
DONNEES GENERALES SUR LE TOGO
ORGANISATION ADMINISTRATIVE
Depuis le 4 juillet 1981, le pays a été réorganisé administrativement. Les anciennes circonscriptions administratives sont devenues des préfectures et changent de dénominations ainsi que les anciens postes administratifs qui sont transformés en sous-préfectures.
Les préfectures sont regroupées en cinq régions dont le ressort territorial est le suivant
La région maritime comprend les préfectures du Golfe, des Lacs, de Yoto, de Vo, de Zio, de l'Avé et la sous-préfecture d'Afagnan. Son chef lieu est Lomé.
La région des plateaux comprend les préfectures de l'Ogou, de Kloto, de Dayes, de l'Amou, de Wawa, d'Agou, de Haho, du Moyen-Mono, de l'Est-Mono et les sous-préfectures de Kpélé Akata et de l'Akébou. Son chef-lieu est Atakpamé.
La région centrale comprend les préfectures de Tchaoudjo, de Sotouboua, de Blitta, de Tchamb~ Son chef-lieu est Sokodé.
La région de la Kara comprend les préfectures de la Kozah, de la Binah, de Doufelgou, de Dankpen, de Bassar, de la Kéran, d'Assoli. Son chef-lieu est Kar~
La région des Savanes comprend les préfectures de l'Oti, de Tone, de Kpendjal et de Tandjouaré ainsi que la sous-préfecture de Cinkassé. Son chef-lieu est Dapaong.
Nom officiel : République
du TOGO
Chef de l'État : M. Gnassingbé
Éyadéma.
Au pouvoir depuis le 13 janvier
1967, réélu en 1979, 1986 et dernièrement le 25 août
1993.
Situation : 56 km de côtes
sur le golfe du Bénin au sud.
Burkina Faso au nord, Bénin
à l'est, Ghana à l'ouest.
Relief: plaines au sud et au nord,
plateaux au centre.
Point culminant: 984 m (Mont Agou)
Superficie: 56 600 km2.
Climat : Sahélien dans les
plaines du Nord, tropical au
Sud
Précipitations: 875 mm sur
la façade côtière
(2 saisons des pluies), 1000 mm
à Dapaong
Températures : 28 degrés
en janvier, 25 degrés en juillet à Lomé, 17 degrés
en janvier,
38 degrés en juin à
Sokodé
Population :4 000 000 millions d'habitants
(5.000.000 en l'an 2000).
Répartition: urbaine 25%,
rurale 75% - Densité : 70 habitants au km2.
Taux annuel de croissance: 3,1%
(50% de la population togolaise a moins de 20 ans)
Espérance de vie: 55ans.
Taux de mortalité infantile
: 84 pour mille. Taux de scolarisation : 86 %.
Taux d’alphabétisation :44
% (hommes) 69 % (femmes)
Capitale: Lomé (750 000 habitants)
Villes principales : Sokodé
(50 000), Kpalimé (30 000) Atakpamé (26 000), Kara.
Langues officielles: Français
(officiel), Ewé, Kabye et Kotokoli.
Ethnies : 40 groupes dont les principaux
sont les Ewés, les Kabyés et les Minas.
Religions : Animisme à 80%
complété par le christianisme (35%) et l'islam (15%)
Monnaies Franc CFA (I F CFA = 0,01
FF)
PNB/habitant : 400 $ par habitant
Produit Intérieur Brut (PIB)
: 657,957 milliards FCFA -
Répartition du PIB:
Primaire : 38 % - Secondaire : 22
% (dont phosphate 5 %) - Tertiaire : 40 % - Croissance du PIB réel:
+13,8%(1994)08,3% 1995)
Dette extérieure : 8 milliards
de francs
Principales ressources : Agriculture
(manioc, maïs, mil...),
café, coton, cacao, phosphate,
zone franche industrielle et port de Lomé
Communications: Réseau routier
de 7 800 km (dont I 700 bitumés), ferroviaire de 550 km (Lomé-Aného
àl'ouest, Lomé-Kpalimé, Lomé-Blitta)
Ports importants: Lomé et
Kpémé
Aéroports internationaux:
Lomé-Tokoin (capacité d'accueil de 700 000 passagers par
an), Niamtougou au Nord.
Principaux partenaires: France et
Union européenne Défense nationale: Environ 12 000 hommes
Le Togo est membre de l'OUA, de la Communauté économique
des états d'Afrique de l'ouest (CEDEAO), de l'Union économique
et monnétaire ouest africain (UEMOA), du Conseil de l'entente (Togo,
Bénin, Côte d'ivoire, Niger. Burkina Faso) et de l'Organisation
des Nations Unies. Il est associé à la Communauté
Economique Européenne à travers les accords et Conventions
de Lomé ACPICEE.
Le gouvernement d'Avril 1998 :
M. Kwassi Klutsé : Premier
ministre, chef du gouvernement, ministre du Plan et du développement
économique
M. Barry Moussa Barqué :
Ministre d'État, chargé des Finances et des privatisations
M. Eiom Komi Dadzie : Ministre de
l'industrie et du Commerce
M. Bitokotipou Yagninim : Ministre
de la Défense nationale
Général Séyi
Mémène : Ministre de l'intérieur et de la Sécurité
M. Koffi Panou : Ministre des Affaires
étrangères et de la Coopération
M. Bamouni Somolu Stanisias Baba
Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
M. Payadowa Boukpessi: Ministre
du Développement de la Zone franche et de la promotion de l'emploi
M. Komia Kadje: Ministre de l'Enseignement Technique et de la Formation
professionnelle et de l'artisanat
M. Tchamdja Andjo : Ministre des
Mines, de l'Équipe-ment, des Transports et du logement des postes
et télé-communications
M. Kouami Agbogboii Ihou : Ministre
de la Jeunesse, des Sports et de la Culture
M. Edoh Kodjo Maurilie Agbobii :
Ministre de l'Éduca
tion nationale et de la Recherche
M. Kossivi Victor Ayassou : Ministre
de la Décentralisation
M. Koffi Sama: Ministre de la Santé
M. Solitoki Esso : Ministre de la
Communication et de la Formation civique
Mme Kissem Tchangai-Walla : Ministre
de la Fonction publique, du travail et de la Protection sociale
M. Kokou Daké Dominique Dogbe
: Ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche
M. Koffi Adadé : Ministre
de l'Environnement et des Ressources forestières
M. Tankpadja LaI le: Ministre du
Tourisme et des Loisirs
M. Komi Dotsé Amoudokpo :
Ministre chargé des Relations avec le Parlement et les institutions
Mme Essivi Fiorence Diokpe : Ministre
délégué auprès du premier ministre chargé
de la restructuration de l'économie et de la modernisation de l'administration
M. Tcha Gouni-Ati Atcha : Secrétaire
d'État auprès du Premier Ministre de la Planification et
du développement économique, chargé de l'aménagement
du territoire M. Assiba Amoussou Guénou : Secrétaire d'État
auprès du Ministre des Finances chargé des finances et du
Budget
Selon la constitution, approuvé
le 14 octobre 1992, le Togo est une république unitaire de type
semi parlementaire. Le système institutionnel est fondée
sur le pluralisme politique et la démocratie.
La constitution de 1992 fonde la
quatrième république et met fin à treize années
de régime d'exception, onze ans d'une troisième république
axée sur le parti-état et 3 années de régime
transitoire vers la démocratie pluraliste.
Le pouvoir exécutif est dominé
par le président de la république Eyadéma, élu
au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une
seule fois. Le chef de l'état nomme le premier ministre, lequel
doit faire partie de la majorité à l'assemblée nationale.
Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci
de la démission du gouvernement. Sur proposition du premier ministre,
le président de la république nomme les autres membres du
gouvernement et met fin à leurs fonctions. Il préside le
conseil des ministres et détient le pouvoir de dissoudre le parlement,
après avoir consulté le premier ministre et le président
de l'assemblée nationale. Le président est par ailleurs chef
suprême des armées.
Le premier ministre (Kwasi Klutse)
est le chef du gouvernement dont il dirige l'action. Avant son entrée
en fonction, le premier ministre présente devant l'assemblée
nationale le programme de son gouvernement. Le parlement lui accorde sa
confiance par un vote à la majorité absolue de ses membres.
Le pouvoir législatif est
monocaméral. Présidée par Monsieur Pere, l'assemblée
nationale de 81 députés vôte la loi et contrôle
l'action du gouvernement. Les députés sont élus au
suffrage universel direct pour cinq ans. L'assemblée nationale se
réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an dont chacune
dure trois mois. Le rassemblement du peuple togolais (RPT) est majoritaire
à l'assemblée nationale, avec 42 députés. Le
rassemblement du peuple togolais est l'ancien parti unique, devenu depuis
le parti des partisans du président. Le principal parti d'opposition
reste le comité d'action pour le renouveau (CAR), dirigée
par monsieur Yao Agboyibi avec 32 députés. S'y ajoutent les
5 députés de l'union togolaise pour la démocratie
(UTD) et l'unique représentant de la convention des forces nouvelles
(CFN). Enfin, un député indépendant siège à
l'assemblée. L'opposition comprend également un groupe mené
par Monsieur Olympio, le fils du premier président togolais, l'union
des forces pour le changement (UFC). Mais ce parti est absent de l'assemblée
en raison du refus de son leader de participer aux élections législatives.
GROS PLAN SUR LE PREMIER MINISTRE
Premier ministre du troisième
gouvernement de la IVe République, Monsieur Kwassi Klutsé
n'est pas un homme politique « classique ». Dès le début
de sa carrière, cet acharné du travail préféra
se consacrer au service de l'État plutôt que d'accepter les
postes qui lui étaient proposés dans les organisations internationales.
Féru d'économie politique, le numéro deux du régime
entend insuffler une gestion rigoureuse. Certes, il sait que les résultats
ne seront pas probants dans l'immédiat, car le pays revient de très
loin. À cet égard, le premier Ministre défend son
bilan et aime rappeler à ceux qui n'y pensent plus que le pays a
connu un mouvement de grève général qui a duré
neuf mois. Neuf mois sans production, ceci nécessite plusieurs années
d'acharnement au travail pour remonter le lourd handicap. Pourtant, les
salaires sont payés chaque fin de mois, la couverture des dépenses
est assurée et la capacité interne d'investissement a doublé
depuis la grande crise. Malgré ces succès, l'amélioration
du pouvoir d'achat reste difficile. Saine gestion oblige, il faut solder
une dette intérieure qui s'élève à 214 milliards
de F. CFA, conséquence de la seule crise économique et sociale
du début de la décennie. En 1997, 40 milliards ont pu être
réglés, autant de moyens soustraits àl'amélioration
des salaires et des investissements dans les secteurs sociaux et des équipements
collectifs.
Sous l'impulsion de Monsieur Klutsé
les mesures d'ajustement et les dispositions incita-tives ont favorisé
l'investissement et contribuer au développement du secteur privé.
Maintenant que les équilibres
macro-économiques sont dans l'ensemble restaurés, l'objectif
fixé réside dans l'affermissement des bases d'une croissance
forte et durable et de faire reculer la pauvreté.
Le programme de réformes
- redressement des finances publiques, privatisations des entreprises d'lttat,
instauration d'un cadre réglementaire incitatif - est appelé
à s'intensifier à l'horizon 2000.
M. Klutsé s'est fixé
des objectifs ambitieux pour la période 1998-2000. En premier lieu,
une croissance économique réelle de 6 à 8 % et un
taux d'inflation annuel de 3,5 %. Il s'agira aussi de réduire le
déficit de la balance des paiements et de renforcer l'épargne
budgétaire. Il faudra gagner sur les recettes afin d'encourager
les dépenses des secteurs prioritaires : infrastructures, en particulier
les transports, éducation, équipements sanitaires. Et bien
sûr les secteurs « porteurs » sont l'objet de toutes
les attentions : agriculture, la première activité du pays,
commerce, industries manufacturières et Zone franche. Celle-ci subit
encore les séquelles des troubles des années 1991-1993.
Pour répondre à ces
impératifs de développement, le premier ministre a retenu
un certain nombre de priorités dans les programmes d'investissement
public. Infrastructures économiques et services sociaux de base
se verront octroyer chacun 29 % des ressources, devant le développement
rural (16 %> et la lutte contre la pauvreté (16 %). Les autres secteurs
se partageront les 10 % restants.
À un parcours sans faute
dans le domaine de la gestion économique, l'action du Premier ministre
vise à consolider les bases de la démocratie tant au niveau
du contrôle de l'action de l'État et à initier les
citoyens aux règles et au fonctionnement du système pluraliste.
A cet effet, le ministère de la Communication s'est vu attribuer
une nouvelle compétence: la formation civique sans laquelle, toute
organisation sociale est vouée à l'anarchie, à l'échec.
Bien sûr, il arrive encore que des militants et des dirigeants de
partis de faire l'oblet d'exactions de la part des supporters d'un courant
différent, mais l'éducation et l'expèrience aidantes,
ces incidents de parcour finiront par faire partie de l'histoire.
Décidément, Il sera
difficile à l'opposition d'attaquer l'action du gouvernement Et,
pour plus de crédibilité, cette dernière devrait se
constituer en force de proposition et renoncer à la polémique
et la critique systématique.
LA ROUTE EN CHANTIER
Aucun secteur de l'écononomie n'aura bien sûr été épargné par la crise du début des années 90. Après une longue période d'arrêt total, on assiste à une relance des projets d'investissement public dans le domaine des infrastructures. Etire du nord au sud, le Togo est le passage obligé pour les marchandises des pays enclavés comme le Mail, le Buridua Faso et le Niger. Et le port de Lomé est traditionnellement une plaque tournante pour le commerce dans la sous-région.
Le réseau routier togolais
souffre la comparaison avec beaucoup de ses homologues du continent, il
demeure insuffisant et s'est dégradé. Plus de
12000 km sur l'ensemble du territoire,
dont près de 3000 km de routes nationales, mais seulement 1650km
sont bitumes Le pays dispose par ailleurs de 9 110 km de routes et pistes
rurales, dont 4950 de pistes aménagées. La densité
routiere s'elève a environ 470 km par million d'habitants. Sous
la houlette du ministre de l'Équipement, des mines, transports et
postes et télécommunications, M. Tchamdja Andjo, et surtout
avec le concours indispensable des bailleurs de fonds, un programme routier
a été mis en oeuvre. L'objectif est d'abord de réhabiliter
les tronçons en mauvais état. Entretenir, réparer
l'existant, la politique des autorités togolaises se veut pragmatique,
rejoignant en cela les préoccupations des responsables africains
des transports. De nouvelles pistes rurales doivent voir le jour, afin
de désenclaver certaines zones. À cet égard, plusieurs
bailleurs de fonds se sont montrés intéressés : quelque
2 milliards de FCFA de financements ont été dégagés
au titre des fonds Stabex de l'Union européenne, ainsi que 6 milliards
de la CFD. La construction d'ouvrages d'art, en particulier de ponts est
également a l'ordre du jour.
Les routes asphaltées se font
bien sûr la part belle dans ce programme de réhabilitation.
La route nationale 1, l'axe nord-sud du pays est prioritaire. Cette épine
dorsale relie le port de Lomé a la ville de Cinkassé, frontalière
du Burkina Faso. Les travaux s'imposent d'urgence de l'aveu même
des pouvoirs publics qui considèrent que 600 km sont a réhabiliter
sur un total de 700 km. La Banque mondiale a accordé un crédit
de 27,5 milliards de F CFA au Togo pour réhabiliter le tronçon
Atakpamé-Blitta, sur une centaine de km. Plusieurs bailleurs de
fonds se sont engagés sur d'autres parties de cet axe, dont les
fonds arabes et le Fonds européen de développement. Les liaisons
transversales gardent leur importance dans un pays enserré à
l'ouest par le Ghana et à l'est par le Bénin. Pour favoriser
les échanges entre ses deux voisins, le Togo recherche des financements
pour bitumer certains tronçons Notse-Tohoun, Notse-Agou, Sokodé-Kambolé.
Au total, plusieurs appels d'offres supplémentaires sur des projets
routiers doivent être lancés courant 1998.
À l'instar de nombreux pays
africains, le transport ferroviaire demeure le parent pauvre. Le réseau
togolais ne compte que 575 km et sa vétusté ne permet guère
aux trains de dépasser les 60 km à l'heure. La principale
ligne relie Lomé àAtakpame et Blitta vers le nord (275 km).
C'est une artère vitale pour le Togo et les pays enclavés,
mais incomplète et peu performante pour le transit des marchandises
burkinabès, maliennes ou nigériennes. Le « corridor»
sud-nord dont s'enorgueillissent les Togolais jouera pleinement son rôle
lorsque des infrastructures fiables seront disponibles. Deux autres voies
ferrées complètent le réseau national la ligne
Lomé-Kpalimé vers l'ouest (121 km) et la ligne Lomé-Aného
(44 km), en direction de la frontière béninoise.
Le Togo jouit par ailleurs d'une
bonne desserte aérienne. L'aéroport international de Lomé-Tokoin
dispose de 3 km de pistes répondant aux normes des Boeing 747. Équipé
pour des atterrissages tous temps, il offre une capacité de traitement
de 700000 passagers par an et peut accueillir trois gros porteurs simultanément.
La gare de fret aérien s'étend sur 6000 m2 et traite Il 000
tonnes de marchandises par an. Ses installations frigorifiques, sa plate-forme
de fret internodale mer/air constituent autant d'atouts qui font de Lomé-Tokoin
le troisième aéroport de l'Afrique de 'Ouest. Un «
hub », une plate4orme de correspondance pour la sous-région,
pour le trafic en provenance de l'Europe, des états-Unis, ou encore
de l'Afrique du Sud ou du MoyenOrient. L'aéroport est géré
par la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin
(SAL). La SALT est une association entre l'État togolais, les chambres
de commerce et d'industrie du Togo et de Bordeaux.
TOURISME :
Togo », quatre simples lettres
pour un petit pays en forme de condensé d'Afrique. Un pays tout
en longueur qui s'étiree de la côte atlantique, au sud, jusqu'a
la frontière du Burkina Faso, au nord. Des paysages variés,
de la plaine du littoral, riche de lacs et de lagunes, aux collines boisées
du centre.
Et, au fur et à mesure qu'on
s'enfonce dans le territoire, une autre végétation, plus
rude, celle que les routards du continent africain aiment, la savane sahélieune.
La porte d'entrée du Togo
est Lomé. Une des rares capitales au monde à avoir ses faubourgs
adossés à la frontière d'un État voisin. C'est
un but de promenade, « Welcome to Ghana » souhaite le panneau.
Lomé s'étale le long du bord de mer jusqu'au Port autonome
dont les eaux profondes permettent l'accostage des plus imposants navires.
De la plage, les pêcheurs affrontent les vagues sur leurs pirogues
effilées pour aller lancer leurs filets. Le centre traditionnel
de la cité s'est développé près de la cathédrale,
construction de style gothique datant de la colonisation allemande. Et
tout près, le Grand Marché, coeur véritable de la
capitale, où commercent et paradent les célèbres «
Nana Benz ». Bain de foule garanti dans le quartier, colporteurs
en tous genre, étals remplis à profusion, clameurs, senteurs.
Pour les ceux qui sontintéressés
par l'ethnologie, le Musée national inventorie les ethnies togolaises.
Un cours de tissage au Village artisanal, puis direction le marché
des fétiches d'Akodessewa Crânes d'oiseaux, de singes, d'hyènes,
de bovidés, peaux de mammifères, de reptiles, ossements de
toute taille. Un herboriste guérisseur en médecine traditionnelle
- sa carte de visite en fait foi - vous dispense une consultation avant
de vous fournir, moyennant rétribution, un paquet cadeau rempli
de grigris qui porteront bonheur à votre famille, ou vous garantiront
des prouesses en amour. Les tradipraticiens authentiques de jadis doivent
trouver que le lieu a été dénaturé, mais ce
marché aux fétiches n'est pas encore frelaté. Et sous
la chaleur tropicale, cet étalage de crânes et d'os sent,
fort.
Lomé est pourvu d'un riche
parc hôtelier, hôtels du 2 février, de la Paix, Sarakawa,
le Bénin, Palm Beach. Du 35e étage au premier, panorama sur
l'immensité de la
ville verdoyante et son front de
mer. On quitte Lomé pour longer la côte vers le Bénin,
distant d'à peine une soixantaine de kilomètres. Le lac Togo,
havre de repos apprécié des citadins, ravie les amateurs
de sports nautiques, d'autant que les plages sur l'océan sont dangereuses.
Coincée entre mer et lagune, la petite cité d'Aného
offre le charme de ses anciennes demeures.Cocotiers, sable fin jusqu'à
la frontière béninoise, la carte postale n'est pas trafiquée.
Mais c'en est fini de la façade maritime car le Togo est une étroite
bande de terre. Il est temps de pénétrer dans l'arrière-pays,
de s'engager dans le continent.
Kpalimé, appuyée à la frontière ghanéenne, se situe au nord-ouest de Lomé. La nature est généreuse dans la région, les collines parent les versants des collines. Et l'agriculture s'y épanouit : igname, manioc, mais, café, cacao, palmier à huile. Tout l'éventail de la production agricole togolaise est représenté dans cette région prospère, surnommée le « grenier du Togo ». De ses 986 mètres, le Pic d'Agou domine une mosaïque de plantations. À Kpalimé, le touriste aura le choix parmi la profusion de sculptures sur bois que propose le village artisanal.
Sur la route de Kpalimé à
Atakpamé, on s'arrêtera aux chutes de Kpimé, hautes
de plus de cent mètres, avant d'atteindre Adeta. Puis une route
en lacets grimpe vers le plateau de Danyi, réputé pour la
fraîcheur de son climat. Café, igname, manioc y
sont cultivés en abondance.
C'est aussi une terre de
monastères, comme celui de
Dzobégan, occupé par des benédictins. La chapelle
circulaire en bois surmontée d'un toit conique est gracieuse. Foyer
culturel, ce monastère est entouré de plantureux vergers.
Un détour par Badou, située à la frontière
du Ghana, tapie au fond d'une vallée, sera l'occasion d'apprécier
l'importance de la cacao culture dans le pays. Pour s'y rendre, on emprunte
une route de montagne superbe à travers le plateau de l'Akposso.
La cascade d'Akrowa dont l'eau aurait des vertus thérapeutiques
apporte une note de fraîcheur dans ce périple.
Installée à 500 métres d'altitude, Atakpamé est un carrefour de communications, située sur l'axe routier central et sur la voie ferroviaire Lomé-Blitta, reliée à Kpalimé et à Badou par des routes asphaltées. Cette cité souriante était la résidence de prédilection des colons allemands. Elle est le point de départ d'excursions vers la région des Plateaux, d'où son équipement hôtelier appréciable. Parfois, le touriste aura le privilège d'assister à une danse spectaculaire, la danse « tché bé ». Perchés sur des échasses hautes de plusieurs mètres, des danseurs masqués se livrent à des acrobaties étonnantes.
Plus au nord, les amateurs de faune africaine seront enfin à la fête. Sur près de 2000 km2, le Parc national du Fazao abrite les animaux de la savane : éléphants, antilopes, phacochères, singes. La variété des antilopes est inédite bubales, hippotragues. cobes Defassa, guibs harnachés. bongo, situtungas. Parmi les espèces de singes, figurent les patas, singes verts, cynocéphales, dont le museau allongé fait penser à une tête de chien et qui, du reste, poussent un cri proche de l'aboiement. Quant aux chimpanzés, ils impressionnent toujours en dépit de leur placidité. De la discrétion et place aux appareils photo et aux caméscopes C'est un paysage accidenté, parsemé de forêts claires. Un campement hôtel de qualité est aménagé au sein de la réserve. Vous dormez et les grands fauves de la savane déambulent à proximité..
Dans la région Centrale dont Sokodé est le chef-lieu, s'étend le pays bassar d'où on extrayait autrefois du minerai de fer. C'est une zone de savane arborée où abondent éléphants, buffles, hippopotames, antilopes, phacochères, singes, crocodiles, pythons, etc. Les Bassari élèvent des bovins, moutons et leur habitat - cases rondes au toit de paille conique parfois coiffé d'un canari - apportera le dépaysement au visiteur. Le peuple Bassari pratique toujours l'animisme, devins et guérisseurs ne chôment pas. Énigmatiques en Occident, les grigris abondent ici, et ce n'est bien sur pas du folklore. Une des attractions de choix demeure la danse du feu ou «Tikoal »les guerriers franchissent les braises et sont alors à même de prédire l'avenir.
Depuis quelque temps, Lomé n'est plus la seule porte d'entée du Togo. En effet, l'ouverture de l'aéroport international de Niamtougou, dans la région de Kara, va permettre aux charters d'atterrir.
Les routards aventuriers ici, les hommes d'affaires à Lome. Au nord de Kara, une curiosité les « tatas », fermes fortifiées construites par les Tamberma pour se protéger des envahisseurs. Une véritable architecture de châteaux forts conçue pour échapper aux marchands d'esclaves. Encore plus au nord, un autre paradis de la faune, le Parc national de la Kéran et sa réserve. On y retrouve les mêmes animaux que précédemment. C'est déjà la savane du Sahel, il fait chaud, le climat est sec.
Ainsi s'achève la traversée du Togo. Un pays qui renoue avec le tourisme, après la parenthèse de la « crise ». Un pays qui, comme on dit, mérite le détour, tant il est multiple, malgré son exiguïté. Un « morceau » d'Afrique bien représentatif.

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier