Afrique : histoire, economie, politique

1998-2001
Le Zimbabwe en un clin d'oeil
LE ZIMBABWE EN UN CLIN D'OEIL

Zimbabwe (État), officiellement république du Zimbabwe, pays de l'Afrique australe, bordé au nord par la Zambie, à l'est par le Mozambique, au sud par l'Afrique du Sud et au sud-ouest par le Botswana. Le Zimbabwe couvre une superficie de 390759km2. Sa capitale est Harare. Ancienne colonie britannique de Rhodésie, le Zimbabwe n'a accédé à l'indépendance qu'en 1980 après un long conflit, déclenché en 1965 après que les colons blancs eurent rompu avec le Royaume-Uni, et à l'issue duquel la majorité noire parvint enfin au pouvoir. Le pays fut alors symboliquement rebaptisé Zimbabwe en référence au prestigieux site archéologique du même nom.

Le pays et ses ressources

Relief et hydrographie
Le pays occupe une partie du grand plateau de l'Afrique australe. Un large massif traverse le pays du sud-ouest au nord-est, culminant, au sud, à 1525m d'altitude. Ses flancs descendent en pente douce jusqu'aux vallées du Zambèze, qui forme la frontière au nord, et du Limpopo, frontière naturelle au sud. Une autre chaîne montagneuse, culminant à 2596m au mont Inyanga, longe la frontière orientale. Le lac Kariba, lac de retenue du barrage de Kariba sur le Zambèze, marque la frontière avec la Zambie.

Climat
Le Zimbabwe, bien que situé dans une région tropicale, bénéficie d'un climat relativement modéré du fait de l'altitude. La saison des pluies, chaude, s'étend d'octobre à mars. La température moyenne varie de 15,6!°C en juillet (hiver) à 21,1!°C en janvier (été). Les précipitations annuelles avoisinant 700mm par an dans la partie la moins arrosée, atteignent 890mm sur les plus hauts reliefs.

Flore et faune
Le pays est essentiellement couvert d'une savane arborée humide. La forêt est restreinte à un espace limité, le long de la frontière orientale, et aux plus hauts reliefs. La faune est composée d'éléphants, d'hippopotames, de lions, d'hyènes, de crocodiles, d'antilopes, d'impalas, de girafes et de babouins.

Ressources naturelles
La faune du Zimbabwe attire un nombre croissant de touristes, mais la principale richesse du pays demeure ses ressources minières. Les gisements sont situés pour l'essentiel dans le Grand Dyke, une formation géologique accidentée qui traverse le pays du nord au sud. Les principales ressources sont le minerai de chrome, le cuivre, l'amiante, le nickel, l'or, l'argent et le minerai de fer, mais aussi le cobalt et l'étain. De vastes gisements de charbon sont présents dans le Nord-Ouest, près de Hwange.

Population et société

Démographie
En 1995, la population du Zimbabwe était estimée à 11260000habitants, soit une densité moyenne de 29habitants au km2. Les trois quarts de la population vivent dans des zones rurales. Au début des années 1990, la durée de vie moyenne était de 54ans, le taux de mortalité infantile s'élevant à 65p.1000.
Deux grands groupes bantous peuplent le pays: les Shonas, représentant 77p.100 de la population zimbabwéenne, et les Ndébélés (Matabélés), regroupant 18p.100 de la population. La population blanche est passée de 275000 en 1975 à 90000personnes en 1994. Le pays compte également des minorités de métis et d'Indiens.

Découpage administratif et villes principales
Le pays est divisé en huit provinces, chacune étant administrée par un commissaire nommé par le gouvernement central. La capitale, Harare, est la plus grande ville du pays. Les autres grands centres urbains sont: Bulawayo, nœud ferroviaire et centre industriel!; Gweru, centre minier!; Mutare, situé dans une région rurale et boisée!; Kwekwe, centre industriel et minier.

Langues et religions
L'anglais est la langue officielle. Les principales langues bantoues sont le shona et le ndébélé.
Près des deux tiers de la population sont chrétiens: anglicans (36p.100 de la population totale), méthodistes, presbytériens, ou catholiques constituent les principaux groupes. Le reste de la population adhère à des croyances animistes.

Éducation
L'école primaire est gratuite et obligatoire. En 1995, le taux d'alphabétisation atteignait 85p.100. En 1992, année du dernier recensement, les trois quarts des enfants de 12 à 17ans étaient scolarisés. L'université de Harare, fondée en 1955, accueille plus de 9000étudiants.

Gouvernement et vie politique
La Constitution de 1980, instituant la république indépendante du Zimbabwe, a garanti les libertés et les droits fondamentaux de l'individu et instauré un régime multipartite. Cependant, le parti de Robert Mugabe, qui cumule, depuis 1987, les fonctions de président de la République et de Premier ministre, domine totalement la vie politique. En 1988, les deux mouvements créés, au début des années 1960, pour obtenir l'indépendance d'un Zimbabwe gouverné par les Africains, à savoir l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU, Zimbabwe African National Union), fondée par Robert Mugabe et dominée par les Shonas, et l'Union du peuple africain du Zimbabwe (ZAPU, Zimbabwe African People's Union), fondée par Joshua Nkomo, un Ndébélé, ont fusionné au sein du ZANU-PF (Front patriotique). Bénéficiant d'une forte légitimité historique fondée sur sa victoire dans le conflit pour l'indépendance et contrôlant étroitement les institutions, le ZANU-PF a maintenu sa domination. À l'issue des élections législatives d'avril 1995, marquées par l'abstention d'un tiers des électeurs inscrits, l'opposition n'a emporté que deux sièges sur 150 à l'Assemblée nationale.
Les institutions du Zimbabwe sont calquées sur le modèle occidental. Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement, qui comprend une Assemblée et un Sénat. 120membres de l'Assemblée sont élus au suffrage universel direct, 30 sont nommés. Jusqu'en 1987, des sièges étaient réservés à la minorité blanche. Le Sénat est composé de 40membres: 24 sont élus par l'Assemblée, 10 par les chefs (5Shonas et 5Ndébélés) et 6 sont nommés par le président. La législature dure cinq ans. Le président détient le pouvoir exécutif!; il est élu pour cinq ans par le Parlement. Il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement.

Économie
L'économie du Zimbabwe est l'une des plus diversifiées d'Afrique. Si l'exploitation minière et l'agriculture, qui emploient les deux tiers de la population active, constituent les secteurs les plus développés, les produits manufacturés représentent une activité non négligeable. Après l'adoption de sanctions économiques par la communauté internationale, à la suite de l'indépendance unilatéralement proclamée par la minorité blanche, en 1965, le pays a développé les produits de substitution aux importations, notamment dans le domaine agroalimentaire. Frappé par la chute du cours des matières premières, notamment du cuivre, de 1984 à 1994, puis touché par une grave sécheresse en 1992, le Zimbabwe a cependant renoué avec la croissance économique. Celle-ci a atteint 2p.100 en moyenne annuelle pour la période 1985-1993 et s'est élevée jusqu'à 4,5p.100 en 1994.
Cette même année, le produit national brut (PNB) s'élevait à 6,21milliards de dollars, mais le Zimbabwe demeure un pays pauvre, le PNB par habitant n'atteignant que 560dollars. Et les richesses sont inégalement réparties, la minorité blanche contrôlant en grande partie l'activité économique.

Agriculture
L'agriculture représente 22p.100 du PNB et emploie plus de la moitié de la population active. La balance agricole est excédentaire. Les principales cultures de rapports sont la canne à sucre, le maïs, le blé auxquelles s'ajoutent le tabac, le millet et les arachides. L'élevage et la laiterie constituent aussi des activités importantes, avec un cheptel de bovins (5,9millions de têtes), de chèvres (2,4millions) et de moutons (550000).
Deux formes d'agriculture coexistent. D'un côté, 4500fermiers blancs et une centaine de grands propriétaires noirs exploitent le tiers des surfaces arables et assurent 80p.100 de la production agricole. De l'autre, 2500000fermiers noirs se partagent les deux tiers des terres arables, pour une agriculture essentiellement vivrière. La pêche et l'exploitation forestière jouent un rôle plus modeste.

Mines et industries
Les mines emploient 5p.100 de la population active et contribuent dans les mêmes proportions au PNB. Le Zimbabwe est l'un des premiers pays producteurs de minerai de chrome (562600tonnes), d'or (22400tonnes) et de nickel (11600tonnes), l'or étant la première production en valeur. Les autres ressources minières sont le charbon (5,5millions de tonnes), l'amiante (190000tonnes), le cobalt et le cuivre.
L'industrie, qui occupe 15p.100 de la population active et représente 30p.100 du PNB, s'est rapidement développée depuis la Seconde Guerre mondiale: industries agroalimentaires principalement, mais aussi textile et, dans une bien moindre mesure, machines et matériel de transport.
Le barrage de Kariba sur le Zambèze, partagé avec la Zambie, assure l'essentiel de la production électrique du pays. Une centrale thermique a été construite dans les années 1980 à proximité des mines de charbon de Hwange dans le nord-ouest du pays.

Échanges
La monnaie est le dollar Zimbabwe, divisé en 100cents, émis par la banque centrale, la Reserve Bank of Zimbabwe, fondée en 1964.
Le commerce extérieur est légèrement excédentaire. Les exportations représentent près du quart du PNB (18p.100 en France). Les principaux produits d'exportation sont le tabac, l'amiante, l'or, le coton, l'acier, le nickel et la viande. Les principaux produits importés sont le pétrole, les machines et les équipements de transport. L'Afrique du Sud, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Allemagne sont les principaux partenaires commerciaux du Zimbabwe. Le pays, en raison de son enclavement, est très dépendant, pour son commerce extérieur, de ses voisins, les marchandises transitant principalement par l'Afrique du Sud, et en moindre proportion, par le port de Beira au Mozambique.
Le pays dispose d'un réseau routier de 85750km et est desservi par 2745km de voies ferrées. Si les liaisons avec la Zambie et le Mozambique furent fermées jusqu'à l'indépendance en 1980, le réseau routier et ferroviaire permet à l'heure actuelle des liaisons avec tous les pays voisins.

Histoire
De nombreux vestiges archéologiques, dont les plus anciens sont datés de 500000ans avant notre ère, ont été mis au jour dans la vallée du Zambèze, tandis que le centre du plateau zimbabwéen et la vallée du Limpopo sont riches en peintures rupestres du Néolithique, attribuées aux Bochimans. L'établissement des agriculteurs de langue bantoue aurait commencé au seuil de notre ère. Les ancêtres des Shonas furent probablement à l'origine de la civilisation dont témoignent les vestiges du site archéologique de Zimbabwe, situé au sud-est du pays auquel il a donné son nom actuel. Dès le XIIesiècle, le travail du cuivre comme le commerce de l'or et de l'ivoire étaient considérablement développés, ces produits étant exportés par le port de Sofala, aujourd'hui Beira au Mozambique. Ce fut également autour du site de Zimbabwe que s'épanouit, à partir du XIVesiècle, le royaume de Monomotapa (Mwene Mutapa, «!roi des mines!») qui connut une rapide extension territoriale mais déclina dès la fin du siècle suivant, après la mort du roi Matope, en 1480. Les Portugais, qui débarquèrent sur les côtes du Mozambique au XVIesiècle, nouèrent des contacts, par l'intermédiaire de missionnaires notamment, avec le Monomotapa. Le royaume devait disparaître après que son souverain eut, en 1608, cédé aux Portugais les mines d'or, d'étain, de cuivre et de fer situées sur son territoire. Au sud, l'État du Changamire prit la relève et conquit presque la totalité de l'ancien royaume au XVIIesiècle.
Venus d'Afrique du Sud à la fin du XVIIIesiècle, lors des mfecanes, grandes migrations provoquées par l'expansion guerrière de certains groupes bantous, les Ngounis, ancêtres des Zoulous, détruisirent sur leur passage le Changamire. Un groupe zoulou, les Ndébélés (ou Matabélés), s'établirent, vers 1830, dans le sud-ouest du pays, imposant leur domination aux Shonas.
Dans la seconde moitié du XIXesiècle, la présence britannique et boer se renforça. En 1888, le roi ndébélé Lobengula concéda des droits miniers au sud du Zambèze à l'homme d'affaires britannique Cecil Rhodes. L'année suivante, Rhodes obtint du gouvernement britannique une charte pour sa société, la British South Africa Company, pour l'administration des territoires conquis en Afrique centrale et australe. La Compagnie de Rhodes favorisa la colonisation agricole, y compris vers les territoires sur lesquels sa souveraineté ne s'étendait pas. En 1890 était fondée Salisbury (aujourd'hui Harare). Jusqu'en 1897, une guerre opposa les Blancs aux Ndébélés et aux Shonas, qui furent finalement relégués dans des «!réserves!». En 1895, le territoire ainsi colonisé fut baptisé Rhodésie.

Autonomie
Les colons blancs, désireux de s'affranchir de la tutelle de la Compagnie, avaient réclamé l'autonomie politique dès le début du XXesiècle. En 1922, consultés par référendum, ils écartèrent le rattachement à l'Afrique du Sud et, l'année suivante, la Rhodésie, selon leur souhait, devenait colonie de la Couronne, sous le nom de Rhodésie-du-Sud. La minorité blanche, gouvernant seule, mit alors en place un régime de ségrégation raciale, suivant l'exemple sud-africain. Des lois, adoptées entre 1930 et 1969, confisquèrent, au profit des Blancs, l'essentiel des terres tandis que l'habitat était territorialisé, des townships, ghettos situés en périphérie des villes, «!accueillant!» les Noirs détenteurs d'un contrat de travail, tandis que les familles étaient strictement maintenues dans les campagnes.
En 1953, le gouvernement britannique créa une Fédération de Rhodésie-Nyasaland, regroupant Rhodésie-du-Sud, Rhodésie-du-Nord (actuelle Zambie) et Nyasaland (devenu Malawi), qui confortait la domination blanche. Celle-ci devait être dissoute en 1963, un an avant l'indépendance de la Zambie et du Malawi.

Indépendance
Le chemin vers l'indépendance de la Rhodésie-du-Sud, redevenue Rhodésie, fut plus long et plus conflictuel. La ségrégation dont les Noirs étaient victimes et le mouvement d'accession à l'indépendance sur le continent africain, encouragèrent le nationalisme zimbabwéen. Dès 1957, Joshua Nkomo, dirigeant syndicaliste ndébélé, avait fondé un Congrès national africain de Rhodésie-du-Sud, dissous deux ans plus tard par le gouvernement.
Pourtant, ce furent les Blancs, emmenés par le Front rhodésien, fondé en 1962 et hostile à tout partage du pouvoir avec les Noirs, qui revendiquèrent les premiers le droit à l'indépendance du territoire, contre le Royaume-Uni. Après deux années de vaines négociations, le gouvernement blanc, dirigé par Ian Smith, déclara unilatéralement l'indépendance le 11novembre 1965. Le Royaume-Uni, qui souhaitait favoriser une indépendance africaine, et l'Organisation des Nations unies (ONU) refusèrent de reconnaître la Rhodésie et décrétèrent un embargo commercial à son encontre. La ZAPU et la ZANU furent interdites par le gouvernement de Smith, et leurs dirigeants, Joshua Nkomo et Robert Mugabe, furent emprisonnés. Les nationalistes noirs engagèrent alors une lutte armée contre le pouvoir minoritaire des Blancs.
Après l'indépendance du Mozambique en 1975, la Rhodésie ne fut plus soutenue que par l'Afrique du Sud. Smith opta pour une position plus conciliante et engagea des pourparlers avec les dirigeants noirs, libérés de prison. Fin 1976, la ZANU, que soutenait la Chine maoïste, et la ZAPU, appuyée par l'Union soviétique, unirent leurs mouvements au sein du Front patriotique.
Convaincu qu'en cédant à quelques revendications il pourrait conserver l'essentiel de son pouvoir, Smith signa un accord avec trois leaders noirs modérés, parmi lesquels l'évêque méthodiste Abel Muzorewa, fondateur du Congrès national africain du Zimbabwe, en mai 1978. En 1979, une nouvelle Constitution, adoptée lors d'un référendum réservé aux Blancs, instaurait un régime multiracial. Mgr Muzorewa remporta les élections législatives qui suivirent et devint Premier ministre, dans le cadre d'une union avec le parti de Ian Smith. La guérilla menée par le Front patriotique se poursuivit cependant jusqu'à la réunion, en septembre 1979, à Londres, d'une conférence constitutionnelle à laquelle participaient tous les mouvements.
Les élections libres de février 1980 furent remportées par la ZANU et Mugabe forma un gouvernement de réconciliation nationale au sein duquel étaient présents Nkomo et deux ministres européens. La seconde indépendance du Zimbabwe fut proclamée le 17avril.
250000Blancs émigrèrent vers l'Afrique du Sud dans la première moitié des années 1980. Pourtant, la population blanche maintint son hégémonie sur l'activité économique. Le Premier ministre Mugabe renforça d'abord ses pouvoirs au détriment de la minorité ndébélé, et son armée dut affronter à plusieurs reprises l'aile armée de la ZAPU. Fin 1987, la Constitution fut amendée afin de remplacer la fonction de Premier ministre par un poste de président exécutif combinant les fonctions de chef d'État et de chef du gouvernement. La ZANU et la ZAPU fusionnèrent en 1988 et Nkomo fut rappelé au gouvernement. En 1990, il devint vice-président de l'État.
L'aggravation de la situation économique a contraint le gouvernement du Zimbabwe, malgré les discours socialisants du président, à accepter, en 1991, la mise en place d'un programme d'ajustement structurel défini par la Banque mondiale. Le redressement s'opère progressivement, mais la réforme agraire n'a été mise en œuvre que partiellement en dépit du vote, en 1992, prévoyant l'expropriation des terres possédées par des Blancs et laissées en friche.

En mars 1996, Robert Mugabe a été réélu président. Les deux autres candidats, les révérends Ndabaningi Sithole et Abel Muzorewa avaient, il est vrai, renoncé à se présenter. La politique d'ajustement structurel a entraîné des grèves très dures de septembre à novembre 1996. L'année 1997 a été marquée par une agitation sociale importante, et la mise en accusation de Sithole pour complot contre Mugabe. La question agraire est restée au centre des préoccupations et a cristallisé les critiques contre le régime de Robert Mugabe. Les fermiers blancs ont continué à dominer le secteur agricole occupant 60 p. 100 des meilleures terres du pays, ce qui exclut de la croissance la grande majorité des masses rurales. Cette situation a renforcé les accusations de corruption contre le régime qui, sous la pression, a annoncé le lancement de la seconde phase du Zimbabwe Program for Economic and Social Transformation adopté en 1996. En 1998, plusieurs «émeutes de la faim», causées par un taux chômage touchant 45 p. 100 de la population et la chute de la monnaie nationale, ont fortement ébranlé le pouvoir qui a rendu les fermiers blancs responsables de la situation. En avril 1999, n'ayant pu obtenir une aide financière des grands organismes internationaux en raison de son attitude vis-à-vis des fermiers blancs et de son implication armée dans le conflit affectant la République démocratique du Congo, le Zimbabwe a rompu ses relations avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

L'année 2000 verra une aggravation de la situation économique et sociale, en raison de la tentative d'expropriation des meilleures terres détenues par la minorité blanche : affrontements violents, attaques de fermes par les Noirs, morts d'hommes...Le président Mugabe n'a rien fait pour calmer la situation, bien au contraire.
Les électeurs du Zimbabwe ont rejeté, les 12 et 13 février 2000, par référendum, une nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs présidentiels. Malgré un article dans la Constitution proposée prévoyant une redistribution aux agriculteurs noirs des meilleures terres appartenant aux fermiers blancs, le «!non!» a recueilli 54,6 p. 100 des suffrages. Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, est confronté à sa première défaite électorale depuis vingt ans, alors que des élections générales doivent se tenir en avril 2000. Depuis septembre 1999, un fort mouvement d'opposition au président, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), s'est formé autour d'organisations syndicales, d'organisations de défense des droits de l'Homme et de petits partis d'opposition. Dénonçant la corruption et l'incapacité du pouvoir à faire face à la crise économique, ce mouvement a fait activement campagne pour le «non» au référendum.
Le 27 Juin 2000, on apprenait la victoire du ZANU-PDF, parti du président Mugabe, lors des élections législatives.

ARCHEOLOGIE

Zimbabwe (site archéologique), vaste ensemble de ruines en pierres sèches, couvrant plusieurs kilomètres carrés, situé au sud-est de l'actuel Zimbabwe, qui fut la capitale du royaume de Monomotapa du XVesiècle au début du XVIIesiècle.
Édifié sur le plateau rhodésien, dans une région peuplée par les Shonas, le site de Zimbabwe présente d'imposantes enceintes dont la plus importante, épaisse de 5m, atteint 9m de haut. Au centre du site s'élève une haute tour conique aveugle. Les dégradations dues aux chasseurs de trésor, dès la colonisation portugaise au XVIesiècle et au début du XXesiècle, furent telles que les archéologues n'ont pu tirer du site que des informations éparses, n'éclairant pas de manière fiable ses origines.
Le site de Zimbabwe aurait été habité, il y a deux mille ans environ, par des chasseurs bochimans, comme en témoignent des peintures rupestres, puis par des agriculteurs. La métallurgie du fer apparut vers le Vesiècle. La présence de perles de verre originaires d'Inde atteste de relations commerciales avec l'océan Indien, peu après. À partir du Xesiècle, les Shonas établirent au Zimbabwe un royaume commerçant. Durant tout le Moyen Âge, l'or, le fer, l'ivoire et les tissus furent exportés vers le port de Sofala (aujourd'hui, Beira), près de l'embouchure du Zambèze.
Au Xesiècle, le site sacré de Zimbabwe devint la capitale du royaume de Monomotapa (Mwene Mutapa, «!roi des mines!»), qui prospéra grâce à l'exploitation des mines d'or, d'étain, de cuivre et de fer, et à l'exportation des métaux. Les vestiges préservés dateraient du début du XVIe siècle, alors que le royaume de Monomotapa avait éclaté en plusieurs entités, peu avant la pénétration portugaise à l'intérieur du pays.
Celle-ci entraîna dans la vallée du Zambèze des centaines de chercheurs d'or. Le roi du Monomotapa dut en appeler au Portugal, auquel il céda, en 1608, toutes les mines de son royaume, en échange d'une protection qui demeura théorique. Le site fut bientôt abandonné et livré au pillage.

Source :
Microsoft Encarta


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Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier