38.93%

15-64 ans : 55.14%

65 et plus : 5.78%

Dette extérieure brute : 4.100 milliards de dollars (1998)

GEOPOLITIQUE :

Chute des recettes publiques.

Le 6 décembre 1998, la victoire du président sortant a provoqué de légers incidents. Omar Bongo, au pouvoir depuis 31 ans, a été réélu, pour sept ans dés le premier tour, avec 66,88 % des voix. Ces résultats ont été contestés par l' opposition qui a demandé l'annulation du scrutin. les responsables de l'opposition ont par la suite refusé de participer au gouvernement formé le 26 janvier 1999. Ce dernier a d'emblée été confronté à une dégradation du climat social. les négociations avec les syndicats de la fonction publique ont été bloquées pendant trois mois, alors qu'en janvier 1999 l'université et les établissements scolaires étaient fermés après de violentes manifestations. le gouvernement a aussi affronté un tarissement des revenus publics issus des secteurs pétrolier et forestier. le secteur du bois, deuxième employeur après l'État, est entré en crise avec l'effondrement de la demande asiatique. l'okoumé, l'une des deux essences reines, a connu une baisse de 48 % de ses exportations en 1998. la forte baisse des marchés pétroliers a été une source majeure de préoccupation, le pétrole représentant 60 % des recettes de l'État en 1997 .Aussi I'État a-t-il tenté de diversifier son économie, notamment vers des secteurs à potentiel comme les mines, l'agriculture, la pêche, le tourisme, et de développer l'industrialisation de sa filière bois Cette vulnérabilité économique s'est traduite depuis octobre 1998 par le nonremboursement de la dette de l'État, dont ce dernier réclame l'allégement massif-sinon l'effacement -auprès des bailleurs de fonds.

1999
Le Gabon n'en a pas fini avec le système prébendier instauré sous le règne d'Omar Bongo, réélu au premier tour du scrutin présidentiel de décembre 1998. Moins de deux mois auparavant, Libreville cessait de rembourser ses bailleurs de fonds, arguant que le paiement des salaires « passe avant » la dette extérieure. En conséquence, l'Agence française de développement (AFD) a décidé de suspendre à partir du 1er mars 1999 l'ensemble de ses financements. La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque européenne d'investissement (BEl) avaient adopté les mêmes sanctions dès octobre 1998. Au sein des institutions de Bretton Woods, on met en cause les dépenses de campagne faramineuses du chef de l'Etat, alors que le pays devait faire face à une grave dégradation de ses recettes pétrolières et à une sévère mévente de son bois, ses deux principales sources de devises.
Fin manoeuvrier, Omar Bongo a senti le vent du boulet et constitué, en janvier 1999, une équipe ministérielle chargée à la fois de nettoyer les finances publiques et de contenir une agitation sociale chronique. Il a également entrepris de contre-attaquer à l'échelle internationale, en stigmatisant l'injustice dont ferait l'objet son pays en n'étant pas autorisé à demander un allégement de sa dette au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Malgré ces gesticulations, le Gabon peut difficilement cacher un PIB par habitant de plus de 4000 dollar (24000 francs).
Le gouvernement a donc dû établi un budget rectificatif en 1999 revu à la baisse de 40,25%. Un début de réforme de la fonction publique pléthorique a été amorcé, en juin, avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). L'Union des syndicats de la fonction publique (USAP) estime que le quart des effectifs est formé de « fonctionnaires fantòmes ». Quant aux entreprises qui font les frais de impayés de l'Etat, elles sont affectée par les coupes claires opérées dan les commandes publiques. C'est à ce prix qu'ont pu être repris quelque remboursements à destination de la Banque islamique de développement (BID) ou de la BAD.

Cet ajustement reste insuffisant aux yeux des autorités monétaires. Ainsi, le discret gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique CentraIe (BEAC), Jean-Félix Mamalépo n'a-t-il pas hésité, au mois d'octobre à montrer du doigt les piètres performances gabonaises lors d'une conférence de presse tenue à Paris. Cette prise de position a pris à contre-pied Libreville, soucieuse de s'attirer les bonnes grâces du FMI. Mais la chance semble sourire au gouvernement Ntoutoume Emane : le baril de pétrole se maintient à des niveaux de prix inespérés, et le commerce de bois est reparti à la hausse. La société nationale de bois gabonais (SNBG), dont le monopole d'exploitation a été rétabli en avril, table sur un bénéfice inattendu de 10 millions de francs pour l'exercice 1999. Les sages résolutions de janvier 199 pourraient bien s'évanouir devant cet afflux providentiel de devises...

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 7.5%; Industrie : 4.6%; Mines : 50.9%; Services : 37.0%

AGRICULTURE :

Vers une restructuration du bois. Le bois (l'okoumé) était la principale source de revenus du Gabon avant la découverte du pétrole. La forêt couvre les trois quarts du territoire. Le secteur, encore nationalisé, a souffert d'une baisse de la demande dans les pays asiatiques depuis la crise de 1997. Aujourd'hui, le commerce du bois repart et les prix remontent (ils restent cependant inférieur de 10 à 15% aux cours de 1997). Mais une profonde restructuration du secteur est à prévoir. La pisciculture est un autre secteur qui offre des possibilités importantes, grâce au complexe fluvio-lacustre exceptionnel du pays, mais les producteurs potentiels se heurtent au manque de moyens et notamment à celui d'aliments spécifiques. De son côté, la pêche maritime, essentiellement artisanale, ne suffit pas à satisfaire la demande intérieure. L'agriculture vivrière est sous-développée, et le pays importe environ 80% de ses besoins alimentaires.

MINES ET INDUSTRIE :

Du manganèse au pétrole. Avec le bois, le manganèse était la principale, source de revenus extérieurs du Gabon avant le découverte du pétrole offshore au début des années 1970. La production, importante mais loin d'être exceptionnelle, représente la moitié du PIE et donne au Gabon un revenu par habitant beaucoup plus élevé que celui de ses voisins. Et l'exploration devrait repartir avec la remontée des cours. Le manganèse reste une production importante, représentant 65% des tonnages du trafic de fret dans le pays, mais la principale mine d'uranium du pays, à Mounana, a dû fermer ses portes en 1999, le gisement étant épuisé. L'industrie manufacturière est centrée sur l'agroalimentaire, le textile, le bois et la chimie.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

L'orthodoxie budgétaire en vue. Le Gabon peut se vanter d'un PNB par habitant jusqu'à quatre fois plus élevé que celui de ses voisins, mais cette moyenne masque un écart important entre riches et pauvres à l'intérieur du pays. En effet, le développement économique est freiné par la mauvaise gestion qui a souvent envenimé les relations du Gabon avec les bailleurs de fonds. Aujourd'hui encore, le pays est confronté à une crise économique sans précédent qui l'a mis au bord de la cessation de paiements, une situation due à l'absence de toute rigueur budgétaire et aggravée par la chute des cours du pétrole en 1998. Pour conclure un nouvel accord avec le FMI, il va falloir se résigner enfin a adhérer l'orthodoxie budgétaire préconisée par l'institution de Bretton Woods. .

- GUINEE-EQUATORIALE

Population : 431 000

Langues : français, espagnol, créole, langues groupe bantoue

Mortalité infantile : 108 pour 1000 (95-2000)

Espérance de vie : 50 ans (95-2000)

Population urbaine : 45.8%

Indice de développement humain : 0.549

Analphabétisme hommes : 9.5% (95)

Analphabétisme femmes : 29.9% (95)

Scolarisation 12-17 ans : ....% (90)

Croissance 1998 (économie) : 93.6%

Croissance annuelle (économie) : 15,6% (87-97)

Croissance annuelle (démographie) : 2.5% (95-2000)

PIB total (PPA) : 1271 millions dollars (1997)

PIB par habitant : 2949 dollars (1997)

Taux d'inflation : 3.0%

Importations : 495 millions dollars

Exportations : 600 millions dollars

Nature de l'Etat : République unitaire

Nature du régime : présidentiel, s'appuyant sur le Parti démocratique de Guinée équatoriale

0-14 ans : 42.86%

15-64 ans : 53.34%

65 et plus : 3.79%

Dette extérieure brute : 0.250 milliards de dollars (1997)

GEOPOLITIQUE :

Le régime conforté dans ses positions.

Conforté dans son statut de nouvel eldorado pétrolier du golfe de Guinée, avec ,

une production de 90 000 barils par jour en 1998 qui pourrait décupler d'ici 2020, la Guinée équatoriale a procédé aux premières élections législatives avec participation de l'opposition. Malgré la légalisation de treize partis, dont six de l'opposition, avec 75 sièges sur 80, le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) a retrouvé son niveau de parti unique de fait. L'opposition a contesté la régularité du scrutin et refusé de siéger dans la nouvelle Assemblée.

1999
« La gestion de la Guinée-Equatoriale : une catastrophe », fustige le chargé du dossier de ce pays au sein d'une organisation internationale. Effectivement, dans son dernier rapport annuel sur la zone franc, dont Malabo est membre depuis 1985, la Banque de France parle de « forte et inquiétante poussée des dépenses extrabudgétaires ». Les versements des institutions de Bretton Woods ont cessé depuis plusieurs années. En conséquence, de nombreux projets agricoles, d'adduction d'eau potable ou d'électrification ont été renvoyés à des jours meilleurs.
Début août 1999, une circulaire des services du premier ministre a enjoint aux membres du nouveau gouvernement issu des élections législatives de mars (75 sièges sur 80 revenant à l'ex-parti unique), d' « éviter à tout moment le détournement(...) des biens de l'Etat ». Une inspection surprise du chef du gouvernement à la direction générale du commerce, par exemple, a abouti à la suspension de la totalité de ses cadres. Cette rigueur toute neuve est censée accompagner la manne de quelque 750 millions de francs de revenus pétroliers pour 1999. La production est passée à 120000 barils/jour, permettant au PIB de progresser de 15 %. Les sociétés américaines Nouméko, Triton et Oxy prévoient un bond de leurs investissements. Un document d'expertise de la Banque des Etats de l' Afrique centrale (BEAC) révèle qu'un objectif de 500 000 barils /jour est même envisageable à l'horizon 2001.
Aussi, lors d'un discours prononcé en octobre, le président Teodoro Obiang Nguema a-t-il promis à ses concitoyens, dont près des trois quarts vivent dans la misère, « la construction de routes, d'écoles, d'hôpitaux, ainsi que l'amélioration des salaires du secteur public ».

Répartition par secteurs d'activité :

Agriculture : 53.8%; Industrie : 7.0%; Mines : 4.0%; Services : 35.2%

AGRICULTURE :

La demande du bois fléchit. Le bois et le cacao sont aujourd'hui les principaux produits d'exportation du secteur primaire. Longtemps premier poste d'exportation du pays, le bois a cédé la place au pétrole. La demande fléchit d'ailleurs en raison de la crise asiatique. Malgré la désertification progressive des terres, le potentiel agricole reste énorme. Le pays produit du café, du riz, du manioc, de la patate douce, des bananes, de l'huile de palme et des noix. L'industrie de la pêche est assez importante.

MINES ET INDUSTRIE :

A la recherche de nouveaux gisements de pétrole. La Guinée équatoriale possède du pétrole, ainsi que des réserves moins importantes d'or, de manganèse et d'uranium. Alors que la production de pétrole plafonne à environ 90 000 barils par jour ( chiffre considérable pour un pays de cette taille), Malabo négocie le tracé de ses frontières maritimes avec le Nigeria (zone de l'île de Bioko et Sao Tome, potentiellement riche en gisements pétroliers ). Le gouvernement a par ailleurs lancé un appel d'offres international pour la" recherche, l'exploitation et le production du pétrole" dans les eaux territoriales au sud de l'île de Bioko. L'industrie manufacturière est centrée sur les productions primaires, avec quelques scieries et des usines agroalimentaires.

ECONOMIE ET COMMERCE EXTERIEUR :

Les mots durs des bailleurs de fonds. La découverte et l'exploitation d'importantes réserves de pétrole ont contribué à la croissance impressionnante enregistrée ces dernières années. Mais l'agriculture, le bois et la pêche continuent à jouer un rôle important dans l'économie. De nombreux programmes d'aide ont été abandonnés depuis 1993. Le FMI et la Banque mondiale citent la corruption et la mauvaise gestion du gouvernement pour expliquer cet état de fait. La plupart des entreprises privées seraient détenues par les membres du gouvernement et leur famille. .

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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier